#TourismeDurable

Autoroutes ou nationales : les nouvelles habitudes des automobilistes

| Publié le 20 janvier 2021 • Mis à jour le 26 février 2021 à 5h02
         

Pandémie, confinements, peur des transports en commun. Depuis près d’un an, le coronavirus a contribué au changement du comportement des automobilistes français. Délaisseraient-ils pour autant les autoroutes pour nos bonnes vieilles nationales et autres routes secondaires ? Petit point sur les nouvelles habitudes des Français. 

Sieste dans une voiture avec pieds nus collés au pare-brise. © Elisabeth Blanchet
Se sentir à l’aise dans sa voiture individuelle © Elisabeth Blanchet

Un printemps de routes fantôme

Flash back sur le début de l’année 2020 et l’annonce du premier confinement. Du jour au lendemain, Vinci, qui gère 50% du réseau autoroutier français concédé au privé, enregistrait une chute drastique de fréquentation de 39 % en mars, 81 % en avril, 56 % en mai et 21 % en juin. Evidemment, les autoroutes ne sont pas les seules à être devenues quasi-désertes pendant cette période de premier confinement.

Puis l’heure du déconfinement et celle des vacances d’été ont sonné. Les bitumes de France ont de nouveau souffert, notamment les autoroutes puisqu’en juillet 2020, Vinci n’enregistrait qu’une baisse de fréquentation de ses autoroutes de 2% par rapport à juillet 2019. Malgré une chute du transit des automobilistes étrangers par la France, ce quasi statu quo s’explique principalement par une préférence de la voiture individuelle aux transports en commun pour des raisons d’appréhension sanitaire en public. 

Pendant le confinement du printemps 2020, les routes et autoroutes étaient désertes.
Route déserte © Elisabeth Blanchet

Les autoroutes en perte de vitesse ? 

Bien que les chiffres avancés par Vinci soient basés sur un été très particulier, il semble que les autoroutes auraient de moins en moins la cote pour différentes raisons. D’abord par souci économique. « Je préfère prendre les nationales quand les autoroutes sont payantes car on ne gagne pas forcément du temps. Par exemple, sur l’A13, il y a des travaux depuis plusieurs années. Du coup, je mets autant de temps sur la route entre Rouen et Caen et j’économise 12 euros », explique Morgane qui fait souvent la navette entre les deux villes. Elle ajoute qu’en roulant moins vite, on fait aussi bien sûr des économies. Une étude menée par Norauto et Opinion Way en juin 2020 confirme le point de vue de la jeune femme : 30% des automobilistes français interrogés avant leur départ en vacances souhaitaient en effet mieux maîtriser leur budget, en partant moins loin que d’habitude, en utilisant des routes sans péages et en se préparant par exemple des pique-niques faits maison. Cependant, on n’a pas toujours le choix et pour des raisons professionnelles ou autres, l’autoroute peut rester la seule alternative. Sachez qu’il existe des moyens d’économiser aussi en la prenant, notamment en choisissant un badge télépéage adaptés à vos besoins.

"Les aires d'autoroute, c'est moche"
Aire d’autoroute sur l’A83 en août 2020 © Elisabeth Blanchet

La prise de conscience écologique et l’art de conduire

Au-delà de l’aspect financier, le respect de l’environnement fait de plus en plus partie des moeurs des automobilistes. Selon la même étude, 29% des automobilistes interrogés révélaient avoir changé de comportement en adoptant l’éco-conduite ou en entretenant mieux leur véhicule pour allonger sa durée de vie et réduire son impact environnemental. Morgane fait partie de ces automobilistes éco-responsables et raconte comment elle s’est petit à petit rapprochée des bons vieux réseaux de nationales et départementales : « Ca a commencé dans l’Aude quand je devais me rendre de Limoux à Toulouse. L’autoroute était assez chère et la nationale revenait à peu près au même temps de trajet. Et puis c’était aussi la naissance du militantisme anti-Vinci, de se demander s’il n’y avait pas une alternative qui dénaturait moins le paysage et qui permettait de prendre conscience du territoire que l’on traverse« . Autre considération de taille : le stress de conduire constamment à 130 km/h : « C’est angoissant ces gens qui te font des appels de phares et puis c’est monotone, les aires sont moches… Alors que le défi intellectuel de rouler sur les routes nationales et secondaires est beaucoup plus satisfaisant. C’est joli, c’est varié », poursuit Morgane.

