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Marlène Schmitt et Zeid Kassouha, l’université d’Avignon et le tourisme durable en plein coeur!

| 5 mai 2017 • Mis à jour le 05.05.2017 à 14h32
Thèmatique :  Formations   Portrait 
         

La Licence professionnelle tourisme durable économie solidaire (LPTES) d’Avignon a de nombreuses particularités, notamment celle qui permet aux étudiants d’avoir comme enseignants-intervenants des personnes aux profils atypiques leur apportant une ouverture et une richesse très intéressantes. Nous avons tenu à vous présenter deux d’entre eux, qui, en plus de leurs engagements, ont aussi vécu leurs études sur les bancs de la vénérable université Sainte Marthe d’Avignon. Deux superbes rencontres et des parcours démontrant encore une fois que le tourisme durable peut être appréhendé par bien des chemins.

L’université d’Avignon classée monument historique ©Guillaume Chassagnon

Le tourisme comme vecteur de redressement des pays en guerre

Zeid Kassouha est un jeune homme bien occupé, en pleine rédaction de sa thèse, il enseigne l’Anglais et les logiciels graphiques aux étudiants chanceux des formations tourisme d’Avignon. Son histoire est tristement d’actualité. En effet, Zeid est né en Syrie où, très tôt, il a développé un goût prononcé pour les questions touristiques : “mon père était guide dans mon pays, ce qui m’a ouvert les yeux sur le tourisme. Après le bac, j’ai effectué l’équivalent d’un BTS tourisme français. En seconde année j’ai commencé à travailler pour le leader du tourisme culturel local en gestion réceptive et ce pendant 4 ans. A la suite de cela, j’ai alterné des petites missions dans les médias, les traductions avant d’intégrer l’ONU et l’Ambassade de France. Dans le même temps, j’étais devenu guide indépendant et je faisais des visites guidées. J’ai ainsi pu préparer un diplôme avec la chambre de commerce française sur le développement du tourisme dans mon pays. Je me suis vite rendu compte que je n’avais pas le crédit académique qui allait avec mon profil et mes expériences professionnelles, j’ai ainsi postulé à des masters en France.

Zeid Kassouha, intervenant et thésard à Avignon, un parcours atypique

Celui d’Avignon me correspondait très bien, et je suis arrivé dans une université à taille humaine, proche des étudiants, fin 2010. Et, moins de 7 ans après le début du master, je suis en train de rédiger une thèse tout en donnant des cours, et notamment aux étudiants de LPTES qui font une formation dynamique avec une ambiance originale.”

La guerre éclate pendant le master

La situation en Syrie éclate en 2011 pour arriver à la crise catastrophique que l’on connaît aujourd’hui. “J’ai commencé à réfléchir à ce que pouvait être la reconstruction d’un pays post guerre, évidemment en pensant fort à ma terre natale. Le tourisme post conflit est pour moi un vecteur de reconstruction et je m’inspire de la situation de l’Europe à la fin de la seconde guerre Mondiale et de pays tels que la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, ou d’études liées au Dark Tourism, (forme de tourisme que l’on retrouve sur des lieux de souffrances, de catastrophes, de génocides par exemple). Mon travail se situe véritablement à cheval entre histoire du 20e siècle et actualités contemporaine. La situation syrienne ne laisse pour l’instant pas place à un développement touristique, même s’il y a, sur les côtes notamment, des embryons de tourisme à tendance politiques dirais-je.” Zeid suit évidemment avec angoisse et lucidité le sort de son pays : “je suis pessimiste sur une sortie de crise rapide en Syrie, quant à mon avenir professionnel, il est soumis à de nombreux paramètres.L’enseignement-recherche? Le conseil? Le secteur privé? La France? Bien sûr, une mise en application de mes recherches en Syrie serait formidable, mais cela dépendra de l’instauration d’ une vie politique stable et saine.”

Marlène Schmitt l’entreprenariat à la sortie des cours

Tout d’abord, étudiante en lettres moderne jusqu’en maitrise, Marlène Schmitt a profité de ses études pour se familiariser avec le monde du tourisme grâce à une expérience de guide . “Déjà intéressée par le tourisme rural, j’ai pu me familiariser avec ce domaine en Dordogne. A l’issue de ma maitrise, j’ai travaillé un an en tant que guide dans une abbaye et dans un office de tourisme dans le sud ouest. Cette expérience m’a convaincue que le tourisme était mon choix, que j’ai conforté par un master à Avignon. Cette ville, ses formations, les rencontres que j’ai pu y faire ont déterminé mon parcours professionnel. J’ai ainsi fait un stage dans l’entreprise de Laurent Arcuset (Géo-Système) ou j’ai commencé à créer un réseau touristique basé sur le durable.

Marlene Schmitt consultante tourisme est aussi une des créatrices de la LPTES

J’ai créé ma propre entreprise de conseil en tourisme quelques mois après la fin du master 2, celle-ci en partenariat notamment avec Géo-Système. Puis nous avons créé un réseau d’ingénierie engagé pour le tourisme durable : le réseau GAME . Maintenant, je travaille chez MaHoC, dans un cabinet parisien, mais je suis détachée localisée dans le Sud et toujours en lien avec Avignon, ses formations, ses intervenants et son réseau touristique engagé.

