Allibert – Enjeux n°1 : la sécurité du client.
Retour sur la conférence de presse tenue dans les locaux d’Allibert afin de présenter les quatre enjeux majeurs du tourisme d’aventure. Premier point développé : la sécurité du client.
Le temps des routards
Lorsque Gérard Guerrier évoque la question de la sécurité du client, on sent comme une pointe de nostalgie, une nostalgie d’un temps où l’on pouvait faire le tour du monde à pied, à cheval, en voiture… un monde que Gérard Guerrier ne décrit pas pour autant comme idyllique « Un voyageur occidental pouvait alors arpenter en toute sérénité le monde en dehors des quelques zones de guerre (Indochine) ou interdites (Chine, URSS). Au même moment, des escadrilles de B52, chargés d’ogives nucléaires survolaient l’océan Arctique prêts à intervenir… ».
Si l’angélisme n’est donc pas de mise, c’est bien un certain regret que l’on sent poindre : « Il y a quarante ans, on lisait, on rêvait, tout pouvait basculer d’un moment à l’autre mais on pouvait faire le tour du monde sans garde rapprochée. Aujourd’hui, c’est l’inverse, c’est au niveau individuel que le monde devient de plus en plus incertain. Il serait difficile de faire un tour du monde à cheval ou en Deux-chevaux sans se préoccuper de sa sécurité… »
Le temps des vacanciers
Certes, le monde s’est complexifié depuis la Guerre Froide. Le Sahel, la jungle colombienne, le Mexique, le Pakistan (etc.)… nombre de destinations sont aujourd’hui considérées comme « à risques ». Au moment où les clients du voyage d’aventure veulent de l’Aventure sans trop d’aventures et des imprévus bien gérés, il ne va pas sans dire que la gestion de la sécurité par les voyagistes est un sujet plus que sensible…
« Nos clients sont avant tout en vacances ! , précise Gérard Guerrier, insistant sur le nécessaire principe de précaution et le droit des clients à la tranquillité. Pas question donc de jouer avec le feu.
Le temps de la résistance
Toutefois, Allibert reconnait ne pas toujours suivre les recommandations du Centre de Crise du Quai d’Orsay (classant le monde en zones rouges, oranges ou jaunes en fonction du degré de risques). Et d’expliquer par nombre d’exemple comment souvent, certaines décisions du MAE répondent autant à un souci sécuritaire qu’à un mélange d’intérêts économiques, de principe de parapluie et de pouvoir politique :
- « A Chinguetti (Mauritanie), on ne recense aucun accident depuis des années. De plus, un vrai effort a été fait pour sécuriser toute la zone. Malgré tout cette région est classée rouge.
- En Tunisie, le Sud de Douz est en zone rouge sauf l’enclave de Tozeur qui a bénéficié de la pression de gros T.O (…), l’oasis étant l’excursion « typique » dans le désert pour les habitués des clubs de Djerba. Explication pour la zone rouge dans le sud : la proximité avec l’Algérie (pourtant en « orange ») et le côté incontrôlable du désert….
- En Egypte, il existe de nombreuses zones rouges y compris le sud de l’oasis de Siwa (très sûr), dont pourtant l’accès est classé « orange ».
- Au Pakistan, la vallée de la Hunza, pourtant très sûre, est en rouge, de même que la péninsule de la Guajira en Colombie, alors que toute la zone occidentale est voué au tourisme intérieur.
Raison, transparence et sécurité
Dans les faits, Allibert a donc décidé de croiser les informations du Quai d’Orsay avec les avis de ses équipes sur le terrain, celles des autorités françaises et locales sur place, mais aussi les différents sites « de crises » européens qui n’ont pas tous les mêmes avis sur les zones « à éviter ». « De fait, précise encore Gérard Guerrier, les diplomates vont rarement sur notre terrain et le poids économique du tourisme en Tunisie du sud est quasi nul, en tout cas suffisamment insignifiant pour que personne ne s’insurge de cette zone rouge… »
Chez Allibert, la gestion de la sécurité est donc avant tout une question d’informations et de transparence : « On refuse le marchandage économique et le juridisme ambiant et si une zone est sûre, on y va. L’inverse est vrai, l’an dernier, en Syrie, on a fermé bien avant que le Quai d’Orsay ne classe la zone en rouge ». Et de rappeler qu’Allibert a été crée par des guides de haute montagne, où l’analyse de la sécurité se base avant tout sur l’expertise des guides et la récolte d’informations ciblées, loin des pressions politiques ou économiques…
Dossier Allibert et le tourisme d’Aventure
- La sécurité du client
- Consommateurs d’aventure ?
- Une profession qui s’industrialise ?
- Urbanisation des espaces sauvages
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