#TourismeDurable

En Égypte, la région de Sharm El-Sheikh se met au vert

| Publié le 12 février 2026
Thèmatique :  Initiative nationale   Monde   Territoire 
           

En 2025, l’Égypte a accueilli 19 millions de touristes internationaux, un record historique pour le pays qui ne compte toutefois pas s’arrêter en si bon chemin et vise 30 millions de visiteurs en 2030. Un objectif scandé tel un slogan porté par l’ouverture récente du nouveau musée du Caire, le Grand Musée Égyptien (GEM), un produit d’appel qui vise à recentrer une part des entrées touristiques vers la capitale. Il faut dire que face à la forte pression du tourisme de masse sur les écosystèmes du Sinaï Sud, l’Égypte a tout intérêt à mieux répartir les flux de ses visiteurs. C’est aussi l’ambition du projet « Green Sharm El-Sheikh » lancé en 2022 par le gouvernement égyptien qui vise à faire de Sharm El-Sheikh l’une des premières destinations touristiques « vertes » et villes durables d’Égypte et du monde arabe.

Transformer Sharm El-Sheikh en une ville touristique durable

Partir à la découverte du pays des Pharaons nécessite un peu de préparation pour mieux appréhender les enjeux d’une terre où le tourisme de masse a fait beaucoup de dégâts. Choisir une agence de voyage engagée peut alors s’avérer une bonne option. Spécialiste des voyages en Égypte, Terre d’Aventure a fait le choix de rejoindre Livelihoods ce qui lui permet de contribuer à des projets de reforestation dans le monde. Il est aussi des projets issus directement des gouvernements et des institutions, à l’image de « Green Sharm El-Sheikh », officiellement inauguré le 4 janvier 2022 par le Fonds pour l’Environnement Mondial (GEF) avec le PNUD et le gouvernement égyptien. Il vise, sur une période de six ans (avril 2022 – juin 2028), à concilier développement économique, attractivité touristique et préservation de la biodiversité, tout en améliorant la qualité de vie des habitants.

« Réduire les émissions de gaz à effet de serre, la pollution plastique et les impacts négatifs sur les écosystèmes, tout en transformant les pratiques d’aménagement urbain et de développement touristique. »Telles sont quelques-unes des lignes directrices du projet qui ambitionne de faire de Sharm El-Sheikh une ville pilote du développement durable et un modèle international d’écotourisme et de développement urbain écologique. En 2025, la région a attiré 3,8 millions de visiteurs, une forte pression touristique qui a convaincu les autorités égyptiennes de se faire aider pour mettre en place ce plan de tourisme durable intégré combinant efficacité énergétique, gestion des déchets, protection de la biodiversité, gestion de l’eau, mobilités durables et infrastructures vertes.

Un banc de dauphins à sataya au coeur de la mer rouge en egypte , photo prise par un drône
Banc de dauphin au coeur de la mer rouge en Egypte

Le projet d’écotourisme communautaire du village bédouin de Gharaana

L’un des volets du projet « Green Sharm El-Sheikh »concerne le village bédouin de Gharaana situé dans la réserve naturelle de Nabq. Cette communauté, historiquement tournée vers la pêche et l’élevage, est confrontée à des restrictions d’usage des ressources naturelles liées au statut d’aire protégée. Le projet vise donc à soutenir la diversification des moyens de subsistance à travers des activités compatibles avec la conservation : écotourisme, artisanat local, services aux visiteurs, amélioration de l’assainissement et de la gestion des déchets, tout en respectant la culture et les traditions locales. Il prévoit également de renforcer la gouvernance communautaire via la participation des femmes et des jeunes à porter leurs projets.

Des outils concrets sont prévus : cartographie participative des ressources, élaboration d’un plan de développement intégré du village et construction d’un plan d’investissement pour financer des activités durables, en partenariat avec les autorités de la réserve, les acteurs du tourisme et le secteur privé. Le projet met donc l’accent sur la concertation, la transparence et l’inclusion sociale, avec des mécanismes de consultation formelle des communautés locales avant toute décision affectant leurs terres, ressources ou moyens de subsistance. L’objectif est de faire de Gharaana un exemple de tourisme communautaire durable, conciliant protection de la nature, amélioration des conditions de vie locales et participation active des habitants à la gestion de leur territoire.

Une expérience immersive pour les visiteurs

Concrètement, les visiteurs pourront loger dans des maisons en pierre ou en adobe typiques du village, ou des écolodges gérés par la communauté et découvrir ainsi le mode de vie bédouin et profiter des soirées autour d’un feu de camp avec contes et chants traditionnels. Des ateliers d’artisanat local (tissage, poterie, fabrication de bijoux, etc.) et de cuisine (préparation du pain dans le four traditionnel, du tagine, etc.) seront proposés. Des balades guidées seront organisées dans la réserve de Nabq pour observer la faune et la flore locales, y compris la mangrove et les récifs coralliens. Enfin, il sera possible pour les visiteurs qui le souhaitent de participer à des activités de conservation et de sensibilisation à l’environnement, comme le nettoyage des zones naturelles ou des programmes de protection des espèces locales. L’ensemble permettra au village de générer un revenu durable pour la communauté, un complément aux ressources de la pêche et de l’élevage.

Djibouti


En Égypte, la région de Sharm El-Sheikh se met au vert | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Auteur et journaliste indépendante spécialisée sur le tourisme durable et le monde chinois, Geneviève Clastres est également interprète et représentante de l'artiste chinois Li Kunwu. Collaborations régulières : Radio France, Voyageons-Autrement.com, Monde Diplomatique, Guide vert Michelin, TV5Monde, etc. Dernier ouvrage "Dix ans de tourisme durable". Conférences et cours réguliers sur le tourisme durable pour de nombreuses universités et écoles.
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