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Des entreprises innovantes et inspirantes au Pyrénées Business Summit

| Publié le 1 janvier 2022 • Mis à jour le 3 janvier 2022 à 8h24
         

Parmi les acteurs du tourisme, les entrepreneurs et producteurs locaux présents à ces deux journées consacrées à la Montagne Innovante et soutenus par la CCI Pyrénées Orientales, plusieurs nous ont raconté leur parcours, leurs activités et en quoi elles étaient innovantes. 

La Pyrénéiste, une bière bio transfrontalière

Dossier Pyrenees Business Summit - rencontres transfrontalières - CCIPO/EPIREMED
Aude Artigas et Matthieu Roux © Elisabeth Blanchet

« C’est une rencontre sur un marché, puis d’autres, qui m’ont fait quitter mon travail dans l’administratif pour fabriquer de la bière », raconte Aude Artigas, qui avec son collaborateur Matthieu Roux, a démarré sa brasserie entre Palau-de-Cerdagne et l’enclave de Llivia. « Nous avons eu la chance de rencontrer Josep Pous, brasseur à Llivia et producteur de la bière la Lybica. Il nous a proposé de venir brasser chez lui. Il n’avait pas le temps de brasser une bière locale, alors nous avons lancé la Pyrénéiste« , poursuit Aude. C’était il y a deux ans. « On a eu les infos nécessaires pour savoir si la filière du houblon pouvait être développée en montagne. Ensuite, il a fallu trouver l’agriculteur qui voulait bien planter des céréales. Puis nous nous sommes mis en relation avec un malteur pour transformer les céréales en malte à proximité », raconte la jeune femme en insistant sur le fait qu’elle souhaitait que leur bière de Cerdagne soit un produit d’économie circulaire. Il fallait donc sélectionner des fournisseurs et des prestataires en circuits courts. Elle donne l’exemple du houblon qui vient de Gérone et le malte du Tarn car les brasseurs pyrénéistes n’ont pas trouvé plus près. Par contre, ils ont découvert que du houblon sauvage poussait du côté d’Ur. « L’idéal serait de pouvoir l’utiliser », suggère Aude.

Un concept boucherie-pâtisserie à Font-Romeu

Dossier Pyrenees Business Summit - rencontres transfrontalières - CCIPO/EPIREMED
Guillaume Puig © Elisabeth Blanchet

Guillaume Puig est boucher-charcutier-traiteur à La Cabanasse en Cerdagne. Jeune, talentueux et plein d’enthousiasme, il vient de s’associer à un ami pâtissier, Kevin Vela, pour monter un magasin à Font-Romeu qui hébergera à la fois sa boucherie et la pâtisserie de son acolyte. « On a acheté une boutique de 90 m2 avec deux vitrines face à face. Moi, je ferai tout ce qui est boucherie et lui tout ce qui est pâtisserie. On aura quelques petites tables pour un peu de dégustation », explique Guillaume qui parle aussi de séparation grâce à des décorations et des ambiances différentes. « C’est un concept qui n’existe pas. On s’inscrit dans la dynamique du territoire car c’est un projet innovant et transfrontalier car on travaille déjà beaucoup avec des Catalans ou des Espagnols surtout l’hiver« . Il précise aussi que toute la viande qu’il vend vient de carcasses achetées localement et tuées à l’abattoir transfrontalier d’Ur à 1 km de la frontière qui a été payé par les deux pays. Il est inscrit dans le projet EPIREMED comme entreprise à visiter sur les itinéraires.

Abies Lagrimus, du sirop de sapin ancestral à des produits innovants

Dossier Pyrenees Business Summit - rencontres transfrontalières - CCIPO/EPIREMED
Claude Sarda © Elisabeth Blanchet

