Detour Odyssey : des voyages bas carbone où l’expérience l’emporte sur la destination
Thèmatique : Conseils Initiative privée Innovation Portrait
Rencontre avec Sabrina Clément.
D’où partez-vous ? Quand ? Combien de temps ? Contrairement aux agences classiques, Detour Odyssey ne se positionne pas seulement tant en termes de destination, mais cherche plutôt à savoir ce qui motive intrinsèquement ses voyageurs à partir. Il faut dire que ce qui anime sa créatrice Sabrina Clément, est bien clair : le voyage bas carbone et le désir profond du voyageur. Chez Detour Odyssey, pas de voiture, pas d’avion, mais des expériences slow travel en France et en Europe. Ici, le chemin fait partie de l’aventure ; des boucles itinérantes pensées pour vivre plus de découvertes, ralentir et éviter les lieux surfréquentés. Lauréate du Trophée Horizon 2025 dans la catégorie Jeune Pousse, l’agence entame sa troisième année d’activité avec à cœur de faire évoluer nos habitudes de voyage.

VA/ Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ; également présenter Detour Odyssey, sa genèse, son histoire.
Je suis une grande curieuse et j’ai toujours aimé voyager. J’ai même eu la chance de vivre dix ans à l’étranger, ce qui a nourri mon intérêt pour les autres cultures. À l’approche de la quarantaine, après avoir travaillé dans de grands groupes, en France comme à l’international, j’ai ressenti le besoin de redonner du sens à ma carrière et de me tourner vers un sujet qui me touchait profondément : comment concilier plaisir du voyage et conscience écologique. Lorsque je vivais aux États-Unis, je faisais par exemple régulièrement des allers-retours entre la côte Est et la côte Ouest. Mais sans aucune conscience à cette époque de l’impact du voyage ! Une prise de conscience qui a été progressive jusqu’à ce que je mette des chiffres dessus. Le déclic a été évident : un Paris–New York représente environ deux tonnes de CO₂ par personne. 2 tonnes de CO², c’est aussi la cible de l’empreinte carbone individuelle qui était dans les accords de Paris. Bref, voyager en avion a un impact énorme. Cela m’a convaincu de repenser plus largement ma manière de vivre et de consommer. Detour Odyssey est née en 2024 de ce cheminement personnel.
VA/ Et c’est ainsi que vous avez choisi le voyage comme fil conducteur de votre nouvelle aventure entrepreneuriale ?
Le voyage est un sujet complexe. Je ne pouvais pas me projeter dans une vie où j’explore uniquement un territoire local. Personnellement, j’ai besoin d’être nourrie par d’autres langues et d’autres cultures. Mais il faut aussi tenir compte de l’impact environnemental des voyages. À ma grande surprise, alors même que je revenais en Europe où tout me semblait plus simple qu’aux Etats-Unis pour voyager autrement, j’ai réalisé que c’était malgré tout très compliqué : un gros changement d’habitude et une méconnaissance à combler, des informations dispersées, des itinéraires complexes et longs à organiser. Cela peut vite devenir décourageant et stressant. L’idée de Detour Odyssey est donc de rendre le voyage bas carbone plus simple et plus accessible en apportant une expertise, une connaissance terrain, un vrai soutien aux voyageurs pour gagner du temps et de la sérénité. En outre, au-delà de l’enjeu écologique, ce type de voyage représente une formidable opportunité : celle de vivre des expériences plus riches, plus immersives et plus lentes. Notre mission est donc de donner envie de voyager autrement et de montrer qu’il ne s’agit pas d’une contrainte, mais d’une chance pour découvrir l’Europe différemment.

VA/ Comment se déroule ce début d’année 2026 pour Detour Odyssey ?
