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La feuille de chou est là

Le tourisme responsable dans l’économie participative, un sujet qui passionne Bruxelles

| Publié le 6 mars 2015 • Mis à jour le 6 mars 2015 à 11h26
Thèmatique :  Acteur associatif   Acteur privé 
         

Deux sujets d’actualité qui font débats. L’alliance de deux réseaux européens de tourisme durable. Le choix de l’emplacement central de Bruxelles. Une date stratégique. Ce sont, à coup sûr, les ingrédients pour assurer le succès d’une conférence européenne!

Le 2 décembre dernier à Bruxelles (juste après la Journée du Tourisme Européen organisée par la Commission Européenne), EARTH et NECSTouR organisaient une conférence débat afin d’étudier de plus près les points de rencontres et les limites entre tourisme responsable et économie du partage dite aussi économie collaborative.

Maurizio Davolio, président de EARTH et président des membres associés de NECSTouR

Maurizio Davolio, président de EARTH et président des membres associés de NECSTouR

Bien souvent sujet à débat, la régulation et la législation de l’économie collaborative préoccupent les acteurs privés et publics. EARTH et NECSTouR ont choisi l’approche idéologique étudiant ainsi les aspects sociaux, culturels, économiques et environnementaux de ce nouveau secteur.
Plus de 70 représentants d’autorités régionales, d’entreprises privées, d’associations, de coopératives et de fondations ou encore d’institutions européennes telles que le Parlement européen ou la Commission Européenne ont participé à l’événement.

Un subtil mélange parmi les intervenants a permis de rassembler les opinions des régions (NECSTouR, représenté par l’Université Zaragoza, Région Aragon en Espagne), des acteurs privés et associatifs (EARTH et ses membres comme l’AITR (Association Italienne du Tourisme Responsable), GreenHopping, Diesis Coop, l’ATES (Association Tourisme Equitable et Solidaire)) et d’organisations internationales comme l’OITS (Organisation Internationale du Tourisme Social). A cela, s’ajoute l’expérience de terrain de 6 réalités, représentants les complémentaires composantes du produit touristique : l’hébergement (Home Exchange et Couchsurfing), l’activité touristique (visites guiées par Greeters ; l’expérience culinaire par Bookalokal), le financement de projets (Kisskissbankbank) et enfin l’émergence des nouvelles formes de voyages (Hopineo). Les représentants du transport tels que Uber ou Blablacar n’ont pas pu assister à la rencontre.

Table ronde avec Caroline Mignon (ATES), Victoria Sanagustin (NECSTouR) et Charles Bélanger (OITS), modérée par Marie Secrétant (EARTH)

Table ronde avec Caroline Mignon (ATES), Victoria Sanagustin (NECSTouR) et Charles Bélanger (OITS), modérée par Marie Secrétant (EARTH)

Tourisme responsable et économie du partage : secteurs amis ?

La demi-journée a permis d’établir un certain nombre de conclusions sur la rencontre des valeurs entre tourisme responsable et économie du partage.
Tout d’abord, l’humain est au centre des deux secteurs. La collaboration, la participation des citoyens (voyageurs ou population locale) constituent un aspect fondamental de l’économie collaborative. Ce secteur valorise également la culture locale, la rencontre entre touristes / voyageurs et la population d’accueil. Grâce à la mutualisation de la consommation de biens et de services, le voyage en devient moins cher et favorise ainsi le départ en vacances des personnes à faible revenu (spécialement les jeunes). De plus, cela contribue à la protection de l’environnement grâce à la réutilisation des biens. L’échange, le partage, l’expérience, la rencontre voici les mots maîtres partagés de l’économie collaborative et du tourisme responsable.
De plus, l’économie du partage pousse à l’innovation, à la créativité, à l’augmentation de la qualité et la transparence des produits et services touristiques.
A cela s’ajoute une certaine reconstruction des liens sociaux, une curiosité envers l’autre facilitée par des plateformes internet sécurisées.

Audience durant la table ronde

Audience durant la table ronde

Mais justement, cette sécurité est permise par l’apparition d’une nouvelle monnaie : la confiance numérique. Cette dernière est générée par les individus eux-mêmes par la mise en ligne de leur vie privée (photos, descriptions détaillée, passions et hobby), renforcée par les notes et commentaires des autres utilisateurs). Pour être « fiable » dans l’économie collaborative, il faut informer… même si nous ne le souhaitons pas. Une surexposition à l’heure où la société « Big brother » est plus que jamais d’actualité et où la protection des données privées fait de plus en plus débat. De plus, lors de la rencontre, les personnes se connaissant déjà en partie grâce à ces informations. Parlons-nous encore de véritable découverte de l’autre ? L’évaluation réciproque entre utilisateurs et offreurs peut également fausser la rencontre humaine.

Nous assistons également dans un certain sens à la marchandisation du lien social et à la quantification monétaire de la rencontre.

Ainsi le tourisme responsable partage de nombreux principes essentiels avec l’économie du partage mais il semble être important de s’interroger sur le « fond de commerce » de ce nouveau secteur économique : la commercialisation du partage, de la rencontre, valeurs fondamentales à l’être humain.


Le tourisme responsable dans l’économie participative, un sujet qui passionne Bruxelles | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Marie Secrétant
Je travaille actuellement comme coordinatrice du réseau européen European Alliance for Responsible Tourism and Hospitality à Bruxelles. Je suis engagée pour un tourisme respectueux des communautés d'accueil et des territoires qui incluent l'enrichissement culturel, économique, environnemental et social autant pour la population réceptrice que pour le visiteur. La durabilité, la responsabilité et la solidarité sont pour moi trois valeurs clés qui doivent être intégrées dans le tourisme. Je suis une voyageuse sans fin et le mouvement, la vie, la différence sont des moteurs de motivation. J'ai habité dans plusieurs pays tels que l'Espagne, l'Italie, l'Angleterre, le Mexique, le Vietnam et maintenant la Belgique et j'en ai partiellement découvert tant d'autres en tant que voyageuse, qui je l'espère fut le plus responsable possible.
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