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En 2015 le bus se libère et se découvre sous un jour nouveau en France

| 31 août 2015 • Mis à jour le 23.03.2016 à 16h37
Thèmatique :  Conseils   Initiative nationale   Institutionnel 
         

Il y a peu a été abrogé la fameuse loi, dite Macron, qui permet, notamment, d’ouvrir à la concurrence le transport de personnes en bus et ce au travers de tous le pays. En 2013, 110000 passagers ont parcouru les kilomètres grâce à ce moyen de transport qui, comme en Allemagne ou plus historiquement en Angleterre tant à redevenir “bankable” dans l’hexagone. D’une volonté gouvernementale peut-on en faire une habitude et un choix de transport pour tous? Est ce que cela va changer la vie de nos chers voyageurs?  Tour d’horizon de ce qui se fait déjà, ce qui va voir le jour sous peu, un petit tour chez les voisins pour comprendre et analyser la situation. Un dossier chaud brulant pour une rentrée qui bouge!

Bus sur l'autoroute au coucher de soleil

Une loi pour toucher plus de clients, faire des économies et créer de l’emploi!

Cette nouvelle concurrence dans le marché des transports est un des pans de la loi abrogée cet été. Elle doit permettre, à terme s’entend, de “libérer plus de 700 millions d’euros de pouvoir d’achats pour les Français” selon le gouvernement. Comment? En permettant la création de nouvelles lignes de plus de 200km, celles-ci étaient auparavant soumises à de rudes contraintes. Des compagnies vont ainsi pouvoir se positionner sur un marché encore balbutiant, de plus les chiffres parlent d’environ 10000 créations d’emplois directs grâce à cette nouvelle loi concurrentielle (on parle aussi de 20000 indirectement). Il faut savoir que, depuis 2011, le transport par autocar est autorisée sur des lignes longues distances, mais attention il consistait à faire des dessertes en France uniquement si le départ ou l’arrivée étaient situés à l’étranger (cabotage). Dans un souci de simplification et de gain de croissance mais aussi dans le souci de suivre ses voisins Européens, la France permet donc d’étoffer un panel encore peu connu et peu utilisé à ce jour. Déjà une quarantaine de villes ont été ciblées et choisies pour être desservies : de Paris à Rouen, Lille, Strasbourg, mais aussi pourquoi pas sur des destinations moins “grandes villes” ou plus transversales ( Est-ouest par exemple), comme on peut le voir sur la carte du réseau de bus français ci-dessous récemment mise en ligne par le site GoEuro.fr qui avait publié une étude très complète sur le sujet. Il est évident que, en pariant sur l’avenir, la création de nouvelles lignes de bus et les coûts moindres espérés, les autocars vont attirer une clientèle surement nouvelle ou différente des liaisons ferroviaires ou aériennes inter-cités.  Ainsi les personnes jeunes ou au contraire retraitées sont particulièrement visées par ces nouveautés : en effet, le fait d’avoir moins de contraintes temps/horaires à respecter et parfois un budget limité sont des raisons de choisir ce mode de déplacement. En tout état de cause ces liaisons sont bien ancrées”loisirs”.

Une offre qui s’étend

les lignes existantes actuellement via les 5 compagnies sur le marché

les lignes existantes actuellement via les 5 compagnies sur le marché

Des compagnies ont déjà pris le créneau : IDBus (filiale SNCF), Eurolines, Starshipper, Megabus ou Flixbus  sont dans les starting blocks et proposent depuis un mois environ des produits nouveaux (par exemple Isilines (filiale d’Eurolines) a créé 17 lignes avec 50 destinations avec la promesse de 1000 embauches d’ici 2017. Starshipper quant à lui annonce 4 lignes nouvelles en France et des villes comme Angers, Lyon, Le Mans desservies depuis Paris ainsi qu’une ligne Toulouse-Saint Sebastian intéressant le Sud Ouest… 5 000 000 de voyageurs potentiels à acheminer : un filon juteux pour des compagnies qui vont se révéler cet automne.

les types de bus

Qu’en sera t-il à l’avenir?  Focus sur nos voisins Européens avec ce qui a marché ou au contraire ce qui pose questions.

