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La feuille de chou est là

Bernard Schéou : « Loin de la contrarier, l’épidémie a profité à la volonté de croissance illimitée de nos dirigeants »

| Publié le 9 septembre 2020 • Mis à jour le 12 septembre 2020 à 17h16
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Enseignant et chercheur, Bernard Schéou est l’un des rares spécialistes du tourisme à avoir conservé une liberté totale d’action comme de parole. Pour lui, si la crise a fait bouger des choses dans les esprits, ce n’est certainement pas dans celles de nos dirigeants. Lesquels s’avancent dans la transition écologique non « à petits pas », mais « à pas minuscules ». Si les choses évoluent néanmoins, on le doit bien davantage aux citoyens et acteurs eux-mêmes, notamment à la jeune génération. Rencontre éclairante…

Voyageons Autrement : Dix ans que vous avez écrit votre ouvrage : « Du tourisme durable au tourisme équitable ». Quelle était la situation à l’époque et quelle est-elle aujourd’hui. Qu’est-ce qui a évolué. Dans le bon sens comme dans le mauvais ?

Bernard Schéou : En fait, l’essentiel du texte du livre a été écrit sur l’année 2005, il y a 15 ans, comme rapport pour le Conseil National du Tourisme sur le thème « Ethique et Tourisme ». C’est devenu ensuite un bouquin, après quelques ajouts et mises à jour, lequel est sorti en 2009.

Il est difficile de dresser un tableau complet de l’évolution de la situation en 15 ans, aussi, je vais évoquer plus des impressions spontanées que le fruit d’une réflexion approfondie. Du côté des points positifs, je dirai que la prise de conscience des enjeux écologiques a progressé, en particulier chez les plus jeunes. L’audience et la capacité à mobiliser de certains militants écologistes, et ce à un niveau mondial, me semblent bien plus importantes aujourd’hui. On peut prendre l’exemple de Greta Thunberg. Je ne suis pas sûr qu’un militant écologiste aurait été invité à parler à l’ONU devant les dirigeants de la planète il y a 15 ans. Je ne crois pas qu’un phénomène comme la honte de prendre l’avion (flygskam), qui d’après la presse, a eu des répercussions concrètes sur l’achat de vols intérieurs en Suède (je n’ai pas vérifié), aurait pu apparaître il y a 15 ans. Aujourd’hui, les jeunes militants utilisent tous les moyens d’action à leur disposition (Extinction Rebellion ou L214) et n’hésitent pas à porter plainte en justice contre les Etats pour inaction.

Quand j’ai intitulé la conclusion de mon livre « renoncer au tourisme ? » et y pose la question de la mise en place de quotas individuels de déplacement, je me sentais bien seul. J’ai l’impression qu’aujourd’hui, dire cela publiquement semble beaucoup moins incongru.

Du côté des points négatifs, je dirai que la lente diffusion de cette prise de conscience ne se traduit pas pour le moment en actes à la hauteur des enjeux. Nous ne sommes pas dans les petits pas mais dans les pas minuscules et je ne sais pas si nous avons tant de temps que cela. De plus, il y a une forte opposition de nombreux acteurs, par cupidité, parce qu’ils bénéficient de la situation actuelle et/ou par aveuglement parce qu’ils sont incapables de voir le monde tel qu’il est. Le problème est que ceux qui détiennent les leviers du pouvoir sont incapables ou ne veulent pas changer de logiciel. On peut évoquer les 100 milliards du plan de relance de la France qui va très largement bénéficier aux entreprises sans qu’aucune obligation en termes de création d’emplois ou de mesures environnementales ne leur soit imposée.

Bernard Schéou

VA : Ancien membre du Conseil National du Tourisme, ancien membre de l’ATES, êtes-vous « nouveau » quelque part ? Faites-vous toujours partie d’organismes ou sinon, pourquoi avoir renoncé à ce moyen d’action ?

