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Les yeux de l’océan

| Publié le 17 décembre 2022 • Mis à jour le 17 décembre 2022 à 14h43
         

On connait bien les démêlés de Taiwan avec la grande Chine, on connait moins la difficulté d’être une ile vassale située au large de la côte est de Taiwan et d’appartenir à un peuple indigène avec tous les préjugés que cela sous-entend. Né en 1957 à Lanyu, l’île de Orchidées, Syaman Rapongan, jeune homme issu d’une famille de pêcheur de l’ethnie Tao, nous raconte page après page sa jeunesse insulaire puis son départ pour Taiwan, où il essaiera, au prix de mille efforts et de travaux pénibles, d’intégrer l’université par ses propres moyens. Bascule d’une génération de jeunes tao attirées vers Taiwan au détriment de des racines, difficulté d’intégrations, expérience douloureuse de l’exil, questionnements identitaires, discriminations diverses, le parcours de Syaman Rapongan s’apparente à une course d’obstacle sans fin qui forgera, peu à peu, un destin et un engagement.

Il lui en fallu du courage et de la ténacité pour intégrer le département de français de l’université Tamkang puis l’Institut d’anthropologie de l’université de Tshing-hua. Envoyé par des prêtres suisses dès le lycée rejoindre la grande île pour apprendre le chinois afin de devenir instituteur, Rapongan décide de forcer le destin et au prix de mille travaux de force, arrive tant bien que mal à subvenir à ses besoins pour finalement réussir le fatidique concours. Il aurait pu alors prendre un poste et vivre de cette fonction d’universitaire difficilement acquise, mais il préfère finalement rejoindre son île, retrouver ses racines, et témoigner de cette civilisation de l’océan qui disparait peu à peu. Droiture et loyauté mais aussi fierté identitaire et besoin de retrouver la tête face à toutes les humiliations subies par son peuple, il sera, dans les années 80, à la tête de la contestation quand un centre de stockage de déchets nucléaire sera installé sur l’île. « Aucun politique, aussi talentueux soit-il, ne pourra sauver notre peuple. J’exprime notre rapport au monde, je travaille à nous rendre visibles. Et j’espère arriver à partager des valeurs universelles. »

Lire : Les Yeux de l’océan. Syaman Rapongan. L’Asiathèque. Traduit du chinois par Damien Ligot. Nov. 2022. 359 p. 22,50 €

Fringing coral reefs off Holbourne Island National Park display the biodiversity of the Great Barrier Reef Marine Park. The Great Barrier Reef is under threat from Climate Change, Ocean Acidification, Agricultural runoff and the Industrialisation of the Queensland coastline. The vast coal field of the Galilee Basin in Central Queensland is driving the port developments on the Queensland coast including Abbot Point.

Les yeux de l’océan | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Auteur et journaliste indépendante spécialisée sur le tourisme durable et le monde chinois, Geneviève Clastres est également interprète et représentante de l'artiste chinois Li Kunwu. Collaborations régulières : Voyageons-Autrement.com, Monde Diplomatique, Guide vert Michelin, TV5Monde, etc. Dernier ouvrage "Dix ans de tourisme durable". Conférences et cours réguliers sur le tourisme durable pour de nombreuses universités et écoles.
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