Action Carbone Solidaire : soutenir la transition écologique avec la Fondation GoodPlanet !
« Agir rend heureux », tel est le crédo de la Fondation GoodPlanet, créée en 2005 par Yann Arthus-Bertrand. L’ambition est claire : promouvoir une écologie « accessible et inspirante » en imaginant collectivement un monde soutenable et désirable. Depuis un peu plus de vingt ans, 80 projets ont ainsi été menés, en France comme à l’international, plus de 5 millions de personnes ont été sensibilisées (scolaires, entreprises, grand public), 1 125 000 tonnes de carbone ont été évitées. Au cœur de cette dynamique, le programme Action Carbone Solidaire (ACS) accompagne dans le monde entier des porteurs de projets de terrain sur les plans technique, opérationnel et financier.

Des projets à impact climatique mais aussi sociaux et économiques
S’il est une chose sur laquelle Jean-Baptiste Poncelet, directeur du programme Action Carbone Solidaire, et Shayna Valentine, responsable de projets finance carbone, souhaitent insister, c’est que les projets soutenus et accompagnés par la Fondation GoodPlanet ne visent pas uniquement des bénéfices environnementaux, mais cherchent aussi à améliorer les conditions de vie des populations locales (égalité de genre, amélioration des conditions sanitaires, inclusion des personnes précaires). Plusieurs champs d’action sont concernés : l’agroécologie, la préservation des milieux marins et côtiers, ainsi que l’accès aux biens et services essentiels, comme la gestion et valorisation des ordures ménagères. Jean-Baptiste Poncelet précise : « Parmi nos leviers de financement, on compte le mécénat environnemental, des partenariats publics, mais nous faisons aussi appel au mécanisme de la contribution à la neutralité carbone. » Ce mécanisme issu de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) repose sur trois étapes : mesurer ses émissions de CO₂, les réduire, puis contribuer pour les émissions restantes. La contribution consiste à financer des projets qui évitent ou réduisent des émissions (énergies propres, gestion des déchets, etc.), souvent dans les pays en développement.

Mesurer, réduire, contribuer
À la Fondation GoodPlanet, c’est Shayna Valentine qui pilote la question de la finance carbone : « Nous mettons à disposition sur notre site internet un calculateur carbone. Il s’agit d’un outil gratuit à destination des particuliers et des entreprises », explique-t-elle. Un outil reconnu au même titre que celui de l’ADEME. Une fois les émissions mesurées, la Fondation propose un accompagnement pour les réduire : sensibilisation, Bilan carbone, plan de décarbonisation, construction de feuilles de route. Puis, pour les émissions incompressibles, elle propose de contribuer à la neutralité carbone en finançant des projets climatiques via un prix par tonne de CO₂ restante. « Une fois la mesure faite, nous proposons de réduire, puis, pour le reste, nous offrons une solution de contribution qui permet de financer des projets concrets », résume Shayna Valentine. Pour garantir la rigueur du dispositif, la Fondation travaille avec le label international Gold Standard qui assure la certification des tonnes de CO2 évités. Le label lui permet de vérifier et de garantir en externe l’impartialité des résultats pour l’ensemble du processus, de la mesure des émissions jusqu’à l’émission des crédits carbone.
Un projet exemplaire au cœur du Madhya Pradesh (Inde)
La construction de 13 000 réservoirs à biogaz (biodigesteurs) dans l’État du Madhya Pradesh est l’un des projets emblématiques soutenus par la Fondation. Il a permis d’éviter près de 70 000 tonnes de CO₂ par an. Dans cette région, où le bois reste largement utilisé pour la cuisson, la valorisation des déchets d’élevage (bouses de vache) pour produire du gaz et fertiliser les sols a permis de réduire la consommation de bois et donc la déforestation. Shayna Valentine : « Ce projet illustre pleinement notre approche. Il y a certes un impact environnemental, mais aussi de nombreux bénéfices sociaux et économiques. ». Moins de bois, c’est moins de temps consacré à sa collecte pour les femmes et les enfants, mais aussi moins de fumées nocives pour la santé. Concrètement, l’utilisation des foyers de cuisson traditionnels entraîne de nombreuses infections respiratoires et oculaires chez leurs utilisateurs,en particulier chez les femmes et les enfants. À l’échelle d’une famille, un biodigesteur permet d’économiser jusqu’à 4 tonnes de bois par an et réduit de 7 à 8 tonnes les émissions carbone annuelles. Par ailleurs, l’utilisation d’engrais chimiques traditionnels réduit la fertilité du sol et le rendement des cultures. L’utilisation du biogaz permet de produire du « digestat », un résidu organique issu de la méthanisation, utilisé comme engrais naturel en agriculture et comme alternative aux engrais chimiques. Entre 2017 et 2024, ce programme a permis de fournir une énergie propre à 13 000 ménages, soit environ 69 000 personnes (5,3 personnes par foyer).

