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Le plastique… c’est vraiment fantastique ?

| 27 juillet 2017 • Mis à jour le 27.07.2017 à 6h44
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La quantité de plastique fabriquée chaque année correspond à peu près au poids de l’humanité réunie : à l’instar du changement climatique, le plastique est à l’origine d’un véritable désastre écologique, qui menace tous nos écosystèmes. Nous en produisons un peu plus chaque année, pour répondre notamment à la demande grandissante des pays asiatiques, qui ont cette fâcheuse tendance à vouloir reproduire tous les mauvais comportements des Occidentaux. Et aujourd’hui, où que l’on habite sur la planète, nous sommes tous touchés par l’invasion des déchets en plastique…

Le plastique, fléau écologique

Coca-Cola produit 3400 bouteilles par seconde… Imaginez à l’échelle d’une année. Et encore cela n’est rien à côté du chiffre vertigineux du nombre de bouteilles en plastique acheté chaque minute dans le monde… à savoir environ un million. Et cela ne devrait qu’augmenter dans les années à venir, la faute notamment aux pays asiatiques qui consomment de plus en plus d’eau en bouteille et continuent de suivre leur rêve de vivre “à l’occidentale”. Sauf que nous sommes loin, très loin d’être des modèles…

Face à une demande toujours plus fort de bouteilles en plastique, la filière du recyclage tire la langue.

Le plus triste, c’est que le composant principal de ces bouteilles est le polytéréphtalate d’éthylène, qui est parfaitement recyclable. Mais à la vitesse à laquelle nous produisons, les filières de recyclage n’arrivent pas à tenir la cadence. Moins de la moitié des bouteilles produites en 2016 ont été recyclées, et seules 7% d’entre elles transformées en de nouvelles bouteilles. Les plus grandes entreprises de fabrication de boissons ne sont pas là pour montrer l’exemple : elles utilisent en moyenne 6,6% de matériaux recyclés dans la production de leurs bouteilles, un tiers d’entre elle ne compte pas faire augmenter ce chiffre, et aucune n’a pour objectif le 100% recyclé.

Une mentalité purement lucrative et affligeante, qui participe grandement à l’augmentation des déchets plastiques sur notre planète.

Des déchets présents là où on ne les attend pas !

On parle souvent de “septième continent” pour qualifier ces millions de tonnes de déchets qui s’agglutinent dans l’océan. Il se trouve que nos déchets plastique, non content de ne pas se dégrader, voyagent beaucoup… Savez-vous qu’aujourd’hui, en mangeant du poisson, vous avez de fortes chances d’ingérer des micro-particules de plastique ? En effet, les déchets plastiques ne peuvent disparaître tous seuls : ils se transforment en nano-particules et sont ingérés par les êtres vivants peuplant les océans. De fil en aiguille, ceux-ci se retrouvent dans nos assiettes.

Les crabes de l’île d’Henderson trouvent de tristes abris… ©Jennifer Lavers

Le plastique envahit toutes les zones de la planète : l’Arctique et l’Antarctique sont touchées, malgré une population très faible. On retrouve même des déchets en nombre sur des zones où l’homme ne vit même pas ! C’est ainsi que 38 millions de morceaux de plastique ont été retrouvés sur l’île d’Henderson, située dans l’océan Pacifique, à mi-chemin entre les Fidji et les Galapagos. Des scientifiques de l’Université de Tasmanie ont ainsi retrouvé plus de 18 tonnes de déchets plastique sur cette petite île inhabitée par l’homme… la plupart d’entre eux étant invisibles à l’œil nu. Cette île vierge, qui aurait dû être dénuée de toute trace d’activité humaine, possède aujourd’hui des plages recouvertes de déchets : un fait qui nous donne une idée de la quantité de plastique que nous avons répandu à travers la planète…

Quelques gouttes d’eau dans l’océan (de plastique)

Face à ce fléau, de nombreuses associations et ONG tentent de lutter, depuis souvent bien des années. Du “simple” (pas si simple quand on voit le peu de personnes qui le font) ramassage des déchets sur les plages aux actions scientifiques menées à l’international, beaucoup s’engagent comme ils le peuvent pour tenter d’endiguer une maigre partie du désastre.

Parmi ces nombreuses initiatives, la campagne “Refill-reuse” (“re-remplir – réutiliser”) de Bristol, qui consiste à encourager les collectivités et les commerçants à remplir gracieusement les bouteilles d’eau des personnes le désirant, à commencer par les touristes. Cela limite le gâchis par l’achat de nouvelles bouteilles : via une application, désormais utilisée par une dizaine de villes de Grande-Bretagne, les visiteurs peuvent savoir où remplir leurs gourdes (dont l’achat est également vivement encouragé). Une manière simple et efficace de ne pas avoir à acheter des bouteilles d’eau quand on visite une ville et, surtout, de ne pas les laisser traîner n’importe où une fois vides…

En France, certaines mairies ont eu la bonne idée de lancer quelques piqûres de rappel, comme ici à Saint Malo…

A Chypre, alors que les touristes commencent à arriver en masse, des organisations locales ont lancé un programme visant à sensibiliser le public sur les plages, et à encourager les hôtels à améliorer leur gestion des déchets. La plupart des déchets présents sur les plages chypriotes sont liés à l’alimentation des visiteurs ; bouteilles, boîtes, sacs en plastique… Réveiller la conscience des habitants ainsi que celle des visiteurs, notamment en participant au ramassage des déchets, est l’un des axes clés de ce programme soutenu par Beyond Plastic Med, qui lutte contre la pollution plastique autour de la Méditerranée.

De belles gouttes d’eau dans un immense océan malheureusement bien sombre, qui accumule les comportements irresponsables de chacun… car nous savons tous que nous sommes responsables à notre échelle, et qu’une bouteille de moins, multipliée par plusieurs millions, cela fait des millions de bouteilles en moins…

 

Source
de l’infographie
Trademachines.fr

 


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Par Mélusine Lau

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