#TourismeDurable

Écolo à profit

| 21 décembre 2019 • Mis à jour le 21.12.2019 à 14h05
Thèmatique :  Livres 
         

Journaliste, producteur et animateur à succès à la radio télévision suisse, Jonas Shneiter vit confortablement avec son monstre, une immense SUV « au moteur plus puissant que le président des Etats Unis », et le tout à l’avenant, quand…. suite à un retrait de permis d’un an, il découvre qu’un autre monde est possible, un monde sans voiture où on peut circuler, se chauffer, consommer, se nourrir, bref… vivre autrement. Ni une ni deux le voici converti, d’autant qu’il réalise au passage « qu’être écolo peut même rapporter des sous ». Non sans humour ni autodérision, il nous livre son expérience dans « Ecolo à profit », ou « Comment j’ai sauvé un ours polaire et gagné beaucoup d’argent ».

Ce n’est pas souvent que l’on trouve un livre sur l’écologie aussi désinvolte avec pourtant, de frais informations et de nombreuses pistes pour aller plus loin (mais pas en avion !). En outre, une chose est sûr, ce n’est pas avec Jonas Shneiter que l’on aura de longues litanies moralisantes sur la planète, lui-même en a soupé, et préfère nous raconter son histoire et nous faire partager ses trouvailles.

Alors, certes, on retrouve les thématiques classiques du passage au vert, la mobilité, les énergies renouvelables, le collaboratif, les initiatives inspirantes, mais toujours avec des prises et des angles tellement décalés que l’on se prend à se laisser porter.

Trentenaire, Jonas sait parler à sa génération, comme ce paragraphe « t’as du fric à te faire » ou sans vergogne, il détaille les différentes étapes pour isoler un logement voire en faire un bâtiment à énergie positive, sans se prendre trop la tête, et, parce qu’il n’hésite jamais à en faire un peu trop, il ajoute même un encadré où « Marc sauve la planète en donnant des conseils aux propriétaires ».

Sensibilisation - Ecotourisme Laos

Campagne nationale de sensibilisation au tourisme responsable ©Ecotourism Laos

Et ainsi de suite, à l’image de ses cinq expériences de 2018 pour préparer le futur, où on le suit dans ses expériences de partage de véhicule (Mobility As A Service), en train de tester la monnaie locale suisse entre Farinet, Lémans ou Grue ou plus prosaïquement sur des toilettes sèches, en utilisateur de shampoing solide (no poo) ou en grignoteur d’insectes.

Envers et contre tout, et malgré une tendance affirmée à la provocation légère, Jonas nous énonce en annexe son palmarès 2018, soit son empreinte écologique calculée grâce à un outil développé par le WWF. Où l’on découvre qu’il est passé de 33, 34 tonnes de CO2 émis à l’année (« Si toute la population avait cette empreinte, il faudrait près de 8 planètes pour tout absorber ») à 10,82 tonnes, soit une division par trois de ses émissions. Mais il confesse toutefois qu’à ce résultat il faut ajouter 3 T émise pendant ses vacances et notamment dues à l’avion….  Et il a même l’honnêteté de donner la moyenne au niveau mondial de l’empreinte environnemental, soit 7,41 – une moyenne que nous pourrions tous méditer… sans toutefois être dupes de son explication…

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Écolo à profit. « Comment j’ai sauvé un ours polaire et économisé beaucoup d’argent. » Jonas Schneiter, Les éditions Helvetiq, 2019. 135 pages.

 


Écolo à profit | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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