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10 ANS DE TOURISME DURABLE

Tous acteurs d’un tourisme responsable ?

| 28 octobre 2014 • Mis à jour le 26.11.2014 à 15h21
Thèmatique :  Acteur associatif   Acteur privé   Labels 
         

Vendredi 17 octobre, une conférence sur le tourisme responsable s’est tenue sous le chapiteau du Grand Bivouac d’Albertville. Sous l’égide d’ATR et animée par Pierre Bigorgne (Grands Reportages/Trek), elle a permis de faire un petit état des lieux sur les évolutions et prises de positions de chacun des acteurs, en présence de Vincent Fonvielle (La Balaguère/ATR), Laurent Besson (Vision du Monde/ATES), Christophe Leservoisier (Cheval d’Aventure), Franck Michel (anthropologue) et Geneviève Clastres (journaliste Voyageons-autrement). Retour sur quelques points abordés lors de cette conférence.

Le tourisme responsable, qu’est ce que c’est ?

Tourisme durable, responsable, éthique, équitable, alternatif, solidaire, social… autant de termes qui finissent par noyer tout un chacun et il était donc salutaire de faire un petit point – demandé par Pierre Bigorgne à notre journaliste Geneviève Clastres.

genevieve clastres grand bivouac

Alors, pour ne pas vous « refaire la conférence », on vous reprécisera juste que le tourisme responsable (ou durable), tend à agir positivement et dans une démarche de progrès permanent sur trois grands axes du développement touristique : les aspects environnementaux, économiques et socioculturels.
L’idée, un bon équilibre entre chacun de ces pôles soit :

  • exploiter de façon optimum les ressources de l’environnement qui constituent un élément clé de la mise en valeur touristique, en préservant les processus écologiques essentiels et en aidant à sauvegarder les ressources naturelles et la biodiversité ;
  • respecter l’authenticité socioculturelle des communautés d’accueil, conserver leurs atouts culturels bâtis et vivants et leurs valeurs traditionnelles et contribuer à l’entente et à la tolérance interculturelles ;
  • assurer une activité économique viable sur le long terme offrant à toutes les parties prenantes des avantages socioéconomiques équitablement répartis, notamment des emplois stables, des possibilités de bénéfices et des services sociaux pour les communautés d’accueil, et contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté.

Et pour ce qui est de la terminologie plus « fine », nous vous invitons à consulter le site de l’ATES qui a fait un excellent glossaire qui reprend et explique chaque thème :
http://www.tourismesolidaire.org/ressources/concepts-associes/le-tourisme-responsable.html

Les prémices du Tourisme responsable

Il ne faut jamais oublier que certaines formes de tourisme responsable avaient déjà été mis en place dans les années 1960 avec Christian Saglio et Adama Goudiaby via les campements intégrés de Casamance (Sénégal), et que tout au long des années 1980 puis 1990, de nombreuses initiatives, associations, codes ont peu à peu vu le jour –
Toutefois, pour ce qui est des premières prises de conscience des professionnels du tourisme français – il était intéressant d’entendre le témoignage de Christophe Leservoisier (Cheval d’Aventure), qui, lorsqu’il était directeur d’Atalante, en 1997, créa la Charte Ethique du Voyageur. Il est de fait rapidement rejoint par l’éditeur Lonely Planet, les magazines Grands Reportages et Trek et la marque Aigle, qui tous diffusent cette charte.
En savoir plus : http://www.voyageons-autrement.com/charte-ethique-du-voyageur.html

ATR et l’évolution d’ATR

La conférence avait surtout pour objectif de faire un point sur ATR et ses différents membres, représentés par Vincent Fonvielle, son directeur qui a clairement expliqué la volonté d’ATR d’ouvrir l’association à d’autres professionnels, que ce soit des T.O plus importants (Kuoni et Asia sont en ligne de mire) ou d’associations de voyages plus modestes (appel du pied à son voisin Laurent Besson).
En outre, au-delà des professionnels du voyages, ATR cherche également à s’ouvrir à d’autres acteurs : journalistes, associations diverses, universités, voyageurs, etc.

A lire également, les origines d’ATR  – les objectifs d’ATR

logo ATR

Dans la salle, le journaliste Pierre Roux (Outdoor Expert) fait remarquer que les membres actuels d’ATR sont en fait fortement dépendant de deux grands groupes et particulièrement du groupe VDM (Voyageurs du Monde, Terres d’Aventures, Allibert, Nomade aventure, Chamina Sylva, etc.) – l’autre pôle étant tenu par Géophyle (Club Aventure) –et s’interroge sur l’indépendance de l’association – une vraie question qui explique aussi l’envie mais aussi, le besoin d’ATR de se diversifier, pour retrouver plus d’indépendance, et donc, quelque part, de démocratie, au sein de son propre groupe.

