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Tourisme et Développement Durable : une grande étude fait le point…

| 16 janvier 2018 • Mis à jour le 16.01.2018 à 5h57
Thèmatique :  Acteur privé   Ingénierie   Territoire 
         

Pour clore 2017, « Année Internationale du Tourisme Durable pour le développement », le cabinet de conseil et de formation François Tourisme Consultants a réalisé une grande étude sur la prise en compte du développement durable dans les activités touristiques en France. Une occasion unique de faire le point sur la prometteuse évolution des mentalités dans le secteur du tourisme…

Réalisée durant l’été et l’automne dernier, l’enquête proposée par FTC (François Tourisme Consultant) a été menée auprès de 125 professionnels du tourisme dont 78% de dirigeants.

Si les marchés concernés par l’étude étaient au nombre de 4 : hébergements, restauration, Loisirs, Territoires & destinations, on notera que plus de 8 acteurs sur 10 ayant participé à l’enquête sont des hébergements touristiques (dont 1 tiers d’hôtels et 18% de campings).

Tous néanmoins ne sont pas des entreprises (83,5%) puisqu’un certain nombre de destinations (16,5%), OT et communes touristiques en tête, se sont prêtées au jeu.

Work in progress !

Au nombre des principaux enseignements à retirer de cette étude, « on retiendra tout d’abord, explique David Cloarec en charge de l’enquête au sein de FTC, que les professionnels ont aujourd’hui une bien meilleure connaissance des principes du développement durable qu’il y a quelques années  : piliers, démarches, labels… ».

De fait :

  • 78% des acteurs interrogés déclarent bien connaître aujourd’hui les principes du développement durable
  • 56% n’ont pas recours aux labels, auxquels ils reprochent d’être trop nombreux et de manquer de visibilité.
  • La majorité d’entre eux connaît beaucoup mieux les attentes de sa clientèle qu’il y a dix ans.
  • Idem des retombées générées par la mise en place d’une démarche de progrès, lesquelles sont d’abord économiques puis sociales.
  • Enfin, si les professionnels connaissent bien désormais les acteurs vers qui se tourner pour s’informer, ils méconnaissent encore les dispositifs d‘accompagnement prévus et attendent surtout davantage d’aide de la part des pouvoirs publics…

Enjeux et attentes…

Concernant tout d’abord les enjeux soulevés, près de 80% des dirigeants interrogés en 2017 déclarent les cerner correctement et connaître les trois piliers fondateurs du Développement Durable.

Les principales attentes de leurs clientèles reposant selon eux sur la qualité perçue (29%), les actions environnementales menées (27%), la démarche globale (17%) et, enfin, une restauration adaptée (11,5%).

A noter que parmi ceux qui proposent des questionnaires de satisfaction à leurs clients, très peu encore y intègrent les questions liées au DD.

Concernant ensuite les démarches entreprises par chacun, on notera qu’1% seulement des acteurs interrogés n’a aucune intention de faire de place au DD tandis que 90% au contraire sont d’ores et déjà passés à l’action. La moitié d’entre eux ayant débuté leur démarche par le volet environnemental tandis qu’un tiers a choisi d’agir globalement, sur tous les aspects à la fois (économiques, sociaux et environnementaux).

« Ces dernières années ont incontestablement marqué une évolution du comportement des professionnels, commente David Cloarec. Ils n’hésitent plus à prendre l’initiative, davantage d’ailleurs pour satisfaire une clientèle qu’ils sentent demandeuse et pour pouvoir se différencier que pour la démarche elle-même ».

  • Par où ils ont commencé…

Du côté des labels

Si la grande majorité des professionnels sont favorables aux labels : « leurs cahiers des charges nous donnent des repères et nous aident à nous améliorer », 18% leur demeurent opposés (« trop chers » ou « trop contraignant ») tandis que parmi les 82% qui sont pour (mais sans forcément y avoir recours !), 27% estiment néanmoins que les critères sont aujourd’hui trop exigeants et… « décourageants ».

On comprend donc parfaitement qu’au final plus de la moitié des acteurs interrogés (56%) aient choisi de ne pas avoir recours aux labels : « On peut faire du développement durable sans label, c’est moins coûteux et tout aussi efficace ». Les arguments à charge revenant le plus souvent étant que ces marqueurs officiels sont trop nombreux et manquent de visibilité comme d‘impact auprès du public.

« Il est vrai qu’il existe à ce jour dans le monde quelques 250 démarches différentes, reprend David, dont plus d’une quarantaine rien qu’en France ! Les labellisés reconnaissant eux-mêmes que le label leur est plus précieux en interne qu’au niveau communication. Ce qui n’empêche pas non plus le nombre de labellisés de continuer d’augmenter.»

