#TourismeDurable

Innover pour un tourisme rural et responsable

| Publié le 9 décembre 2020 • Mis à jour le 15 décembre 2020 à 8h40
         

Pour ce passionnant atelier – Innover pour un tourisme rural et responsable – que nous n’avons malheureusement pas pu suivre en direct étant déjà sur un atelier voisin, nous vous proposons une restitution retravaillée qui reprend les interventions des acteurs invités. A noter que l’Aube et la Nièvre sont particulièrement mises à l’honneur et que les nombreux exemples et expériences décrites ont notamment pour objectif d’inspirer d’autres territoires et régions avec ce prisme d’un tourisme rural innovant et porteur de changements.

des touristes en famille entourent un troupeau de brebis dans un champ

Introduction de Grégory Davaillaud (CDT Aube)

Pour cet atelier centré sur le rural et l’innovation, nous avons souhaité présenter de nombreuses initiatives. Nous avons notamment invité la Nièvre car ils savent innover, et développent une offre éco-conçue axée sur l’économique, l’environnemental et le social. A noter que nos deux départements de l Aube et de la Nièvre innovaient déjà dans leur stratégie depuis plusieurs années mais ont été bousculé par le Covid et ont du se réinventer. Nous allons donc vous présenter des actions plus anciennes et d’autres plus récentes, mais aussi des perspectives d’innovation nées sur le territoire suite au Covid.

Trois exemples d’expérimentations dans la Nièvre avec Stéphane Bénédit (Nièvre Tourisme)

Je tiens à préciser que le sujet de cet atelier nous est cher et d’autant plus dans le contexte actuel. Nous partageons beaucoup de valeur avec l’Aube et je remercie Christelle Taillardat du CDT de l’Aube pour cette invitation. En ce qui me concerne, je suis directeur de Nièvre Attractive puisque depuis  juillet nous sommes devenus une  agence d’attractivité et de développement touristique. Je tenais aussi à rappeler, en écho aux interventions de la matinée, que l’écologie, avant d’être un parti, est une science, avec des caractéristiques, des outils et elle est donc  mesurable. Et c’est aussi pour cette raison que je vais présenter trois sujets apportant des éléments tangibles et reproductibles. A noter que la Nièvre est un département rural, on l’assume, on le revendique. Elle est aussi une alternative pour des hyper urbains, une solution pour des familles, des employés en quête d’une nouvelle vie, etc.

1er sujet : La plateforme d’intelligence touristique Pitaca

Tout est partie d’une problématique d’organisation du territoire. A savoir que la Nièvre compte 212 000 habitants et possède trois ensembles géographiques qui conditionnent l’aménagement du territoire et son positionnement  marketing.

A l’ouest, se trouve la vallée de la Loire avec toute sa richesse économique. « La Loire nous divise mais le vin nous unit. Nous avons le Pouilly Fumé, ils ont le Sancerre. »

Il y a ensuite le Nivernais central avec ses zones de bocage et d’élevage qui est traversé par le canal du Nivernais/

Enfin un tiers de notre département est occupé par le parc national du Morvan.

Cette géographie influence donc non seulement les politiques d’aménagement du territoire mais aussi la promotion territoriale et sa mise en marché.

« Comment arriver à générer du développement économique tout en protégeant notre environnement sensible ? » Je n’utilise volontairement pas le terme de tourisme durable ou tourisme vert car chez nous, chaque habitant est propriétaire de deux hectares de forêt….

Et donc, nous avons eu l’idée d’une innovation technologique et organisationnelle pour répondre à cette problématique d’un territoire morcelé – avec autour du canal du Nivernais, des offices de tourisme pas toujours présent partout, ou pas forcément ouvert 24h/24. Et donc pour répondre malgré tout aux attentes des clients qui ont besoin d’informations. « Comment on rend service à 7 clients sur 10 qui ne mettent pas les pieds dans les offices de tourisme ? »

Nous avons donc choisi de mettre en place une plateforme d’information touristique avec intelligence artificielle – Pitaca – au croisement de ce besoin de service et du développement des outils numériques. Grâce à un agent conversationnel animé, on peut vraiment parler à la machine accessible sur des vitrines numériques implantées sur des sites touristiques de grande fréquentation ou stratégiques, mais aussi sur des vitrines d’offices de tourisme ou d’acteurs touristiques a ainsi obtenu le Prix régional de l’innovation touristique.

