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Pyréneo : comme son nom l’indique !

| Publié le 29 novembre 2022 • Mis à jour le 29 novembre 2022 à 12h21
         

A l’heure où les acteurs des territoires de montagne s’interrogent sur leur avenir, l’association « Une marque pour les Pyrénées » et l’Agence des Pyrénées donnaient rendez-vous en octobre dernier aux acteurs locaux pour, qu’ensemble, ils fassent de ce temps de rencontre un véritable laboratoire d’idées et de projets pour le développement des Pyrénées. Et tous ont répondu présent ! Petit bilan en passant avec Domitien Detrie, le Directeur Général de l’Agence des Pyrénées…

Voyageons autrement : Pyréneo a été créé pour réinventer le tourisme de montagne. Comment vous y prenez vous, dans les Pyrénées, pour mener à bien ce vaste chantier ?

Domitien Detrie : En réalité, Pyréneo (« Le grand rendez-vous ») a été créé pour réinventer les modèles de développement du territoire. Développement pris dans son sens le plus large. Ce qui, naturellement, inclut le tourisme. L’ambition et le fil rouge qui caractérisent cette dynamique sont d’accompagner la transformation du modèle actuel dans tous les secteurs d’activité en tenant compte des grands enjeux tels le réchauffement climatique. Le premier pas a donc consisté à se mettre d’accord sur nos enjeux, certains sujets pouvant créer des tensions. Concernant les stations de montagne, par exemple. Il convient de continuer à soutenir l’économie de neige mais également d’évoluer et de savoir s’adapter. Pour cela, les grilles de fonctionnement actuelles n’étant plus suffisantes, il nous faut produire de la prospective.. Nous allons donc nous inspirer des travaux des chercheurs comme de l’expérience d’autres territoires. Surtout, ensemble et en croisant nos regards, nous avons commencé de mettre en débat les sujets les plus importants. De ce point de vue, le rendez-vous Pyréneo représente un magnifique laboratoire d’idées et de projets pour notre développement commun. C’est ici que se forge la communauté d’alliés, ces acteurs structurant les plus dynamiques qui vont nous aider à embarquer tout le monde dans cette belle aventure collective. Enfin, nous innovons également dans l’accompagnement, soutenant 50 projets de développement dans le massif avec l’appui d’un consultant qui accompagne ces différents acteurs pour qu’ils trouvent de concert des solutions. Une dynamique collective qui créé de l’engagement. 

Brice le vacher à l’assaut des Pyrénées
© Igor Bertrand

VA : C’était la deuxième édition de l’évènement. Les acteurs locaux étaient-ils au rendez-vous et où en êtes-vous du processus par rapport à la première édition ?

DD : Nous étions 250 réunis l’an passé et 500 en octobre dernier, le double donc. La montée en puissance est nette et le succès de ces rencontres tient avant tout au réel mélange des publics présents et à leur collaboration. Cette mobilisation spontanée des acteurs montre bien que Pyréneo vient répondre à un profond désir d’échanges et de partages et cela a grandement stimulé nos travaux. D’autant que ces journées se sont déroulées dans un esprit extrêmement chaleureux et convivial. Des chants pyrénéens ont été entamés spontanément à plusieurs reprises et nous avons vraiment éprouvé le sentiment de faire communauté. L’événement désormais installé, il nous reste à l’améliorer pour trouver entre autres le juste équilibre entre exposés et temps d’échange. Sachant que l’évènement a également été l’occasion de récompenser 10 projets mêlant innovation et tradition, sélectionnés parmi plus de soixante candidatures.

VA : Le rendez-vous Pyréneo (devenu régulier ?) est co-organisé par l’Agence des Pyrénées et l’association « Une marque pour les Pyrénées ». Laquelle vient d’être lancée. Dans quel but et pour porter quelles valeurs ?

