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A la découverte de John Muir, le vagabond botaniste à l’origine de la création des Parcs Nationaux américains

| Publié le 27 avril 2020 • Mis à jour le 29 avril 2020 à 7h38
Thèmatique :  Bons plans   Livres   Portrait 
         
John Muir à côté d’un séquoia géant
GOGA Park Archives/Flickr/CC BY 2.0

John Muir (1838 – 1914) est un homme dont la vie est si exceptionnelle qu’elle en est presque mythique, « bigger than life » comme disent les Américains. Un homme qui a passé la plus grande partie de sa vie à vagabonder entre forêts, montagnes et glaciers des Etats-Unis. Un homme qui a inventé des machines qui auraient pu le rendre riche, mais qui a préféré retourner vivre au milieu des séquoias géants dans sa petite cabane construite de ses mains. Un homme qui est parti camper avec le Président Roosevelt et l’a convaincu de protéger la vallée de Yosemite en créant le deuxième Parc National des États-Unis. Un homme qui a créé le Sierra Club, une des premières associations écologistes au monde, toujours en activité. Mais aussi et surtout, un homme qui a écrit certaines des plus belles pages de la littérature américaine de nature writing, ce genre littéraire qui mêle observation de la Nature et considérations autobiographiques.

Une biographie de John Muir par Alexis Jenni

Avec J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond, Alexis Jenni, écrivain courroné en 2011 du prestigieux Prix Goncourt, nous offre une biographie lyrique de ce clochard céleste, cet « homme en forme de courants d’air » qui fut l’un des premiers à comprendre et à se révolter contre le pillage des ressources naturelles.

Alexis Jenni y raconte les milles et une vies de cet écossais qui débarque aux Etats-Unis à 10 ans et qui sera un des plus fervents défenseurs des grands espaces américains.

Rencontre avec Alexis Jenni

Voyageons Autrement : John Muir est une figure incontournable aux États-Unis, notamment connu pour son rôle dans la création du Parc National de Yosemite. On ne compte plus les universités, les chemins de randonnées, les lacs, les montagnes… qui portent son nom. Il reste cependant très peu connu en France. Comment avez-vous découvert cet auteur ?

Alexis Jenni : Je n’ai que peu de mérite : ce sont les éditrices de Paulsen qui me l’ont indiqué… Paulsen édite des livres centrés sur l’aventure, la découverte, et Muir faisait tout naturellement partie de leurs lectures. Je ne le connaissais donc pas, j’ai tout appris pour écrire ce livre, je me suis plongé dans ses écrits et il m’a à peine fallu à peine vingt pages pour être conquis… Après, j’ai tout lu.

VA : Vous décrivez John Muir comme un personnage quasi-mythologique, un Adam qui se promenait dans un jardin d’Eden désormais disparu, constamment émerveillé devant une Nature originelle, intacte. Vous arrive-t’il d’être encore émerveillé devant la Nature de notre époque ?

AJ : La Nature m’émerveille toujours. J’ai grandi dans le Bugey, entre forêts et montagnes, et dès l’enfance la Nature m’impressionnait. J’ai ensuite fait des études de sciences naturelles… Muir parcourt une nature géante et sauvage, que je ne connais pas, mais nos émerveillements résonnent, je comprends l’effet que lui font les paysages qu’il parcourt, car cet effet ne dépend pas de leur échelle. La France, qui paraît modeste par rapport à l’Alaska, contient une multitude de coins de nature extraordinaire.

VA : La protection des espaces sauvages, le grand combat de John Muir, est toujours d’actualité. Vous écrivez notamment que « la colère de John Muir serait intacte, s’il revenait ». Pensez-vous que la voix d’un écrivain puisse aujourd’hui avoir autant de poids sur la protection des derniers espaces « sauvages » que celle qu’a eu John Muir pour la protection de Yosemite ?

AJ : Allez, je vais me laisser croire que la voix d’un écrivain peut avoir un poids… mais sérieusement, il est important de dire, de raconter, de créer un imaginaire collectif, c’est ça qui pourra pousser à rendre la Nature précieuse, et à en préserver ce qu’on peut. Sans récit, les choses n’existent pas dans la pensée.

La Vallée de Yosemite si chère à John Muir.
By Thomas Wolf, www.foto-tw.de, CC BY-SA 3.0.

VA : Vous semblez ne pas apprécier le tourisme qui « rend faux tout ce qu’il touche » et qui grignote les derniers espaces de « wilderness » (terme américain que vous traduisez par « Sauvagerie »). Quelle est alors selon vous la meilleure manière de voyager ? Y a-t-il même encore une bonne façon de voyager ?

AJ : Oui, je ne pense que du mal du tourisme… mais dès qu’on est quelque part, on est touriste… cruel paradoxe, dû à l’industrie touristique envahissante et aux vols low cost… Personnellement, je n’aime pas « voyager », quand on emploie le terme seul, comme une action en soi. Mais j’aime bien aller ailleurs, et tous les voyages que je fais sont soit liés à un travail, des invitations professionnelles, ou des visites à des amis. Mais hélas, la Sauvagerie, c’est comme un champ de neige fraîche… dès qu’on y va, ça gâche tout. Il faudrait être seul, fantasme absurde du touriste.

VA : John Muir est certainement le premier auteur de nature writing qui ne vivait que « pour inciter les gens à regarder la beauté de la Nature ». Ce genre littéraire typiquement américain n’existe quasiment pas en France. Au vu de votre admiration pour John Muir et de votre amour partagé de la Nature, ressentez-vous l’envie d’écrire un roman de nature writing ?

AJ : Ah, j’en rêve… mais je ne sais pas encore comment faire. Il existe en France une tradition de roman rural, mais pas vraiment une écriture de nature, du fait de l’extrême humanisation de nos paysage depuis des siècles…mais j’y viendrai. En attendant, je participe au jury du Prix du Roman d’Écologie, dont c’est la troisième année. Nous sélectionnons des romans francophones qui ont des problématiques écologiques au cœur de leur narration. Déjà publier chaque année une liste de ces romans permet de définir peu à peu une nature writing en français.

Le livre à tarif réduit jusqu’au 26 avril

Pour nous aider à rêver et voyager depuis chez nous en cette période de confinement, les éditions Paulsen ont eu la bonne idée de proposer 50% de réduction sur leur catalogue de livres numériques jusqu’au 26 avril.

Le livre J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond d’Alexis Jenni est ainsi disponible en édition numérique sur leur site à seulement 5,49 €.

Lire des extraits de J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond.

Découvrir les livres de John Muir

Nous vous conseillons également la lecture de tous les livres de John Muir dont Un été dans la Sierra dans lequel il relate sa découverte de la Vallée de Yosemite lors d’une transhumance avec un troupeau de moutons dont il avait partiellement la garde.


A la découverte de John Muir, le vagabond botaniste à l’origine de la création des Parcs Nationaux américains | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Alexandre Tisné-Versailles
Créateur d'activités touristiques innovantes (cabanes dans les arbres, escape game, jeux de piste dans des châteaux…), citoyen engagé dans le Développement Durable et voyageur responsable avec 2 tours du monde au compteur. Rédaction d'articles sur le tourisme durable et la littérature de voyages.
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