En juillet 2013, Claude Sarda créait la société Abies Lagrimus, pour sauvegarder et relancer la production artisanale du sirop de sapin sur le Massif du Canigou, au coeur du Parc Naturel des Pyrénées Catalanes. « La recette vient d’Andorre et c’est un chef cuisinier qui me l’a faite découvrir il y a une dizaine d’années. Il m’a fait goûter et m’a suggéré de vendre du sirop en France ». L’idée plaît à Claude qui décide de lancer sa propre affaire : « Je me suis renseigné, j’ai vu que sur le massif du Canigou, la montagne sacrée des Catalans, il y avait beaucoup de sapins Albies Alba, la variété qu’on utilise pour le sirop« . Il explique ensuite comment la récolte des cônes se fait, manuellement, à 35 m de hauteur par ceux qu’il appelle « ses vendangeurs du vertige » : « Nos anciens récoltaient le sirop en été puis ils l’utilisaient en hiver pour les bronches et les voies respiratoires car il est chargé d’huiles essentielles, d’oléosine et de polyphénols« . Aujourd’hui, l’entrepreneur catalan distribue son sirop dans des pharmacies, les magasins bios mais aussi à des cuisiniers et des pâtissiers qui l’utilisent en cuisine, comme le grand chef Jordi Roca. « Ce qui m’a toujours intéressé, c’est le développement de produits dérivés. Après le sirop, j’ai créé une crème balsamique de sapin, deux vinaigres de sapin, du poivre de sapin, pour lequel j’ai déposé un brevet d’invention, et des liqueurs de sapin », enchaine Claude. Et puisqu’innovation rime avec projets, il parle ensuite de ses prochains produits : de l’huile aromatisée au sapin et un sel des Pyrénées transfrontalier : « Je collabore avec la dernière saline artisanale côté espagnol à Solsonne et je distribue en France une fleur de sel sauvage, uniquement récoltée en été, baptisée « salvage ». Et je commence à avoir quelques chefs qui m’accompagnent », conclut-il. 

Nevada Mountain Paddock, le ranch de la seconde chance

Dossier Pyrenees Business Summit - rencontres transfrontalières - CCIPO/EPIREMED
Carolina Borra Alemany et Quentin Robert © Elisabeth Blanchet

« Avec Carolina, on a décidé de se lancer dans l’ouverture d’un ranch à Dorres en Cerdagne, l’idée c’est de créer un pole équestre, où on sensibiliserait à l’environnement et où on ne ferait pas seulement du déplacement« , commence Quentin Robert, podologue équin. Le jeune couple qui vient de démarrer ses activités cette rentrée explique que le ranch n’hébergera que des chevaux de sauvetage. « C’est le ranch de la deuxième chance, s’exclame Carolina Borra Alemany, jeune vétérinaire andorrane, on donne une autre chance à des chevaux abimés« .  Des chevaux abimés mais aux petits soins ! Elle se montre en effet rassurante en précisant qu’au Nevada Mountain Paddock, les chevaux ne feront pas de randonnées de plus de 4 heures, que les partenaires le long des balades seront choisis précautionneusement pour pouvoir bien accueillir des animaux. « Nous proposerons aussi des cours d’équitation ludiques et de sensibilisation au cheval et à l’environnement lors des randonnées », poursuit Carolina. A plus long terme, le couple prévoit aussi de faire de l’hébergement, de la restauration et d’organiser des activités de bien-être.

Kamino Guide, une appli de Cerdagne qui conquit les autres territoires

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Fred Maugery © Elisabeth Blanchet

« Kamino Guide est une appli qui répertorie des parcours audio-guidés  – qu’on appelle topo-guides -de randonnées pédestres, de VTT, de vélo de route, de trail, de ski de fond, de raquettes, les sites de parapentes, d’escalade, de canoë, de pêche etc.… « , commence Fred Maugery, éducateur sportif. Il précise qu’il s’agit de services qui sont offerts gratuitement aux utilisateurs. Une fois l’appli sur leur smarphone, ils peuvent télécharger un topo-guide pour partir à la découverte de la Cerdagne par exemple, où est née l’application. « En parallèle, on répertorie aussi des annonceurs qui sont des restaurateurs, des hébergeurs, des prestataires de service comme des loueurs de vélos, des parcs accrobranches, des sites touristiques etc », ajoute Fred. Ces derniers ont en effet une licence pro et peuvent, via l’application vendre des séjours ou d’autres produits touristiques. Dans le cas de Fred, il s’agit de louer des vélos, via son entreprise O’Naturel 66, et de proposer des parcours adaptés aux demandes et aux niveaux des clients. « L’idée est venue d’un ingénieur, Régis Gendreau, amateur de découverte des territoires en vélo. Un jour, il s’est dit que plutôt que de taper sans arrêt des mots-clés pour trouver de bonnes idées pour réussir ses vacances, une application qui reprenne toutes les informations des territoires serait la bienvenue », raconte Fred. Il la crée donc et la nomme Kamino Guide  – « camino » signifie « chemin » en espagnol – , l’application offrant des topo-guides transfrontaliers et proposant à des pros de s’inscrire de chaque côté de la frontière. Kamino Guide permet aussi, grâce à sa fonction « SOS », de géolocaliser un utilisateur qui serait en danger ou en rade quelque part, et de lui porter assistance. « Avec KaminoGuide on a aussi monté une sorte de communauté, on fait appel à des référents, généralement des BE (Bervets d’Etat) de VTT par exemple ou de rando. On leur explique le deal : vous faites 24 circuits réparties en 6 trails, 6 randos, 6 VTT, 6 canoës selon la spécificité du territoire, pour sortir un topo guide et une visite culture. Une fois que c’est fait, on lance le topo-guide et eux en échange, ils bénéficient d’une licence pro pour leurs propres activités », détaille Fred. 

