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10 ANS DE TOURISME DURABLE

Mon voyage en Colombie, le blog d’Angélica et Samuel

| 7 juin 2018 • Mis à jour le 23.07.2018 à 10h59
Thèmatique :  Monde   Portrait 
         

07Angélica et Samuel, couple colombiano-français, ont pris le pari fou de développer toute une “bible” du voyageur francophone en Colombie. Leur blog rassemble une myriade d’informations pratiques : en particulier des conseils sur les destinations à ne pas manquer, celles à découvrir, et même une section tourisme durable pour mettre en avant les initiatives engagées dans ce sens. La Colombie observe un vrai boom touristique. Plus que jamais la question de son mode de développement est au cœur des discussions.

Angélica et Samuel du blog Mon voyage en Colombie

Une anecdote de voyage liée aux problématiques de tourisme durable ?

Angélica & Samuel : “Nous avons eu la chance de découvrir Necocli, un petite ville du nord de la Colombie où nous avons été accueilli par Eylin, une jeune femme travaillant pour la mairie et dans un collectif ayant pour but de promouvoir le tourisme local. La problématique locale est incroyablement complexe :

1 / C’était jusqu’à il y a peu, et l’accord de paix, une zone de guerre.
2 / C’est actuellement un simple lieu de passage pour les touristes en route pour des destinations plus sexy comme le petit village de Capurgana et/ou le Panama.
3 / Il y a une absence totale de conscience au niveau local de la richesse tant naturelle qu’historique de la zone.

Cela fait beaucoup de handicaps à la base… Encore aujourd’hui le touriste lambda se retrouve confronté à une absence d’information qui n’incite pas à rester découvrir Necocli et sa région.

Eylin et d’autres jeunes de Necocli à travers le projet « Necocli Tiene Magia » tente donc de donner un nouveau tournant au tourisme à Necocli.

Pour illustrer la nouvelle énergie qui se développe à Necocli, nous allons vous parler du cas particulier du grupo GIHA (Grupo de Investigacion en historia y archeologia). Créé par Juan Camilo Ritore, cette association à pour but de promouvoir le patrimoine historique de Necocli. Il a embarqué dans son aventure plusieurs dizaines de jeunes de Necocli et des villages alentours dans une véritable entreprise de prise de conscience du patrimoine local et de la nécessité de le protéger et le mettre en avant. En plus du travail de sensibilisation auprès de la population, le GIHA a créé des balades historiques archéologiques offrant aux touristes de comprendre le particularisme de Necocli et du village de San Sebastian de Uraba, présence indigène millénaire et supposé premier village du continent sud-américain érigé par les colons espagnols. On est donc là face à une initiative proposant à la fois du participatif de la population, de l’éducation à l’histoire et l’environnement local, de la promotion d’un territoire à l’échelle locale et nationale et d’une proposition de tourisme atypique.

chez Lazaro, un des guides du grupo GIHA à San Sebastian de Uraban, Necocli, Colombie

En tant que touriste, la rencontre fut incroyablement riche. Être présent aux prémices du projet nous a permis de discuter longuement avec Camilo sur les développements possibles. La question de la rémunération était notamment au cœur de la discussion puisque à ce moment-là tout n’était que balbutiements. Comment se structurer ? Comment se professionnaliser ? Comment monétiser ce projet ?

Depuis Camilo est devenu une vraie figure locale, engagé tant politiquement que socialement. Son projet a reçu des soutiens et une visibilité, qui nous l’espérons, va lui permettre de le consolider. Son but est vraiment de faire prendre conscience aux jeunes de son village de la richesse historique et culturelle. En faisant profiter les touristes de sa passion il ajoutera encore de la légitimité à son projet et pourra peut-être financer ce musée archéologique de Necocli qu’il rêve de construire un jour.

En conclusion je dirais qu’en tant que touriste, c’est aussi à nous d’être curieux, de ne pas forcément suivre les routes touristiques pré-établies, de ne pas rester passif dans notre façon de voyager. Nous sommes arrivés à Necocli par hasard, car nous souhaitions tout d’abord découvrir la fabrication des molas des indiens Kuna (Guna Dule). Et parfois au détour d’un village sans prétention on découvre une futur perle du tourisme responsable

Sur les collines de San Sebastian de Uraba, Necocli pendant la balade avec le grupo GIHA

Votre définition du tourisme responsable ?