DD : Qu’est cette plate-forme de marque, Pyréneo ? L’expression des fondations de notre territoire, de ces éléments invariants, fondamentaux et structurants qui dessinent l’identité des Pyrénées. Ce document de fond de 40 pages définit ce qui caractérise et distingue le territoire des Pyrénées et a très bien été accueilli par le public. Mais notre identité ne pouvant être réduite à un seul mot, il nous reste à trouver et déployer ensemble une véritable langue commune, ainsi qu’un univers graphique particulier sur lequel chacun puisse s’appuyer quelle que soit son activité. Pourquoi une marque de plus ? Parce que celle-ci, très fédératrice, a vraiment été conçue pour se mettre au service de chacun et lui être utile en plus de créer un vrai sentiment commun d’appartenance. Quant aux valeurs portées, ce qui ressort de nos rencontres, le message que nous voulons porter, est lié à la notion de modernité alternative et libérée ; une modernité qui réinvente la tradition, connectant par exemple agriculture et tourisme au reste du territoire. La notion d’attractivité comporte souvent un aspect différenciateur, concurrentiel dont il n’est pas question ici, les Pyrénées demeurant avant tout par tradition un territoire d’accueil. Notion d’hospitalité qui se marie très bien avec la modernité alternative que nous visons.

VA : Plusieurs grands sujets ont été abordés au cours des tables rondes et des ateliers : l’esprit transfrontalier, les rapports entre tourisme et pastoralisme ou encore vivre et travailler au pays. « L’esprit » transfrontalier tout d’abord. Repose-t-il sur une réalité et des aspirations communes ou bien reste-t-il aussi fragile qu’une subvention ?

DD : La réponse est : entre les deux. Il existe déjà des réflexes de coopération transfrontalière. Apparus sans aucune subvention ; mais ce n’est pas le cas le plus répandu. La vraie question est : comment une société civile peut-elle s’ouvrir au transfrontalier et le favoriser ? La question reste complexe. Sans doute est-ce auprès des plus jeunes qu’il faut travailler sur ce sentiment ; et de chaque côté de la montagne, sachant qu’il reste beaucoup de chemin à parcourir. La preuve, quinze acteurs espagnols seulement avaient répondu à notre invitation.

VA : Et du côté des rapports entre tourisme et pastoralisme ?

DD : La bonne nouvelle est que l’on ne rencontre pas de ce côté que des conflits d’usage, mais aussi de vraies belles opportunités. Ce domaine représente un authentique gisement de valeurs où créer de nouveaux produits, attractifs et vertueux, comme ces montées en estive aux côté du berger qui explique et raconte. Ce sont des produits qui se vendent très bien tout en valorisant les savoirs locaux. On a réellement, de ce côté, un fort potentiel de développement touristique.

VA : Il était également question de savoir si vivre et travailler au pays était une utopie. Quels débuts de réponse de ce côté ?

DD : Nous avons sur ce sujet été éclairé par des témoignages forts d’acteurs locaux. Une éleveuse de brebis s’étant diversifiée dans le tourisme, les créateurs d’un bistro-librairie, une artisane transformant la laine ou encore cette association qui implique les jeunes dans la dynamique locale. Ensuite, nul n’ignore que vivre et travailler au pays s’avère plus difficile en montagne et qu’il y faut une véritable volonté individuelle. Mais ces rencontres, en multipliant les échanges entre acteurs, ont servi d’accélérateur à notre questionnement : comment inventer de l’activité à temps plein ? Comment faciliter la pluriactivité qui vient en partie répondre à cette question ? Comment rendre celle-ci attractive et sexy ? Quel accompagnement doit-on et peut-on apporter ?… Le débat est lancé.

VA : L’ambition était également de faire de cet évènement un laboratoire d’idées et de projets. De créer un véritable collectif. Quelles satisfactions de ce côté ?

DD : Les gens sont venus et ont participé. Ils ont adoré se retrouver pour proposer et construire. Ensuite comme je l’ai dit, nous devons encore nous améliorer. Il faut d’évidence accorder davantage de temps aux ateliers, aux échanges et aux réflexions communes. Cela sera fait dès l’an prochain mais la contribution de Pyréneo à la dynamique du territoire saute déjà aux yeux de tous et nous avons de surcroit à travers la remise de nos trophées porté la lumière sur la capacité locale à générer des idées et des projets aussi innovants que pertinents.

VA : Vous, personnellement, qu’est-ce qui vous rend optimiste au regard de la manière dont  ce sont déroulées ces rencontres ?

DD : La très forte mobilisation autour du projet. En partie inattendue et qui témoigne d’une véritable envie, pleine d’énergie, de se rassembler autour d’un sujet que chacun reconnait comme fondamental. Un terrain aussi positif augure vraiment d’une suite prometteuse.


Pyréneo : comme son nom l’indique ! | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Jerome Bourgine
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