#TourismeDurable
La feuille de chou du tourisme durable

La Thaïlande sans les touristes !

| 15 avril 2019 • Mis à jour le 23.04.2019 à 7h49
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Le Pays du sourire est aujourd’hui victime de son (immense) succès : plages bondées, localités peuplées de touristes, sourires forcés… pourtant, ce fabuleux pays, à la culture forte et à la population si accueillante, a mille trésors à offrir à ceux qui savent s’écarter des sentiers battus. Ce que propose l’agence Sawa Discovery. Emelyne, sa responsable, nous en dit trois mots…

Voyageons autrement : Comment faites-vous pour transformer les voyages vers une destination aussi fréquentée que la Thaïlande en expérience « hors des sentiers battus » ?
Emelyne : Le pays est devenu très touristique, c’est vrai. Par chance, la majorité des voyageurs convergent vers les mêmes endroits, ces plages et ces îles que proposent les voyagistes classiques et les guides de voyage. Cela laisse de la place, partout ailleurs, dans les parties préservées du pays pour en découvrir l’authenticité ainsi que l’hospitalité de ses habitants. Cela demande un vrai travail d’analyse des souhaits du client, mais une fois que nous avons bien cerné sa demande, nous pouvons lui proposer des sites où il trouvera vraiment ce qu’il cherche. Une île paradisiaque ? Pas de problème, mais ce ne sera sûrement pas Koh Phi Phi, ni Koh Lanta, devenues lieu de prédilection des touristes. De même que nous sortons des circuits classiques et du best-of des guides de voyage, nous évitons les hébergements conçus pour un tourisme de masse, anonymes et froids. Nous leur préférons de petites structures de charme, des maisons d’hôte et également le logement chez l’habitant qui apporte tant par le contact avec les familles. Et quand les gens ou leurs enfants ont des passions : la musique ou l’apiculture comme cela nous est déjà arrivé… nous essayons de trouver des lieux où ils pourront partager cette passion. Nous faisons du vrai sur-mesure, directement reliés aux souhaits de chacun.

VA : Vous basez l’esprit de vos propositions sur le Slow tourisme. De quelle manière cela se traduit-il dans vos programmes ?
Emelyne : Certains veulent voir « toute la Thaïlande »… en dix jours ! Résultat : ils passent leurs vacances dans les transports. Or, on sait, d’expérience, que pour vraiment profiter et être touché par les lieux et les gens, il faut prendre son temps. Aussi proposons-nous toujours de passer deux ou trois jours par place afin de s’en imprégner et d’avoir le temps de commencer à comprendre ce qui s’y passe, comment la vie fonctionne, et de sympathiser un peu avec les locaux. Prendre le temps de traîner sur le marché, de partager le pique-nique ou d’autres activités avec des habitants qui vous réserveront alors un tout autre accueil.

VA : Pouvez-vous nous donner l’exemple d’un circuit ou d’activités illustrant bien votre philosophie et qui plaise particulièrement aux voyageurs ?
Emelyne : Il y a des lieux, comme ça, que l’on aime beaucoup, et il se trouve que les voyageurs qu’on y envoie adorent aussi. Patthalung, par exemple, peu touristique car peu cité dans les guides de voyage (mais bien connu des « experts »), où le marché est idéal pour déjeuner en compagnie des habitants. De là, le lac Thale Noi, véritable petite mer intérieure, offre des paysages sublimes dans lesquels vous verrez beaucoup plus d’oiseaux que de touristes. Et si vous tenez vraiment à vous poser pour finir dans une petite ile du sud du pays, ce sera Koh P… (je ne vais pas dévoiler tous nos secrets, quand même !) où les pêcheurs vous emmèneront en ballade, mais également à la pêche si vous le souhaitez. Et où beaucoup moins de voisins vous disputerons votre coucher de soleil. Bref : l’anti- Palavas-les-Flots…

VA : Sawa Discovery bénéficie par ailleurs des 20 ans d’expérience locale de l’ancienne agence Asie Golf. Cela change quoi, dans les faits ?
Emelyne : Déjà, si vous appréciez le golf, on vous trouvera des choses remarquables. Ensuite, organiser des voyages est avant tout une affaire de connaissance du terrain et… de réseaux. Qui va répondre exactement à la demande de tel client ? Vers où diriger cette famille qui veut voir des temples mais pas à Sukothai où il faut aujourd’hui slalomer entre les touristes pour espérer apercevoir un bouddha. Au fil des années, nous avons déterminé de nombreuses alternatives aux spots trop fréquentés et établi des rapports de confiance avec de nombreux partenaires fiables. Nous travaillons avec eux dans la durée. C’est le meilleur moyen de faire de la qualité et que le sourire de nos clients viennent répondre au nôtre à la fin du voyage.