3A Bio de France, vers une filière baie de goji

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Eric Marcer © Elisabeth Blanchet

Eric Marcer est producteur de fruits et légumes, en agriculture biologique, dans la plaine du Roussillon. « Je vends mes produits à des magasins spécialisés, à une paire de grossistes et je fais aussi des paniers », explique-t-il mais sa sociéte, 3A Bio de France, se distingue des autres maraîchers de la région par sa pratique de la culture de la baie de goji. « Cette année, on a réussi à mettre en place une commercialisation au niveau national de jus de fruit d’assemblage avec de la baie de goji », poursuit Eric. Précurseur de cette culture en France, il révèle avoir commencé à y penser il y a plus d’une dizaine d’années quand la culture de pêchers et d’abricotiers a commencé à être compromise par la sharka. « Il y avait aussi la PSA du kiwi qui détruisait les plants et on avait des problèmes avec les vignes », ajoute Eric qui se plaint aussi des soucis d’importation traditionnels et habituels et du fait que l’on soit de plus en plus noyés par les importations. Il fallait donc trouver un produit pour sortir de tous ces aléas, un nouveau produit non concurrencé dans le pourtour méditerranéen et que l’on puisse arriver à cultiver. Il fait des recherches et s’intéresse vivement à la baie de goji, jusqu’alors essentiellement cultivée en Asie. « La baie de goji reste aujourd’hui une culture de diversification et je suis en train d’inciter une vingtaine d’agriculteurs pour rentrer dans l’aventure et pour développer une filière goji dans le département« , annonce Eric. Concrètement, la production prendra la forme   de baies séchées, grâce à un séchoir commun à tous les producteurs de la filière, de baies fraiches et la poursuite de l’assemblage de jus de fruit. « D’autres en France ont commencé à développer la culture de la goji mais ils ne font que des petits marchés locaux et restent en circuit très court. On sera les premiers à faire une filière nationale et même au niveau européen« , conclut Eric.


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Par Elisabeth Blanchet
Ancienne prof de maths, je me suis reconvertie dans le photo journalisme en 2003 à Londres où je vivais. J’ai travaillé pour différents magazines dont Time Out London et j’ai développé des projets à longs termes dont un sujet les préfabriqués d’après-guerre, une véritable obsession qui perdure, les Irish Travellers -nomades Irlandais- dans le monde, les orphelins de Ceausescu - je suis des jeunes qui ont grandi dans les orphelinats du dictateur depuis 25 ans -. Je voyage beaucoup et j’adore raconter des histoires en photo, avec des mots, en filmant, en enregistrant… Des histoires de lieux, de découvertes mais surtout de gens. Destinations de cœur : Royaume-Uni, Irlande, Laponie, Russie, Etats-Unis, Balkans, Irlande, Lewis & Harris Coup de cœur tourisme responsable : Caravan, le Tiny House Hotel de Portland, Oregon – Mon livre de voyage : L’Usage du Monde de Nicolas Bouvier – Le livre que je ne prends jamais en voyage : L’oeuvre complète de Proust à cause du poids – Une petite phrase qui parle à mon cœur de voyageur : « Home is where you park it »
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