Tous deux attachés aux valeurs et aux parcours éclectiques des étudiants de la LPTES

Si on devait résumer pourquoi tous deux sont impliqués dans la vie de la licence et des formations tourisme de l’Université d’Avignon et des pays de Vaucluse, une phrase reviendrait : l’attachement à faire de cette licence un foisonnement d’idées, une bouffée d’optimisme liés, à une forme de recrutement audacieuse des étudiants. Marlène Schmitt a d’ailleurs participé à la création de cette licence : “Laurent Arcuset m’a proposé de donner quelques heures de cours en marketing touristique pour les Masters 2, j’ai ainsi pu intégrer l’équipe pédagogique de l’université. Mon attachement aux formations tourismes s’est aussi traduit par la présidence de l’association étudiante ACTES (Acteur pour le Tourisme et l’Economie Solidaire) durant 5 années. J’ai été associé aux réflexions quant à la création de la licence il y a 10 ans maintenant. Ses valeurs, liées fortement à l’économie sociale et solidaire, m’ont tout de suite parlé. De plus, enseigner me permet de rester en veille et de prendre du recul sur mon métier de consultante en tourisme. Je ne m’enferme pas dans un schéma de pensée et l’aspect formation m’attire toujours. On a la chance, chaque année, d’avoir des étudiants atypiques, très engagés ce qui donne une ambiance particulière, une ouverture d’esprit et de la curiosité sur le Monde nous entourant. En plus, chaque année, l’équipe intervenants-enseignants se remet en cause, ce n’est pas une formation figée, il y a une volonté de constante amélioration.”

Même son de cloche pour Zeid Kassouha qui trouve en la LPTES “une véritable richesse” et une énergie assez incroyable. “Il y a chaque année des projets étudiants engagés, forts avec des personnes investies. Cela crée des échanges hyper constructifs et enrichissants, je dirais même une émulation qui va au delà des frontières de l’université, car de nombreux étudiants restent dans la région pour travailler, monter des projets, rester en réseau. Notons aussi l’importance des échanges internationaux, ainsi encore cette année, on a des étudiants stagiaires en Polynésie, Irlande, Birmanie, Vietnam. La Licence Professionnelle Tourisme et Economie Solidaire a été une des pionnières de ce genre en France et elle continue d’avancer.”

Le tourisme durable pour eux?

En tant qu’acteur et guide pour ses chers étudiants, que pense Zeid des formes de tourisme alternatives? “Il est évident que la durabilité dans le tourisme, ses initiatives m’interpellent et m’intéressent au plus haut point. Lors de mes voyages, personnels ou professionnels je privilégie les modes d’hébergements alternatifs, l’échange et la rencontre avec les locaux, cela m’enrichit et permet de découvrir une destination dans sa globalité. Plus tard, pourquoi pas une mise en application de tout cela en Syrie, mais pour cela il faudra être sur le terrain… Dans ce sens, j’ai en tête l’exemple de la Bosnie-Herzégovine qui a toutes les cartes en main pour sortir d’une période troublée en mettant en place un autre tourisme. Un peu comme l’arrière pays Croate, qui suit un autre modèle bien plus vertueux que la côte”.

Marlène Schmitt, de son côté, admet que le tourisme durable a bien avancé depuis 2005  avec une belle prise de conscience, mais que sa construction se poursuit pas à pas, et là aussi, en fonction des politiques et de leurs motivations. “Il y a eu des avancées significatives, mais le travail sur le long terme est encore difficile, de plus, est ce que les pratiques ont suivi la prise de conscience? L’essor du transport aérien montre que cela n’est pas si simple. Mais je ne verse pas dans le pessimisme : la licence professionnelle en est la preuve, des jeunes se bougent et font avancer ce domaine. Pour ce qui est de mes coups de cœurs, je pencherai pour deux pays voisins : le Costa Rica, un modèle de l’écotourisme, exemplaire sur de nombreux aspects, je rajouterais son voisin, moins connu le Nicaragua qui possède des similitudes en terme de richesses écologiques et naturelles, un pays plus pauvre et confidentiel qui est en train de se structurer à l’image de son voisin.”

Un cadre de travail idéal ©Zeid Kassouha

Gageons que la richesse et l’humanité, maitres-mots des formations en tourisme d’Avignon puissent essaimer encore et toujours. Merci à Marlène Schmitt et Zeid Kassouha pour la passion transmise et le souci de toujours faire avancer les débats dans le domaine touristique. Un éveil qui rejaillit sur les étudiants dont nous verrons dans quelques semaines l’étendue des projets qu’ils réalisent chaque année.

Plus d’informations sur la LPTES : http://univ-avignon.fr/rechercher-une-formation/lic-pro-droit-economie-gestion-mention-metiers-du-tourisme-et-des-loisirs-specialite-tourisme-et-economie-solidaire-1338.kjsp?RH=1484066049694

 


Marlène Schmitt et Zeid Kassouha, l’université d’Avignon et le tourisme durable en plein coeur! | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Guillaume Chassagnon
Amoureux des montagnes, des hommes y vivant. j'aime les parcourir, les photographier, les découvrir et donner envie de les fréquenter. Sac à dos, livres et appareil photos sont mes outils quotidiens. Je travaille aussi pour de la presse quotidienne pour notamment montrer le dynamisme culturel et associatif de mon territoire. A bientôt sur les sentiers, autour d'un bon verre de vin, d'un plateau de fromage ou dans une librairie! Et à la fac d'Avignon of course
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