#TourismeDurable

Planet Addict : être éco-responsable en voyage comme à la maison !

| 2 août 2018 • Mis à jour le 23.07.2018 à 10h59
Thèmatique :  Monde   Portrait 
         

Emma est une globetrotteuse engagée et grande amoureuse de la nature. Elle part à la découverte des solutions de demain en faisant tout un tas d’expériences farfelues pour une vie plus saine et plus zen, à la maison, tout comme en voyage ! En 2010 elle a décidé de tout plaquer pour suivre son rêve de voyages au bout du monde. Sur son blog on trouve tout pleins de conseils et témoignages d’expériences personnelles pour consommer de manière plus éthique, et devenir ainsi un “voyag’acteur” !

Emma, auteure du blog de voyage Planet Addict

Une anecdote de voyage liée aux problématiques de tourisme durable ?

Emma : “Un sujet très concret et qui me tient à cœur, c’est le plastique et la vie marine. C’est un peu ce qui a déclenché mon envie d’agir pour changer les choses. Quand j’ai appris à plonger, j’ai découvert tout un monde, aussi fascinant que fragile, voir les plages jonchées de déchets et les eaux pleines de plastique me fait froid dans le dos.

Au Mexique, à Cozumel, une partie de l’île n’est pas du tout fréquentée et recueille quotidiennement une multitude de déchets. Lorsque que j’y étais, je me suis renseignée sur place pour faire du nettoyage de plage et de fonds marins. Ma première expérience : trouver un bateau pour participer à une matinée de nettoyage en plongée alors que je parlais 3 mots d’espagnol ! Je ne sais plus combien de tonnes ont été ramassées ce jour là, mais c’était impressionnant. Ma seconde : embarquer avec les locaux pour nettoyer les plages du nord de l’île, où les sacs poubelles de 50 litres se remplissaient en quelques minutes.

Au Mexique, à Cozumel, une partie de l’île n’est pas du tout fréquentée et recueille quotidiennement une multitude de déchets.

Après cette expérience, j’ai pris l’habitude de ramasser les déchets que je trouvais sur la plage, du moins autour de moi. Même si ce n’est pas ma responsabilité, je ne peux pas regarder et laisser sans rien faire. Pour inciter les gens à modifier leurs habitudes, j’ai partagé plein de conseils sur mon blog pour réduire l’usage du plastique. Aussi, je me suis lancée un défi : pendant un mois, ne rien jeter et fabriquer des choses avec mes déchets, et enfin j’ai fait une intervention de sensibilisation auprès d’une communauté en construction (en espagnol !).”

Ramassage de déchets sur la plage au Mexique.

Ta définition du tourisme responsable ?

Emma : “C’est un tourisme en conscience, où l’on s’interroge sur les conséquences de son comportement sur l’environnement (est-ce que je le dégrade ? est-ce que je l’améliore ?), sur les populations locales (est-ce que je les respecte ? est-ce que je cautionne de l’exploitation ou mise en scène ?), sur les animaux (est-ce que je leur fais du mal ?), et plus largement, sur la culture (est-ce que j’ai des leçons à donner ? Quelles sont les priorités locales ? Quelles sont les croyances ?).

En se posant les bonnes questions, on peut toujours mettre en place un petit geste qui va avoir un impact positif, ou du moins atténuer un impact négatif. On peut choisir de bannir certaines activités, d’adopter un matériel plus eco-friendly, donner un coup de main à un projet local, éviter certains transports… le tout en fonction de ses capacités et de sa sensibilité.

Et à travers ton rôle de blogueuse-voyageuse ?

Emma : “Je partage sur mon blog tout bon conseil pour voyager de manière plus responsable : tenter une expérience en wwoofing, choisir un hébergement écologique, participer à une activité de nettoyage, se construire un kit zéro-déchet à emmener partout, les bonnes questions à se poser, comment profiter de la nature autrement etc.