On peut par exemple savoir où sont les ports, les haltes nautiques pour les plaisanciers du canal, les vélotouristes. On peut aussi indiquer dans les centre –bourgs les épiceries et différents services, etc. Et nous sommes ainsi devenus un des premiers départements de la région Bourgogne à mettre en place une  base de données de nos commerces et services qui s’est avérée une des premières données utilisées utilisée à par nos clients.

A notre que cette base de données est complémentaire des offices de tourisme, avec un  service pertinent et efficace, et n’a évidemment pas pour objectif de fermer les offices. Elle est même au contraire intéressantes pour ces derniers qui les utilisent, pour les clients qui peuvent converser et trouver des informations utiles. Et ainsi, on réinvente même la relation au client ce qui permet de glaner beaucoup d’informations sur eux sans se perdre dans le déclaratif. En résumé, cela résout aussi  la problématique de l’adhésion avec un nouvel modèle économique, grâce à l’intelligence artificielle cela valorise un réseau de producteurs et donne une visibilité à de petits prestataires peu visibles sur les dispositifs traditionnels et cela permet de capitaliser sur des données et de retravailler des cycles marketing par rapport à des usages.

Un dernier exemple marquant. Il faut savoir que le canal du Nivernais est navigable de 7h à 12h et de  13h30 à 19h. Or dans les centre-bourgs, beaucoup de boulangeries sont fermées quand les plaisanciers s’arrêtent. On a donc vendu notre démarche et notre outil à une boulangère en lui proposant de décaler ses horaires. Elle a réalisé 18% d’augmentation de son chiffre en l’espace de deux mois.


S’il n’y pas  d’explication du marché et du comportement du client, il y a de l’économie qui se perd ! Les datas sont essentiels pour redynamiser une partie de l’expérience touristique.

Nièvre. Le domaine des Galants @GClastres

2er sujet : « Essayer la Nièvre »

 « Essayer la Nièvre » est la première action que nous avons souhaité mettre en place sur notre nouvelle compétence d’agence l’attractivité à la demande du département. On a essayé d’imaginer comment être plus performant en voulant voir le verre à moitié plein de la crise sanitaire et surtout de la crise économique.

Comment faire un mixte attractivité et tourisme quand le tourisme est le plus gros pilier d’attractivité pour mettre en lumière la destination ?

TOUT EST PARTI D’UN CONSTAT

Notre idée de départ est partie d’un constat, comme quoi il y avait eu de nombreuses aides aux acteurs du tourisme émanant des territoires, des communes mais pas pour les propriétaires de meublés, un peu oublié des dispositifs. Certes, ces derniers n’ont pas un statut de société à l’image d’un hôtel, ou d’un camping mais sont surtout des particuliers qui souhaitent pratiquer une activité complémentaire. Elle n’en reste pas moins importante pour le territoire et même si l’on peut comprendre qu’elle ne soit pas aidé, le fait de les avoir un peu oublié nous a donné envie de centrer notre projet sur ces derniers.

LE PROJET

« 100 gite 100 semaines 100 familles » L’objectif : inviter cent familles pendant une semaine, la dernière du mois d’août, sur l’ensemble du département, à l’invitation de la collectivité, leur montrer et vanter et les potentiels du département, pour leur donner l’envie de s’y installer et d’apporter leurs compétences professionnelles. Les dix intercommunalités nivernaises, en charge de la compétence économique, se sont associées à la démarche. Chacune d’entre elles identifie sur son territoire dix gîtes répondant à un cahier des charges rédigé rapidement mais précis (les maisons doivent incarner le territoire, elles doivent disposer de chambres pour chaque membre de la famille, d’un jardin et d’une belle vue dégagée, les propriétaires doivent être les ambassadeurs de la destination) et s’engage à prendre en charge l’accueil des invités le temps de leurs séjours afin d’être en adéquation avec la famille.