Nos voisins ont depuis plus ou moins longtemps ouvert la voie (et les voies) aux autobus pour des trajets longues distances. Ainsi nos amis Anglais sont en avance, la loi est passée chez eux en 1985, et à ce jour ce sont plus de 30 millions de Britanniques qui voyagent grâce au bus : un chiffre assez énorme pour un réseau dominé par 3 grosses compagnies, et Mégabus, dernier entré, a bousculé les habitudes et les prix avec notamment une reprise moins chère de lignes existantes. Autre cas (un peu à part il est vrai) avec nos voisins Espagnols : le train y a été historiquement moins développé que dans d’autres contrées et ainsi, de fait pourrait on dire, le bus y a tracé sa route et il y a actuellement 32 millions de clients par an pour un maillage hyper complet. Le réseau est assuré par une multitude de petites entreprises.

Un vieux bus à Malte sur l'avenue de la Valette

L’exemple Allemand

C’est un cas hyper intéressant à analyser : c’est le plus frais et celui dont on suit les évolutions avec beaucoup d’attentions. Lancée en 2013 la libre concurrence est particulièrement en place et la situation auparavant était quasi similaire à celle de l’hexagone. Dès la première année un grand nombre d’entreprise et de liaisons se créent : d’où une hausse évidente de fréquentations (8 millions en 2013, 20 en 2014), surtout les statistiques montrent que de très nombreux voyageurs ont ainsi, tout simplement, pu “bouger” grâce à ce nouveau système (la baisse des prix y a été plus que spectaculaire). De plus un effet assez inattendue a été révélé : la baisse du trafic routier : et oui de nombreux particuliers ont ainsi laissé les automobiles au garage… Mais, car il y a un mais l’état de grâce du tout nouveau tout beau et de la libéralisation à outrance a laissé des traces : une rentabilité poussive voire inexistante les premières années, des faillites ont ainsi déjà été enregistrées. De plus après le boom des prix ceux-ci ont stagné voir même légèrement augmentés ces derniers temps.

Permettre à toutes et tous de voyager, oui mais où et dans quelles mesures?

C’est pour moi en tout cas l’avantage majeur que je vois dans ce pan de la loi dite de croissance, mais dans un Monde “si pressé” avec des temps de vacances qui se découpent de plus en plus, va t’on pouvoir passer des heures dans des bus, si modernes soient-ils ? Exemple personnel : un ami s’est renseigné pour un trajet de Grenoble à Nantes (14 euros l’aller) mais...13h30 de route… Sur un week-end, impossible à réaliser, pour des gens avec des problèmes de dos, impossible aussi. J’ai aussi peur, à terme que les petites lignes SNCF, du service public donc classées comme peu rentable ou pas rentable du tout (sic…) soient laissées à une ou des entreprises privées avec surement moins de libertés. Que celui qui a déjà voyagé en bus me renseigne aussi sur le confort, la situation et la praticité des gares routières de nos villes… souvent glauques et peu accessibles, un travail est à faire là aussi. Enfin, et si demain je veux faire un trajet dans des régions ne se situant pas sur de grands axes et déjà fort peu pourvues en lignes SNCF (Ardèche, Lozère par exemple) est ce qu’on va penser à eux et au tourisme local?  Bref des questions, des inquiétudes qui se posent aujourd’hui. “Wait and see” comme disent les sujets de la “gracieuse Majesté”. Cette loi va néanmoins dans le bon sens pour, notamment concurrencer les prix du train qui aujourd’hui n’est pas utilisé par nombre de personnes car trop onéreux. Va t’on voir aussi une évolution des sites de co-voiturage, qui depuis quelques mois ont le vent en poupe (Blablacar au premier rang)? L’avenir des transports, des modes de déplacements est en pleine révolution, prenons le bon wagon!

A vous et nous de tester, comparer, discuter et partager nos expériences, amis voyageurs, c’est à vous de jouer!!!!!!

 

 

 

 

 


En 2015 le bus se libère et se découvre sous un jour nouveau en France | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Guillaume Chassagnon
Amoureux des montagnes, des hommes y vivant. j'aime les parcourir, les photographier, les découvrir et donner envie de les fréquenter. Sac à dos, livres et appareil photos sont mes outils quotidiens. Je travaille aussi pour de la presse quotidienne pour notamment montrer le dynamisme culturel et associatif de mon territoire. A bientôt sur les sentiers, autour d'un bon verre de vin, d'un plateau de fromage ou dans une librairie! Et à la fac d'Avignon of course
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