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Destinations Solidaires. Le Maroc : un passage difficile mais un avenir encourageant

| 7 juin 2012 • Mis à jour le 07.06.2012 à 10h43
         


Le jeudi 31 mai, en guise d’ouverture de la Sixième Journée Mondiale du Tourisme Responsable (JMTR) prévue  le lendemain, l’ATES avait invité quelques partenaires (réceptifs, opérateurs ou experts) pour débattre de l’impact du printemps arabe sur le tourisme au Maghreb. Parole au Maroc…

Laurent Besson VDM

Laurent Besson. Vision du Monde @G.Clastres

Le Maroc dans les yeux d’un membre de l’ATES

Le Maroc est de loin le pays le plus représentatif pour les membres de l’ATES puisqu’ils sont neuf à y proposer des voyages. Contrairement à l’Algérie ou à  la Tunisie où le tourisme alternatif reste encore émergent, la tradition du tourisme solidaire au Maroc est plus ancienne et plus répandue. Directeur de Vision du Monde, Laurent Besson est même un précurseur puisqu’il a commencé son activité dans le Haut Atlas dès 1993. Pour lui, dont l’activité est donc « plus installée », l’impact du printemps arable est plutôt négatif pour l’heure, puisque de nombreux voyageurs se sont détournés de la destination pour raison sécuritaire : « Avant, je réalisais un tiers de mon activité au Maroc, soit 3 à 400 voyageurs par an. En 2011, la chute a été très nette puisque seulement une centaine de voyageurs sont partis avec nous. Et je pense que ce chiffre est assez représentatif de ce qui s’est passé pour tous les membres de l’ATES, une baisse générale de quelques 40%. » Laurent Besson explique cet impact négatif par le besoin de sécurité des voyageurs, qu’ils soient solidaires ou non. Il reste toutefois optimiste et confiant dans l’avenir : « Il faut passer ce cap difficile mais je reste optimiste, car la société civile s’est construite peu à peu au Maroc et le printemps arabe va la renforcer, cela profitera à plus de monde. Il n’y a plus aucune raison de ne pas ne pas venir au Maroc aujourd’hui».

Abderrazak Elhajri au Petit Bain

Abderrazak Elhajri au Petit Bain @G.Clastres

Le Maroc dans les yeux d’un enfant du pays

Pour Abderrazak Elhajri, directeur adjoint de Migrations et Développement, le printemps arabe au Maroc est surtout un nouvel espoir pour la mise en place d’un tourisme plus solidaire dans le pays. Déjà, le FITS 2012 sera organisé sur place. En outre, le printemps arabe a contribué a libérer un peu plus le système, que l’émergence d’une classe moyenne éduquée avait déjà contribué à  assouplir. « On ne peut plus verrouiller le système. On savait que la révolution arriverait un jour ou l’autre. Avec la force et la puissance d’internet, le mouvement a pris très vite de l’ampleur. » Avec son ONG, Abderrazak va dans les villages reculés et grâce aux produits du terroir et l’argent reversé par l’organisation, les habitants réussissent à avoir accès à l’eau potable, à  l’électricité. Pour Abderrazak, l’intérêt du tourisme solidaire est d’agir sur l’économie locale, de créer des revenus complémentaires à l’agriculture. Il cite aussi un exemple frappant ou comment le tourisme peut aider à démystifier la relation avec l’occident : « J’ai vu un chef de village se radicaliser, mais, grâce aux relations qu’il a pu avoir avec des voyageurs, il s’est ouvert et a porté un nouveau regard sur les autres. Il a compris qu’ils étaient différents, mais qu’ils n’étaient pas ses ennemis. » Le tourisme solidaire est donc l’un des éléments de l’ouverture vers l’autre mais il n’est pas isolé d’une dynamique. Ceux qui le portent réfléchissent aussi à leur territoire. En outre, toujours d’après Abderrazak, rien n’est dérisoire pour les populations locales. Un geste d’amitié peut déclencher une dynamique et donner une légitimité au leader. Le tourisme solidaire est donc un levier pour rapprocher les peuples, un cercle vertueux qui force vers le développement. Enfin, quant à l’impact du printemps arabe sur le tourisme, Abderrazak reste prudent : Il a sûrement eu une influence comme la crise financière a eu une influence. Pour l’avenir, il va baliser le terrain pour renforcer le tourisme solidaire. Les états vont être obligés de prendre en compte la répartition des richesses. Aujourd’hui, au Maroc, beaucoup de programmes se mettent en place, des programmes aussi issus de la société civile.

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Voir aussi les témoignages sur la Tunisie et l’Algérie.


Destinations Solidaires. Le Maroc : un passage difficile mais un avenir encourageant | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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