#TourismeDurable

Fiona Mille reprend les rênes de Mountain Wilderness France

| Publié le 18 juin 2021 • Mis à jour le 18 juin 2021 à 16h52
Thèmatique :  Acteur associatif   Portrait 
         

En plus de 30 ans d’existence, Mountain Wilderness est devenu l’un des acteurs emblématiques du paysage associatif français. Fondée en 1988 au congrès d’Évian, l’association travaille pour faire évoluer les comportements vis-à-vis de la montagne au moyen d’actions sur le terrain, de publications expertes et de relations auprès des divers acteurs politiques, associatifs et économiques. Présente dans plusieurs pays européens, elle défend ainsi une approche globale de la montagne dans laquelle préservation du milieu naturel et amélioration de l’économie constituent le même défi. Après plus de 10 ans à la tête de la branche française de l’association, Frédi Meignan laisse la place à Fiona Mille, jeune femme enthousiaste de 24 ans qui milite au sein de Mountain Wilderness depuis quelques années déjà. Un signal fort et un symbole rempli de dynamisme et de positivité.

Portrait de Fiona Mille de face et souriante
Fiona Mille, la pétillante nouvelle présidente de Mountain Wilderness France
© Mountain Wilderness

Voyageons-Autrement : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous, vos origines et votre parcours ?

Fiona Mille : J’ai 24 ans et je suis originaire d’un pays pas très montagnard, à savoir le Nord-Pas-de-Calais. Les seules montagnes aux alentours, ce sont les terrils ! J’ai eu la chance de découvrir les territoires de montagne en me rendant régulièrement dans les Pyrénées et cela a véritablement été le coup de foudre pour un territoire ! Ma motivation a été de me rapprocher de ces montagnes lorsque j’ai entamé mon cycle d’études : j’ai ainsi suivi un cursus dans les politiques de l’environnement à Toulouse, tout près du massif pyrénéen. J’ai eu à cette époque l’occasion de m’investir dans l’association Mountain Wilderness en tant que stagiaire. Ma mission était de recenser les bons plans écotourisme dans les différents parcs et espaces naturels à l’échelle européenne, de quelle manière il est possible de développer des activités touristiques qui respectent les écosystèmes. Cette expérience m’a beaucoup plu et je me suis alors engagée au sein de l’association plus activement. J’ai rejoint le conseil d’administration, puis le bureau… et voilà ! Cela fait maintenant 5 ans que je fais partie de Mountain Wilderness.

Fiona Mille présidente de Mountain Wilderness tenant à bout de bras des barbelés rouillés
Fiona participant à l’une des campagnes « Installations Obsolètes » mises en place par l’association © Monika Glet

VA : Comment décririez-vous dans les grandes lignes ce qui fait l’essence de Mountain Wilderness pour quelqu’un qui ne serait pas familier de l’association ?

FM : Mountain Wilderness est une association qui a plus de 30 ans d’existence : c’est une organisation internationale mais avec de nombreuses antennes au niveau local, principalement dans les pays alpins mais pas uniquement. Elle est ouverte à l’ensemble des amoureux de la montagne qui partagent cette envie de préserver des écosystèmes naturels remarquables et qui souhaitent également encourager une nouvelle approche vis-à-vis de ces territoires pour aller vers une montagne ‘à vivre’. Cette idée d’équilibre est centrale dans la vision de Mountain Wilderness, entre des activités humaines et une protection de la biodiversité. Nous menons différentes actions de front dans cet objectif. Nous fêtons d’ailleurs les 20 ans des ‘Chantiers d’Installations Obsolètes’ : le but est d’enlever des aménagements qui n’ont plus lieu d’être en montagne et peuvent même représenter une menace pour la faune de ces territoires (barbelés de vieilles installations militaires, anciens projets skiables…). Nous avons aussi mis en place la campagneChanger d’approche : comment peut-on faire pour pratiquer la montagne autrement, avec parfois un rythme plus lent, en encourageant les transports en commun pour s’y rendre, ce qu’on nomme les ‘mobilités douces’. Sur le site vont être ainsi recensées toutes les sorties montagne que l’on peut faire en transports en commun. Nous travaillons sur un projet dans ce sens à partir de la ville de Clermont-Ferrand. En parallèle, nous réalisons des brochures de sensibilisation, comme celle des ’10 idées de sorties sans voiture’. Cette année, nous avons collaboré dans cette perspective avec le Parc National des Pyrénées. Ces sorties sont également référencées sur le site internet camptocamp. C’est notre façon de montrer aux pouvoirs publics l’importance de développer les transports en commun vers les destinations nature, d’où l’intérêt de travailler avec les Parcs Naturels Régionaux et les collectivités locales.