BS : C’est vrai que je me suis impliqué activement dans de nombreuses structures en lien avec le tourisme équitable comme Echoway, Tourisme et Développement Solidaires, l’Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire (ATES) ou la Plate-Forme pour le Commerce Equitable (désormais Commerce Equitable France), mais aussi pendant un temps au sein de Sciences Citoyennes, une association qui milite pour replacer les citoyennes et les citoyens au centre des pratiques scientifiques, dans les choix des programmes de recherche à développer mais aussi, en les faisant participer à ceux-ci.

Si j’ai réduit mes investissements associatifs, c’est un peu par manque de temps mais surtout parce que je pense que ce n’est pas bon pour l’épanouissement personnel de rester trop longtemps impliqué dans une association, surtout si vous êtes à un poste comme président, avec le risque de ne plus exister qu’à travers cette fonction et de se croire indispensable. C’est mauvais pour l’égo, et le renouvellement peut favoriser le dynamisme d’une structure quelle qu’elle soit. Mais je n’ai jamais arrêté mon implication au sein de l’ATES, qui est une exception, car c’est une structure à laquelle j’ai un attachement particulier ; j’y suis depuis sa naissance, j’en suis toujours administrateur et reste actif dans le travail des commissions, notamment celle sur l’évaluation.

Je participe aussi depuis peu au Tourism Alert and Action Forum, un réseau informel international qui s’intéresse aux effets négatifs du tourisme dans les destinations.

Ensuite, je suis membre d’autres réseaux sans y être très actif comme par exemple, La Fabrique des transitions, Frugalité Heureuse et Créative Occitanie ou encore CatEnR, une coopérative d’énergies renouvelables participatives dans les Pyrénées Orientales, où je vis.

Le Conseil National du Tourisme, c’est un peu différent, il ne fonctionne plus depuis de nombreuses années et a été supprimé légalement en 2018. Depuis 2020, un nouvel organe de concertation avec les parties prenantes a été créé, le Comité de Filière du Tourisme.

VA : « Non-non, rien n’a changé, tout-tout a continué » chantaient les Popies, jadis. Serait-ce la même chose avec le covid ?… Il a suscité beaucoup d’espoirs (pendant) et, finalement, rien ne bouge. Aucun coup d’accélérateur n’est en vue, en tous cas… Comment voyez-vous évoluer les choses ?

BS : A propos de l’idée que rien ne bouge, j’aimerai évoquer un numéro du magazine newsweek dont la couverture titre « Pourquoi voyager moins et voir moins est le nouveau mantra du voyageur d’aujourd’hui » et dans lequel, un expert du secteur touristique relève que « plutôt que de parcourir 20 pays en 20 jours, les touristes d’aujourd’hui, sont plus intéressés à passer du temps dans un coin isolé, à interagir avec les habitants et à découvrir de nouvelles coutumes. »

Si je vous pose la question de savoir de quand date ce magazine, vous serez peut-être tenté de répondre qu’il vient de sortir…En fait, il date de mai 2007, cela fait donc plus de 13 ans. Et on se rend compte que ce qui peut être présenté aujourd’hui comme quelque chose de nouveau découlant de la situation épidémique (on lit aujourd’hui un peu partout exactement les mêmes choses que ce que dit ce magazine) est en fait quelque chose qui existe de longue date dans l’imaginaire touristique (bien avant 2007 en fait) et qui est présenté de manière récurrente comme quelque chose de nouveau par la presse, les agences de voyage, voire même certains chercheurs, tous ceux pour lesquels les nouveaux comportements touristiques sont un fonds de commerce.

Je pense qu’il y a beaucoup plus d’éléments de continuité que de rupture, dans la situation actuelle et même que loin de profiter de l’épidémie pour sortir du programme civilisationnel de croissance illimitée dans lequel le monde est embarqué, on va assister à un renforcement de ce programme. Les multiples plans de relance des différents pays en témoignent, même s’ils comprennent des mesures en faveur de la transition écologique, leur but est de rétablir la croissance économique avant tout, pas de changer radicalement de direction.

