Tourisme spatial, décollage imminent ! Rencontre avec JL Wibaux. 3e Volet.
Le tourisme spatial n’est pas sans poser de questions sur les défis que cela représente en terme de coût, d’investissements… Suite et fin de la rencontre avec Jean-Luc Wibaux pour tenter d’y voir un peu plus clair.
Pensez vous que le tourisme spatial soit un tourisme d’avenir ? Que répondez-vous à ceux qui en dénoncent les effets pervers : coût, pollution, gaspillage… ?
Le vol suborbital est le prélude certain aux vols intercontinentaux passant par l’espace, et utilisant la vitesse de rotation (gratuite !) de la terre pour accélérer le transport sans consommer d’énergie. En effet, à partir d’une certaine altitude, l’air n’est plus un frein parce qu’il est rare. Donc là où nos avions de ligne consomment depuis des dizaines d’années entre 3 et 6 litres de pétrole au cent kilomètres par passager sans que personne n’hurle au scandale, les navettes de Virgin Galactic et ses concurrentes franchiront en quelques minutes la barrière spatiale et planeront ensuite sans consommer jusqu’à leur destination ! Ce sera une économie considérable en énergie consommée par rapport à n’importe quel jet d’aujourd’hui sans compter le gain de temps, avec quelques heures pour Paris-Sydney, en vol direct par exemple.
Les tout premiers vols commerciaux de 2015 seront exploratoires et le terme de « touriste » spatial convient peu à la notion d’engagement financier et physique que les premiers candidats vont prendre. Je respecte les détracteurs parce qu’ils évitent les erreurs et obligent à l’efficacité sous peine de discrédit. Mais, le train du voyage spatial privé est en route et rien ne l’arrêtera. C’est exactement comme les premiers vols transatlantiques qui coutaient si chers et étaient si risqués par rapport au confort débonnaire des grands paquebots qui finirent à la casse en quelques décennies…
De fait, je préfère de loin un programme financier privé dont les seuls responsables sont les participants eux-mêmes à un programme public où on prend l’argent du contribuable sans lui demander son avis sur la pertinence du dit programme. La pollution reste à prouver. Il y a beaucoup d’absurdités dans ce qui est avancé par certaines personnes mal informées. Quant au gaspillage, si on en reste à nos sympathiques Airbus pour les vols intercontinentaux, il est certain que oui, ce serait une hérésie. D’ailleurs, EADS a présenté son propre projet au dernier salon du Bourget et comme ce sont les meilleurs du monde, on peut s’attendre à de belles machines volantes révolutionnaires !
Pensez-vous dans ce cas que le tourisme spatial puisse rapidement se démocratiser et devenir une activité d’avenir ?
Lorsqu’en 2040, ou 2050, les touristes et business people se rendront d’un continent à l’autre en moins de trois heures, en consommant le quart de l’énergie d’un vol sur jet d’aujourd’hui, votre question fera probablement sourire. Il est certain que les futures générations prononceront leurs unions dans des stations spatiales suborbitales et fêteront leur lune de miel en allant justement la saluer pour de bon !
Enfin, plus personnellement, quelle est votre expérience la plus forte en vol ?
Il s’agissait d’un vol, mon plus haut vol, effectué en août 1999 à bord de Concorde à l’occasion d’une initiative associative. Il nous a permis de rester sous une éclipse totale de soleil à 16 kilomètres d’altitude et cela reste l’expérience la plus extraordinaire de ma vie.
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EN SAVOIR PLUS : www.unticketpourlespace.fr
Par Geneviève Clastres
Auteur et journaliste indépendante spécialisée sur le tourisme durable et le monde chinois, Geneviève Clastres est également interprète et représentante de l'artiste chinois Li Kunwu. Collaborations régulières : Radio France, Voyageons-Autrement.com, Monde Diplomatique, Guide vert Michelin, TV5Monde, etc. Dernier ouvrage "Dix ans de tourisme durable". Conférences et cours réguliers sur le tourisme durable pour de nombreuses universités et écoles.
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