VA : La rencontre avec les habitants est un souhait de plus en plus exprimé par les voyageurs. La favorisez-vous ?
Emelyne : De toutes les manières possibles. Déjà, sur l’ensemble de nos séjours ou circuits, nous proposons (mais pas imposons) deux nuits au moins chez l’habitant. Ou en maison d’hôte. Vous y aurez, déjà, un contact humain bien plus chaleureux et sincère que dans un hôtel. Ensuite, la qualité des rapports que vous établirez dépendra beaucoup de l’endroit où vous vous trouvez. Comment voulez-vous que le Thaï de Koh Lanta qui voit dans sa journée davantage de touristes que de compatriotes ait conservé quelque curiosité à l’égard du visiteur étranger ? Nous, qui avons un peu l’habitude, voyons tout de suite d’après les sourires figurant sur les photos des réseaux sociaux si celles-ci ont été prises dans un lieu très touristique ou pas.

VA : De quelle manière s’exprime votre engagement pour un tourisme responsable ?
Emelyne : En n’ajoutant pas notre impact dans des zones surchargées qui souffrent déjà d’un point de vue environnemental et dont les établissements sont peu regardants avec leurs déchets. Nous faisons en revanche vivre l’économie locale en choisissant de petites structures et des hébergements respectueux de la nature. Un respect qui guide tous nos rapports avec les partenaires locaux, dont la culture n’est pas la nôtre et avec lesquels nous tachons d’établir des rapports durables, reposant sur la confiance.

VA : Quels lieux, attractions et activités auxquelles on ne pense pas forcément proposez-vous ?
Emelyne : Dans la mesure où la majorité des gens associent la Thaïlande à la fête et à la plage, la plupart des choses que nous proposons ne sont pas forcément « attendues ». On va ainsi proposer de participer à la replantation de la mangrove avec les villageois plutôt qu’à sa destruction. De voir comment ces magnifiques objets sont fabriqués par les artisans plutôt que juste les acheter dans une boutique, etc. Et puis, on l’a dit : les endroits où l’on vous emmène ne sont pas forcément ceux que vous aviez en tête avant de partir. Cela représente d’ailleurs un énorme travail d’information, en amont.

VA : Parmi les retours positifs que donnent vos clients quand ils repartent, qu’est-ce qui vous réjouit particulièrement ? Qu’ont-ils apprécié le plus ?
Emelyne : Précisément – puisqu’on vient d’en parler : les gens sont avant tout ravis que l’on ait déchiffré et répondu à leurs vraies attentes, à des désirs profonds qu’ils associaient à un nom d’endroit connu parce que c’est le seul dont il avait entendu parler, celui dont tout le monde parle. Au lieu de quoi, nous leur avons trouvé quelque chose dans le même esprit, mais tellement plus authentique et plaisant à découvrir, à vivre. Du coup, comme ils ont vécu (pour la première fois pour certains) un voyage pour eux « hors du commun », ces visiteurs reviennent. Ils ont adoré et ils en redemandent Ils demandent à en voir plus, à vivre davantage d’expériences de ce genre. Ou encore, souvent, ils ont eu des enfants entretemps et ont pensé à nous pour leur fabriquer des souvenirs inoubliables, en famille, cette fois, sur un circuit ou un séjour adapté. Et cela nous fait très plaisir bien sûr.

VA : Pourquoi Sawa discovery ?
Emelyne : Un peu d’humour ne fait jamais de mal ! C’est un jeu de mot : Sawadi voulant dire « bonjour » en thaï !

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La Thaïlande sans les touristes ! | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Jerome Bourgine
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