Et donc l’idée du cahier des charges, simple et pleine de bon sens : éveiller le fantasme de populations urbaines, Parisiens et Lyonnais, leur faire vivre une expérience qu’ils n’ont pas et dont ils rêvent : une maison, en pierre ou en bois, qui incarne le territoire.

Du 22 au 29 aout, nous avons finalement accueilli  60 familles dans 60 gîtes car nous n’avons pas trouvé les 100 gites. Nous avons préféré respecter notre vision plutôt que de combler le manque par des produits qui ne correspondaient pas. Mais quand on lancé notre appel à projet pour que les familles postulent en regard à ce projet de vie, nous avons a eu 565 candidatures.

UN BENEFICE MEDIA ET UNE VISIBILITE IMPRESSIONNANTE

Ce succès a été doublé d’un incroyable succès médiatique du à un partenariat que nous avions avec Le NouvelObs qui a été amplifié par un reportage de l’émission Capital (M6) le 26 août qui nous a totalement dépassé en audience. M6 nous avait conseillé de prévoir deux serveurs. Dès la diffusion à 21h30 notre  1er serveur a explosé et à 23Hh0, le 2e explosé. Ainsi, dès lundi soir 19h nous avions déjà 230 candidatures.

Au final, l’émission de M6 nous a économisé 70 000 € de notre plan de communication fléché puisqu’ensuite, sans rien dépenser, nous avons eu France3, TF1, le Figaro, le Parisien, etc, soit au 30 septembre  600 000 € en équivalent publicité. Et on est aujourd’hui sur un prévisionnel de presque un  million d euros avec un reportage de Paris Match en cours et la version web de Capital.

BILAN FAMILLE

Quant aux familles, 72% de celles que l’on a  accueillis ne connaissaient pas la Nièvre

Sur cette soixantaine, dix-huit sont dans un processus de changement de vie (ébéniste, kiné,  coach d’entreprises, etc.). La Nièvre est une terre de coopération et de résistance. Nous avons de la place pour tout le monde. Les familles ont notamment apprécié de rencontrer, pendant leur séjour, des acteurs locaux, élus, acteurs économiques en cohérence avec ce projet. Nous nous inscrivons donc dans une logique de durabilité sur la capacité d’accueil du territoire. Et nous avons même eu un tweet du Secrétaire d’Etat qui a lu dans la presse ce sujet sur l’attractivité où beaucoup de territoire se sont projetés et qui a trouvé intéressant cette intelligence territoriale.

A savoir que notre département  a mis 150 000 € dans l’opération, ce qui n’est pas rien pour notre territoire. Le secrétaire d’Etat a donc conforté nos choix en précisant que dans le Plan de relance de l’état, ce type de projet devait avoir toute sa place. On a souhaité  agir sur la ruralité alors que l’on a trop souvent opposé l’urbain au rural. A noté qu’il est venu dans notre département qui est aussi le siège social d’Action Ruralité lancé par l’ancien président de notre département. Enfin, il y a un an, on accueillait le premier Parlement de la ruralité avec entre autres objectif d’obtenir un ministère de la ruralité pour faire écho au ministre de la ville.

⟹ 3 er sujet : Le « Pôle performance » de Magny-Cours

Depuis près de 20 ans, notre département a accueilli sur le circuit de Magny-Court le grand prix  de France en Formule 1. Cela peut donc paraitre surprenant de parler d’écologie et tourisme durable mais notre département est, de part sa configuration, dans une démarche d’équilibre environnemental économique et social. Ainsi, depuis deux ans, nous avons mis en place une stratégie d’adaptation à la transition énergétique qui embrasse tous les éléments d’un territoire et d’un département.

