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Le bocage gâtinais mobilisé pour la création d’un PNR porteur de tourisme vert et d’emplois

| 29 novembre 2016 • Mis à jour le 30.11.2016 à 10h32
Thèmatique :  Acteur associatif   Portrait   Territoire 
         

Coincé aux franges de la Bourgogne, de l’Ile de France et de la Franche-Comté, le bocage gâtinais pâti de sa proximité avec Paris qui en fait une « zone blanche » que l’on traverse d’un coup de volant sans se soucier d’un patrimoine naturel et agricole pourtant attractif pour des Parisiens en mal de verdure. Fort de ce constat, depuis 2006, un collectif d’élus et d’associations a déposé un projet de PNR qui permettrait de fédérer un tourisme vert et de rejoindre ainsi l’exemple vertueux du Vexin. Après dix ans de procédure, tous les regards sont désormais tournés vers la Bourgogne… où une table ronde est organisée le 3 décembre prochain pour débattre de ces enjeux et questionner la pertinence d’un PNR sur un territoire qui a bien besoin d’une réponse.

Challeau

Le bocage gâtinais@DR

Le bocage gâtinais, ce territoire trop mal connu…

Sens, Montereau, Moret, Nemours, Dordives, Courtenay, cela vous parle ? Ce sont pourtant des villes moyennes qui pourraient être les futures portes du PNR « Bocage gâtinais », un plateau de 150 m qui s’abaisse depuis Paris en allant vers l’Yonne, une zone rurale  coupée de vallées profondes où coulent les affluents du Loing, une région de grandes cultures alors dédiée à la polyculture et l’élevage où l’on plante aujourd’hui du blé, de l’orge, du colza, et un peu de betterave. Au cœur de cet ensemble, 78 communes et bourgs de 200 à 2000 habitants ont décidé de s’unir pour un projet de PNR également porté par de nombreuses associations. Parmi ces dernières, AHVOL, Association pour l’aménagement harmonieux des vallées de l’Orvanne et du Lunain, qui milite depuis 1974 pour la préservation du Gâtinais. Jean-Claude Pinguet-Rousseau, son Vice-président, précise : « A l’ origine, nous avons constitué notre association en réaction à des projets d’extension d’un terrain militaire. Avec le temps, nous avons souhaité passer d’une position défensive à une position offensive, et avec l’aide de notre conseil d’administration, nous avons fourni dans les années 2000 une importante documentation sur la région qui a abouti au dépôt du projet de PNR en 2006. »

Carte du Gatanais

Les tribulations d’un PNR en gestation


Dix ans ont passé et de nombreux acteurs sont toujours mobilisés sur ce projet de PNR dont l’issue reste floue. Au-delà des 78 communes adhérentes représentées chacune par deux délégués, travaille sur le projet un CA de 19 membres actifs qui fait le maximum pour le faire avancer.  Problème, le Bocage gâtinais est à la confluence de trois régions, qui ont en sus évolué dernièrement. Entre Ile de France, Centre-Val de Loire, et Bourgogne-Franche-Comté, pas facile de convaincre un ensemble aussi diffus qui s’est décentré vers l’est. L’année 2016 devrait toutefois marquer une étape décisive, avec la sollicitation de l’Etat afin qu’il se positionne sur l’opportunité de poursuivre le processus. Pour l’heure, c’est la Bourgogne qui coince…

Yvette Garnier (AHVOL) : « Depuis la réforme des régions, le Bocage gâtinais semble très loin pour des Francs-Comtois, et beaucoup d’agriculteurs sont encore frileux par rapport au parc, ils n’ont pas toujours compris la différence entre PNR et un parc national. Ils ont peur qu’un parc leur amène de nouvelles contraintes, une main mise, qu’ils soient obligés de se soumettre à de nouveaux règlements. Or un PNR nait d’une concertation, et n’a pour règles que celles qu’il se donne… ». L’Ile de France, en revanche, est la région la plus impliquée, car le PNR « Bocage gâtinais » permettrait ainsi de compléter une couronne verte autour de Paris. Jean-Claude Pinguet-Rousseau : « S’il se réalise, ce serait le quatrième PNR d’Ile-de-France. Depuis des années, nous nous battons pour prendre en main un territoire qui englobe le sud de la Seine-et-Marne, l’Yonne et le Loiret.

