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Le réseau des Stations Vertes s’engage pour la nature !

| Publié le 26 janvier 2022 • Mis à jour le 28 janvier 2022 à 14h14
Thèmatique :  Acteur associatif   Initiative nationale   Innovation   Labels   Territoire 
         

A l’occasion de son 21ième congrès, le réseau des Stations Vertes  (1er label d’écotourisme de France, fort de plus de 500 collectivités) a décidé de s’engager plus activement encore au service de la nature. En nouant notamment de multiples partenariats avec les associations expertes en la matière. Retour avec Daniel Acker (président) et Philippe Bernez (Directeur Général) sur cette initiative extrêmement bien accueillie…

Ouverture congrès stations vertes
L’ouverture du congrès (© Lucie Virely)

Voyageons Autrement : Merci de nous décrire en quelques mots la nature, la mission et l’ampleur actuelle du réseau Stations Vertes

Daniel Acker & Philippe Bernez : Plus de 500 communes sont aujourd’hui labellisées « Stations Vertes » ce qui signifie qu’elles souhaitent adopter un positionnement écotouristique et non pas seulement touristique. Notre rôle consiste donc à les accompagner dans ce cheminement. C’est la raison même d’être de ce label, créée en 1964 par quelques élus et techniciens du tourisme. Alors naturellement, comme il s’agit d’un label, quelques conditions y sont associées : retraiter ses eaux usées, préserver la qualité de l’eau, créer des sentiers de nature, des choses comme ça. Historiquement, durant quelque temps, seules les communes rurales devenaient vertes, puis les communes de montagne ont commencé de nous rejoindre et enfin les stations balnéaires. Tout ceci s’est déployé en quelques années, dans l’élan d’une dynamique très vive. Avant de se calmer, plusieurs années. Et de repartir de plus belle puisqu’avec la pandémie et cette soif d’espace engendrée par les confinements, ce sont plus d’une vingtaine de communes qui, de nouveau, nous sollicitent chaque année. S’apercevant notamment combien il est important pour elles de pouvoir suivre et développer ce tourisme de proximité de plus en plus important.

VA : Votre dernière assemblée plénière s’intitulait « Pourquoi le réseau stations vertes doit s’engager pour la nature et la biodiversité. Et avec  quels partenaires ». Comment votre réseau en est-il arrivé à cette envie de s’engager davantage ?

DA & PB : Indirectement, la crise du covid nous a permis de réaffirmer notre raison d’être : permettre en toutes saisons (tourisme 4 saisons) à une clientèle généralement urbaine de venir souffler et se ressourcer. La station verte devient alors un camp de base à partir duquel on rayonne. Elle est à la fois territoire d’accueil, de destination et d’organisation. Organisation d’évènements et d’activités… mais pas seulement touristiques, écotouristiques ! C’est là qu’il s’agit de ne pas oublier notre raison d’être : incarner un tourisme durable ET avoir un rôle, essentiel, de médiation éducative. On est là pour que les gens profitent. On favorise donc en conséquence le « slow tourisme » et notre démarche est de valoriser la « quiétude attitude », les marches vertueuses… Mais dans le même temps, on est là pour préserver les richesses naturelles qui attirent ces personnes et pour leur faire savoir combien il est important de respecter dans ce but un certain nombre de choses. Les zones où se reproduit le grand tétras, les cerfs au moment du brame du cerf, etc. Avec la recrudescence heureuse de l’affluence vers les zones naturelles, il était devenu indispensable de se réinscrire de manière active dans nos valeurs de base.   

VA : Et pour ce faire, vous avez appelé diverses associations et organismes en renfort : Réseau des parcs naturels, LPO, Teragir , Gestes Propres, Institut de la Biodiversité… Qu’attendez-vous de cette collaboration ?