A savoir que le département est propriétaire de 25 hectares qui couvrent le circuit Nevers Magny-Cours avec un Pôle de performance qui est resté rentable en dépit que l’on ai perdu le Grand Prix de France pour la simple raison que l’on a pas souhaité  donner les 75 millions d’euros requis pour accueillir le plateau.

Il n’empêche, depuis il est loué 300 jours par an et accueille toujours des compétitions internationales. Entre outre, juste à côté, un « Pôle performance » avec une quarantaine d’entreprises est dédié à la haute technologie, l’aéronavale, au sport compétition, à la R&D composé de petites PME qui emploient autour de  400 salariés. Or au sein de ce pole, des chefs d’entreprises se sont réunis pour inventer le véhicule du futur (autonome, décarboné, etc.) et les routes de demain.

Parmi les exemples écologiques et innovants du site à noter :

– 28000 m² d’ombrières photovoltaïques installées sur les anciens parkings du circuit qui permettent de fournir de l’énergie pour 1600 foyers du territoire.

– Une société recycle 10 tonnes de pneus par an et a inventé un procédé pour les broyer et les transformer en équipement pour parc de loisir avec également une partie qui sert d’isolant pour le bâtiment.

– Installation d’une route intelligente qui lorsque l’on roule dessus génère de l’énergie, du watt. Une expérience est en cours sur 50 m de route qui montre que l’on peut fournir l’équivalent d’ 1 an et demi de production et de consommation d’électricité sur le circuit de Magny-Cours.

L’écologie est une science et c’est à partir des acteurs économiques du territoire que l’on a pu faire tout cela ; au-delà de l’image négative du circuit.

On est donc au cœur de la transition énergétique et climatique et si j’ai bien une conviction, c’est que la transition énergétique et climatique se fera sous l’impulsion et le soutien des collectivités et politiques publiques mais surtout sous l’impulsion,  le portage, l’initiative du monde économique.

Les actions du département de l’Aube avec  Grégory Davaillaud (CDT Aube)

Dans l’Aube, on travaille également depuis plusieurs années au développement de la ruralité et de l’attractivité par le tourisme. Nous avons des offres gratuites dans nos compagne, par exemple des visites d’églises orchestrées par tout  un réseau de bénévoles, nous développons des offres exclusives et éphémères, le sur mesure, et travaillons sur des valeurs rassurantes.

Or en période de post Covid, la ruralité rassure et les touristes ont souhaité aller dans les campagnes.  Nos valeurs consistent justement à consommer un territoire, sa ruralité, avec le champagne en étendard et la mise en avant de l’humain, la relation avec les petits producteurs, les artisans, mais aussi, un important patrimoine culturel avec les Templiers, Rachi, les comtes de Champagne, autant de sujets qui nous ramènent à nos racines.

On peut aussi se laisser ré-enchanter par des sites peu connus, des grands espaces, des parcs, des jardins. La philosophie du tourisme durable a toujours fait partie de notre ADN.

En ce sens, en 2017, nos avons lancé le Slow Tourisme Lab, un incubateur de start-up pour lequel nous nous sommes fait accompagner par YSchool et la technopole de l’Aube qui possède vingt ans d’expérience sur l’accompagnement des start-up. L’ensemble axé sur des valeurs de durabilité, d’engagements et de développement de projets touristiques avec tout un  réseau animé autour de France Tourisme Lab et la DGE qui a monté tout un réseau d’incubateurs avec chacun avec sa spécificité.

Notre structure est donc positionnée sur des valeurs innovantes, une posture volontaire. Nous souhaitons accompagner la croissance et la qualification de l’offre. Nous prenons l’engagement d’amener nos prestataires vers soit des labels, soit des voies d’amélioration de leur prestation.

Notre communication est à 100% numérique, ce qui est plus facile au regard de nos campagnes. On évite de l’affichage 4 par 3 pour privilégier le numérique. On mobilise des bénévoles sur des thématiques culturelles avec notre réseau de bénévoles. Et on milite pour le durable avec l’ambition de décarboner au maximum et notre activité et celle des parties prenante avec un objectif à hauteur de 4% et donc un bel enjeu pour le futur.