la randonnée en Gâtinais

Chemin de randonnée en Gâtinais@DR

Un PNR, garant d’un tourisme vert et d’emplois pour la région


Car un PNR, c’est aussi un levier d’acquisition pour des aides régionales, nationales et européennes, autant d’argent frais pour entretenir les monuments locaux, les grandes fermes, le bocage. Un levier qui  peut ensuite devenir une vitrine pour de futurs visiteurs en quête de tourisme vert. Jean-Claude Pinguet-Rousseau : « Le tourisme rural, ou vert, c’est quelque chose de très ancien sur notre territoire. Nous organisons depuis longtemps des randonnées à thème avec la région Ile de France ou la Chambre d’Agriculture de Seine et Marne, des balades gourmandes de 7/8 kms où l’on refuse du monde. Il y aurait un fort intérêt pour des citadins de venir voir tout ce qui se passe chez nous. » Outre un GRP qui va de Moret à Villeneuve/Yonne et traverse tout le bocage, les vallées de l’Yonne et du Loing accueillent également des tronçons du chemin de St Jacques. Et puis, il y a tous ces sentiers créés par les communes ou de petites associations qui imaginent des parcours au cœur du bocage. Yvette Garnier : « Nous comptons aussi de nombreuses départementales idéales pour les cyclistes car sans montées, et le vélotourisme est d’ores et déjà très développé ici, avec tous les clubs cyclistes des alentours qui s’entrainent sur nos routes. » Le PNR est enfin un biais pour valoriser producteurs et produits locaux : la gâtine (volailles, lapins, etc.), le safran de Montargis, les nombreux fromages de chèvre et brebis, les miels, les cidres et jus de pommes du gâtinais et le maraichage bio qui s’étend via le réseau des AMAP, etc.

Déjouer les freins et échanger ensemble…


Yvette, Jean-Claude, à l’image de tout un territoire mobilisé depuis près de vingt ans et qui espère fortement sortir des blocages pour que le PNR ne soit pas un projet de plus enterré par une administration trop lourde. Jean-Claude Pinguet-Rousseau : «Suite à la Seconde Guerre Mondiale, un certain courant entre Paris et notre bocage s’est développé avec l’acquisition de résidence secondaires par des Parisiens. Ces dernières sont ensuite devenues de plus en plus permanentes par choix. »  Si cela augure bien de la qualité de vie en Bocage gâtinais, les acteurs locaux craignent aussi que cette pression urbaine issue de la métropole parisienne puisse à  terme banaliser la région. Yvette Garnier : « On voudrait éviter que le Bocage gâtinais, une région traditionnellement pauvre, ne devienne une région dortoir, et pouvoir via le PNR assurer la protection de nos espaces naturels, de notre patrimoine. L’exemple du Vexin, de la Haute Vallée de la Chevreuse nous inspire, avec ces villages charmants bien entretenus… »

patrimnie du Gâtinais

Challeau en Gâtinais@DR

Beaucoup déplorent également que dans l’inconscient collectif, la Bourgogne ne commence qu’à Joigny, oubliant tout le pan septentrional d’une région qui souhaite réaffirmer son identité. Le PNR s’inscrit dans cette volonté, et pour pousser la Bourgogne à s’engager plus avant alors que déjà, dix ans ont passé, que l’impatience gagne les acteurs face à une population et des instances très attentistes, les associations AHVOL, l’ARBRE et ARBG organisent le samedi 3 décembre prochain, en Bourgogne, une table ronde pour débattre du PNR : « Tourisme vert, un atout pour le développement durable du Bocage gatinais ». Objectif : remobiliser les élus et faire à nouveau parler du projet pour éviter un « enterrement muet ». Parmi les intervenants, Jean-Baptiste LEMOYNE, maire de Vallery (89),  Conseiller départemental de l’Yonne et Jean-Charles BRIQUET-LAUGIER, co-responsable du projet tourisme au MSHS Sud-Est, l’occasion d’échanges constructifs pour avancer vers du concret. Yvette Garnier : « Peu à peu toutefois, des habitants se réapproprient  le vocable et parlent  de Bocage gâtinais. Les choses progressent, l’identité s’ancre, mais pour l’heure, on reste dans le flou…

————- Aller plus loin ———–

La table ronde se tient à la salle des fêtes de Domats (89150), route de La Belliole. Nous sommes au cœur du Bocage gâtinais !

Associations organisatrices :

AHVOL : association pour l’Aménagement Harmonieux des Vallées de l’Orvanne et du Lunain. Président : M. Bruno Baschet (depuis le printemps dernier), Vice-président, M. Jean-Claude Pinguet-Rousseau (Président jusqu’au printemps dernier) Secrétariat : 01 64 23 40 86

ARBRE : Association des Riverains du Betz et de la sainte Rose pour la protection de leur Environnement. Présidente : Mme Anne-Marie Dautreville : contact@larbre.org

ARBG : Association pour la Réflexion sur la création d’un parc naturel régional du Bocage Gâtinais. Président : M. Jacques Drouhin : arbg.pnr@laposte.net

 

 

 

 


Le bocage gâtinais mobilisé pour la création d’un PNR porteur de tourisme vert et d’emplois | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres

Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l’Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l’Asie. Reportages divers.


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