VA : On ne peut pourtant continuer ainsi. Alors, comment faire ? Notamment au niveau de l’impact environnemental du tourisme ? (où l’on voit au contraire les acteurs arguer de la situation pour réclamer des dérogations !) Réglementer davantage ? Créer des taxes ?…

BS : Je crois que la seule véritable solution à long terme, n’est pas dans davantage de réglementation ou dans la création de taxes, mais dans un changement des mentalités, dans un travail d’écologie intérieure de réinvention de notre rapport au Monde et d’un bonheur étranger à l’accumulation de biens. Pour le sociologue allemand Hartmut Rosa, notre projet est de nous rendre le monde entièrement et complètement « disponible », autrement dit de le contrôler, pour pouvoir en faire ce que l’on veut, pour pouvoir le consommer. Ce désir de consommer le monde, nous empêche de penser un autre rapport au monde, sauf à considérer qu’il s’agirait d’une régression, d’un retour en arrière.

Malheureusement, plus on essaie de contrôler le monde, de se le rendre disponible, plus celui-ci se dérobe à nous, nous dit Rosa, et cette dérobade nous place en position d’aliénation, pour parler simplement, nous place, dans une relation vide et creuse avec le monde, sans résonnance avec celui-ci.

Le tourisme tel qu’il est organisé actuellement et pratiqué majoritairement repose bien sur un contrôle du monde : pour que le touriste puisse profiter du monde, il a fallu maitriser celui-ci et le rendre matériellement accessible. Même derrière les expériences exceptionnelles qui sont promises et vendues aux touristes, il y a la volonté de tout contrôler, de tout maitriser, de tout gérer.

Cette volonté de contrôle, qui symbolise et résume notre rapport majoritaire au monde a été identifiée par de nombreux auteurs comme la principale cause qui nous a amené où nous en sommes aujourd’hui, face à la catastrophe du réchauffement climatique qui s’annonce.

Et le plus souvent, les managers n’ont pas conscience que ce qui est en cause, c’est justement ce rapport de contrôle et de gestion que nous entretenons avec le monde, pour eux, la gestion est forcément la solution : s’il y a du surtourisme dans certaines destinations, ils vont vous dire, qu’il faut plus de gestion encore, mieux optimiser les flux, mieux les répartir et tout ira bien. Le monde ne nous parlera plus, nous serons plus aliénés encore, incapables de résonner avec lui mais tout ira bien.

Car, pour vivre des situations de résonnance avec le monde, il me semble qu’il faut accepter de ne pas vouloir contrôler le monde et même refuser de vouloir le contrôler, pour se donner la chance d’entrer dans une relation différente avec lui.

En attendant un éventuel changement de mentalité, oui, peut-être qu’il faut mettre en place de la réglementation et/ou des taxes. Rial a fait des propositions intéressantes comme de remplacer la taxe sur le travail par une taxe sur les émissions de gaz à effet de serre. Mais ce qui est important, c’est la manière dont sont décidées les règles et les taxes : plutôt que des décisions venues d’en haut, il me semble qu’il faut privilégier des procédures délibératives du type de la convention citoyenne sur le climat, laquelle a montré que 150 citoyens tirés au sort pouvaient réaliser un travail sérieux et aboutir à des propositions relativement ambitieuses tout en étant équilibrées.

VA : En quoi l’équité dans les relations touristiques reste-t-elle une question centrale selon vous ?

BS : L’équité dans les relations touristiques est l’élément fondamental permettant de construire un tourisme qui n’aurait pas la dimension économique comme dimension prioritaire. L’équité dans les relations touristiques passe par une répartition équitable des bénéfices de l’activité touristique entre les différents opérateurs impliqués, mais ne s’y limite évidemment pas, c’est aussi une question plus générale d’expression d’une volonté de s’inscrire dans le respect et le souci d’autrui, partenaires, habitants dans les destinations, ou clients selon le point de vue adopté et aussi de s’inscrire dans le respect et le souci du lieu qui nous accueille pour le temps d’un séjour…d’inscrire le tourisme dans l’éthique.

VA : Qu’est-ce qui dans l’évolution actuelle du tourisme vous inquiète ? Et qu’est-ce qui, au contraire, vous donne espoir ?