En outre, notre agence  n’a pas pour enjeu de concurrencer le privé et on lui transfère les marchés  dès que possible. On suscite aussi l’économie de l’innovation avec notre Lab autour de journées de découverte, de bases de données touristiques. Afin d’aider au développement de nos start-up, on les accompagne dans leur recherche de projets, on les aide à trouver leur 1er  marché, leur 1er client.

On s’appuie également sur des labels avec pas loin des 14 labels présents sur notre territoire dont l’étiquette environnementale depuis de nombreuses années, ce qui permet à nos hébergeurs de voir leur consommation d’une nuitée. Un tiers de notre parc hôtelier est engagé dans cette démarche.

Le Covid est arrivé et notre département a débloqué un budget pour nous aider à relancer l’économie autour de trois pôles d’actions : la communication, l’accompagnement à l’innovation et la mise en place d’outils.

Par exemple,  100% Aube a été l’une de nos actions pour sortir du confinement avec une plateforme de valorisation des circuits courts et des petits producteurs, la possibilité de se mettre en avant et d’affirmer son existence et l’innovation dans la distribution avec des points de relais associant les tabacs, etc.  Nous avons menés d’autres actions en lien avec l’Est Eclair, mis en place une plateforme de certification des valeurs sanitaires pour soutenir l’économie touristique au sortir du confinement, une campagne de communication immersive et rassurante : « Troyes est à 1h30 de Paris, on a de la pleine nature, de l’’expérimentielle, etc. »

Enfin, nous avons lancé un concours d’idées pour inciter des initiatives propres à soutenir l’économie et le développement. Près de 35 dossiers ont été déposé suite à notre appel à projets avec 20 lauréats dont David Moreau, propriétaire du château de Montabert, innovant à la fois dans son concept et dans son son histoire de vie.

David Moreau et la Route des Bulles

Je ne suis pas issu du monde du tourisme. Pendant 20 ans, j’ai exercé comme sapeur pompier à Troyes. Puis, il y a 5 ans, j’ai décidé de me reconvertir et j’ai créé une société de service, puis deux, puis une troisième au sein de l’Aube.

Tout a commencé avec le château de Montabert qui nous a touchés avec mon épouse. Nous avons  souhaité développer des activités au sein de ce domaine. On devait l’acheter le 17 mars de cette année mais le 16 mars, on s’est retrouvé confiné. On n’a du reporter notre achat et cela a remis en cause beaucoup de choses car nous avions développé une activité touristique avec cinq chambres d hôtes, des séminaires d’entreprise dans notre orangerie classée de 1730, des salons, mariages, anniversaire. Avec le confinement, tout s’est annulé, entre le 17 mars et le 19 mai où nous avons finalement pu signer, j’ai eu le temps de réfléchir…

C’est ainsi que j’ai eu l’idée d’une nouvelle activité. Notre domaine est très riche au niveau nature, personnellement je suis assez anti système, contre le tourisme de masse. J’ai donc souhaité mettre en place une « Route des Bulles » avec pour idée d’apporter un circuit touristique sur notre département qui possède des sites extraordinaires encore trop peu connus.

On s’est donc servi de notre terrain. On a 14 hectares très sympas. Et on a mis en place deux maisons bulle espacées de 500 m l’une de l’autre. La première sous un séquoia géant de 8 mètres de circonférence  qui compte parmi les 15 plus beaux séquoias de France, la deuxième sur un étang. Nous avons aussi réussi à convaincre une maison de champagne, un clos en bio,  d’installer une maison bulle au cœur des vignes avec une vue extraordinaire.

L’idée des bulles est née d’une rencontre avec le propriétaire de Bubble Tree. Les bulles sont éco-conçues. Une maison bulle est très facile à mettre en œuvre, il faut compter trois jours pour la mise en place et elle s’avère très confortable avec une salle de bain traditionnelle, une chambre spacieuse, une vue à couper le souffle. Sa consommation énergétique est très faible, quelques 40 Watt/h après raccordement, soit  sur un an de 120 à 130 euros de budget. Quant à l’emprise au sol, les bulles sont posées et n’empiète que sur 0,5m2 de béton.