Nous sommes encore une jeune structure, et les premières années sont toujours cruciales dans le développement d’un projet, mais notre dynamique est très positive et encourageante. On sent une vraie prise de conscience autour du voyage bas carbone tant pour les voyageurs individuels que pour les entreprises. L’intérêt pour le train grandit, et cela nourrit logiquement une curiosité croissante pour ce que nous proposons. L’un des signes dont nous sommes particulièrement fiers est l’obtention, l’an dernier, du label “Engagé à Lyon”. Nous sommes même la seule agence de voyage labellisée par la Ville de Lyon, ce qui vient reconnaître le caractère durable et écoresponsable de notre activité. Nous avons donc aujourd’hui les bases solides pour poursuivre notre croissance et faisons tout pour développer l’activité au bon rythme.
VA/ Vos voyages sont orientés « slow » et « bas carbone », comment cela se traduit-il concrètement ?
Notre positionnement est assez simple : nous avons choisi de mettre de côté les deux modes de transport les plus émetteurs, l’avion et la voiture, qu’elle soit thermique ou électrique. Nous pensons aussi qu’il y a une véritable vertu à se passer de ces modes de transport y compris la voiture ce dont on ne parle pas assez : cela permet de voyager comme les locaux et de vivre une expérience plus immersive. On associe systématiquement « découverte sur place » avec voiture par habitude, mais on peut se passer d’avion ET de voiture en Europe. On ne le valorise pas assez. Car contrairement à un pays comme les Etats-Unis que je connais bien pour y avoir passé plusieurs années, en Europe, les infrastructures ferroviaires et de transports sont bien développées.
Tout Américain qui vient en Europe est d’ailleurs impressionné par cet aspect. Nos villes sont pensées aussi pour les mobilités douces et en combinant train, bus et transports locaux, on peut découvrir énormément de choses, y compris en dehors des grandes villes. Le « slow travel » pour nous ne consiste pas uniquement à choisir un mode de transport plus lent, il vise aussi à concevoir le voyage autrement. L’idée n’est donc pas simplement de remplacer l’avion, mais de vivre un autre voyage, qu’on n’aurait pas fait en avion. De profiter d’un chemin sans rentrer dans une logique de trajet marathon où on enchaîne les transports. Nous voulons proposer une autre expérience : prendre le temps, profiter du chemin et faire du trajet une partie intégrante du voyage.

VA/ Le Slow est donc tout aussi important que l’impact carbone minimum ?
Tout à fait. Tous nos itinéraires sont pensés dans cette logique. Nous créons des boucles itinérantes au départ d’une gare, avec l’idée de construire un chemin plutôt qu’un simple trajet d’un point A à un point B. Notre travail est de concevoir une expérience globale en sélectionnant les étapes pertinentes en chemin selon les envies du voyageur, sans repasser deux fois au même endroit, et avec des découvertes qu’on n’aurait jamais faites en avion. Quand on traverse l’Europe en train pour aller en Suède, par exemple, on ne découvre pas seulement Stockholm : on peut passer aussi par Hambourg, Copenhague ou Odense. En avion, on n’aurait rien vu du Danemark ou de l’Allemagne. Là, on vit réellement le voyage et on voit plus de choses. Ce n’est pas un voyage directement comparable à un voyage en avion. Nous faisons également très attention au rythme, pour rester ici aussi dans un esprit « slow ». Hors trains de nuit, nous évitons les journées de plus de sept heures de trajet et limitons le nombre de correspondances. L’idée n’est pas de passer ses vacances dans les transports, mais de s’arrêter, de découvrir et de ralentir.
Car derrière tout cela, il y a aussi une réflexion plus large sur notre rapport au temps. Aujourd’hui, dans notre rapport collectif au voyage, nous sommes très focalisés sur la destination et sur l’idée d’aller vite. Voyager autrement demande d’accepter de ralentir, ce qui n’est pas toujours évident. Cela requiert parfois de longs échanges avec nos voyageurs, notamment pour des destinations plus lointaines comme la Scandinavie : nous les encourageons à faire des étapes et à penser davantage en termes d’expérience que de lieu uniquement. C’est aussi pour cela que, sur notre site, nous avons pris le contrepied des moteurs de recherche classiques. Nous demandons d’abord : “D’où partez-vous ? » et “Combien de temps avez-vous ?”, avant même de parler de destination. Pour proposer des voyages pertinents en fonction des critères du voyageur mais aussi pour inspirer au-delà de ce que le voyageur aurait pu imaginer. Et cette approche permet aussi de répondre à d’autres enjeux, comme l’impact local et les problématiques de surtourisme. Certaines destinations sont sous pression à certaines périodes de l’année, et nous préférons alors ne pas les recommander à ces moments-là.