BS : Là encore, je ne raisonne pas juste du point de vue du tourisme car il me semble qu’il n’est pas possible de séparer ce qui s’y passe du reste. Ce qui m’inquiète, c’est ce que j’évoquais il y a quelques minutes, je ne vois pas de reflux à cette volonté de tout contrôler, de tout optimiser qui anime l’homme et qui nous a mené là où nous sommes. Cette folie gestionnaire associée à l’informatique, se traduit très concrètement au boulot mais aussi dans la vie quotidienne par l’apparition de multiples contraintes et pressions qui abiment l’homme psychologiquement, l’empêchent d’être. Ce n’est pas séparé de la question environnementale, ce sont deux conséquences, de notre rapport de contrôle au monde.

Je trouve l’évolution très inquiétante de ce point de vue et j’ai honte du monde que nous laissons à nos enfants. Je comprends tout à fait que ceux-ci n’investissent pas le monde du travail, que beaucoup de jeunes aujourd’hui préfèrent une vie qui ait du sens même s’ils doivent galérer au niveau financier. C’est ce qui me donne de l’espoir.

VA : Vous qui vous partagez entre recherches théoriques et travail de terrain, quels seraient, selon vous, les meilleurs moyens de faire réellement avancer les choses ?

BS : Déjà, je pense qu’il peut être compliqué de concilier travail de recherche et investissement militant pas seulement parce que les activités associatives demandent du temps et de l’énergie mais surtout parce qu’agir suppose proximité avec le terrain, recherche de solutions, prise de décision rapide alors que la recherche demande de la distanciation, une position plus critique et surtout une temporalité très différente. On peut être pris dans des conflits de loyauté. Il est important d’être attentif à toujours préserver sa liberté de penser et d’agir au sein des structures dans lesquelles on milite.

Pour autant, si l’on parvient à trouver un certain équilibre entre ces deux rôles, ils peuvent se compléter et être mutuellement bénéfiques par fécondation et enrichissement mutuels. Par exemple, la dimension « recherche » permet un questionnement de l’action qui n’est pas seulement technique et d’inscrire celle-ci dans une perspective plus large tandis que la dimension « action » permet d’appréhender soi-même des problématiques concrètes.

Après, on n’est pas obligé de remplir les deux rôles, on peut aussi envisager que soient mis en place des programmes de recherche participative, impliquant organisations, institutions et labo de recherche. Il y a une dizaine d’années, la région Ile de France avait lancé un dispositif de recherche participative appelé « Partenariats Institutions Citoyens pour la Recherche et l’Innovation », permettant le financement d’une thèse pendant 3 ans. C’était une manière intelligente de financer une recherche participative en prise avec des questions de sociétés. Malheureusement, je ne crois pas que ce type de dispositif ait été maintenu en IDF par l’équipe actuelle au pouvoir. Oui, je pense que plus d’implications des citoyens dans la recherche comme le défend la fondation Sciences Citoyennes pourrait permettre des avancées.

appel à candidature

VA : Nommé ministre du tourisme lundi prochain, vous vous attaquez à quel chantier en priorité ?

BS : Cette situation n’est pas seulement totalement improbable parce qu’on ne proposera jamais ce poste à quelqu’un comme moi, qui partage le point de vue de Latour pour qui, nous devons nous « déséconomiser », mais elle est de plus impossible, car je n’aurai jamais accepté la nomination même avec un gouvernement de « déséconomisation »[1]. Il est inconcevable pour moi, d’abandonner ma liberté de penser et de parler, je serais incapable de supporter placidement les différentes pressions politiques et corporatistes qu’implique un tel poste. A cette place, vous devez inévitablement dire tout un tas de choses que vous ne pensez pas et avaler des couleuvres quotidiennement. Surtout, que quand vous êtes en charge d’un ministère comme le tourisme, vous êtes un peu obligé de vous transformer en défenseur inconditionnel de l’activité touristique, ce qui empêche d’avoir une approche transversale intégrant l’ensemble des enjeux environnementaux et sociaux actuels. J’exagère évidemment, et quelques ministres ou secrétaires d’état ont pu avoir une action décisive à leur poste, comme par exemple Demessine, qui fut très active, notamment dans le sens du tourisme social, au prix d’une forte énergie et d’une force de conviction implacable. Mais pour jouer le jeu quand même de la question, je dirai que le premier chantier n’est pas touristique même s’il est aussi touristique, il est général, au niveau de l’ensemble d’un gouvernement et c’est de mettre en place un gouvernement de déséconomisation des mentalités. Il s’agit de lutter contre le formatage actuel permanent qui réduit les multiples et complexes relations humaines à quelques types simples et qui place la dimension économique tout en haut de l’échelle.

