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Sur les traces de Confucius

| Publié le 13 avril 2018 • Mis à jour le 13 avril 2018 à 8h44
Thèmatique :  Livres   Portrait 
         

Confucius est sûrement l’une des figures qui a le plus marqué l’histoire et la pensée chinoise. Natif de la principauté de Lu, il grandit au cœur de la période agitée des Printemps et Automnes (722-484 av.-JC) et consacre une grande partie de sa vie à remettre de l’ordre dans l’empire. Véritable sage, il distille ensuite ses préceptes et sa philosophie à ses disciples. L’ouvrage de Chun-Liang-Yeh, magnifiquement illustré par Clémence Pollet, vise à raconter à auteur d’enfant la vie de ce grand homme, un album didactique mais aussi un véritable œuvre d’art.

Confucius

Qui était réellement Confucius ?

 

Si tout le monde connaît le nom de Confucius (551-479 av JC), on connaît mal son histoire et sa philosophie. À l’époque où la Chine traverse une période troublée par la rivalité de ses princes, il tente d’inculquer aux souverains l’art de gouverner par la vertu, un idéal qui a marqué tout l’Extrême-Orient. Selon Confucius, tout individu est perfectible grâce à l’étude. Bien conduite, l’étude ouvre la voie à la vertu, et finalement, la vertu l’emporte sur la naissance. Concept extrêmement novateur, voir avant-gardiste dans le contexte aristocratique et conservateur de l’époque.

L’ouvrage s’ouvre sur la naissance de Confucius, Qiu de son vrai nom. La légende raconte qu’il naquit le crâne bosselé ce qui lui valut d’être appelé « Qiu », colline, par son père. Au moment de sa naissance, les étoiles se transformèrent en vieux sages et des dragons se posèrent sur le toit de la maison familiale. Entre 2 et 3 ans, Qiu perd son père. A cinq ans, sa mère lui confia la volonté paternelle qu’il soit élevé dans le respect du culte des ancêtres. A 19 ans, il se marie, son épouse vient de la principauté des Song. Il aura un fils, Li, l’année suivante (deux enfants en tout).

Sa première fonction sera d’être intendant dans une riche famille de fermier (administration du bétail, comptabilité du territoire). Il a 23 ans lorsque sa mère meurt à son tour. A 33 ans : il se rend à Luoyang, à la cour des Zhou, pour étudier les rites et la musique. Puis, l’année suivante, il s’installe à Qi et étudie la musique de cette principauté, considérée comme la plus ancienne. A 44 ans, il commence également à enseigner et accède, dès 50 ans, à des emplois officiels dans le royaume de Lu (assistant auprès du ministre des travaux publics, ministre de la justice, conseiller du prince). Ses conseils judicieux firent la prospérité de la principauté de Lu, causant l’inquiétude du royaume voisin de Qi qui finira par envoyer des courtisanes causant le départ du maitre.

Ainsi, à 55 ans, Confucius entreprend un long voyage de douze ans dans les différentes principautés chinoises en proposant ses services aux souverains, et enseignant sa vision du monde. Il sera toutefois souvent incompris, jalousé, rejeté de province en province, errance initiatique très fatigante pour lui. A 67 ans, il retourne finalement au Shandong, sur la terre de ses ancêtres, et termine sa vie comme enseignant tout en se consacrant à l’étude des Classiques. Il meurt à 72 ans, en 479, et sera enterré au nord de Qufu mais sa pensée lui survivra à vie, transmis par ses disciples et encore très influente aujourd’hui dans toute l’Asie.

Principauté de Lu

La pensée de Confucius, à méditer dès l’enfance…

 

Selon Confucius, tout individu est perfectible grâce à l’étude. Bien conduite, l’étude ouvre la voie à la vertu, et finalement, la vertu l’emporte sur la naissance. Concept extrêmement novateur, voir avant-gardiste dans le contexte aristocratique et conservateur de l’époque.  Il faut donc souligner l’importance de la bonne éducation pour Confucius et la notion d’exemplarité. Confucius prône notamment l’idéal de l’homme de  bien, le junzi, plus tard matérialisé par le fonctionnaire lettré.

L’ordre politique et social constituait donc la principale préoccupation de Confucius, qui était conscient du rôle complémentaire des princes – détenteurs du pouvoir – et des intellectuels – détenteurs du savoir – dans la société chinoise de son temps. Attachant une grande valeur au pouvoir de l’exemple, il soutenait que les gouvernants  doivent mener une vie exemplaire, pour entraîner les citoyens à suivre leur exemple, l’Etat ne pouvant alors que connaître la prospérité et le bonheur.

 «Si un homme sait se gouverner lui-même, quelle difficulté aura-t-il à gouverner l’État? Mais celui qui ne sait pas se gouverner lui-même, comment pourra-t-il  gouverner les autres?

Vertus cardinales pour devenir un homme de bien : l’altruisme, l’humanité (ren) et le respect d’autrui (yi). Il convient aussi de respecter les rites et les conventions sociales (li). Confucius préconise donc de forger nos propres comportements, par Amour pour autrui comme pour nous-mêmes, selon cinq principes de base, cinq facettes de l’univers parfait dont nous sommes issus : la bonté, la droiture, la bienséance, la sagesse et la loyauté. Le respect des parents, de la vie et de la mort est également un de ses concepts clés. On peut alors accéder à la vertu (de) et atteindre la Voie de la nature (dao), ce qui permet d’influencer positivement toute la société. Le confucianisme propose donc une vision éthique de la société axée sur l’homme et l’humain, un souffle moral que l’on insuffle aux hommes sensés grandir vers toujours plus d’humanité, en harmonie avec la Voie, le Dao.

Comment est-ce possible de connaître la mort avant de connaître la vie ?

Avec des mots simples, par petite touches mais grands aplats de couleurs, Chun et Clémence nous guident pas à pas à la rencontre de ce grand homme. En fin d’ouvrage, de véritables tableaux colorés achèvent de faire voyager au pays de Confucius. Un ouvrage-objet à contempler autant qu’à méditer…

———————–

Confucius. Toute une vie. Chun-Liang Yeh (auteur) ; Clémence Pollet (illustrations) – Editions Hongfei, Janvier 2018. 19 €. (Dès 9 ans).

Voyage de Confucius


Sur les traces de Confucius | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Auteur et journaliste indépendante spécialisée sur le tourisme durable et le monde chinois, Geneviève Clastres est également interprète et représentante de l'artiste chinois Li Kunwu. Collaborations régulières : Voyageons-Autrement.com, Monde Diplomatique, Guide vert Michelin, TV5Monde, etc. Dernier ouvrage "Dix ans de tourisme durable". Conférences et cours réguliers sur le tourisme durable pour de nombreuses universités et écoles.
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