Une jeune résidente de la Villa Marco Polo – qui vient de créer un site « Birmanie responsable » – interroge également Mr Fonvielle sur les positions d’ATR quant à la Birmanie et les possibilités d’intégrer ATR – qui se montre ouvert à toute initiative – Gérard Guerrier (Allibert), dans la salle, rappelant qu’il n’est pas contre le voyage en Birmanie si l’on a la garantie que l’ensemble des services locaux utilisés (transports, hôtels, restaurants, etc.) n’appartiennent pas à la junte.

Quant à un rapprochement entre ATR/ATES

Interrogé à son tour, Laurent Besson n’est quant à lui pas opposé à un rapprochement entre ATR et ATES mais il a besoin de voir la forme que cela peut prendre, d’autant que l’ATES a récemment beaucoup amélioré sa grille de critères responsables en renforçant notamment ses contrôles terrain auprès des réceptifs pour être sûr que les valeurs de l’association sont bien respectées in situ.
En outre, on peut s’interroger sur la complexité de mettre en place des lignes de critères sachant s’adapter à des acteurs aussi différents que les membres de l’ATES – qui représentent quelques 1000 voyageurs par an au total – quand ATR en représente 200 000 par an. Vincent Fonvielle a parlé de différents niveaux ou de seuils progressifs mais attention toutefois à la diversité des profils.
Sur les critères et valeurs de l’ATES voir aussi : http://www.voyageons-autrement.com/index/tourisme-solidaire/voyages-ates

ATR – nouvelle menace pour les guides accompagnateurs de montagne ?

La question a été posée dans la salle par un guide de montagne du réseau COPRELS, suite à une polémique que nous avions également relayée sur le portail – pointant du doigt le fait que de plus en plus, ATR préfère faire appel à des guides de montagnes formés localement et ne répondant pas forcément aux conditions réglementaires de sécurité exigées en France. (Communiqué COPRELS)
Vincent Fonvielle a tenu à apporter une réponse apaisée. Il n’est évidemment pas question pour ATR d’aller contre le travail des guides et accompagnateurs de montagne français, mais localement, lorsque les guides sont bien formés, ce qui est de plus en plus le cas, l’association préfère employer du personnel local – afin bien sûr que l’argent du tourisme profite avant tout aux territoires. Gérard Guerrier ajoute qu’une étude juridique poussée a été faite pour être en conformité avec la législation et qu’il n’y a aucune contre-indication à employer des locaux s’ils sont bien formés.
Certes, comme l’a à nouveau pointé Pierre Roux (Outdoor Expert), l’argument économique joue aussi – puisqu’un guide de montagne sera moins cher sur place – mais ce serait aussi, rappelle Vincent Fonvielle, un facteur d’augmentation du prix du voyage, qui ne correspondrait plus à la demande actuelle.

A lire l’article de Pierre Bigorgne sur Trekmag – Avalanche sur le tour des Annapurnas. Après le drame, la polémique…

Le tourisme responsable – outil de communication voire greenwashing ?

Interrogée, Geneviève Clastres a donné sa position qui rejoint celle du portail : « Certes, il est vrai que le tourisme responsable est aussi et parfois du marketing et de la « com » mais, pourquoi pas si cela peut donner des idées à d’autres, si c’est pour le mieux, si cela crée de l’exemplarité, de l’élan.
La limite reste bien sûr, le greenwashing – c’est-à-dire quand la communication dépasse l’action et le fond – et c’est pourquoi il est bon d’avoir certaines garanties – ce qui légitime l’action d’ATR et de l’ATES, et les référentiels et labels sérieux.
Certes, tout est toujours améliorable – mais des T.O qui se réunissent depuis 2002 et qui, depuis plus de dix ans, investissent sur leur capital temps et personnel – sont forcément sincères et motivés. Ce qui n’empêche pas d’ailleurs d’autres acteurs de faire du tourisme responsable sans forcément s’en revendiquer.

A Voyageons-autrement, le positionnement est clair. On parle et on met en avant toute les initiatives, T.O, professionnels du tourisme qui nous semble aller dans le bon sens. Certains sont labellisés, d’autres non. En revanche, si on estime qu’un acteur ne correspond pas à notre façon d’envisager le voyage, on préfère ne pas en parler plutôt que de le « casser ». Bref, ni angélisme, ni acharnement. Le juste milieu.


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Par Romain Vallon

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