Fiona pose avec son vélo et sa remorque devant la gare de Valence lors d'une des campagnes 'Changer d'approche' mises en place par Mountain Wilderness.
Également sur le terrain avec son vélo dans le cadre de la campagne ‘Changer d’approche’ ! – © Éric Monnier

VA : Y a-t-il d’autres grands axes de travail à l’ordre du jour ?

FM : Le projet central de 2021 est la mise en place des États Généraux de la Transition du Tourisme en Montagne. Les grandes bases ont été posées en mars dernier à Métabief dans le Haut-Jura. C’est un événement qui va avoir lieu simultanément dans une quarantaine de lieux les 23 et 24 septembre prochains. C’est vraiment la première fois que l’on va fédérer autant d’acteurs de la montagne, qui n’ont pas l’habitude de se côtoyer, de travailler ensemble. Cela va ainsi permettre un dialogue essentiel, de faire connaître les bonnes pratiques de chacun, d’inventer autre chose. Cela constitue un point fort pour notre association !

VA : Quel regard portez-vous sur le fait de succéder au charismatique Frédi Meignan ?

FM : La nouvelle présidence est aussi liée à un souhait de nouvelle gouvernance. Frédi a été président de l’association pendant 10 ans. Il reste cependant vice-président et porte-parole de Mountain Wilderness avec Camille Alezier. Collectivement, nous nous sommes questionnés sur le fait de repenser notre fonctionnement interne. Nous avons voulu que notre gouvernance soit représentative des dynamiques au sein de l’association. De plus en plus de femmes s’investissent en son sein et c’est important que différentes personnes puissent à un moment être la voix de l’association. On est vraiment dans une logique de travailler de manière de plus en plus collective.

VA : Quelle serait votre vision idéale du devenir de l’association dans les années à venir ?

FM : ‘ J’ai envie de dire qu’on travaille cela collectivement car nous sommes en train de monter notre projet associatif. Cela fait un an que l’on travaille dessus et nous allons finir cet été. On se pose vraiment la question de l’avenir de l’association sachant qu’on voit bien que nous sommes à un tournant, à un nouveau point de départ. Tout ce que l’on mène depuis 20 ou 30 ans (les installations obsolètes, les projets d’aménagement…), on va continuer à le faire car cela est toujours d’actualité. Mais on imagine d’autres horizons vers lesquels on veut travailler, notamment les questions de transition et de montagne à vivre qui ont été soulevées par la mise en place des États Généraux de la Transition du Tourisme en Montagne. Le défi est aussi immense que passionnant mais nous sommes d’autant plus déterminés à le relever.

Merci à Fiona Mille pour cet entretien.

Pour aller plus loin :

. Le site internet de Mountain Wilderness : https://www.mountainwilderness.fr/

. La page sur les Installations Obsolètes : https://www.mountainwilderness.fr/decouvrir/nos-dossiers-thematiques/installations-obsoletes-64/

. La page sur les Mobilités Douces : https://www.mountainwilderness.fr/decouvrir/nos-dossiers-thematiques/mobilite-douce-66/

. L’article de Voyageons Autrement sur les États Généraux de la Transition du Tourisme en Montagne : https://www.voyageons-autrement.com/lancement-des-etats-generaux-transition-tourisme-en-montagne


Fiona Mille reprend les rênes de Mountain Wilderness France | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Vanessa Beucher
Photographe, journaliste & traductrice basée à la Grave dans le massif des Ecrins
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