Du côté des résultats

Agissant à trois niveaux, le développement durable permet logiquement d’obtenir des résultats sur chacun d’eux.

Au niveau économique, le DD, en diminuant les charges d’exploitation, permet de pérenniser la rentabilité des centres de profit (18,5%) mais aussi de se différencier de la concurrence en accroissant visibilité  et réputation (13%)

Au niveau social, le DD fédère le personnel (11%) et améliore l’esprit d’équipe (sans que l’on constate pour autant une diminution du turn-over ou des accidents de travail).

Au niveau environnemental enfin, la biodiversité est de plus en plus prise en compte, la responsabilisation croissante entraînant un impact moindre sur l’environnement (entretien, espaces verts…) comme sur la consommation (énergies renouvelables).

Pour David Cloarec, il ne fait pas de doute que « le retour sur investissement est désormais bel et bien établi et de mieux en mieux connu de tous. Qu’il s’agisse de la diminution des charges d’exploitation comme de l’amélioration de la politique RH et de l’investissement interne des équipes qui franchissent ainsi un cran au niveau qualitatif. D’où une évolution logique vers le bien-être des équipes »

Pragmatisme et esprit d’équipe…

Quand il s’agit de déterminer les démarches de développement durable à initier au sein des établissements ; deux points de vue principaux sont actuellement envisagés.

Celui, pragmatique, des priorités d’action à mettre en œuvre. Les cinq principales étant selon les décideurs : le bien-être des équipes pour 15% d’entre eux, l’accessibilité (13%), la rentabilité économique (12%), la biodiversité (9%) et la rénovation (9%).

Quand il s’agit d’un autre côté de faire émerger les thèmes les plus favorables à la fédération des équipes, c’est encore le bien-être des salariés qui arrive en tête (17%), devant la démarche de labellisation ou de certification (12%), l’événementiel durable (12%) et la biodiversité (11%).

« De ce côté-ci aussi l’évolution est intéressante, commente David, qui montre que le volet social prend de plus en plus d’importance et que les préoccupations concernant la biodiversité commencent de leur côté à être prises en compte ».

« Pas le temps ! »

Pour clore cette moisson d’informations, l’étude prenait finalement en compte les contraintes auxquels les professionnels du tourisme se trouvent confrontés lorsqu’ils veulent engager une démarche de DD.

Or, avant même la contrainte financière, c’est la temporelle (43%) qui pose le plus problème. Tant il parait difficile aux acteurs concernés de dégager une partie de leur temps de l’exploitation quotidienne de leur établissement. Alors même qu’un tiers d’entre eux déclare manquer de personnel !

Ne possédant pas suffisamment de ressources propres (et/ou ne connaissant pas les dispositifs de subventions), ils sont 29% à évoquer l’obstacle financier. Et 13% seulement à être bloquées par des contraintes techniques qui, toutes ou presque, pourraient être réglées en faisant appel à des experts.

« Si le frein économique reste stable, souligne David Cloarec, les peurs liées à l’aspect technique des démarches ont considérablement fondues ces dernières années tandis qu’au contraire, les dirigeants témoignent disposer de moins en moins de temps ».

Last but not least, on notera que le facteur humain n’est jamais absent dans ce type de dossiers, ainsi que le rappelle ce témoignage emblématique : « Quelle que soit l’entreprise, la sensibilité personnelle est le moteur. A chaque fois que la personne concernée change de poste ou part, il y a un risque de perte totale d’intérêt de l’entreprise pour le sujet du développement durable ».

« Mais ce que l’on retiendra de plus essentiel dans tout ceci, conclut David Cloarec, c’est que sous la poussée de touristes et de consommateurs de plus en plus en attente de prestations éco-responsables, le tourisme durable n’est plus désormais une niche. Il est devenu un enjeu majeur ! D’où la décision de l’ONU de créer cette année internationale. Et puis, ne boudons pas notre plaisir : cette dynamique qui vient de passer à la vitesse supérieure est encore plus puissante dans notre pays. La France a confirmé sa première place au classement établi par The Economist (Intelligence Unit) en obtenant un sustainable Index de 73,9 points (pour une moyenne internationale de 46,3. Les Etats-Unis, pour comparaison, se classant 4ième avec 59,1 points). Cela mérite d’être signalé. Et apprécié ! »

L'équipe de François Tourisme Consultants

L’équipe de François Tourisme Consultants

NB : l’ATR et l’ATES ont toutes deux pris part à cette enquête…


Tourisme et Développement Durable : une grande étude fait le point… | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Jerome Bourgine
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2 réponses à Tourisme et Développement Durable : une grande étude fait le point…

  1. morice a commenté:

    Beau travail,

    suis OK pour recevoir cette étude si possible

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