#TourismeDurable

« Purposeful travel », le tourisme du futur ?

| Publié le 12 mars 2021 • Mis à jour le 12 mars 2021 à 8h15
Thèmatique :  Bons plans   Routes du Monde   Tourisme de masse 
         

Parmi les tendances voyages 2021, celle du purposeful travel semble pointer son nez et pourrait bien s’installer dans les moeurs. Venu des Anglo-Saxons, le concept du purposeful travel consiste à centrer son voyage sur des expériences qui ont du sens pour soi et pour la destination choisie, en particulier pour les communautés locales. Découverte d’une nouvelle façon de voyager qui n’est peut-être pas si « nouvelle » mais à laquelle est finalement greffé un nom qui pourrait bien rimer avec tourisme du futur.

Pauline et Nick découvrent la culture locale en Ouzbekistan. Il est courant qu'on trimballe des chèvres dans les vieilles voitures soviétiques !
Découverte de la culture locale à Samarcande, Ouzbékistan © Elisabeth Blanchet

Comment se mettre au purposeful travel

Commençons par une tentative de traduction : « Purpose » signifie « le but, l’objectif », et « ful » en suffixe, « plein de ». Le purposeful travel est un voyage qui réunit plein d’objectifs. S’embarquer dans un purposeful travel, c’est donc donner un sens à son voyage, un voyage qui ne se décide ni à la dernière minute ni sur un coup de tête. Au contraire, il s’agit d’un projet muri en fonction de ses envies, ses intérêts, ses passions, ses prédispositions et de ce que l’on souhaite partager. La destination est évidemment capitale et choisie selon le but du voyage. Enfin, l’idée est aussi d’essayer d’avoir un impact local, que le sens que l’on donne à son voyage en ait également un sur place, auprès des locaux.

Des expériences variées

« Quand la plupart des gens parlent d’Asie Centrale, ça reste vague. Ils ont peut-être le Kazakstan en tête à cause de Borat. Avec mon ami Nick, nous n’étions pas seulement curieux d’explorer les cultures des pays d’Asie Centrale mais aussi d’y voyager par la route, en train ou en bateau, sans prendre l’avion », raconte Pauline, 24 ans, partie fin 2019 pour un voyage de trois mois qui l’a emmenée de Turquie au Kirghizstan en passant par l’Azerbaijan, en traversant la Mer Caspienne jusqu’au Turkmenistan, puis à travers l’Ouzbékistan et le Kazakstan.

Ouzbeks à table chez eux dans leur appartement de Kokand
Chez l’habitant à Kokand, Ouzbékistan © Elisabeth Blanchet

Outre l’aspect slow tourisme et le choix écologique d’éviter de prendre l’avion, c’est aussi la curiosité qui a poussé le jeune couple à partir vers le grand est : « Les anciennes républiques soviétiques sont souvent perçues comme des pays intimidants et très éloignés de nos cultures occidentales. Nous avions envie de rencontrer des jeunes de notre âge, des étudiants, des activistes pour essayer de comprendre leur quotidien mais aussi de découvrir leurs projets, leurs combats », poursuit Pauline. Adhérant à certains projets, ils se sont particulièrement impliqués dans une micro-brasserie, Save the Ales, créée par trois jeunes femmes à Bishkek au Kirghizstan en les aidant dans leur communication vers l’étranger et en publiant des articles sur leur entreprise, unique dans le pays.

Dans les locaux de la micro-brasserie Save the Ales, Bishkek
Micro-brasserie Save the Ales, Bishbek, Kirghizstan © Pauline Blanchet

Chacun peut trouver son sens

La curiosité des autres et l’implication dans des projets locaux ne sont pas les seuls motifs des purposeful travels. Ainsi, certains décident de partir pour apprendre une langue, une gastronomie qui les fascine, pour découvrir un savoir-faire particulier, aller plus loin dans la pratique d’un sport… L’humanitaire constitue aussi toujours un motif classique de purposeful travel ainsi que le volontariat, sans oublier des projets autour de l’anthropologie, l’archéologie, l’écologie, l’environnement, l’appui au tourisme durable ou encore des résidences d’artistes… Le champ des possibles est presqu’infini. 

Pauline et Nick avec des amis kirghizes
Pauline et Nick aves des amis kirghizes © Pauline Blanchet

Des choix de lieux hors des sentiers battus

Quant à la destination, elle peut être un but en soi : en Russie si on veut apprendre le russe par exemple. Elle peut aussi dépendre des expériences que l’on veut vivre, du sens que l’on veut donner à son voyage. Dans tous les cas, les lieux de balades, de travail, de visites ou d’hébergement sont souvent hors des sentiers battus, loin des endroits marqués par le surtourisme

Un concept basé sur le partage 

Dans tous les cas, quel que soit le sens que l’on donne à son voyage, il est basé sur l’échange et le partage. « L’été prochain, nous projetons de passer deux ou trois mois dans une université de Saint Pétersbourg pour apprendre le russe et nous immerger dans la culture du pays », enchaîne Nick. Il envisage cette future expérience comme un partage de cultures « car il y aura surement des étudiants d’autres nationalités et le milieu sera propice aux échanges, au partage d’idées, d’habitudes culinaires et de savoir vivre » ! En choisissant de donner du sens à son voyage, le partage intervient donc à différents niveaux. En s’intégrant mieux localement et plus longtemps, on encourage également l’économie locale : commerces, artisans, restaurants, cafés, hébergements chez l’habitant… Il ne s’agit plus de passer par des intermédiaires comme c’est le cas dans le tourisme « classique« , que l’on peut même peut-être déjà qualifier de tourisme « d’avant »

Le ferry qui traverse la Mer Caspienne entre l'Azerbaijan et le Turkmenistan.
Pauline embarque dans le ferry qui traverse la Mer Caspienne © Nick Pritchard

Le tourisme du futur ?

On peut donc présager que le purposeful travel pourrait devenir le tourisme du futur. Non seulement l’année 2020 et la pandémie ont accéléré une tendance du tourisme à évoluer vers le durable et le respect de l’environnement mais aussi vers une manière de penser qui privilégie la qualité du voyage à la quantité. Enfin, adopter le purposeful travel comme nouvelle manière de voyager ne peut qu’avoir des impacts positifs sur les destinations visitées. En tout cas, pour Pauline et Nick, c’est très clair : « Surtout dans la période que nous vivons, le voyage doit être purposeful », concluent-ils. 


« Purposeful travel », le tourisme du futur ? | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Elisabeth Blanchet
Ancienne prof de maths, je me suis reconvertie dans le photo journalisme en 2003 à Londres où je vivais. J’ai travaillé pour différents magazines dont Time Out London et j’ai développé des projets à longs termes dont un sujet les préfabriqués d’après-guerre, une véritable obsession qui perdure, les Irish Travellers -nomades Irlandais- dans le monde, les orphelins de Ceausescu - je suis des jeunes qui ont grandi dans les orphelinats du dictateur depuis 25 ans -. Je voyage beaucoup et j’adore raconter des histoires en photo, avec des mots, en filmant, en enregistrant… Des histoires de lieux, de découvertes mais surtout de gens. Destinations de cœur : Royaume-Uni, Irlande, Laponie, Russie, Etats-Unis, Balkans, Irlande, Lewis & Harris Coup de cœur tourisme responsable : Caravan, le Tiny House Hotel de Portland, Oregon – Mon livre de voyage : L’Usage du Monde de Nicolas Bouvier – Le livre que je ne prends jamais en voyage : L’oeuvre complète de Proust à cause du poids – Une petite phrase qui parle à mon cœur de voyageur : « Home is where you park it »
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