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La feuille de chou est là

Norvège : au pays de l’or noir, la voiture électrique est reine

| Publié le 15 janvier 2020 • Mis à jour le 16 janvier 2020 à 20h27
Thèmatique :  Bons plans   Conseils   Initiative nationale 
         

En mars 2019, 58,4% des voitures neuves vendues étaient électriques ! Pour la première fois, la fée électricité l’emportait sur l’essence et le diesel. De très loin, la Norvège détient le record mondial de la vente et de l’utilisation des voitures électriques et hybrides. Décryptage d’un phénomène qui pourrait servir d’exemple aux autres.

Inge, étudiante à l’auto-école à ABC Trafikkskole, à Oslo. Elle a choisi d’apprendre sur une voiture électrique par conviction écologique © Agnès Villette

Des chiffres qui ne trompent pas

Certes, la sortie de la dernière Tesla – la Tesla 3 – a dû booster les ventes de mars dernier mais ce boom dans l’achat des ventes des voitures électriques ne fait que confirmer l’évolution presqu’exponentielle de l’utilisation de véhicules hybrides et électriques en Norvège.

A deux pas du musée Munch, une station ultra rapide de recharge pour véhicules électriques. Il existe 150 bornes rapides (50Kw) dans la capitale © Agnès Villette

Déjà en 2017, la Norvège remporte un record mondial : la vente des voitures électriques et hybrides franchit la barre symbolique de la moitié des ventes totales. Concrètement, les voitures électriques représentent 20,9 % des ventes – contre 16 % en 2016 et 1,2 % en France en 2017 -, et les hybrides disposant d’un petit moteur électrique ou d’une batterie, 31,3 %. Parallèlement, bien que l’on soit au pays du pétrole, les ventes de voitures diesel chutent de 31 à 23 %.

Près des murs de la Citadelle qui surplombe le port et le fjord d’Oslo, des bornes de recharge sont à la disposition des automobilistes © Agnès Villette

Une priorité nationale

Pourtant les modèles hybrides et électriques ne sont pas donnés et coûtent plus chers que leurs cousins classiques. Bien sûr, le niveau de vie des Norvégiens est l’un des plus élevés au monde mais quand même, pourquoi un tel engouement pour les voitures électriques ? Il s’explique d’abord par une volonté nationale de développer à long terme l’utilisation des voitures électriques pour des raisons évidentes : les ressources en pétrole s’amenuisent et l’électricité coûte moins cher. Pour inciter les Norvégiens à se lancer dans l’électrique, le gouvernement a mis en place un généreux système d’exemptions fiscales sur les modèles électriques. En plus des aides financières, la Norvège a aussi beaucoup investi dans la logistique et des dispositifs urbains pour faciliter l’utilisation de l’automobile électriques. Ces dernières peuvent emprunter les voies de bus en ville, disposent de places de parking gratuites et électrifiées pour recharger leur véhicule et gros bonus : les péages sont gratuits !

Des parkings en France proposent également des bornes de recharge pour véhicule électrique, c’est le cas du parking Roissy discount Airpark qui permet de garer sa voiture à moindre frais à proximité de l’aéroport Roissy-Charles-De-Gaulle.

Le plus grand parking électrique d’Oslo se nomme Vulkan, dans le quartier de Mathallen. 100 bornes de recharge dont 2 rapides, sont à la disposition des automobilistes © Agnès Villette

Et puis, il y a aussi la conscience écologique des Norvégiens. Très respectueux de l’environnement et redevables à leurs fonds marins de leur avoir apporté tant de richesses, ils n’hésitent pas une seconde à contribuer à la réduction de l’empreinte carbone.

Les atouts de la voiture électrique

« La Norvège montre au monde entier que la voiture électrique peut remplacer les voitures fonctionnant à l’essence et au diesel et constituer une contribution importante à la lutte contre les émissions de CO2 », a déclaré Christina Bu, secrétaire général de l’Association norvégienne pour la voiture électrique.
Et il existe aussi d’autres atouts : une voiture électrique coûte moins cher – environ 10 % selon une étude britannique de 2017 – à l’usage qu’une essence ou une diesel tout simplement parce qu’elle n’a pas autant de pièces. En effet, si on rentre un brin dans les détails, vous ne trouverez entre autres ni boîte de vitesse, ni embrayage, ni échappement, ni courroie de distribution dans une automobile à l’électricité. Autres avantages de taille : la lutte contre la pollution sonore et la réduction des émissions de CO2.

Tesla sur une borne de recharge dans les montagnes qui entourent la capitale norvégienne © Agnès Villette

Pourtant, il faut bien la produire cette électricité… Si elle provenait de centrales nucléaires, il n’est pas certain que les Norvégiens seraient si friands de véhicules électriques mais, encore une fois, la Norvège ne fait pas de faux pas. Le courant des VE provient à près de 100 % de l’énergie produite par les nombreux barrages hydroélectriques de Norvège. Il faut dire aussi que ce magnifique pays nordique est particulièrement gâté en ressources naturelles.

La France à la traîne

Avec 39% de part de marché cumulée des voitures électriques et hybrides en 2017, la Norvège est de loin la championne du monde suivie par l’Islande (12%) et la Suède (6%). La France, elle, atteint péniblement les 1,7%. Elle est même devancée par la Chine (2,2 %) qui met désormais la gomme sur les véhicules dits à énergie nouvelle. Mais le vilain petit canard de ce classement reste les Etats-Unis avec un petit pourcentage de 1,2%… A quand le pick-up électrique ?

Sur le parking du musée Munch, borne électrique. 200 bornes existent dans la capitale norvégienne, d’une capacité de (3,6kW) © Agnès Villette

Objectif 2025 contre 2040

Forts de leur succès, les Norvégiens ont un objectif à faire pâlir leurs voisins européens. Ils prévoient en effet d’interdire en 2025 la vente de voitures avec des moteurs à combustion. Quant à l’hexagone et son cher voisin britannique, ils n’envisagent pas une telle mesure avant 2040 !


Norvège : au pays de l’or noir, la voiture électrique est reine | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Elisabeth Blanchet
Ancienne prof de maths, je me suis reconvertie dans le photo journalisme en 2003 à Londres où je vivais. J’ai travaillé pour différents magazines dont Time Out London et j’ai développé des projets à longs termes dont un sujet les préfabriqués d’après-guerre, une véritable obsession qui perdure, les Irish Travellers -nomades Irlandais- dans le monde, les orphelins de Ceausescu - je suis des jeunes qui ont grandi dans les orphelinats du dictateur depuis 25 ans -. Je voyage beaucoup et j’adore raconter des histoires en photo, avec des mots, en filmant, en enregistrant… Des histoires de lieux, de découvertes mais surtout de gens. Destinations de cœur : Royaume-Uni, Irlande, Laponie, Russie, Etats-Unis, Balkans, Irlande, Lewis & Harris Coup de cœur tourisme responsable : Caravan, le Tiny House Hotel de Portland, Oregon – Mon livre de voyage : L’Usage du Monde de Nicolas Bouvier – Le livre que je ne prends jamais en voyage : L’oeuvre complète de Proust à cause du poids – Une petite phrase qui parle à mon cœur de voyageur : « Home is where you park it »
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