VA/ Comment résolvez-vous la problématique du « dernier kilomètre » sans recours à la voiture ?
En réalité, nous évitons cette problématique dès la conception de nos voyages. Voyager autrement sans avion et sans voiture, cela nécessite de penser accessibilité. Nous réfléchissons en amont à des régions, des sites et des hébergements accessibles sans voiture, que ce soit à pied ou en transports en commun. Nous faisons le choix de destinations adaptées à notre manière de voyager et globalement, à part des parcs naturels qui peuvent pour certains rester compliqués d’accès, le champ des possibles en Europe est énorme. Nous ne sommes pas aux Etats-Unis où sans avion et sans voiture, on ne peut quasiment rien faire. On peut tout à fait explorer les Cornouailles en Angleterre ou encore les îles Lofoten en Norvège sans voiture. Nous avons la chance en Europe, de disposer d’infrastructures qui permettent déjà de découvrir énormément de choses. Cela demande juste un changement de regard : il faut accepter qu’on ne pourra peut-être pas faire une randonnée bien précise mais qu’il faudra en faire une autre car elle est accessible.
Ainsi, grâce aux trains, aux bus locaux, aux mobilités douces, nous construisons des itinéraires qui fonctionnent sans voiture, autant en ville que dans les zones plus rurales. Cela demande simplement un peu plus d’anticipation et de discipline : connaître les horaires, savoir que le bus part à 15 heures, organiser son rythme différemment. Toutes ces informations sont bien sûr fournies aux voyageurs. Nous intégrons également le vélo lorsque les clients sont à l’aise avec cette option. Cela permet parfois de faire une visite qui vaut le détour située à 10 ou 15 kilomètres et d’enrichir encore davantage l’expérience du voyage. Finalement, cette contrainte apparente devient une opportunité : changer de rythme en vacances, adopter une autre manière de découvrir un territoire, plus lente, plus immersive et plus riche.

VA/ Et au-delà de l’impact carbone, vous mettez en avant bien d’autres avantages à voyager en train et en transports en commun…
Déjà, il y le rythme. En traversant les territoires plutôt qu’en les survolant, on découvre beaucoup plus de paysages, de villes et d’ambiances. Certaines lignes de train offrent des panoramas magnifiques que l’on ne verrait jamais autrement. Cela permet aussi de faire de vraies découvertes, souvent inattendues, sans attentes préconçues. Par exemple, lors d’un voyage en Pologne, je me suis arrêtée à Gdańsk, une ville magnifique que je n’aurais probablement jamais envisagée comme destination à part entière. Aujourd’hui, nous sommes abreuvés d’images et d’endroits “à voir”, mais nos voyages laissent aussi de la place à la surprise et aux découvertes au sens premier du terme : voir des lieux pour la première fois. Enfin, voyager en transport en commun facilite énormément les rencontres. Et pour nous, le cœur du voyage, c’est cela. On voyage comme les locaux, on partage les mêmes transports, les mêmes rythmes, les mêmes lieux de vie. Cela crée beaucoup plus d’échanges et permet de découvrir concrètement la manière dont les gens vivent sur place. Tous ces aspects font, selon moi, la richesse du voyage, et ils sont encore trop peu valorisés aujourd’hui.
VA/ Qui voyage avec Detour Odyssey aujourd’hui ? Avez-vous fidélisé une clientèle sensible au slow travel ?
