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La vie troglodyte à Grenade

| 31 août 2018 • Mis à jour le 31.08.2018 à 9h08
         

A troglodyte with a view 1 – © Elisabeth Blanchet

Grenade, ce n’est pas seulement l’Alhambra mais aussi un quartier surprenant, creusé à flanc de colline : celui du Sacromonte. De troglodytes en jardins suspendus, en passant par des petits chemins escarpés, découverte d’un autre monde où Gitans, artistes, intellectuels, migrants vivent en communauté et en autarcie dans des grottes avec vue imprenable sur la vallée et l’immanquable Alhambra.

Un quartier créé par les Gitans … ou les Maures

Un troglodyte de Sacromonte – © Elisabeth Blanchet

Pour se rendre au Sacromonte, il faut avoir la forme – ça monte… – et le foie solide : les petits bars à tapas se succèdent sur le chemin, tous plus sympas les uns que les autres. En même temps, les pauses s’imposent pour récupérer et apprécier la majesté du paysage qui prend de l’ampleur avec la hauteur. Puis, vous tombez sur les premiers troglodytes. Et oui, à Sacromonte, on vit encore dans de petites grottes et ce, depuis le XVème siècle – après JC, quand même ! -. Selon les sources, le quartier de Sacromonte aurait deux origines possibles : en 1492, pour fuir les expulsions des Maures, des Juifs et autres non-catholiques par le Roi Ferdinand et la Reine Isabelle, les Gitans se sont réfugiés dans la colline et ont creusé des troglodytes pour y vivre : chaque famille avait sa grotte avec une pièce principale, une chambre et une pièce pour du bétail, indispensable à leur survie. L’autre version attribuerait les premières grottes aux Arabes des siècles auparavant : la terre meuble de la colline les aurait encouragés à creuser et façonner leur habitat sur les hauteurs de ce petit mont sacré.

A troglodyte with a view 2 – © Elisabeth Blanchet

Lieu d’invention de la Zambra

Aujourd’hui, la population des troglodytes a bien changé mais avec un peu de chance, en vous baladant la nuit dans la seule petite rue de Sacromonte, le Camino del Sacromonte, vous pourrez assister à une démonstration de Zambra, type de flamenco propre aux Gitans du quartier. On la danse pieds-nus, armés de castagnettes dans des Tablaos, des petits bars-cafés théâtre, comme le Venta el Gallo, fort appréciable grâce à sa terrasse sur le toit. On la danse aussi dans la rue, jusqu’au petit matin, après une nuit de fête bien arrosée ! En plus de la Zambra et au fil du temps, les Gitans de Sacromonte ont aussi ouvert la voie de leur quartier à d’autres communautés nomades du monde entier car aujourd’hui, c’est un véritable melting-pot de personnes de tous âges et de toute nationalité qui vivent là-haut, accrochées à la colline sacrée.

La vue sur la vallée depuis Sacromonte – © Elisabeth Blanchet

Un melting-pot fascinant

Vous pourrez y croiser Aaron, un charmant Gallois arborant une ressemblance troublante avec Brad Pitt, qui après une carrière éphémère dans un Boys’ Band, a décidé de « tout quitter » pour un troglodyte et une vie de contemplation loin des drogues et autres « perditions » des temps modernes. Sa guitare n’est jamais très loin de son fauteuil avec vue et vous n’aurez pas besoin de demander pour qu’il pousse la chansonnette. Aaron n’est pas le seul artiste du quartier, vous croiserez des peintres, des artisans, vous pourrez aussi craquer pour un objet ou une œuvre vendus dans un petit jardin de pierres et de plantes grasses. Vous découvrirez des histoires de vie fascinantes : des gens qui vivent là par choix, par conviction car ils ne veulent pas ou plus faire partie du « système », des gens qui ont choisi de vivre déconnectés de l’électricité, de l’eau de la ville, sans adresse fixe, juste celle d’un troglodyte !

La “terrasse” du troglodyte d’Aaron – © Elisabeth Blanchet

Et puis, vous rencontrerez aussi des migrants qui, par contre, n’ont pas forcément choisi d’échouer là, à flanc de collines, un tantinet cachés car ils ne sont pas « en règle » avec les autorités : des Sénégalais, des Maliens et autres émigrés d’Afrique… Ils vous inviteront avec plaisir dans leur grotte où ils ont recréé la vie d’une concession à l’africaine et le concept de famille élargie. Il y aura toujours un plat sur le feu – oui du vrai feu ! – à partager.

Dans un troglodyte © Elisabeth Blanchet

Après les rencontres avec les hommes et les femmes des cavernes et la découverte de leurs antres, allez faire un tour au Museo Cuevas del Sacromonte pour voir à quoi les grottes ressemblaient autrefois au temps des premiers Gitans du quartier. Vous verrez peu de changement mais la balade jusqu’au musée vous emmène au sommet du Mont Sacré où la vue sur Grenade, la vallée et toujours l’Alhambra est tout simplement à couper le souffle. Heureusement, les multiples Tablaos qui jonchent le chemin de la redescente vous donneront l’occasion de vous remettre et de reprendre votre souffle à coup de petits ballons de rouge et, bien sûr, de tapas !

Vue depuis le quartier des troglodytes à Sacromonte – © Elisabeth Blanchet

Quand y aller

Eviter juillet et août à cause de la chaleur et si vous n’avez pas peur de la foule et si vous appréciez le flamenco et la culture gitane, allez-y à Pâques, pendant la Semaine Sainte : on y danse, on y danse !

Où loger

Dans une caverne bien sûr ! Rassurez-vous : le confort ne date pas du temps des Gitans. Certains troglodytes offrent tout le confort moderne : eau, électricité, TV, etc, tout en gardant une authenticité ancrée dans les murs de terre. Vous trouverez les meilleures adresses et à des prix imbattables sur le site de Sunlocation, choisissez une Cueva – cave ou troglodyte en espagnol.

Vue du jardin d’un troglodyte © Elisabeth Blanchet

Où boire et manger

Chez les Sénégalais des troglodytes ou au Venta El Gallo. Pour les petits budgets, si vous buvez un coup, les tapas sont gratuites, de bar en bar, vous ferez votre repas !

Un troglodyte de Sacromonte 2 © Elisabeth Blanchet

Caves With A View from Pauline Blanchet on Vimeo.


La vie troglodyte à Grenade | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Elisabeth Blanchet
Ancienne prof de maths, je me suis reconvertie dans le photo journalisme en 2003 à Londres où je vivais. J’ai travaillé pour différents magazines dont Time Out London et j’ai développé des projets à longs termes dont un sujet les préfabriqués d’après-guerre, une véritable obsession qui perdure, les Irish Travellers -nomades Irlandais- dans le monde, les orphelins de Ceausescu - je suis des jeunes qui ont grandi dans les orphelinats du dictateur depuis 25 ans -. Je voyage beaucoup et j’adore raconter des histoires en photo, avec des mots, en filmant, en enregistrant… Des histoires de lieux, de découvertes mais surtout de gens. Destinations de cœur : Royaume-Uni, Irlande, Laponie, Russie, Etats-Unis, Balkans, Irlande, Lewis & Harris Coup de cœur tourisme responsable : Caravan, le Tiny House Hotel de Portland, Oregon – Mon livre de voyage : L’Usage du Monde de Nicolas Bouvier – Le livre que je ne prends jamais en voyage : L’oeuvre complète de Proust à cause du poids – Une petite phrase qui parle à mon cœur de voyageur : « Home is where you park it »
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