DA & PB : Après l’élan vers la nature mais aussi le désordre lié à cet engouement post-covid, il nous a paru important de réaffirmer notre identité de base et de nous engager avec des partenaires partageant nos valeurs dont nous connaissions bien les actions. Etant nous-mêmes engagés dans la recherche de démarches éducatives et de sensibilisation liées à l’environnement, il était tout à fait logique de nous rapprocher de Teragir et de son programme Eco Ecole, de signer une convention avec Gestes Propres alors que nos associations de pêche organisent des opérations de nettoyage de berge ou de nous rapprocher plus encore des parcs naturels avec qui nous partageons déjà beaucoup. De nombreux élus étant à la recherche de programmes pour sensibiliser les enfants, comme « la Journée internationale des forêts » ou « la forêt s’invite à l’école » car l’éducation à l’environnement s’exprime de plus en plus localement. Ces partenariats vont leur apporter des supports de communication et, via LPO par exemple, des propositions multiples d’actions simples à mener ensemble. A ce propos, les présidents de la fédération des parcs naturels et celui des stations vertes viennent de s’engager à assister réciproquement au congrès de l’autre à partir de cette année !

VA : Comment s’est déroulée l’assemblée ? Que s’y est-il dit et qu’en ressort-il d’essentiel à vos yeux ?

DA & PB : La première constatation évidente effectuée lors de cet assemblée a été de s’apercevoir que tous les intervenants présents étaient ravis d’être là. Et convaincus du fait que l’urgence de la situation rendait même ce rapprochement aussi bienvenu qu’indispensable. Cette volonté de travailler ensemble ayant été exprimée par tous, nous allons à présent nous attaquer à construire un schéma directeur des actions à mener pour la période 2022 – 2026. On va fixer la feuille de route.

VA : Au-delà de cette volonté commune forte et d’un véritable enthousiasme ressenti à s’engager, Ensemble, à quelles problématiques et actions envisagez-vous de vous attaquer ?

DA & PB : L’objectif central est de promouvoir un tourisme respectueux, localement implanté et valorisant. Un écotourisme dans lequel, avec l’aide des associations, nous pourrons accompagner et stimuler les visiteurs. Avant de partager ensuite nos meilleures pratiques avec les autres. Ce sera également l’occasion de travailler ensemble nos offres en matière de slow tourisme et de séjours permettant aux visiteurs de se ressourcer. Même si ce n’est pas à nous de concrétiser et commercialiser ces produits, les inspirer et permettre un tourisme de terroir, doux et centré sur la nature de se déployer fait partie de notre mission.

L’assemblée plénière (© Lucie Virely)

VA : De quelle manière, les paroles vont elles à présent être suivies d’effets ? Quel calendrier peut-on évoquer ?

DA & PB : Cette fin d’année coïncide avec le rendez-vous donné aux nouvelles communes. L’occasion lors de la transmission de notre charte de poser les bases du travail en réseau que nous menons et poursuivront avec tous. Nous allons leur donner des axes sur lesquels ils pourront s’investir et chacun verra selon ses spécificités de quelle manière il peut se positionner en termes d’écotourisme. Quels sont ses atouts et sur quel type de contenu il peut se positionner. Sachant que cela servira de base pour notre travail en réseau. Il est important en effet de relier nos initiatives pour leur donner davantage de visibilité et d’attractivité. Ce que nous avons déjà fait, par exemple avec nos escapades à vélo entre stations ; les « Découvertes de Flora l’écotouriste » mises au point avec les parcs naturels et qui sont ainsi un peu devenu notre mascotte.

VA : Avez-vous déjà une idée des pistes de travail qui seront abordées avec tel ou tel partenaire : biodiversité, protection, prévention, gestion des flux ?…

DA & PB : Très logiquement, chacun va nous aider dans  sa partie : Gestes Propres va nous donner des outils de communication sur les bons gestes à avoir, LPO va inciter les stations à travailler étroitement avec leur antenne locale qui proposera aux habitants de s’investir dans certaines actions (accueil et préservation de la vie sauvage) et aux visiteurs d’observer et respecter. Avec Teragir , nous mobiliserons les stations pour qu’elles obtiennent le Pavillon bleu (un tiers d’entre elles sont aujourd’hui concernées) tandis que le programme Eco Ecoles mobilisera les enseignants. L’opération « la forêt s’invite à l’école » permettra, elle, de sensibiliser à la biodiversité, amenant à la compréhension qu’il est nécessaire de réserver certains espaces aux animaux qui en dépendent. La reconnaissance de l’engagement et du travail ainsi effectué servant également à nous affirmer de manière pérenne comme d’authentiques « Partenaires de la Nature ». Les élus pouvant ainsi faire progresser leur commune en bénéficiant de conseils, appuis et outils pratiquement gratuits.

