#TourismeDurable
10 ANS DE TOURISME DURABLE

Belette Rousse, le blog d’Adeline passionnée des animaux

| 15 mars 2018 • Mis à jour le 15.03.2018 à 13h33
Thèmatique :  Monde   Portrait 
         

Jeune femme passionnée de voyages et d’animaux,  Adeline quitte la France en 2015 pour partir à la découverte de l’Afrique de l’Est. Comment la conservation des espèces animales y est-elle mise en place ? Elle a traversé huit pays et cherché à rencontrer des personnes et organisations se battant dans ce sens. De retour en France, Adeline continue sur la lancée. Elle est persuadée que le premier pas dans le changement c’est l’information, ce à quoi elle souhaite contribuer elle aussi, modestement, à travers son blog Belette Rousse.

Adeline Leal du blog Belette Rousse avec un nyala en Ouganda

Une anecdote de voyage liée aux problématiques de tourisme durable ?

Adeline : “Durant mes voyages je n’ai pas eu souvent à affronter des situations qui m’ont fait remettre en question la notion de tourisme durable. Pendant mon voyage en Afrique de l’Est j’étais en lien avec un site relais (Visit.org) qui m’a permis de me mettre en relation avec des locaux pour découvrir les activités qu’ils proposent, leurs histoires et leurs cultures et j’en ai même découverte par moi-même dans certains pays comme le Rwanda (Red Rocks) et Zanzibar (Upendo means Love). Si je devais citer une seule chose qui m’a fait un peu grimacer ça serait la cérémonie Kwita Izina au Rwanda, un événement annuel auquel j’ai pu participer grâce à l’association Gorilla qui m’avait mandaté pour y assister en l’absence du fondateur de l’organisation.

Le Rwanda est un pays magnifique mais son gouvernement a une politique assez particulière concernant le tourisme, on a pu le voir il y a quelque temps avec la hausse du prix du permis Gorille qui permet de voir ces animaux fantastiques pendant 1h. En quelques années le prix a augmenté de manière exponentielle pour finalement atteindre 1500$. Si je trouve totalement justifié de faire de cette activité quelque chose de très encadré, en réduisant le nombre de personnes qui peuvent voir les Gorilles, en les encadrant au mieux, je trouve qu’augmenter autant le prix pour en faire une activité de tourisme élitiste va totalement à l’encontre de l’idée que je me fais du tourisme durable. Pourquoi les gens qui ont des moyens raisonnables ne pourraient pas voir des Gorilles ? A quel moment les personnes qui ont ces 1500$ à dépenser pour une heure avec les Gorilles sont plus intéressées que les autres par leur protection ? Des pays limitrophes comme la RDC ou l’Ouganda et même le Burundi, proposent des permis Gorilles à moindre prix, est-ce que ça signifie qu’ils sont moins intéressés par la protection de leurs Gorilles ou simplement qu’ils ont compris le principe même du tourisme durable qui a pour but d’informer tous les voyageurs, riches ou moins riches, de l’importance de préserver une nature, une culture ? Je reste extrêmement perplexe sur les motivations du gouvernement rwandais qui, sous couvert d’une très bonne volonté, cache selon moi des intentions plus discutables. Et je finirais par pointer les techniques tout aussi contestables de beaucoup de structures en Afrique du Sud concernant encore les animaux, il faut être très très prudent dans ce pays sur les activités qu’on choisit et surtout éviter toutes celles qui proposent des contacts directs avec les animaux, un concept que j’ai toujours trouvé assez paradoxal quand on le fait pour la sauvegarde des espèces…”

Visite de Red Rocks,  une association locale au Rwanda. Ces femmes font des paniers qu’elles vendent pour pouvoir vivre et surtout envoyer leurs enfants à l’école .

Ta définition du tourisme responsable ?

Adeline : “Selon moi le tourisme durable s’étend à beaucoup de sujets, que ce soit le respect de la culture de chacun, de la nature et de la faune du pays. Je me souviendrais toujours, je pense, de ces femmes que je voyais à moitié dévêtues (bon j’exagère, épaules dénudées disons) dans les temples bouddhistes en Birmanie alors qu’il est clairement spécifié qu’il faut se couvrir les épaules avant d’entrer dans le temple. Admettons que ces personnes ne comprennent pas l’anglais, est-ce qu’elles ne savent pas décrypter des dessins ? Je suis toujours surprise de l’agacement qui peut être le nôtre lorsqu’on voit notre propre culture bafouée et de voir les gens en faire de même dans les pays étrangers. Même si on n’est pas d’accord avec certaines pratiques il me semble normal de respecter les règles du pays dans lequel on voyage.

Respecter la culture des autres ça signifie aussi apprendre à la comprendre et à la connaître, le tourisme durable passe également par la rencontre avec les locaux, c’est même souvent l’un des moments les plus intenses d’un voyage puisqu’on apprend de l’autre comme il apprend de nous. J’ai énormément de souvenirs de ces rencontres en Afrique et d’anecdotes rigolotes (ou un peu moins) comme notre guide en Ouganda, Sylvain, qui nous demandait si on avait des vaches chez nous et se moquait de nous quand on a découvert que les avocats poussaient dans les arbres (honte à nous) ou avec Notshana qui m’a raconté des histoires de sorcières pendant notre balade en kayak près de Mdumbi.

