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Parc national des Abruzzes : 90 ans d’expérience au service de la faune et de la flore

| Publié le 21 novembre 2012 • Mis à jour le 21 novembre 2012 à 6h57
         

Il fête cette année ses 90 ans d’existence. Rien que ça ! Le parc national des Abruzzes en Italie est un refuge exemplaire pour une faune dense, et une flore riche. Au bout de 90 ans de protection, autant dire que les animaux se sentent toujours comme chez eux dans ces montagnes. Naturaliste, randonneur amateur ou trekkeur chevronné devraient y trouver leur compte. Le tour opérator Allibert trekking propose un voyage dans cette région justement nommé  »A pas de loups dans les Abruzzes. »

L’ours des Abruzzes peut atteindre 1m80

Habitués aux êtres humains, ours, loups, renards ou encore chamois sont assez facilement visibles, et ne semblent pas trop effrayés par l’homme. C’est plutôt au marcheur de se méfier, l’ours des Abruzzes peut atteindre 1m80, il est donc préférable de ne pas tenter une approche ! Et les règles sont strictes dans ce parc. Effrayer un animal, jeter un noyau de pêche ou s’aventurer sans guide sur les sentiers peut valoir une belle amende, à partir de 50 euros ! Les gardes du parc ne rigolent pas avec ça.

 

Nadia Boccia est garde du parc national des Abruzzes depuis cinq ans. Née à Opi, un des cinq villages du parc, elle s’est tout naturellement tournée vers ce métier.

Nadia Boccia est garde depuis cinq ans. Enfant du pays, elle a bien tenté les études à la ville, mais très vite, elle s’aperçoit que ses montagnes lui manquent, et rentre au bercail. Aujourd’hui, équipée de tout un attirail, chaussures de marche, casquette, sac à dos aussi gros qu’elle et une arme de poing, voilà cette femme blonde, dynamique et sans concession, gendarmette de la forêt. Et on ne badine pas avec les lois. Elle interpelle fermement, bien que poliment, les touristes trop téméraires qui tenteraient une sortie de sentier. « C’est une zone A, il est formellement interdit d’y pénétrer. » Et oui, dans le parc des Abruzzes, qui veut, ne va pas où il veut.

L’été, le marcheur doit être accompagné d’un guide

L’été, l’affluence touristique met en péril la tranquillité des animaux, surtout des petits ours nés au printemps. Six oursons sont arrivés cette année, et la moindre perturbation extérieure pourraient mettre en danger ces jeunes ursidés. Sachant qu’il ne reste qu’une quarantaine d’ours des Abruzzes dans le monde, et donc dans la région, il faut marcher sur la pointe des pieds. Et surtout, se faire obligatoirement accompagner d’un guide du village. Une manière de réguler le flux de touristes et d’apporter de l’emploi aux villageois. Tout le monde s’y retrouve.

Passé l’été, les randonneurs sont de nouveau livrés à eux même. Il est donc possible d’arpenter les crêtes des montagnes sans guides, mais hors de question de sortir des sentiers battus ! De toutes manières, il n’est pas nécessaire de quitter les chemins pour rencontrer la faune nombreuse de ce parc. Comme ce petit renard qui s’assoit sur le sentier pour étudier, à quelques mètres de distance, ces étranges bipèdes.

Ce renard n’hésite pas à s’assoir sur le sentier, à quelques mètres des randonneurs et à toiser les chamois juste au dessus de lui.

Des réserves intégrales pour protéger les ours

Par contre, des zones entières du parc national des Abruzzes sont formellement interdites aux humains. « Les ours ont leur tanière dans la zone A. Il ne faut pas les déranger » explique Nadia Boccia. « Ici, c’est le royaume des chamois et des ours ». Pas d’humains, à part quelques gardes qui vérifient si tout va bien. Pas de prélèvement de bois. Pas de recherche scientifique. Le paradis de Jean-Claude Génot. La zone A, c’est la friche, la vraie. La nature de retour à l’état sauvage, comme si l’Homme n’avait pas exister. Nous n’en saurons pas plus, après tout, nous ne pouvons nous y rendre…

Dans la zone B, celle où il faut suivre les sentiers, la nature est également reine. « Les habitants du village peuvent prendre du bois, mais uniquement si les gardes ont d’abord vérifié le bois. Certains arbres morts sont très utiles, pour les insectes, les champignons, les animaux », précise Nadia Boccia. On l’a dit, les règles sont strictes. Ainsi la terre noire sent fort l’humus, une douce odeur chaude et rassurante. Les arbres sont fiers et imposants. Partout, les excréments des animaux, les écorces de tronc arrachées, rappellent au randonneur qu’il n’est pas sur son territoire mais qu’il marche à pas de loups sur les traces des grands prédateurs…

Les chamois sont les maîtres incontestés de la région des Abruzzes. Très facile à observer, ces ongulés endémiques sont très nombreux dans le parc national des Abruzzes.

Et si certains croient que l’arme de poing, citée plus haut, de Nadia Boccia sert à se défendre contre les ours et autres loups, ils se trompent. C’est contre les humains ! S’exclame la garde. Ce sont eux les vrais prédateurs. C’est une arme dissuasive, surtout contre le braconnage. » Et voilà, tout est dit. Dans les Abruzzes, les Hommes n’ont qu’à bien se tenir.

Il est donc évident que le camping est strictement interdit, que tous les déchets doivent être redescendus au village, et triés, que la marche se fait dans le calme, et qu’il est déconseillé de tenter d’approcher les animaux. Une fois ces règles élémentaires acquises, les randonnées dans le parc naturel des Abruzzes sont un vrai plaisir. Forêt, sommets, faune et flore s’offrent au randonneur ami de l’environnement. Bonne balade !

Allibert Trekking propose des voyages organisés dans les Abruzzes.


Parc national des Abruzzes : 90 ans d’expérience au service de la faune et de la flore | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Aurélia Dumté
Journaliste, photographe à certaines heures du jour et de la nuit, marcheuse au rythme des papillons et des plumes qui jalonnent mon sentier, j'aime rencontrer les gens, d'ici, de plus loin, ce qui font des petites choses, ceux qui en font des grandes.
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