Le choix de l’évitement : une philosophie assumée
L’Inde, mais également l’Amérique du Sud (notamment la chaîne andine), l’Afrique (Madagascar, Sénégal, Togo, Cameroun, Maroc) et la France font partie des zones d’intervention où la Fondation conduit de nombreux projets. Toutefois, au-delà de la diversité géographique, un choix stratégique structure son action : privilégier l’évitement des émissions plutôt que leur séquestration. Jean-Baptiste Poncelet explique : « La séquestration a entraîné de nombreuses dérives. Pour capter du carbone, il faut beaucoup planter. Or, en Afrique, cela s’est souvent traduit par des plantations massives d’essence monospécifique à croissance rapide (exemple : eucalyptus). En outre, cet accaparement des terres s’est parfois fait au détriment des populations locales. Enfin, il est de notoriété publique que le carbone n’est séquestré que tant que l’arbre pousse et reste en vie. »
Face à ces constats, la Fondation privilégie des projets d’évitement, reposant sur le principe d’additionnalité : une réduction d’émissions n’est comptabilisée que si elle n’aurait pas eu lieu sans le projet. Un modèle exigeant que moins d’une poignée d’ONG maîtrise encore en France car il implique d’importants investissements et la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de la finance carbone : du développement des projets à la certification et à la valorisation des crédits, évitant ainsi les intermédiaires. Jean-Baptiste Poncelet : « 90 % de la contribution carbone est directement allouée aux projets de terrain et permet de soutenir les ONG actrices clés de la transition écologique et solidaire. » Shayna Valentine : « En volume, l’évitement est plus faible que la séquestration, mais il possède une forte valeur sur les trois piliers du développement durable et les co-bénéfices sont bien plus importants. »

En guise de conclusion
Finalement, en privilégiant des projets de terrain et une logique d’évitement, la Fondation GoodPlanet soutient des ONG locales, souvent modestes, qui peinent à accéder aux financements traditionnels. Shayna Valentine : « L’agrégation de petits projets nous permet d’avoir un impact important tout en finançant des acteurs plus modestes. » Ce choix implique un coût par tonne de carbone plus élevé que la moyenne, mais assumé, car il reflète un accompagnement renforcé et des impacts durables. Au-delà de la finance carbone, la Fondation GoodPlanet mobilise d’autres leviers : mécénat, partenariats publics, accompagnement des entreprises (notamment sur l’alimentation durable et la restauration collective), projets pédagogiques dans les établissements scolaires. Enfin, elle joue de plus en plus son rôle de plaidoyer politique, proposant son expertise aux côtés d’autres ONG pour faire évoluer les politiques publiques, dont certaines normes et réglementations. Une manière de rappeler que la transition écologique ne peut être qu’un effort collectif, à la croisée de l’action de terrain et de l’engagement institutionnel.

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Par Geneviève Clastres
Auteur et journaliste indépendante spécialisée sur le tourisme durable et le monde chinois, Geneviève Clastres est également interprète et représentante de l'artiste chinois Li Kunwu. Collaborations régulières : Radio France, Voyageons-Autrement.com, Monde Diplomatique, Guide vert Michelin, TV5Monde, etc. Dernier ouvrage "Dix ans de tourisme durable". Conférences et cours réguliers sur le tourisme durable pour de nombreuses universités et écoles.
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