#TourismeDurable
La feuille de chou est là

Etika Mondo : transformer ses rêves de voyages en voyage de rêve…

| 5 août 2016 • Mis à jour le 01.08.2016 à 8h56
Thèmatique :  Acteur associatif   Acteur privé   Bons plans   Innovation   Monde   Tourisme de masse 
         

De plus en plus de jeunes rêvent de partir arpenter le monde à la rencontre d’initiatives positives. Mais entre projections idéalistes d’avant départ et réalité concrète du terrain, certains rendez-vous tournent court. Un écueil que l’équipe d’Etika Mondo propose aux aspirants voyageurs d’éviter en transformant son rêve de voyage en véritable projet. Résultat : un voyageur éthique averti pousse son rêve deux fois plus loin. Rencontre…

Voyageons Autrement : Comment est né Etika Mondo ?

Boris (l’un des créateurs d’Etika Mondo) : Notre structure est née des mouvements sociaux espagnols de 2011 qui réclamaient davantage d’éthique. Lorsque l’élan s’est brisé, nous avons, nous, eu envie de poursuivre en montrant ce qui se passait de vraiment éthique dans le monde, ce qui nous a fait passer par une phase de définition de ce qu’était une organisation et une action réellement éthiques : qui ? quoi ? comment ? pourquoi ?… On a ainsi localisé de nombreuses organisations éthiques participant partout sur la planète au changement actuel de civilisation et c’est avec elles que l’on travaille. Car, d’un autre côté, vous avez des tas de jeunes qui, sentant qu’on arrive à une limite, se mettent en quête « d’autre chose », mais qui bien souvent, partent sans savoir réellement ce qu’ils cherchent et donc… passent à côté, au moins partiellement. Ils sont d’autant moins bien préparés à vivre une telle expérience qu’on les a élevés dans une dimension du voyage faussée : voyager ? C’est voir le plus de choses possibles en payant le moins possible ; comme au supermarché ! D’autres nous interpellent : « On est au Pérou et on voudrait manger chez l’habitant, mais on trouve les gens plutôt agressifs ». Il faut alors leur expliquer que ces personnes ont peut-être, historiquement, quelques raisons d’être méfiantes et rappeler que l’authenticité n’est pas non plus un bien de consommation : c’est davantage se faire inviter que frapper aux portes, non ?…

Boris

VA : Vous aidez donc les gens à préparer leur voyage en fonction de leurs objectifs ?

Boris : De leur rêve, oui. Car on peut s’autoriser à rêver si on se donne, derrière, les moyens de rendre ce rêve possible, c’est-à-dire de transformer sa consommation du monde en véritable échange et en rencontres bénéficiant à tous, car, quand on s’est bien préparé, qu’on a transformé son rêve en projet, on est capable, à son tour, de nourrir les organisations dont on voulait apprendre, de les aider et les faire avancer. En fait, notre travail consiste à faire fusionner les aspirations idéalistes de ceux qui partent avec les attentes pragmatiques de ceux qui les recevront et humainement, les résultats sont formidables. Sans aucune frustration non plus car il ne s’agit pas de rogner les ailes à son rêve, au contraire. La première question à laquelle on aide les futurs voyageurs à trouver une vraie réponse est toujours : « Quel est ton rêve ultime ? », Qu’est-ce que tu recherches vraiment à travers ce voyage que tu veux initiatique ? S’ensuit alors un travail classique de coaching et de préparation où l’on va déterminer vers quelles organisations et acteurs se tourner en fonction des destinations et thèmes retenus par chacun (on distingue 7 grands thèmes : culture, social, écologie, éducation, démocratie, santé et économie). Puis on détermine ce que le voyageur et les divers acteurs locaux peuvent s’apporter, les organisations étant de plus en plus enclines à accueillir des jeunes bien préparés dont la collaboration prend un peu un visage d’audit amical les obligeant à se remettre en question et clarifier un certain nombre de choses. L’organisation qui accueille devient alors un véritable mentor dont les enseignements vont aider le jeune à définir peu à peu l’avenir qu’il souhaite créer. Notre voyageur passe ainsi par 4 ou 5 organisations différentes, œuvrant toutes dans le même domaine, et réalise sur elles à son retour une étude comparative mettant en lumière tous les leviers et freins avec lesquels il lui faudra compter lors de la réalisation de son propre projet de vie.

Ce qui fait qu’au terme de leur voyage de découverte, au lieu d’avoir le blues comme beaucoup de jeunes à leur retour (la « vraie » vie et les projets utopiques, c’est fini), nos explorateurs reviennent remontés à bloc de leur « Etikatour ». Non seulement ils sont allés au bout de leur projet, mais ils ont rencontré des gens qui réussissaient dans ce qu’eux-mêmes envisagent d’entreprendre et, au passage, ils ont apporté leur pierre à l’édifice. EtikaMondo les a vraiment aidés à aller plus loin dans la conscience comme dans la confiance.

Quelques exploratrices ayant transformé leur rêve de voyage en Etika Tour...

Quelques exploratrices ayant transformé leur rêve de voyage en Etika Tour…

VA : Pratiquement, cela se passe comment, cette préparation : qui, quoi, comment, combien ?…

Boris : Nous estimons qu’il convient de passer autant de temps à préparer son voyage qu’à le vivre. Ainsi, si l’on envisage de partir 6 mois, 6 mois de préparation ne sont pas de trop. L’essentiel de la préparation se passe via skype (nous sommes installés dans les Cévennes et l’équipe est éclatée un peu partout), mais on se rencontre en général en fin de préparation. Nous avons déjà accompagné une quinzaine d’exploratrices (la majorité des personnes souhaitant voyager utile en construisant un projet en même temps que leur avenir est féminine, c’est comme ça) ; 4 autres sont en pleine aventure et 4 s’y préparent. Cela dit, nous continuons à co-piloter chaque participant tout au long de son odyssée personnelle. Et bien au-delà, après son retour, s’il le souhaite. Car changer le monde, c’est bien, mais encore faut-il être sûr de le changer… en mieux ! Pour cela, il faut en évaluer la cohérence globale. Ce qui est précisément  le rôle de l’écologie de projet que nous transmettons ici.

 VA : Et cela coûte combien ? 

Boris : 200€ par mois, pour la préparation, à raison d’une grande séance de coaching via skype par semaine, accompagnée de beaucoup de travail personnel ; surtout si, en plus de la préparation, le voyageur doit chercher un financement, des sponsors, ou lancer une campagne de crowdfunding. C’est un peu le seul bémol de notre aventure, à ce stade : on intéresse beaucoup les étudiants, notamment ceux qui veulent faire de leur année de césure une année non de parenthèse, mais de construction d’eux-mêmes, mais tous n’ont pas les mêmes moyens ou des parents derrière. De notre côté, association fonctionnant sans subvention, il nous faut faire payer notre travail. On a déjà refusé divers mécènes pour conserver notre liberté et on ne veut pas non plus tomber dans le travers associatif courant où l’essentiel du temps est consacré à la communication et à la recherche de financements. Alors, on réfléchit à une caisse ouverte aux mécènes pour aider ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir notre assistance. On aimerait vraiment trouver une forme d’équilibre de ce côté… éthique, forcément.

Etika Mondo Team

L’équipe d’Etika Mondo… sous la pluie


Aller + loin : http://etikamondo.com/

 


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Par Jerome Bourgine
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