VA : Selon plusieurs intervenants, les destinations rurales sont en train de devenir des refuges vers lesquels se précipitent (tous ensemble !) les citadins. On passerait d’un problème d’attraction à une sur-fréquentation. Est-ce déjà ressenti au sein du réseau ?

DA & PB : Oui, depuis la pandémie, nos stations ont connu des arrivées massives de visiteurs. Il y a le phénomène des maisons secondaires retrouvant de l’attractivité, mais pas seulement. C’est un véritable mouvement qui s’est établi au fil des mois. Et la gestion des flux devient en effet essentielle, problématique par endroit. C’est quelque chose sur lequel on doit communiquer, éduquer, sinon l’on va rapidement se retrouver avec des espaces naturels sensibles détériorés. D’où l’importance de tout ce qui a été décidé lors de cette assemblée, l’importance de la sensibilisation, notamment auprès des habitants qui sont également les hébergeurs et peuvent transmettre le message. Il est d’ailleurs significatif de voir combien les plus jeunes sont d’emblée sensibles à tout ceci, combien, ils entrent rapidement dans la prise de conscience de la gravité du problème, à l’image de Gréta Thunberg ou (symboliquement) de cette petite fille qui nous alerte dans la publicité pour l’eau gazeuse maison… La jeune génération est très réactive et démontre que le changement est possible : de très nombreux jeunes ne passent plus aujourd’hui leur permis de conduire alors que c’était leur priorité il n’y a pas si longtemps…

VA : Beaucoup d’élus sont inquiets : c’est la fin d’une époque (celle du ski par exemple) et la nouvelle n’est pas encore vraiment établie (le tourisme 4 saisons). Comment pouvez-vous les aider ?

DA & PB : En leur disant que s’adapter est possible et en leur proposant des partages d’expériences. Comme celle menée par cette station de ski du Doubs où le département a décidé de ne plus investir dans la neige artificielle. Les années où il y aura de la neige, les remontées fonctionneront. Et également les années où il n’y en aura pas… non pour monter les skieurs, mais les promeneurs, les lugeurs, trottinetteurs, etc. La station doit s’adapter et elle a du temps pour cela (plusieurs années). Il lui faut valoriser d’autres activités et alternatives : étapes gourmandes, visites de ferme et d’artisans, découverte de la nature à pied ou en raquettes, observation des animaux avec un garde… Favoriser également la venue des animaux en installant des mangeoires à oiseaux, etc. D’autant que l’on oublie que les gens redécouvrent le bonheur de prendre leur temps et le soleil, que beaucoup en station ne skient pas et que ceux qui skient le font seulement… un peu plus de deux heures par jour en moyenne.

VA : Vous, personnellement, qu’est-ce qui vous a marqués lors de cette assemblée et rendus, peut-être, un peu plus optimistes ?

DA & PB : La chaleureuse conclusion de la plénière durant laquelle chacun a affirmé qu’il était content d’être présent et de collaborer nous montre que le projet a fait écho. Il faut savoir que les deux tiers des congressistes, nouveaux élus, venaient pour la première fois. Tout en les motivant, cette rencontre et notamment sa seconde partie, lors des ateliers thématiques, leur a permis d’atteindre leurs buts personnels : rencontrer d’autres stations pour échanger et se nourrir d’expériences concrètes ; prendre des contacts, notamment avec les associations partenaires dans le but d’avancer concrètement sur les sujets et les chantiers liés à la nature qui les concerne. On avance !


Le réseau des Stations Vertes s’engage pour la nature ! | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Jerome Bourgine
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