Oui, nous avons commencé à fidéliser des clients, et certains sont déjà partis plusieurs fois avec nous. Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’y a pas vraiment de profil type. Nous accompagnons aussi bien des jeunes actifs, des familles, que des retraités. Chez certaines familles, il y a une sensibilité initiale à l’impact environnemental et une envie de transmettre d’autres habitudes de voyage à leurs enfants. Nous affichons l’empreinte carbone sur l’ensemble de nos voyages qui est un point important pour ce type de voyageurs : en moyenne nos voyages émettent 75 à 90% d’émissions en moins qu’un voyage équivalent en avion ou en voiture. Les retraités, eux, disposent souvent de davantage de temps et embrassent plus facilement l’idée du slow travel.
Il y a aussi chez nos clients un vrai attrait pour le train en lui-même. Beaucoup apprécient ou redécouvrent ses avantages : ne pas conduire, pouvoir lire, se déplacer, regarder les paysages défiler, être disponible pour ses enfants… Le voyage devient beaucoup plus confortable et apaisé. Au fond, ce type de voyage s’adresse à tout le monde, parce que nous avons tous besoin, à un moment, de ralentir. Un point commun en tous cas est que nos clients recherchent avant tout de la simplicité et de la sérénité pour vivre un voyage sans avion et sans voiture : nous leur apportons notre expertise et nous les déchargeons de toute la complexité de la planification, des réservations et sommes une source de réassurance avant et pendant le voyage.
Enfin, nous commençons à travailler avec des comités d’entreprise qui ont envie de proposer des voyages différents à leurs collaborateurs, pour répondre à de nouvelles attentes et réduire l’impact de leur offre de voyages. Nous les accompagnons en proposant des voyages de groupes sur mesure, sans avion en Europe avec un bilan carbone précis qui contribue à leur démarche RSE.

VA/ Quel retour de client vous a le plus touché depuis la création du projet ?
En général, nos clients découvrent ce type de voyage pour la première fois avec nous. C’est souvent ce premier pas qui est le plus intimidant, pour vivre une première expérience bas carbone : une fois qu’ils ont testé, ils sont conquis par tout ce qu’ils ont vu et par la diversité des expériences. Ils se rendent compte que cette manière de voyager est non seulement possible, mais aussi très enrichissante. Cela leur donne souvent envie de repartir et d’en parler autour d’eux. Et c’est cela qui nous importe le plus : démontrer que voyager autrement vaut réellement le détour et faire en sorte que nos voyageurs y prennent goût et incitent leurs proches à tester cette manière de voyager. La mission de l’agence est d’avoir un impact, de participer à une évolution de notre manière de voyager, et de toucher aussi les personnes qui ne sont pas forcément les plus engagées.
VA/ Quelles sont vos destinations phares ? Les voyages qui marchent le mieux ?
Personnellement, je ne suis pas une adepte des tendances et du fait de mettre sous les projecteurs une destination en particulier. Notre travail, c’est de proposer des voyages adaptés aux voyageurs : selon leurs critères, leurs envies et sachant que chaque personne est différente. A titre personnel, je suis convaincue qu’il y a de l’intérêt et de la beauté dans tous les recoins de l’Europe à partir du moment où on est curieux. Nous souhaitons aussi faire attention « au bon moment pour partir ». Nous avons d’ailleurs travaillé avec CityClimateX, une agence spécialisée dans l’analyse des données climatiques pour analyser la « santé » des territoires (analyse de la qualité de l’air et de la végétation notamment). Certaines destinations peuvent être proposées à certaines périodes, et pas à d’autres. Car être touriste, c’est aussi avoir un impact local, et en tant qu’agence, nous devons aussi recommander des voyages qui n’aggravent pas les problématiques locales.
