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“Sauver le droit d’asile” – Entretien avec Jean François Rial

| 26 janvier 2019 • Mis à jour le 26.01.2019 à 18h58
Thèmatique :  Acteur privé 
         
Voyageurs du Monde

Jean François Rial, PDG de Voyageurs du Monde@StéphanieTetu

En octobre dernier, le Think Tank Terra Nova et l’Institut Montaigne ont publié un rapport intitulé “Sauvez le droit d’asile”. Parmi les personnalités impliqués dans sa réalisation det très engagé en ce sens, Jean-François Rial, PDG du groupe Voyageurs du Monde. Nous avons pu échanger avec lui pour en savoir un peu plus.

VA/ Le rapport « Sauvez le droit d’asile » publié par le Think Tank Terra Nova et l’Institut Montaigne en octobre dernier est ambitieux. Vous en êtes l’un des acteurs majeur. Comment avez-vous procédé (experts ? groupes de travail ?) pour définir au mieux vos propositions ?

JFR) Nous avons auditionné plus de trente personnes très pointues dans leur domaine, nous avons beaucoup lu, et des experts faisaient partie de notre groupe de travail.

VA/  Parmi les mesures préconisées, vous appelez à en finir avec le règlement de Dublin, dont la conséquence est de concentrer massivement la charge des flux migratoires sur les pays de première ligne (Italie, Grèce et Espagne). Pensez-vous que la France soit aujourd’hui prête à soutenir cette mesure qui aurait forcément un impact sur sa politique migratoire ?

JFR) C’est le syndrome du prisonnier. Je pense que la France serait prête à bouger si tout le monde bouge et se met d’accord sur des clefs de répartition juste, mixte, de la taille de la population et de la richesse de chacun des pays.

VA/ Une autre proposition concerne la création de centres européens d’accueil et de traitement (CEAT) dans les pays de l’UE ayant une façade méditerranéenne, puis de répartir ensuite les migrants dans les pays d’accueil de leur choix. Pensez vous que l’Europe arrive à coordonner une telle politique au vu des disparités actuelles ?

JFR) Sans problème, c’est aisé et cela sera bien moins compliqué qu’actuellement. Les Italiens seraient les premiers ravis, et les Hongrois ou les Polonais qui ne veulent pas accueillir des migrants d’après les quotas qui leurs sont alloués seront ainsi obligés de payer des pénalités. Mais cela ne sera possible que si le couple franco-allemand décide de prendre en main le sujet.

VA/ Finalement, d’après vous, parmi les nombreuses propositions du rapport, quelles sont celles qui ont vraiment des chances de voir le jour ?

JFR) A court terme aucune, à long terme toutes !

VA/ Plus globalement, en tant que chef d’entreprise d’une importante agence de voyage, cette crise des migrants vous amène-t-elle à changer votre regard sur le déplacement ? Y a-t-il certaines régions du monde que vous n’avez plus envie de « promouvoir » au vu des drames locaux qui s’y jouent ? Au contraire ?

JFR) Non, au contraire, cela renforce ma conviction de l’utilité sociale de notre métier vers plus de tolérance et de compréhension entre les peuples.

VA/ Le migrant, le voyageur, deux statuts, l’un contraint, l’autre libre. Peut-on trouver des traits d’union pour rapprocher ces mondes et aider nos concitoyens à mieux cerner les enjeux de demain ?

JFR) La tolérance, l’universalisme de l’humanité, les droits de l’homme et de la femme, voici ce qui réunit les voyageurs et les migrants.

VA/ Il y a une France qui refuse de s’ouvrir mais aussi une France qui accueille, à l’image du dernier ouvrage de Jean-François Corty, « La France qui accueille », qui pointe de nombreuses initiatives venus des habitants mais aussi des villes, des associations et de la société civile. Le Refettorio dont vous êtes le président, fait aussi écho à ces actions que chacun d’entre nous entreprend à son niveau. Nos actions colibris. Un dernier mot pour nous donner des nouvelles de ce projet ?

JFR) Le Reffetorio marche très fort et sert près de 100 repas de qualité chaque soir dans ce lieu divin qu’est la crypte de la Madeleine, des repas qui sont répartis entre sdf et migrants, mais également à l’attention de toute personne en difficulté.

Madeleine

Refettorio@JR

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“Sauver le droit d’asile” – Entretien avec Jean François Rial | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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