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Aventure Écotourisme Québec

Terra Andina Ecuador : la belle aventure partagée  

| 24 décembre 2015 • Mis à jour le 24.12.2015 à 9h19
Thèmatique :  Acteur privé   Bons plans   Monde   Portrait   Territoire 
         

Créé il y a 15 ans par une poignée d’amis, le réseau de réceptifs Terra Andina couvre aujourd’hui l’ensemble de l’Amérique Latine (mais pas que…). Chaque agence proposant aux voyageurs le meilleur d’un pays pour lequel son fondateur s’est pris de passion. Et tel est bien le cas de William Wadoux, ancien ingénieur télécom tombé amoureux du « Pays des quatre mondes » et de ses habitants. Rencontre…
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Voyageons-autrement : Qu’est-ce que le réseau Terra Andina et comment s’est-il constitué ?

William Wadoux (à gauche sur l’image) : Terra Andina a vu le jour il y a 15 ans, en Bolivie, où un groupe d’amis a fait le pari que les voyages allaient se déployer et fleurir sur internet. L’idée était de continuer de fonctionner comme un groupe d’amis, en aidant les uns et les autres à ouvrir leur agence sur une destination coup de cœur qu’ils connaissaient bien. Cela a très bien marché (plus d’une quinzaine de destinations couvertes à présent) et notre groupe continue de s’élargir. La caractéristique commune, en dehors d’un climat d’entreprise amical est que chacun connaît parfaitement le pays qu’il entend faire découvrir et fait en sorte que ses commerciaux aient une connaissance tout aussi approfondie de la destination, les engageant à beaucoup voyager pour en savoir toujours plus. Cela fait toute la différence comme j’ai pu le constater en discutant avec les commerciaux travaillant pour d’autres voyagistes…

V-A : Autour de quelles valeurs et principes vous êtes-vous retrouvés ?

WW : Autour des valeurs de partage, de sincérité et d’authenticité. Aussi bien entre nous qu’en direction de nos clients. On rejette par exemple unanimement les abus du marketing et autres abus de langage devenus habituels : « le plus beau ceci », « les meilleurs cela ». Qu’on leur propose des voyages en prêt à partir ou en sur mesure, on explique aussi sincèrement que possible à nos futurs clients ce qu’ils peuvent s’attendre à vivre, ce qui est possible, souhaitable et ce qui ne l’est pas. Et si on propose une rencontre authentique avec les populations, c’est sans mise en scène ni artifice. De la même manière qu’on appuiera sur la dimension environnementale de telle ou telle action que si l’on a pris un engagement ferme dans un programme précis.

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V-A : A ce propos, vos propositions de voyage sont-elles frappées du sceau « tourisme responsable » ? Labellisées d’une manière ou d’une autre ?

WW : Non. Nous travaillons, tous, dans cet esprit d’un tourisme plus responsable, durable, solidaire, mais c’est à chaque manager de proposer les produits qui lui conviennent, rien n’est labellisé ni officialisé donc. C’est une démarche spontanée. Cela dit, on travaille beaucoup avec les communautés locales. Dans la plupart des circuits proposés, sont inclus des séjours de deux ou trois jours dans telle ou telle communauté. Pour ma part, j’ai créé une association il y a 15 ans dans le but de financer les projets de certaines communautés indiennes d’Amazonie. Et j’essaie de plus en plus de rapprocher mes deux univers : aidant telle communauté visitée par les voyageurs à cercler son jardin pour l’abriter des animaux sauvages (les clients n’en auront que de meilleurs fruits et légumes !), ou aidant telle autre communauté à refaire ses chambres d’accueil. C’est d’ailleurs le cas de la majorité des managers de Terra Andina.

V-A : Quels types de voyages proposez-vous et qu’est-ce qui les caractérise ?

WW : On propose divers voyages mais on excelle avant tout dans le sur-mesure, le vrai. Il y a un mois, un client nous a demandé à découvrir le pays uniquement sur la thématique des trains. Nous avons donc monté un voyage dont il a été ravi. Pour quelles raisons ? Cela nous ramène à votre seconde question : ce qui nous caractérise avant tout étant notre parfaite connaissance du pays, une maîtrise telle de la destination que nous pouvons combiner au mieux un programme pour qu’il réponde au mieux aux souhaits du voyageur (qui recherche toujours une expérience personnelle et unique) tout en y intégrant les données pratiques et logistiques qui feront de la proposition une réussite plaisante à chaque seconde et non une galère. Cela implique naturellement en amont un contact de qualité avec le futur voyageur et nos équipes y sont formées.

