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La feuille de chou est là

Le mâchon : ode à la bonne bouffe et au bien vivre ! Bienvenue à Lyon

| 25 décembre 2019 • Mis à jour le 25.12.2019 à 10h08
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Mâchonner en voilà un doux nom qui résonne comme un verre qui trinque sur un zinc de bar. Un nom qui hume les effluves d’une cuisine roborative et bonne, tout simplement – pouvait-il en être autrement dans la capitale mondiale de la gastronomie ? Allons à la rencontre d’une tradition qu’on croyait perdu à l’ère du toujours plus vite et de la junk food ! Les amis Lyonnais et alentours aiment toujours à se retrouver en fin de semaine et à prendre le temps de refaire le monde et c’est une sacrée expérience à partager. Moment Rabelaisien, « Audiardesque », on vit un véritable instant de plénitude, à part, loin des convenances sociétales et des choses trop vite établies. Laissez-moi vous guider dans cette virée où le mot plaisir et celui de convivialité s’accordent parfaitement, comme un un bon vin avec un bon plat ! Modération de rigueur, cholestérol non convié.

Mâchons lyonnais © Tim Douet

C’est quoi Machonner ?

Commençons par un petit point d’histoire (celle qu’à priori on n’enseigne pas à l’école), Lyon fut renommée pour ses soieries, et ses ateliers installés en ville avaient pignons sur rue. Ceux-ci étaient « pilotés » par des hommes costauds et dur au mal qui commençaient tôt le travail, et évidemment celui-ci était physique et dur.

Les Francs Machons en pleine assemblée du samedi!

Les Francs Machons en pleine assemblée souvent un samedi.

Et dans la matinée (vers 7h ou 8h) ceux-ci s’accordaient une pause bien méritée dans le bistrot le plus proche de l’atelier soyeux, là ils mangeaient chauds (souvent le seul repas chaud de leur journée) souvent un reste de plat de la veille mitonné de longues heures sur le poêle. Et quelques fois ils y retrouvaient leurs patrons, mais aussi les « bourgeois » locaux et tout le monde se trouvait coude à coude dans une chaude ambiance. Et finalement quelques siècles plus tard rien n’a trop changé, le mâchon est le moment où tout le monde se côtoie, se mélange sans distinction de classes ou de métiers. Le mâchon c’est avant tout du plaisir, de celui qu’on a dans son assiette bien sûr, mais aussi le plaisir de papoter, de rire, et d’envoyer quelques bons mots à la cantonade.

Petit Vademecum pour bien mâchonner

Grâce à la précieuse aide de la confrérie des Francs Mâchons (fondée en 1964 ) j’ai quelques informations indispensables pour vous, celles-ci s’avéreront indispensables si vous souhaitez passer un bon moment à Lyon ou aux alentours.  « Bien mâchonner c’est avant tout se retrouver dans une ambiance conviviale autour d’un plat arrosé de vins rouge ou blanc (ou les deux) le tout à prix raisonné » expliquent avec passion Franck Fayol et Christian Proton respectivement Président et Secrétaire d’une confrérie qui vaut son pesant de Beaujolais!

Se retrouver pour la bonne chère sans condition de classe, sans condition d'âges vive les Francs Machons

Se retrouver pour la bonne chère sans condition de classe, sans condition d’âges vive les Francs Machons

A Lyon (comme dans de nombreuses régions ou villes ne soyons pas sectaire) la nourriture cela se respecte et on ne badine pas ni avec la qualité, ni la quantité ni avec la jovialité du patron ou de la patronne !!!! Foi de Lyonnais. « On retrouve dans nos rendez vous ou dans les mâchons mis en place par les établissements toutes les catégories sociales et tous les âges, la mode du retour au bien manger, au bio, au local fait aussi revenir les gens autour des bonnes tables c’est une évidence et on ne va pas s’en plaindre. Néanmoins on reste en éveil quant aux abus que l’on peut rencontrer, il est ainsi inconcevable de voir des mâchons à 70€ c’est complètement hors de propos et scandaleux, un casse croûte matinale ça doit rester ouvert au plus grand nombre »! Faut pas les froisser les bons vivants Lyonnais et ils ont bien raison d’être vigilant. N’est pas diplômé qui veut!!!!

Ou mâchonner et qu’y trouver?

