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Un festival peut-il être écologique ?

| Publié le 30 octobre 2023
             

Ils représentent pour beaucoup ce petit bonus estival, ce moment de détente et de sourires que l’on partage avec ses proches et que l’on a hâte de retrouver chaque année… Les festivals incarnent l’insouciance, la joie et la déconnexion de notre quotidien, le temps de quelques jours. Savourer un verre autour d’un bon concert, chauffé par les rayons du soleil… un réel plaisir, en effet – mais il faut, pour en profiter, mettre de côté l’impact parfois colossal que ces événements créent sur notre environnement. Un festival écologique, c’est possible ?

Rock en Seine festival bilan carbone
Les festivals sont comme des villes éphémères, donc naturellement gourmands en énergie(s)…

Un lourd bilan carbone…

Oui, un festival, ça pèse lourd. Les données varient énormément d’un événement à l’autre, notamment selon sa taille, mais les chiffres sont ce qu’ils sont. Un « monstre » comme le festival américain Coachella, par exemple, génère à lui seul plus de 1600 tonnes de déchets, dont à peine 20% sont recyclés… Emballages alimentaires, plastiques divers et variés, nourriture, papier toilette… Soit tout ce que peut produire une « ville dans la ville », quelques jours durant.

Si les déchets font partie de la lourde empreinte carbone des festivals, ce n’est généralement pas le plus impactant. En effet, le transport remporte la palme de la pollution : un festival se tenant en périphérie de ville (et c’est le cas de beaucoup d’entre eux, comme les Vieilles Charrues, le Hellfest ou encore les Eurockéennes de Belfort) émet une moyenne de 15.000 tonnes de CO2 sur 4 jours, dont la moitié serait due au transport des festivaliers pour se rendre sur site, selon The Shift Project. Malheureusement, rassembler plusieurs centaines de milliers de personnes au même endroit ne peut se faire sans un usage poussé de transports non décarbonés…

Festival Hellfest
Des navettes sont mises en place pour acheminer les festivaliers vers le site du Hellfest… ce qui n’empêche malheureusement pas les milliers de voitures de se rassembler sur les parkings prévus à cet usage.

Tout comme dans la vie courante, l’alimentation joue un rôle majeur dans notre empreinte carbone. De ce fait, les festivals n’échappent pas à la règle : The Shift Project estime qu’un grand festival de périphérie pourrait réduire ses émissions de CO2 de 15% (oui, c’est énorme) en passant d’une alimentation carnée à végétarienne, et en faisant le choix de ne proposer que des boissons locales !

… mais des solutions existent !

Heureusement, il existe aujourd’hui un certain nombre de petites solutions qui, additionnées les unes aux autres, permettent d’avancer dans le bon sens. La première, c’est la réduction drastique du plastique sur tous les sites et ce, depuis plusieurs années. Toxique, polluant, mobilisant des ressources fossiles, le plastique est aujourd’hui tout sauf fantastique. Le milieu du spectacle vivant l’a bien compris en interdisant presque systématiquement les couverts et autres ustensiles en plastique à usage unique (remplacés par du bois, du bambou, ou encore des emballages consignés). Quant aux fameux Ecocups, ils sont de plus en plus recyclés et recyclables, et surtout, réutilisés ! Bien que millésimés, il est désormais fréquent de se retrouver avec une Ecocup d’une édition précédente. Quant aux festivaliers, ils sont de plus en plus nombreux à faire l’effort de venir avec leur propre gourde, voire avec leurs Ecocups (parfois même d’un autre festival – pour la blague).

Festival Hellfest écocups
Il n’est pas rare de récupérer des Ecocups d’éditions précédentes dans les festivals, ce qui limite le gâchis

Côté transports, nombre de festivals évoluent positivement d’année en année. Pour ceux situés au sein des villes (Rock en Seine à Paris, Ouest Park au Havre…), les transports en commun sont généralement adaptés pour gérer le flux de festivaliers. Métro, bus et même navettes affrétés spécialement pour l’évènement permettent aux festivaliers de ne pas prendre leur voiture – qui plus est, presque impossible à garer une fois sur place car les lieux ne s’y prêtent pas. Pour les festivals en périphérie, les organisateurs encouragent les festivaliers à co-voiturer en créant des plateformes dédiées, ainsi qu’à offrir des solutions pour celles et ceux pouvant venir en train (horaires adaptés, navettes depuis les gares…). Autant de possibilités qui permettent, petit à petit, de désengorger les parkings des gros festivals, et surtout, de réduire la note carbone.

We love green alimentation végétale
Le festival We love green, à Paris, propose des stands alimentaires 100% véganes

Quant à l’alimentation, les stands qui proposent des alternatives végétales sont de plus en plus nombreux, voire majoritaires (quand ce n’est pas 100% végétal). Encore absents il n’y a pas si longtemps, il est aujourd’hui aisé de trouver son bonheur quand on est végétarien ou végane, ou quand on souhaite simplement diminuer son empreinte carbone. Burgers, pizzas, bowls, plats du monde, desserts… il en existe pour tous les goûts, et c’est un vrai plaisir de voir que les alternatives végétales sont délicieuses et désormais omniprésentes dans tous les festivals. Côté contenants, les organisateurs sont stricts et interdisent tous les plastiques à usage unique. Bois, cartons et contenants compostables sont obligatoires, et certains stands vont même jusqu’à proposer des consignes, dans la lignée des écocups !

Si Solidays donne des couleurs à la solidarité, le vert sera celui de la responsabilité !

Alors non, dans l’immédiat, il n’y a pas de solution miracle et participer à un festival reste impactant d’un point de vue écologique. Mais des efforts sont fournis, de la part des organisateurs comme des participants : à nous tous d’œuvrer pour que cela se poursuive et s’accélère.


Un festival peut-il être écologique ? | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Mélusine Lau

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