#TourismeDurable
La feuille de chou du tourisme durable

Retour sur le FITS Maroc 2012 – Volet 5

| 13 novembre 2012 • Mis à jour le 13.11.2012 à 9h45
         

Il n’est guère possible de quitter Taliouine sans évoquer le safran. Produit du terroir emblématique, il est aussi au cœur des enjeux d’un territoire décidé à en faire une ressource incontournable de sa politique touristique.

FITS Maroc

Pétales de safran dans un village de Taliouine @G.Clastres

Au pays du safran

Taliouine est la seule région du Maroc où l’on produise du safran, un safran de qualité qui a été distingué par les plus grands instituts de recherche. La plante, de la famille du colchique, permet de fabriquer l’épice la plus chère au monde surnommée à juste titre « l’or rouge ». A l’origine, une grande coopérative avait la main mise sur cette production mais grâce à l’action concertée de Migrations & Développement, la production du safran est à présent aux mains de 1 350 producteurs organisés en une trentaine de coopératives familiales. L’association a également sensibilisé les producteurs au  bio et animé des formations pour améliorer les rendements. A Taliouine, 98 % de la population cultive le safran.

FITS Maroc 2012

Fleur et filaments de safran @G.Clastres

Depuis 2011, il existe également une Maison du safran, co-financée par l’INDH (Initiative Nationale pour le Développement Humain), la région du Souss Massa-Draâ, le Conseil Provincial de Taroudant et des dons privés. A la fois musée et vitrine, elle a aussi pour mission d’identifier le prix de référence du safran par le biais d’une bourse d’exposition et de vente réservée aux coopératives et aux sociétés. En outre, elle se veut un espace d’échange, de partenariat et de valorisation de la filière safran. Pour les touristes de passage, c’est donc le lieu incontournable pour se familiariser avec la plante voire même déguster des spécialités locales au safran.

Taliouine

Maison du Safran de Taliouine @G.Clastres

Quand l’or rouge affole les débats

Toutefois, si l’initiative est heureuse en ce qu’elle a permis de fixer les prix et d’éviter un affolement de la filière, on sent que l’atout safran reste un sujet délicat qui divise les acteurs locaux. Pour témoin, le festival du safran, crée en 2007, et dont la date du festival 2012 (pourtant imminent) a fait l’objet d’un débat kafkaïen lors de l’Atelier de Taliouine. Un débat qui a notamment permis de mettre à jour toute la difficulté d’institutionnaliser une ressource dont certains semblent vouloir faire un porte-drapeau quand d’autres se contentent d’essayer d’en vivre.

En clair, les acteurs de terrain comme Migrations et Développement auraient souhaité que le festival soit repris à 100% par des locaux mais les politiques semblent en avoir décidé autrement, pour donner plus de relief à un évènement dont la date a été tellement repoussée, bousculée, que même les guides locaux ne s’y retrouvent plus. Témoignage de l’un d’eux : « Même le festival de safran. On ne sait plus qui fait quoi. Je suis de Taliouine mais je ne connais pas la date. Tout le monde se contredit et au final, tout le monde est perdu. »

Maison du safranNous sommes justement mi-octobre, en période de récolte, ce qui aurait donc du être la date idéale pour un tel festival. Il semble pourtant que l’échéance du 20 novembre se dessine. Nous n’en serons pas plus. Et finalement, là n’est pas le plus important. Pour l’heure, des femmes commencent à s’activer dans les champs pour cueillir la précieuse fleur. Il en faudra de 150 à 200 pour produire un gramme de safran. Un gramme d’or rouge qui sera ensuite revendu sur place 35 dhirams (3,50 €) quand dans le monde, son tarif varie de 2 à 50 € le gramme. Des différences de prix qui, bien au-delà de la qualité (on le présente trop souvent ainsi), sont avant tout la marque de niveaux de vie contrastés. Car au-delà des champs de safran, les hommes et les femmes de Taliouine n’auront pas toujours eu la chance, ne serait-ce qu’une fois, d’aller découvrir d’autres horizons.


Retour sur le FITS Maroc 2012 – Volet 5 | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
FacebookGoogle

Découvrez nos abonnements

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Informations utiles pour voyager

Forum International du Tourisme Solidaire et du développement durable Le forum International du tourisme solidaire et la caravane solidaire viennent d'être reportés à avril 2011....

OITS/ISTO - Retour sur le congrès 2018 C’est à Lyon que s’est tenu du 16 au 19 octobre 2018 le 27ème Congrès mondial de l’Organisation internationale du tourisme social (OITS)...

Rouhanyet : Festival International des Musiques Mystiques Les musiques mystiques, sacrées, profanes - message d’amour, de paix, de fraternité et de tolérance visant l’élévation des consciences pour un monde meilleur....

Restitution du parcours de la Caravane Nord, FITS Maroc 2012 Voyageons Autrement à eu la chance de suivre la Caravane Nord, une expérience mémorable......

Retour sur le FITS Maroc 2012 - Volet 2 Le FITS Maroc 2012 s’est tenu entre le 15 et le 23 octobre. V.A était présent et afin de mieux vous faire sentir l’ambiance tout à fait particulière de cet évènement, vous...

Le programme Take The M.E.D: promotion du tourisme VERTueux en méditerranée et NTIC Des projets innovants et ambitieux fleurissent presque tous les jours, mais très peu d'entre eux ont la capacité de fédérer des...

DANS LE DOSSIER VOYAGEONS-AUTREMENT :
Forum International du Tourisme Solidaire - FITS 2012

La feuille de chou du tourisme durable
L'actu en continu
Les catalogues Voyagiste

Agenda