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V-A : Quel a été votre parcours et pourquoi avoir créé une agence de voyages ?

WW : Au départ, je suis ingénieur télécom. Je suis venu en Equateur travailler sur un grand chantier pour le compte d’Alcatel. Lorsque cette mission a été achevée, l’entreprise a voulu m’envoyer ailleurs, mais moi, j’étais tombé amoureux du pays et de l’une de ses filles. J’ai donc démissionné, me suis occupé d’une galerie d’art contemporain durant deux ans puis suis rentré en France où j’ai retravaillé comme ingénieur avant de sauter sur l’occasion de revenir ici en 2007 m’occuper de la fondation Latitude Sur, laquelle venait de recevoir d’importantes donations qu’il fallait gérer jusqu’en 2013. C’est à ce moment-là que le manager de Terra Andina Ecuador m’a fait part de son souhait d’aller vivre une autre aventure en Australie et m’a proposé de reprendre la suite. Ayant une bonne connaissance du pays comme de l’organisation des voyages de la fondation, j’ai dit oui.

V-A : Travaillez-vous avec des voyagistes ou bien uniquement en direct ?

WW : Les deux. Et dans des proportions équitables, pratiquement 50/50. Nous comptons par exemple parmi nos clients « pros » des tours opérateurs comme Huwans ou Continent Insolite.

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V-A : A quelles clientèles vous adressez-vous ?

WW : Essentiellement aux particuliers et aux familles. Sur des propositions milieu et haut de gamme, l’Equateur étant une destination qui n’est pas donnée. Les grands groupes ne sont pas notre spécialité, mais les petits groupes à la recherche d’une approche thématique, aucun souci. Nous venons ainsi d’organiser un super voyage à un groupe d’agriculteurs canadiens qui voulaient, entre autres, découvrir un certain nombre d’exploitations locales types.

Qu’est-ce qu’on découvre avec vous que l’on n’approcherait pas forcément dans un voyage classique ?

WW : J’ai envie de dire : de vraies rencontres. Avec les locaux, mais aussi, tout simplement, avec le rêve de voyage que l’on porte en soi. Le « rendu » que nous proposons à partir de ce « voyage rêvé » collant au maximum à ce que souhaitent les personnes qui viennent à nous. Parce que nous, ce qu’on veut avant tout, c’est que nos clients soient heureux. On vit avec cette obsession-là et elle entraîne des tas de petites attentions. On avait par exemple remarqué que la plupart des clients étaient enthousiasmés par l’abondance des espèces de fruits exotiques locaux, souvent inconnus ailleurs. Alors on distribue à chacun un triptyque sur lequel sont représentés tous les fruits étranges qu’il est possible de découvrir. J’ai par ailleurs passé six mois sur une carte des volcans du pays tels qu’on les aperçoit depuis la route panaméricaine : tel sommet arrondi, telle silhouette significative correspondent à tel ou tel volcan. On vient également de rédiger un document regroupant toutes les bonnes pratiques et attitudes à respecter durant son voyage. Et cela va être généralisé à l’ensemble des agences du réseau. On essaie de faire plaisir, mais aussi d’instruire et de faciliter le rapprochement des gens.

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V-A : Pourquoi appelle-t-on l’Equateur « le pays des 4 mondes » ?

WW : Tous simplement parce qu’il comporte 4 régions très différentes : l’Amazonie, les Andes, les hauts plateaux se trouvant de l’autre côté et enfin, au milieu de l’océan, les Galapagos. Une diversité record. Oups ! Cela m’a échappé. Non, sérieusement, je parlais tout à l’heure de l’abus de superlatifs dans le marketing touristique, mais puisqu’on est entre nous, il faut quand même savoir que l’Equateur propose la plus grande biodiversité au monde (rapportée à sa taille). Et cumule nombre de records de ce côté : plus grande diversité d’espèces d’oiseaux, d’orchidées, d’écosystèmes (72), etc. De ce point de vue, la découverte des Galapagos demeure une expérience unique. Vous pouvez encore y approcher les animaux au plus près puisque, peu habitués à l’homme, ils n’en ont pas peur. Rien que cela, c’est fascinant.