Je remets beaucoup de choses en question au fil de mes expériences et en fais profiter mes lecteurs : une démarche éco-responsable, c’est toute une aventure ! Par exemple, j’attire l’attention sur certains programmes de volontariat qui peuvent faire plus de mal que de bien, en précisant qu’il faut toujours se demander ce qu’on cherche à avoir comme impact. Je ne juge pas le voyage en avion où le fait de parcourir le monde en saut de puce, mais j’invite à explorer des alternatives : d’autres modes de transports, partir moins souvent mais plus longtemps…

Enfin, je n’estime pas faire de meilleurs choix que d’autres. Je préfère inciter les gens à commencer sur des changements qui sont faciles à mettre en place : C’est facile pour toi de te passer de l’avion et tu es à l’aise avec le stop, alors fais-le ! Tu veux continuer de voyager en avion mais tu peux faire un effort pour limiter et ramasser les déchets, fonce ! N’emporter que 5kg d’affaires, n’acheter presque rien de neuf pendant ton tour du monde est faisable pour toi, tente le coup !

En réalité, chaque geste à son importance. Chaque question que l’on se pose (est-ce que c’est vraiment éthique de monter sur cet éléphant ? Est-ce que je pourrai tenter de petits hébergements locaux ? Est-ce que c’est vraiment indispensable de goûter à du requin ou du thon rouge ?), a son importance. Je ne veux pas que les gens se brident parce que la tâche paraît tellement grande qu’une mini action semble dérisoire. On n’attend pas que chaque personne révolutionne sa manière de voyager mais qu’elle se demande quelles valeurs sont importantes pour elle, quelles choses elle peut mettre en place en fonction de ses contraintes personnelles, et comment elle peut contribuer à préserver ce monde qu’elle aime tant explorer.

Personnellement, je trimbale toujours des accessoires pour limiter mes déchets (une gourde, des sacs de course, des pailles en inox…), j’essaie d’éviter de prendre trop l’avion (1 à 2 voyages par an, de préférence le prendre pour aller loin), je regarde si je peux trouver un hébergement écologique, j’évite toute activité mettant en scène des animaux, je réfléchis à deux fois avant de m’embarquer dans une activité un peu folklorique, je cherche à découvrir un lieu moins connu, je prends peu de photos pour me concentrer sur le moment…”

D’autres blogs de voyage à nous recommander ?

Emma :

  • Les Globe-Blogueurs : des voyageurs au cœur de la nature et des grands espaces avec une forte volonté de créer des liens entre les hommes et la nature.
  • The Green Geekette : membre fondatrice du collectif des blogueurs voyageurs éco-responsables et rédactrice de chroniques écologiques et autres astuces pour voyager de manière plus responsable.
  • Slow Travel Blog : des récits de voyages alternatifs où le principe est de ne pas passer moins de 48h dans une ville et 30 jours dans un pays.

Un grand merci à Emma pour tous ces inspirants partages !

———— ALLER + LOIN ————

Visitez le blog www.planetaddict.com


Planet Addict : être éco-responsable en voyage comme à la maison ! | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Florie Thielin
Florie Thielin fait partie du collectif de voyageurs-rédacteurs-journalistes de Voyageons-Autrement. Elle accompagne aussi des professionnels du tourisme dans leur stratégie marketing et digitale. Originaire d'un petit village dans la vallée de la Loire, elle vit aujourd'hui à Lyon. Elle a aussi vécu en Russie, Allemagne, Nouvelle Zélande et Espagne. Mais sa plus grande aventure fut en Amérique Latine où elle a sillonné les routes de 16 pays, de Cancun au Cap Horn, pendant près de deux ans. Elle troquait alors ses compétences en marketing pour le gite et le couvert, tout en réalisant des interviews-vidéos sur le tourisme plus responsable avec ses amis d'Hopineo. Elle a aussi mis à jour le guide de voyage du Petit Futé Nicaragua-Honduras-Salvador.
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