L’idée de la Route des Bulles est né du constat qu’en tant qu’hébergeurs nous sommes souvent livrés à nous même. Booking nous prend 27 % de marge et l’affaire est faite. Avec la Route des Bulles,  je souhaite apporter un circuit sur le département, avec l’idée de démultiplier cette activité dans d’autres départements,  en France et à l’étranger. Pour cela nous travaillons à un site référent en partenariat avec Elloha, la plateforme de commercialisation de l’Aube, qui accompagne les prestataires et les aide dans leurs licences mais aussi à travailler leur prix, leur offre pour  réussir à développer une offre innovante.

Enfin, on a aussi joué le pari d’une bulle pas raccordée. L’une de nos bulles est installée sur une maison de Champagne qui n’est pas raccordée à l’électricité mais  dispose de panneaux solaires qui lui permettent une autonomie en électricité avec capacité de chauffage l’hiver. En outre, au cœur du château de Montabert, l’une de nos bulles est reliée à un système de traitement des eaux qui fonctionne avec une micro station autonome avec des bactéries qui mangent des bactéries. Et donc aujourd’hui, nous avons la capacité de mettre en place des bulles sur un territoire sans capacité de raccordements avec les mêmes facilités de montagne.

Julien Renoult présente Y Schools.

Y School rassemble une école de commerce, de design, de tourisme et un centre de formations en alternance. En tout, nous accueillons 1800 étudiants dont 300 étudiants internationaux issus de  40 nationalités. Nous accompagnons aussi 3 000 adultes sur le Grand Est sur le volet Champagne Ardennes.

Dans notre dynamique de partenariat avec le CDT de l’Aube, nous avons eu l’idée de monter un slow Tourisme Lab avec l’envie d’accompagner l’innovation au sein des acteurs privés du territoire dans une perspective de développement des compétences.

Nous avons également développé des plateformes qui correspondent aux besoins de notre territoire dans le domaine des langues mais aussi afin d’apporter notre contribution sur l’aide à la commercialisation des produits. Ainsi Elloha, la plateforme de commercialisation de l’Aube, accompagne les prestataires et les aide éviter Booking.

Pendant le confinement, nous avons été mobilisés pour accélérer la commercialisation de nos partenaires. Nous avons également pu  mobiliser les étudiants sur des questions d’innovations. Nous faisons partie d’un collectif avec une association et d’autres écoles de tourisme  en France ce qui permet aussi de mobiliser les étudiants sur ces problématiques d’innovation.

Enfin, nous travaillons aussi avec la technopole, ce qui nous permet d’accompagner des porteurs de projets avec des chefs d’entreprises du territoire, des collèges d’experts, ce qui permet aussi de sortir le porteur de projet de son environnement.  

Au niveau Grand Est, nous avons identifié ces porteurs de projets afin de les mettre en avant. On en a ainsi sélectionné une vingtaine, qui ont ensuite été accompagné.

Tous ces évènements ont créé une dynamique afin d’accompagner tous ceux qui portent des projets d’innovation. Après le Slow Tourisme Lab, le Grand Est  a le projet de développer d’autres Lab sur d‘autres filières. La technopole de l’Aube est donc déterminée à accompagner les entrepreneurs et le développement des compétences.


Innover pour un tourisme rural et responsable | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Auteur et journaliste indépendante spécialisée sur le tourisme durable et le monde chinois, Geneviève Clastres est également interprète et représentante de l'artiste chinois Li Kunwu. Collaborations régulières : Voyageons-Autrement.com, Monde Diplomatique, Guide vert Michelin, TV5Monde, etc. Dernier ouvrage "Dix ans de tourisme durable". Conférences et cours réguliers sur le tourisme durable pour de nombreuses universités et écoles.
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