Angélica & Samuel : “Pour nous le tourisme responsable, c’est un tourisme où les deux « protagonistes », le touriste et le lieu qui l’accueille, participent d’une même démarche éthique : l’un comme l’autre s’engagent à respecter les hommes et l’environnement qui les entoure et à les aider à se développer. Du côté des acteurs du tourisme on parle de respect de l’environnement voir d’actions de préservation, on parle d’un impact économique positif et dirigé de façon équitable vers les populations, les communautés, on parle d’un tourisme à échelle humaine où le « faire moins et mieux » serait la règle, on parle de prises de décisions radicales pour empêcher la surexploitation des hommes et de l’environnement…

De son côté le touriste doit être dans un démarche active de recherche d’acteurs qui proposeront une démarche responsable. Il doit également avoir un comportement en adéquation avec le contexte de la région, du pays qu’il traverse, un comportement respectueux des cultures, des coutumes locales, de l’environnement, de la faune, de la flore, des personnes. Je rajouterai que le touriste occidental donc riche (même un backpacker français au SMIC est riche) doit avoir conscience qu’il doit participer à l’économie en consommant local, chez les artisans, chez les commerçants, en utilisant les services disponibles sans chercher sans arrêt à marchander les prix dans des pays où les gens sont 100 fois plus pauvres que soi. Avoir la conscience de cela me paraît primordial.

Plage de Necocli, Caraïbes, au nord de la Colombie

Et à travers votre rôle de blogueurs-voyageurs ?

Angélica & Samuel : “En tant que blogueurs nous n’essayons pas d’incarner quoi que ce soit. Nous avons ouvert une section « tourisme responsable » sur le blog car c’est quelque chose qui nous tient à cœur et qui nous permettra de mettre en valeur des initiatives ou des destinations. Nous essayons de faire attention à notre façon de voyager, nous aimons la nature, tester les activités éco-responsables, rencontrer les populations locales, mais nous ne nous permettrons pas de nous poser en exemple de quoi que ce soit.

Par ailleurs nous ne sommes pas confrontés aux problématiques extrêmes du blogueur professionnel, car nous ne sommes pas invités à parcourir le monde. Notre blog parle de la Colombie où nous allons une fois par an à la fois pour voir la famille et en découvrir toujours d’avantage. Le principal écueil dans notre démarche serait l’avion. Si on peut difficilement envisager d’aller en Colombie autrement qu’en avion, une fois sur place c’est différent. Il est clair que les distances et les temps de trajets sont tellement longs en Colombie que nous tombons souvent dans la facilité en choisissant l’avion pour se garder du temps sur les lieux que nous voulons visiter. C’est un vrai problème et il en serait certainement différemment si nous vivions en Colombie. Le temps est aujourd’hui un des nerfs de la guerre du voyage alors que le temps long devrait être le temps de référence du voyageur.”

D’autres blogs de voyage à nous recommander ?

Angélica & Samuel : “Parmi les nombreux blogueurs qui sont proches de nos valeurs, vous les connaissez bien sûr mais on citera volontiers les copains : Laurent de One Chaï, Laura et Seb des Globes Blogueurs, Cédric de From Yukon, Aurélie de Madame Oreille…”

Merci à Angélica & Samuel pour ce beau partage !

 

———— ALLER + LOIN ————

Visitez leur blog : www.monvoyageencolombie.com


Mon voyage en Colombie, le blog d’Angélica et Samuel | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Florie Thielin
Florie Thielin fait partie du collectif de voyageurs-rédacteurs-journalistes de Voyageons-Autrement. Elle accompagne aussi des professionnels du tourisme dans leur stratégie marketing et digitale. Originaire d'un petit village dans la vallée de la Loire, elle vit aujourd'hui à Lyon. Elle a aussi vécu en Russie, Allemagne, Nouvelle Zélande et Espagne. Mais sa plus grande aventure fut en Amérique Latine où elle a sillonné les routes de 16 pays, de Cancun au Cap Horn, pendant près de deux ans. Elle troquait alors ses compétences en marketing pour le gite et le couvert, tout en réalisant des interviews-vidéos sur le tourisme plus responsable avec ses amis d'Hopineo. Elle a aussi mis à jour le guide de voyage du Petit Futé Nicaragua-Honduras-Salvador.
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