VA : A quoi travaillez-vous en ce moment qui vous passionne ?

BS : Je travaille principalement avec Alain Girard, un collègue sociologue. Nous avons un papier qui va sortir prochainement dans la revue québécoise Téoros sur tourisme et Covid-19, sur lequel, j’ai beaucoup apprécié de travailler. Ensuite, nous travaillons sur la rédaction d’un chapitre pour un ouvrage collectif en anglais. Ce chapitre porte sur l’émergence d’un tourisme de co-production au-delà du tourisme marchand : nous prenons l’exemple du Couchsurfing et des échanges de maison. Je trouve que l’hospitalité est un sujet passionnant.

Un autre travail en cours porte sur l’attractivité résidentielle dans les communes de montagne, il s’agit en particulier d’étudier de quelle manière le cadre esthétique constitue un facteur d’attractivité.

VA : Vous avez déjà eu notre « Feuille de chou » entre les mains. Qu’en pensez-vous ? En quoi ce genre de publications peut-elle aider à faire avancer les choses ?…

BS : Je dirai que ce n’est pas tant la Feuille de Chou que l’ensemble des actions mises en place par Voyageons Autrement qui contribue à faire avancer les choses, et notamment le fait que le site informe non seulement sur l’actualité du secteur du tourisme durable mais propose aussi des articles de fond.

VA : De quoi n’a-t-on pas parlé qui soit important pour vous ?

BS : Il me semble que j’ai été déjà très bavard mais si je devais rajouter un point, ce serait évoquer un des principaux facteurs de discrimination sociale, à savoir l’inégale répartition de la liberté de circuler dans le monde, en particulier entre touristes et migrants. On peut dresser un parallèle macabre et frappant entre les déplacements croisés des réfugiés, des exilés, des vagabonds que l’on rejette d’une part et d’autre part, des touristes qu’on fait tout pour attirer.

Les valeurs positives véhiculées par le tourisme comme la richesse sociale et l’ouverture interculturelle qui peut découler de la rencontre de l’autre, sont régulièrement mises en avant par les opérateurs économiques et les institutions étatiques ou internationales du secteur pour défendre le secteur du tourisme quand il est attaqué mais les différences de traitement par les Etats entre les touristes, pour lesquels, on va réduire au maximum ce qui peut entraver leur déplacement, leur proposer des procédures accélérées d’obtention de visa, voire pas de visa et les migrants, pour lesquels, au contraire, tout est fait pour dissuader les déplacements par l’imposition d’un maximum de barrières, est éloquent sur la vision réelle des Etats : le touriste n’est vu que comme un porte-monnaie ambulant dont il faut capter les dépenses quand le migrant n’est vu prioritairement que comme une source potentielle de dépenses publiques. Cela s’est confirmé pendant la crise pandémique, si les Etats se sont précipités pour rouvrir leurs frontières, ce n’est pas tant pour des raisons éthique qu’économiques. Il y a là ce qu’on peut désigner par un réductionnisme utilitariste qui ramène les multiples dimensions de l’être à sa seule valeur monétaire instantanée.


[1] Latour, B. (2020). Etes-vous prêts à vous déséconomiser ? Analyse Opinion Critique. https://aoc.media/opinion/2020/06/01/etes-vous-prets-a-vous-deseconomiser/

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