L’idée est donc de sortir d’un discours centré uniquement sur les lieux ou les destinations même si sur notre site, nous avons gardé une entrée par pays. On ne peut pas totalement aller à rebours des habitudes des consommateurs. Notre point central reste toutefois de considérer les expériences que le voyageur veut vivre et le temps dont il dispose. Faire le choix de mettre de côté l’avion, c’est changer de rythme et il est essentiel de vivre un voyage adapté à la durée prévue. Par exemple, aller en Norvège en itinéraire bas carbone est tout à fait possible, mais cela sera un autre voyage qu’en avion avec des étapes nécessaires en chemin car les distances sont grandes. Si on a moins de deux semaines devant soi, ce ne sera pas pertinent. Il faut alors s’interroger sur ce qui nous attirait vraiment dans ce voyage. Qu’est-ce que l’on voulait vivre en allant en Norvège ? La nature sauvage ? Faire des randonnées ? Notre travail, c’est de proposer un voyage bas carbone adapté à chacun et dans ce cas, de recommander un voyage qui répond aux envies et à la durée de voyage envisagée. Ici l’Écosse peut être une alternative intéressante. Notre philosophie consiste donc à trouver un équilibre entre les attentes des voyageurs et une conception durable des voyages.
VA : Une formule toutefois qui marcherait un peu mieux que les autres ?
Les envies restent globalement les mêmes que partout ailleurs. On a des échanges similaires sur les expériences souhaitées et les lieux qui attirent en Europe. Mais notre enjeu, c’est aussi d’inspirer car on propose des voyages différents. Notre site met en avant des propositions de voyages mais nous faisons aussi beaucoup d’itinéraires sur mesure. Il existe encore une méconnaissance énorme de ce qui est possible : les réseaux ferroviaires sont très développés en Europe, y compris les trains de nuit. Notre rôle est de montrer tout ce qui est possible sans vivre un marathon. Nous présentons donc des voyages conçus pour illustrer ces possibilités, et nous réalisons beaucoup de sur-mesure en fonction des envies et des critères des voyageurs. Forcément, nous ne pouvons pas mettre tous ces projets en ligne. Par exemple, nous avons accompagné plusieurs voyageurs pour découvrir la Sicile. Ce pays se prête très bien à un itinéraire bas carbone avec un train de nuit depuis le Nord de l’Italie. En revanche, nous n’avons pas encore eu le temps d’intégrer ce voyage à notre site.
Une destination sort toutefois un peu du lot : la Suisse, notamment grâce à ses trains panoramiques et à un imaginaire très fort autour du voyage ferroviaire. Elle propose une expérience vraiment formidable mais mon message consiste à dire que l’on peut voyager en Europe autrement, sans rechercher uniquement l’expérience « train panoramique ». Voyager en train offre des bénéfices et des opportunités de découvertes uniques, où que ce soit en Europe. L’idée est d’élargir notre imaginaire du voyage. J’ai lancé cette agence pour démontrer qu’il est possible de voyager autrement en Europe car je pense si on veut continuer à voyager, il faut faire évoluer notre manière de le faire.
VA/ Avez-vous envisagé des offres pour des voyageurs plus contraints financièrement ?
Sur la partie sociale, nous essayons aussi de prendre notre part. Nous sommes une entreprise de l’économie sociale et solidaire, et nous avons mis en place quelque chose d’assez peu courant dans cette logique : le voyageur peut choisir le niveau d’accompagnement dont il a besoin. Nous proposons bien sûr la formule classique du voyage clé en main avec l’ensemble des prestations incluses : on conçoit le voyage, réserve les prestations et on fournit une assistance en chemin. Mais nous proposons aussi des formules orientées conseil. Dans ce second cas, nous concevons le voyage de la même manière, mais nous ne réalisons pas les réservations à la place du voyageur. Nous lui mettons plutôt à disposition un carnet de réservation très détaillé pour faire facilement les réservations de transports et d’hébergements avec les liens vers les bonnes plateformes.