Le tourisme durable c’est aussi, pour moi, le respect des animaux. J’en ai fait la ligne éditoriale de mon blog et j’essaye, à chacun de mes voyages, de visiter au moins une structure qui prend en charge la faune locale. Lors de mon dernier voyage (un voyage à vélo entre Vannes et Edimbourg en passant par l’Irlande et l’Irlande du Nord) j’ai pu visiter un centre de sauvetage de bébés phoques. Dans ce centre étaient recueillis tous les petits phoques laissés à eux-mêmes et dans un état de perdition, ils étaient alimentés, soignés puis, dès que leurs états le permettaient, remis à la mer pour vivre libre. Ça a aussi été l’une de mes visites en Afrique du Sud, à SANCCOB au Cap, qui prend en charge des Manchots du Cap, une espèce en danger. Ces deux espèces sont bien différentes et pourtant elles souffrent plus ou moins des mêmes maux : la perte de leurs ressources alimentaires, les filets de pêches abandonnés, les collisions avec les bateaux… Je pense que celle qui m’a le plus choqué reste la perte des ressources alimentaires, les omnivores sont responsables de cette disparition des poissons qui sont l’aliment principal de ces animaux, ces visites sont donc à la fois ludique (voir des animaux de près c’est toujours génial) mais aussi éducative puisqu’elles permettent à chacun de se rendre compte de l’impact de sa propre existence sur le reste du monde.”

Visite de SANCOOB, en Afrique du Sud, un centre de sauvegarde des Manchots du Cap. On a acheté cette peluche (baptisée Chapi) pour contribuer à la pérennité du centre!

Et à travers ton rôle de blogueuse-voyageuse ?

Adeline : “A travers mon rôle de blogueur-voyageur j’essaye de transmettre les mêmes côtés ludico-éducatifs que ces centres en partageant mes expériences, mes ressentis et parfois même mes indignations face aux décisions des différents gouvernements de la planète en matière de sauvegarde des animaux ou de l’environnement. J’ai cette impression, peut-être utopique, que les voyageurs s’intéressent de plus en plus au voyage responsable, au tourisme durable, et que chacun cherche à s’informer sur les choses à ne pas faire dans tel ou tel pays pour ne pas avoir un impact trop important, pour être respectueux de la culture et surtout, dans le cas des animaux, pour ne pas alimenter des réseaux qui naissent et se nourrissent de l’ignorance de chacun. On ne peut pas tout savoir de manière innée, il est donc tout à fait normal que ceux qui sont montés à dos d’éléphants en Asie du Sud-Est il a quelques années ne sachent pas que ces animaux étaient brutalisés, brisés pour être utilisés. On vit aujourd’hui dans une société de plus en plus complexe où l’image prend beaucoup (trop) de place, on cherche à se montrer sans penser forcément aux conséquences que ça induit, on le voit lorsque certaines personnes vont dans des fermes de félins où les animaux sont anesthésiés pour être pris en selfie avec les visiteurs ou où on enlève les petits à leurs mères pour permettent aux touristes de les prendre dans leurs bras ou de les promener. La désinformation est un des paradoxes de notre société où on est tellement connectés. Mon rôle en tant que blogueuse est d’inverser cette tendance en proposant des sujets comme le tourisme responsable et durable, depuis le début je n’avance qu’avec un seul credo : c’est en informant qu’on change les choses.”

Pendant notre voyage à vélo en Irlande : on a dormi dans ce champs après s’être un peu perdu dans les explications d’un homme au très fort accent irlandais !

D’autres blogs de voyage à nous recommander ?

Adeline :

  • Les Waouh de Vic, c’est un blog que j’ai découvert il y a quelques mois et dans lequel je me retrouve bien, ça parle de petites et grosses bestioles (entre autres) ! C’est un blog intéressant pour s’informer sur des sujets comme la protection de l’environnement et des animaux tout en voyageant.
  • Wait & Sea qui est un très beau blog, pas forcément tourné vers le voyage responsable mais avec une belle section Nature, activités outdoor et puis conso responsable, ce qui est tout aussi important pour moi en voyage comme à la maison.
  • Un petit dernier : les copains de AF News Travel qui sont en voyage au long cours et qui sont aussi très tournés vers le tourisme durable et la conso responsable pendant leurs voyages et à la maison avec le zéro déchet par exemple.

Un grand merci à Adeline !

———— ALLER + LOIN ————

Visitez le blog www.beletterousse.fr
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Belette Rousse, le blog d’Adeline passionnée des animaux | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Florie Thielin
Florie Thielin est journaliste pour voyageons-autrement, elle propose aussi ses services en communication digitale pour les professionnels du tourisme engagés dans une démarche responsable. Originaire d'un petit village dans la vallée de la Loire, elle vit aujourd'hui à Lyon. Elle a aussi vécu en Russie, Allemagne, Nouvelle Zélande et Espagne. De 2014 à 2016 elle a voyagé à travers 16 pays d'Amérique Latine troquant ses compétences en marketing pour le gite et le couvert. Elle en a profité pour réaliser de courtes vidéos sur les bonnes pratiques pour un tourisme plus durable qu'elle a publié sur la plateforme collaborative Hopineo.
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