La mythique Nationale 7 sous les coups de crayon de Thierry Dubois
Dessin d’embouteillages sur la Nationale 7 par Thierry Dubois, spécialiste des routes nationales en France et en particulier de la N7

Routes nationales et redécouverte du « près de chez soi »

Aujourd’hui et dans le contexte sanitaire dans lequel nous vivons, cette tendance à vouloir « prendre conscience du territoire » se répand notamment à cause du fait que l’on ne peut plus voyager loin. Redécouvrir des petits coins de France, des « trésors près de chez soi », constitue indéniablement un nouvelle tendance, renforcée par le boom du vélo en 2020 – les ventes de vélos neufs ont augmenté de 117% entre le 12 mai et le 12 juin selon l’Union Sport & Cycle – et le développement du slow tourisme. De leur côté, les territoires surfent sur la vague en mettant en avant leur terroir, en créant des routes à thèmes et liées aux productions locales, au patrimoine, en faisant la promotion d’hébergements éco-responsables… D’autres célèbrent la nostalgie des routes à l’ancienne comme la commune de Lapalisse sur la Nationale 7 avec son événement « l’Embouteillage » : Tous les deux ans et depuis 2006, cette petite ville de l’Allier met à l’honneur la fameuse route des vacances, immortalisée par Charles Trénet. On y vient de partout pour admirer les défilés de vieilles voitures et se plonger dans l’ambiance de l’époque des bouchons interminables, détestés autrefois, sacralisés aujourd’hui !

Panneau signalétique de la Route 66 en Californie. Il existe aussi une RN 66 dans l'est de la France ! © Elisabeth Blanchet
Panneau signalétique de la Route 66 en Californie © Elisabeth Blanchet

Pour sortir des sentiers battus, baladez-vous aussi sur des nationales peu connues comme la RN 66 façon Easy Rider. Faites un tour – ou plutôt un détour – des déviations ou bien n’empruntez que des itinéraires bis ! Reprenez de temps en temps les autoroutes pour un petit caprice de vitesse ou de sandwich triangle dans une station service. Bref, avec un réseau routier de plus d’un million de kilomètres, où que vous rouliez, quel que soit votre véhicule, n’oubliez pas de garder l’oreille attentive aux prévisions du vieux sage des automobiliste français, l’immortel Bison Futé !


Autoroutes ou nationales : les nouvelles habitudes des automobilistes | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Elisabeth Blanchet
Ancienne prof de maths, je me suis reconvertie dans le photo journalisme en 2003 à Londres où je vivais. J’ai travaillé pour différents magazines dont Time Out London et j’ai développé des projets à longs termes dont un sujet les préfabriqués d’après-guerre, une véritable obsession qui perdure, les Irish Travellers -nomades Irlandais- dans le monde, les orphelins de Ceausescu - je suis des jeunes qui ont grandi dans les orphelinats du dictateur depuis 25 ans -. Je voyage beaucoup et j’adore raconter des histoires en photo, avec des mots, en filmant, en enregistrant… Des histoires de lieux, de découvertes mais surtout de gens. Destinations de cœur : Royaume-Uni, Irlande, Laponie, Russie, Etats-Unis, Balkans, Irlande, Lewis & Harris Coup de cœur tourisme responsable : Caravan, le Tiny House Hotel de Portland, Oregon – Mon livre de voyage : L’Usage du Monde de Nicolas Bouvier – Le livre que je ne prends jamais en voyage : L’oeuvre complète de Proust à cause du poids – Une petite phrase qui parle à mon cœur de voyageur : « Home is where you park it »
FacebookTwitter

Partagez cet article

Une autre façon de soutenir Voyageons-autrement, média indépendant, gratuit et sans Pub c'est aussi de partager cet article. Merci d'avance 😉

Découvrez nos abonnements

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

voir la carte
L'actu en continu
Les catalogues Voyagiste

Agenda