Ben à Lyon évidemment « même si sous d’autres termes on peut faire d’excellents casses croûtes matinaux sur Paris (à Rungis notamment) ou dans d’autres villes, avec souvent à l’origine des Lyonnais il faut bien le dire » s’esclaffe nos deux joyeux drilles solidement attablés devant une andouillette de grande qualité servie dans les halles de Lyon.  Plus prosaïquement la confrérie s’acharne avec passion mois après mois à visiter des lieux dans tout Lyon ou dans sa périphérie grâce à un chouette bouche à oreille (de cochon) pour aller vérifier si les ragots ont parfois du bon! Et les critères sont stricts, la « commission de recherche » aussi discrète que les RG se met en branle et vérifie qu’il n’y a pas truanderie ni sur les produits, ni sur les tarifs : « il faut compter environ 20€ par personne avec un décrassage vineux (sic) un plat chaud et un fromage, le tout avec joie et plaisir de servir et sans chichis, ça doit rester populaire et bon tout simplement ».

Un président heureux et fier de mettre en avant la bonne bouffe

Un président heureux et fier de mettre en avant la bonne bouffe

Et il y a parfois de belles découvertes. A la suite de cela c’est la confrérie qui se rend sur les lieux pour, de façon officielle cette fois, passer un bon moment dès potron minet. « On peut avoir un mâchon servi tous les jours ou bien un que l’on commande c’est selon la bonne volonté du patron, il y a peu on a découvert une merveille au sud de Lyon à Loire sur Rhône grâce aux conseils d’un ami. » Finie l’andouillette on attaque la mousse au chocolat divine (à 10h du matin) arrosée comme il se doit de breuvages locaux (attention aux abus!). Le temps semble s’arrêter, on ne se connaissait pas il y a deux heures et on a l’impression de revoir des amis de 30 ans. « Au casse croûte on retrouve souvent un plat du terroir (bœuf Bourguignon, porcelet farci, gibier,pot au feu, des abats, de la charcuterie locale, un accompagnement et du fromage (des Alpes je suis chauvin). Et bien  entendu ne pas oublier les  Mâcon Blanc, Beaujolais, St Joseph qui sont évidemment au rendez vous (avec modération).  Chaque restaurant, bouchon ou bistrot s’il est retenu obtient un diplôme et sa côte est surveillée de façon régulière. « Hors du diplôme on crée aussi de l’amitié avec les restaurateurs, des gens passionnés, compétents, artisans qui façonnent, accommodent, assaisonnent, bref des cuisiniers quoi! »

Ces lieux hors du temps, enfin du temps qu’on veut nous imposer sont une quarantaine réparti entre la ville, sa proche banlieue et les vertes collines du Beaujolais ou du Maconnais. Autant d’endroits à fréquenter assidûment pour se mettre dans l’ambiance joyeuse, un peu paillarde et délicieusement épicurienne de ces messieurs (et oui pas de Dames chez nos amis mais rassurez vous une confrérie amie « le mâchon des filles » se tient aussi très bien à table! Qu’on se le dise, et quand les deux confréries se croisent, les bons mots et la bonne humeur sont invités d’honneur.

Depuis peu les enfants sont conviés aux casses croûtes des grands, il n’y a pas de raisons que les petits n’aient pas eux aussi une éducation au bon gout.

 » bon appétit et large soif »

 

En souvenir de ce beau matin d’automne je tiens à saluer les superbes établissements visités à savoir :  « Chez les Gones » chez Yvan Molière qui comme son illustre homonymes manie aussi bien les fourneaux que la plume puis pour compléter mon enquête que vous imaginez complexe et semée d’embûches nous atterrîmes comme par enchantement au Lafayette avec là aussi un accueil haut en couleur

Chez les Gones : halles Paul Bocuse 102 cours Lafayette 69003 Lyon

et le Lafayette chez Yves Cardonne 48 rue Ferrandire 69 002 Lyon

Immense merci à Christian et Franck

La confrérie des Francs Mêchons a contacter d’urgence si vous envisagez un séjour dans la capitale des Gaules : accueil tous les jeudi soir au Morgon situé 2 rue Baraban 69006 Lyon contact@francmachon.org

www.francmachon.org


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Par Guillaume Chassagnon
Amoureux des montagnes, des hommes y vivant. j'aime les parcourir, les photographier, les découvrir et donner envie de les fréquenter. Sac à dos, livres et appareil photos sont mes outils quotidiens. Je travaille aussi pour de la presse quotidienne pour notamment montrer le dynamisme culturel et associatif de mon territoire. A bientôt sur les sentiers, autour d'un bon verre de vin, d'un plateau de fromage ou dans une librairie! Et à la fac d'Avignon of course
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