#TourismeDurable

Histoires de tongs, le blog sur le pouce d’Astrid

| 5 juillet 2018 • Mis à jour le 23.07.2018 à 10h58
Thèmatique :  Monde   Portrait 
         

Astrid est originaire d’Orléans, mais vit à temps plein sur la route depuis 2013. Son blog, “Histoires de Tongs”, est un condensé d’authenticité et spontanéité comme on les adore ! Elle y partage en particulier ses expériences liées à son mode de voyage sur le pouce. Elle aborde également d’autres pratiques liées au développement et tourisme durable, telles que le glanage alimentaire et la vie avec très peu d’argent : elle est assez minimaliste de façon générale, et consomme très peu. Grande amoureuse de l’Afrique, elle a fait une petite infidélité au continent l’an passé, en retraçant le parcours historique de l’ancienne Route de la Soie en auto-stop à travers l’Asie.

Astrid du blog “Histoires de Tongs” arrivée en Cappadoce, Turquie

Une anecdote de voyage liée aux problématiques de tourisme durable ?

Astrid : “Il y a quelques mois, j’ai eu l’opportunité de me rendre à Moynaq en Ouzbékistan, un ancien port de pêche situé sur la mer d’Aral. Cette ville a vécu durant les dernières décennies une histoire funeste : après avoir connu un essor considérable (Moynaq a été le second embarcadère de l’Aral), l’eau l’a finalement désertée, elle est peu à peu devenue un village fantôme, abritant un cimetière de bateaux reposant désormais à même le sable.

Voici en deux mots l’histoire du lieu. Dans les années 1920, une famine décima une partie de l’Empire Russe, et les pêcheurs de Moynaq eurent donc à jouer un rôle important, permettant aux populations de se nourrir tant bien que mal. S’en suivit une période prospère de mise en conserve du poisson, avant que la mer ne soit finalement et progressivement asséchée, à cause de la culture massive du coton. En effet, les deux principaux fleuves irriguant l’Aral furent détournés afin d’apporter leur eau dans les champs de coton, que l’on rencontre aujourd’hui encore d’un bout à l’autre de l’Ouzbékistan. Une catastrophe humaine et écologique dont le cimetière de bateaux de Moynaq est aujourd’hui le témoin : les squelettes rouillés des vieilles embarcations de pêche ont triste mine.

Des projets sont actuellement en cours pour irriguer à nouveau la mer. Toutefois, les experts sont partagés, certains font preuve d’un étonnant optimisme, tandis que d’autres déplorent toujours un désastre environnemental. Cette visite du port m’a profondément marquée, car quelle que soit l’issue de ces projets de sauvetage, n’est-ce pas prendre le problème à l’envers ? Vider une mer pour soutenir une industrie textile, puis la remplir à nouveau me semble peu censé. Consommer moins, acheter équitable ou d’occasion, reste pour moi la véritable solution, pour Moynaq comme pour ces milliers d’endroits que l’on continue de détruire jour après jour, à travers la planète.

Moynaq, Ouzbékistan

Ta définition du tourisme responsable ?

Astrid : “Il est difficile de définir clairement ce qu’est (ou devrait-être) le tourisme responsable. Toutefois, ne pas porter atteinte aux populations locales, ni à l’environnement me semble essentiel, si l’on souhaite se projeter dans une optique de durabilité.

C’est là toute la difficulté également : nous nuisons souvent, et ce parfois sans nous en rendre compte, aux habitants d’une région très fréquentée par les voyageurs. Il en va de même pour l’environnement naturel, qui se voit peu à peu grignoté par les infrastructures d’accueil et de loisirs touristiques. L’honnêteté me pousse à reconnaître qu’il n’est pas toujours évident de se trouver physiquement près d’un lieu à fort potentiel touristique, sans y mettre les pieds. Toutefois, en limiter la fréquentation au profit d’autres sites qui sortent un peu des sentiers battus, permet souvent de minimiser son impact, tout en ayant la chance de vivre des aventures hors du commun. L’auto-stop en est un vecteur indéniable, bien que la marche ou le vélo commencent à me tenter, et ce de plus en plus…

Enfin, l’Homme a souvent tendance à oublier qu’il appartient à la planète, et non l’inverse : méditer sur ces quelques mots permet d’effectuer le premier pas vers un processus plus durable et responsable.

La route de la Soie en stop – Khiva, Ouzbékistan

Et à travers ton rôle de blogueuse-voyageuse ?

Astrid : “Tenir un blog de voyage, ce n’est pas seulement relater de jolis récits d’aventure. C’est aussi être porteur de valeurs, et tenter de les partager au plus grand nombre. Ainsi, il est important d’être clair au sujet du message que l’on souhaite transmettre, mais également sincère : tricher est contre-productif, à plus d’un titre.

Pour ma part, je prends très peu l’avion (une fois par an maximum), mais j’aimerais pouvoir écrire que je ne le prends jamais. Je me déplace le plus souvent par la route, en auto-stop, ce qui me permet non seulement de faire de belles rencontres, mais également de vivre le temps du voyage, sans me retrouver propulsée en quelques heures, à des milliers de kilomètres, sans aucun repère. Par ailleurs, concernant la prise de photographies, je demande aux personnes qui m’hébergent l’autorisation de les publier sur mon blog. De manière générale, je ne retransmets jamais d’anecdotes trop personnelles, même si je les sais “vendeuses”. Je ne publie rien que je n’aurais aimé voir en ligne à mon sujet, là se trouve ma première limite. Enfin, échanger avec les lecteurs et autres blogueurs, et laisser la porte ouverte au débat, permet souvent de me remettre en question, ce qui est primordial si l’on veut continuer d’évoluer de façon positive.”

Astrid aux alentours de Xi’An, en Chine

D’autres blogs de voyage à nous recommander ?

Astrid : “Les blogs sont nombreux, et de plus en plus ! J’ai toutefois quelques coups de cœur, j’apprécie notamment One Chaï avec qui je trouve beaucoup de points communs sur notre façon de voyager, il en va de même pour Globestoppeuse, tandis que Vie Nomade continue de m’inspirer depuis des années.”

Un grand merci à Astrid pour ce partage !

———— ALLER + LOIN ————

Visitez le blog www.histoiresdetongs.com


Histoires de tongs, le blog sur le pouce d’Astrid | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Florie Thielin
Florie Thielin fait partie du collectif de voyageurs-rédacteurs-journalistes de Voyageons-Autrement. Elle accompagne aussi des professionnels du tourisme dans leur stratégie marketing et digitale. Originaire d'un petit village dans la vallée de la Loire, elle vit aujourd'hui à Lyon. Elle a aussi vécu en Russie, Allemagne, Nouvelle Zélande et Espagne. Mais sa plus grande aventure fut en Amérique Latine où elle a sillonné les routes de 16 pays, de Cancun au Cap Horn, pendant près de deux ans. Elle troquait alors ses compétences en marketing pour le gite et le couvert, tout en réalisant des interviews-vidéos sur le tourisme plus responsable avec ses amis d'Hopineo. Elle a aussi mis à jour le guide de voyage du Petit Futé Nicaragua-Honduras-Salvador.
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