Cela permet d’enlever une grande partie de la charge de recherche tout en rendant le service plus accessible financièrement, car il est facturé en forfait pour 1 à 4 voyageurs. Ce modèle peut être intéressant pour les voyageurs qui partent à plusieurs car il peut représenter une solution plus abordable. Toutefois, dans les faits, neuf voyageurs sur dix choisissent la formule clé en main pour éviter les nombreuses réservations à faire. La charge est importante pour les voyageurs et cette formule clé en main offre un vrai gain en sérénité avec également notre assistance en chemin. Ces formules à plusieurs niveaux nous permettent donc de rendre nos voyages plus accessibles. Notre objectif, c’est d’aider à changer les habitudes tout en s’adressant à tous. Et notre travail consiste donc à montrer qu’il est possible, même avec des budgets plus réduits, de voyager autrement. Nous donc pouvons aussi recommander certaines destinations ou certains itinéraires en fonction des contraintes budgétaires de nos clients.

VA/ Une entreprise de voyage peut donc concilier tourisme bas carbone et viabilité économique ?
Aujourd’hui, je crois qu’il est du devoir de toute entreprise de se poser la question de la durabilité. Pour moi, ce n’est même pas une question. C’est au cœur de Detour Odyssey. L’année 2026 avec ses perturbations géopolitiques, climatiques, et les effets ressentis sur notre dépendance aux énergies fossiles nous a montré que nous n’avons plus le choix. Et le tourisme doit aussi faire évoluer ses modèles et ses façons de travailler. Notre agence a intégré dès sa création une réflexion sur une activité viable et durable. Cela nous amène à nous poser des questions que d’autres ne se posent pas encore. Cela fait partie de l’ADN du projet. Nous nous interrogeons sur notre impact sur chaque champ de notre activité. Nous avons, par exemple, un site web éco-conçu pour réduire l’impact numérique. Mais ce qui peut paraitre aujourd’hui encore comme un « chemin » ou une démarche spécifique va devenir, à mon avis, le quotidien de beaucoup d’entreprises dans les années à venir.
VA / Une dernière chose à nous confier ? Un souhait pour le monde de demain ?
Mon souhait est assez simple avec une année 2026 qui nous prépare à l’avenir : faire que collectivement, nous soyons prêts au changement. Le réchauffement climatique est là, les tensions géopolitiques sont légion. Le monde qui nous entoure va nous imposer de nous adapter constamment Nous allons devoir revoir certaines de nos habitudes de vie, de consommation, ce qui n’est jamais simple. L’enjeu climatique est prioritaire : nous devons préserver au maximum notre planète pour qu’elle reste habitable pour nous en tant qu’humains. Cela nécessitera des ajustements importants et concrets dans nos modes de vie. J’invite donc chacun à accepter ce mouvement d’inconfort. Et à voir aussi quand il y en a, les opportunités que le changement peut offrir. Dans le voyage, renoncer à l’avion ou à la voiture ne signifie pas ne plus voyager mais voyager autrement : avec plus d’expériences, plus de découvertes et plus de temps pour apprécier le chemin.
Nous avons la chance d’évoluer dans un secteur où les changements peuvent apporter beaucoup de bénéfices. Ce ne sera probablement pas le cas dans d’autres domaines. Mon souhait est donc qu’un maximum d’amoureux du voyage expérimentent une autre manière de voyager et franchissent le pas. Les personnes qui testent ce type d’expériences sont ensuite convaincues. Voyons ce changement comme une opportunité positive, qui peut permettre de vivre de belles choses tout en permettant de préserver ce qu’on ira admirer….en train !
——— Aller plus loin ———-
Detour Odyssey : https://www.detourodyssey.com
Page Instagram : https://www.instagram.com/detourodyssey_/
Page LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/101164973

Par Geneviève Clastres
Auteur et journaliste indépendante spécialisée sur le tourisme durable et le monde chinois, Geneviève Clastres est également interprète et représentante de l'artiste chinois Li Kunwu. Collaborations régulières : Radio France, Voyageons-Autrement.com, Monde Diplomatique, Guide vert Michelin, TV5Monde, etc. Dernier ouvrage "Dix ans de tourisme durable". Conférences et cours réguliers sur le tourisme durable pour de nombreuses universités et écoles.
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