V-A : Quels sont, pour un voyageur découvrant l’Equateur, les atouts majeurs de ce pays ?

WW : D’abord, la grande facilité qu’il y a désormais à voyager d’un bout jusqu’à l’autre. Enrichi par le pétrole, l’Equateur s’est doté en quelques années du meilleur réseau routier des deux continents américains. On peut donc tout à fait découvrir ce pays, sans problème de sécurité, en famille, en liberté et au volant de sa voiture, en… 15 jours ! Sac au dos ou en passant d’un 3* à un 4*, au choix. A la nuance près, comme je l’ai signalé, que l’Equateur étant passé à la devise américaine (le dollar donc), la vie n’y est pas donnée. Mais au-delà de ce premier atout logistique d’importance, la population – qui continuent pour la plupart des nombreuses ethnies la composant à porter leurs tenues traditionnelles – constituent un atout formidable. Et puis la nature, bien sûr. On vient de découvrir à un endroit de la côte la plus grande densité de raies manta au monde (encore un superlatif, désolé, mais il est juste). C’est très impressionnant. A 1h30 de Quito, vous avez un observatoire à oiseaux réputé et l’Amazonie demeure, ici, très préservée. Après 1h30 de vol intérieur, vous vous retrouvez au milieu des loutres, crocodiles, dauphins d’eau douce et singes par milliers.

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V-A : D’après les retours que vous obtenez, qu’est-ce qui plaît le plus aux voyageurs partant avec vous ?

WW : Nos guides. On sait combien le fait de disposer d’un guide compétent et passionné par la transmission compte dans un voyage. Critiques comme louanges sont d’ailleurs souvent centrés sur eux. Nous, nos clients encensent nos guides, pour leurs choix d’hébergement, d’activité, de personnes rencontrées, leur capacité à répondre à l’imprévu ou tout simplement ce qu’ils apportent aux gens qu’ils accompagnent. Nous sommes très fiers de nos guides.

V-A : Quels plus cela apporte-t-il de disposer d’un réseau d’agences partenaires dans toute l’Amérique Latine ?

WW : La force du réseau se manifeste bien sûr entre autres dans les combinés de pays que nous organisons. Cela permet également de proposer des associations qui ont du sens, car contrairement à la logique administrative qui veut que tel pays s’arrête là et tel autre commence ici, il existe dans le monde réel une continuité naturelle, culturelle, etc. qui se moque bien des frontières inventées par les bureaucrates. Ainsi peut-on proposer un produit sur les Haciendas vous faisant passer de celles d’Equateur à celles de Colombie. Voyage qui ne serait pas complet sans l’une ou l’autre approche. Je pense encore à ce combiné exceptionnel Galapagos-Equateur-Santiago du Chili-Ile de Pâques réunissant deux des îles les plus mythiques. Nous disposons, nous, d’une agence dans chaque pays pour organiser au mieux le voyage, mais le client, lui, n’a qu’un seul interlocuteur. Alors, lorsque les gens ont un peu de temps et veulent parcourir l’Amérique Latine, nous devenons d’office leur partenaire idéal.

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V-A : Vous vous occupez donc, en plus, d’une ONG. Pouvez-vous nous en dire deux mots ?

WW : En 2005, j’ai créé en France, avec un ami, une association se proposant d’aider les populations amazoniennes. Et j’ai, depuis, crée ici une structure qui permet de mettre en œuvre divers projets de conservation ou de développement. Nous nous occupons par exemple d’un bateau qui propose des croisières engagées au Pérou. Ou encore, en Equateur, d’un programme de reforestation visant à éviter la disparition de certaines espèces endémiques. Programme financé d’ailleurs, celui-là, par Good Planet, la Fondation de Yann Arthus-Bertrand. Et puis, bien sûr, on essaie de sensibiliser les clients et on leur propose souvent, durant leur voyage, de passer par telle ou telle case solidaire. A eux de répondre à l’invite. Ou pas.

Liens vers les offres de voyages de Terra Andina Ecuador
http://www.voyageons-autrement.com/voyage-terra-andina-ecuador/equateur

 

 

 


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Par Jerome Bourgine
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