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Les membres d’ATR s’engagent à compenser 100% de leur GES d’ici 2023

| Publié le 9 octobre 2021 • Mis à jour le 9 octobre 2021 à 14h58
         

Réunis en séminaire à Granville, les membres d’ATR ont décidé de compenser 100% de leurs émissions de GES d’ici 2023, un pas en avant volontariste pour répondre à l’urgence climatique. Dans cette même logique, ATR s’engage à renforcer son label en entamant un gros travail de fond et de mises à jour sur l’ensemble de ses fiches destination, autant de chantiers qui prennent autant en considération l’urgence environnementale que les enjeux sociaux et économiques des voyages dans les territoires concernés. Des actes forts et une volonté de réaffirmer haut et fort la légitimité d’une association qui, depuis près de vingt ans, a su dépasser les crises et les doutes inhérent à un groupe de voyagistes (et au-delà) devenu très hétérogène, mais néanmoins soudé par une histoire forte et une volonté sincère d’aller de l’avant pour réaffirmer les valeurs du voyage.

Cette récurrente question du climat

Après deux ans de crise sanitaire qui ont cloué les avions au sol, mettant entre parenthèses l’épineuse question du réchauffement climatique ou tout au moins l’impact de l’aérien dans les GES, voici que les frontières se réouvrent peu à peu, avec tout le lot d’espoir de reprise et de questions complexes qu’impliquent ce nouvel élan vers le voyage. Pour les membres d’ATR, dont certains ont été économiquement très affectés par cette impossibilité de voler, il était important de réfléchir ensemble à l’après, et voir comment se positionner face à une urgence climatique indéniable mais qui ne doit pas pour autant faire oublier les vertus du voyage. Alain Capestan (Voyageurs du Monde) : « Plutôt que de se poser la question d’empêcher les gens de voyager, pourquoi ne pas plutôt s’interroger sur comment en amoindrir l’impact. » En ce sens, le label intègre d’ores et déjà tout un volet d’obligations sans compter les nombreuses initiatives prises par chacun des membres : compensation, absorption, suppression des vols pour les escapades de quatre jours, incitation à voyager moins souvent et à rester plus longtemps sur le territoire, etc.

Parer à l’urgence

Toutefois, certains voyagistes d’ATR sont très avancés, d’autres ont plus de mal à digérer deux années de Covid sans compter de fortes interrogations sur le fond du débat, des besoins d’aide sur la méthodologie, des difficultés à faire évoluer les équipes, et ce facteur temps/moyens qui n’est pas à la portée de tout un chacun. Président d’ATR, Vincent Fonvieille (La Balaguère) est persuadé qu’il faut continuer à voyager, mais il s’interroge de plus en plus quant à la stratégie d’un groupe dont l’ADN reste le voyage, quand le discours des scientifiques tend à pointer de plus en plus l’urgence : « Le discours des scientifiques glisse de plus en plus de 2050 vers 2040. Comment trouver l’équilibre entre les impacts positifs du tourisme et l’ensemble des nuisances que le voyage provoque ? » Et ce, d’autant que les experts sortent jour après jour des études de plus en plus alarmistes tel le rapport du collectif Supaero Décarbos publié avec le Shift Project cité par Jean-Christophe Guérin (Ahimsa) qui a analysé par scénario les trajectoires d’émissions de l’aviation d’ici 2050 : « Ils ont bossé sur les huit derniers mois avec une matrice très riche, en intégrant le roulage et tout le panel technique de ce qui permettra d’optimiser la réduction carbone du secteur l’aérien. Mais leur constat est sans appel, il va falloir nécessairement réduire notre consommation de l’avion... » Pour Alain Capestan, certes, on n’a pas encore la solution finale mais on a une solution d’attente : « Il faut réintroduire un coût carbone dans le prix du voyage et ce que l’on ne peut pas réduire, on l’absorbe. »  Un constat qui implique toutefois d’intégrer les coûts environnementaux et qui préfigure donc une hausse du prix des voyages, reposant la question de l’accessibilité des voyages à tous, à moins que les politiques ne décident de s’emparer de la question et de lisser ces coûts via une taxe carbone régulièrement débattues. Pour l’heure, Voyageurs du Monde a fait le choix d’investir via sa Fondation Insolite Bâtisseur quelques 1 million 300 000 euros pour absorber chaque année les GES du groupe, une démarche qui a trouvé écho chez d’autres voyagistes et animé les débats pour s’engager collectivement dans ce sens. 

Tous solidaires !

En revanche, le groupe a pris le parti de s’engager collectivement lors de l’assemblée générale qui a clos ce séminaire normand le samedi 2 octobre, afin d’entrainer l’ensemble des membres dans le sillage des 100% compensés. Vincent Fonvieille : « Nous avons décidé d’accélérer le rythme de nos engagements, notamment ceux en matière de lutte contre le changement climatique et d’accompagner les entreprises vers cet objectif. Le label ATR avait initialement fixé à 2025 l’échéance pour absorber 100% des émissions de CO2 des entreprises et de leurs clients. L’association a décidé d’avancer cette échéance à 2023. » Pour se mettre en ordre de bataille, le collectif pourra bénéficier de l’expérience des membres les plus avancés, qui proposent formation, outil de calcul et méthodologie à l’ensemble du groupe. Dès novembre prochain, une session de formation de trois demi-journées avec  TravelProFormations accompagnera les professionnels dans l’adoption de ces engagements. Des voies de progrès certaines et un bel exemple de solidarité et d’entre-aide d’un collectif déterminé à avancer ensemble et à trouver les bonnes solutions pour voyager à moindre impact.

————- Aller plus loin ————-

Le rapport sur la décarbonation du secteur aérien « Pourquoi voler en 2050 » (isae-supaero.fr)

Pouvoir-voler-en-2050_ShiftProject_Rapport-2021.pdf (theshiftproject.org)


Les membres d’ATR s’engagent à compenser 100% de leur GES d’ici 2023 | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Auteur et journaliste indépendante spécialisée sur le tourisme durable et le monde chinois, Geneviève Clastres est également interprète et représentante de l'artiste chinois Li Kunwu. Collaborations régulières : Voyageons-Autrement.com, Monde Diplomatique, Guide vert Michelin, TV5Monde, etc. Dernier ouvrage "Dix ans de tourisme durable". Conférences et cours réguliers sur le tourisme durable pour de nombreuses universités et écoles.
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