#TourismeDurable
10 ANS DE TOURISME DURABLE

Jubiler face à la beauté préservée du Bhoutan

| 11 mars 2019 • Mis à jour le 11.03.2019 à 7h59
Thèmatique :  Acteur privé   Bons plans   Monde   Portrait   Routes du Monde 
         

Le Bouthan, cet ultime royaume longtemps tenu à l’écart du monde extérieur, a ouvert ses portes au tourisme depuis quelques années. Outre une culture aussi forte qu’originale et de superbes monastères, il offre des panoramas, une faune et une flore préservés dont le visiteur conserve longtemps un souvenir ému…

Voyageons autrement : En quoi l’isolement qui fut longtemps celui du Bhoutan a-t-il préservé son authenticité ? Le ressent-on encore sur place ?
Cyrille Top : Le Bhoutan est en effet un pays qui ne s’est ouvert au monde que récemment. Avant les années 90, les Bhoutanais n’avaient tout simplement pas accès à la télévision. Puis internet a accéléré le phénomène. Affranchi de toute influence étrangère, le pays a su développer une identité forte. Ce caractère unique est visible partout : religion, architecture, vêtements traditionnels. Le terme « isolement » est peut-être mal choisi. Le Bhoutan, jamais colonisé malgré sa position géographique peu évidente entre les deux géants indiens et chinois, a rapidement choisi la voie de l’autosuffisance. Cela explique l’exceptionnel niveau de préservation de la faune et de la flore du royaume. La religion est omniprésente dans cette nation très pieuse, dernier bastion du bouddhisme Mahayana. On lui doit des forteresses religieuses (Dzong) et des temples somptueux avec au final une sorte d’homogénéité haute en couleurs.


VA : A quelles clientèles s’adresse cette destination considérée comme un véritable trésor archéologique ?
CT : Tout le monde peut y trouver son compte : les amoureux de la nature, les sportifs du dimanche ou de l’extrême, les férus de culture, d’histoire et d’architecture, les voyageurs en quête de spiritualité et de méditation, etc. Le Bhoutan propose en effet des circuits culturels accessibles au plus grand nombre et permettant de découvrir son patrimoine culturel et naturel grâce à la visite des principaux monuments du pays et à quelques randonnées ne nécessitant pas une condition physique d’athlète de haut niveau. En parallèle, ce petit pays, en partie perché sur la célèbre chaîne de l’Himalaya avec plusieurs sommets culminant à plus de 7000m d’altitude, est une destination idéale pour les treks de haute montagne. Le « Snowmen » est réputé pour être l’un des treks les plus difficiles au monde.

VA : Comment visite-t-on le Bhoutan : en individuel, en groupe, seuls ou accompagné ?
CT : Le Bhoutan se visite tout aussi bien en groupe ou en individuel. Comme pour toute destination, les voyages de groupe ont l’avantage d’être plus conviviaux et de pouvoir partager ses expériences à plusieurs. La formule individuelle permet à l’inverse une plus grande souplesse dans le choix des activités et surtout de profiter du voyage à son propre rythme.
Si vous ne le saviez pas encore, je vous l’annonce très clairement : le tourisme bhoutanais est une industrie très encadrée par les autorités. Les étrangers ne sont pas autorisés à circuler sans la présence d’un guide. Un point très positif néanmoins : tous les guides ont suivi une formation de grande qualité tant au niveau de l’apprentissage des langues étrangères qu’au niveau des connaissances et de leur condition physique.

VA : Voyageons autrement : En dehors de son attrait culturel fort, qu’a à offrir le Bhoutan à ses visiteurs ?

CT : Une nature exceptionnelle : 70% du territoire est recouvert de forêt et cette proportion à respecter est inscrite dans la constitution du Royaume. Une nourriture plutôt variée, assez épicée de manière générale, et toujours proposée en plusieurs plats par repas. Quelques plats récurrents : riz rouge, ema datshi (fromage pimenté), jasha maru (poulet émincé aux épices et aux tomates), phaksha paa (porc au piment rouge). Pour les aventuriers du palais : le butter tea (thé à base de beurre préparé au lait de yak).

VA : Voyageons autrement : La légende urbaine assure qu’il faut payer cher le droit d’accès à cet ultime royaume himalayen qui n’accepterait que peu de visiteurs chaque année. Est-ce toujours le cas ?
CT : En effet, le Bhoutan a choisi la voie d’un tourisme à forte valeur ajoutée pour éviter le tourisme de masse et ses conséquences potentiellement désastreuses. Les autorités imposent un tarif minimum qui varie selon les saisons et le type d’activité d’environ 180€ à 225€ par jour et par personne, guide anglophone, pension complète et logement inclus. À cela, il faut ajouter plusieurs suppléments pour par exemple passer d’un hôtel 3* à un établissement de 4 ou 5*, ou pour bénéficier d’un guide francophone. Les quotas de touristes sont en revanche un mythe. S’il est effectivement impératif de passer par une agence pour organiser un séjour au Bhoutan, il n’y a aucune difficulté administrative particulière. L’agence s’occupera de votre vol régional (généralement au départ de Bangkok) ainsi que de votre visa.

VA : Pouvez-vous nous décrire en quelques mots le circuit traditionnel permettant de découvrir le Bhoutan lors d’une première approche ?
CT : Un itinéraire classique vous fera passer par la capitale Thimphu avec généralement un atterrissage spectaculaire à Paro au milieu des montagnes, mais également par les superbes vallées vers le centre du pays propices à de belles balades à pied. Une bonne préparation en somme pour l’ascension du « Nid du Tigre » pour rejoindre le monastère de Taktshang niché à flanc de falaise à 900m au-dessus de la vallée de Paro.

VA : Le Bouthan semble engagé dans un tourisme respoinsable…

CT : Le Bhoutan tient à préserver son environnement naturel, sa biodiversité et ses traditions. Le secteur du tourisme n’y fait pas exception. Le royaume peut se prévaloir d’être le seul pays au monde à avoir un bilan carbone négatif (il absorbe plus de CO2 qu’il n’en émet). Par leur religion, les Bhoutanais sont très sensibles au respect des animaux et de l’environnement et il n’est pas rare de voir des chiens, chevaux ou vaches se prélasser au beau milieu de la route sans que cela ne dérange les automobilistes. Tous les guides sont extrêmement vigilants et veilleront à ce que vous ne laissiez aucune trace de votre passage.

VA : Quelle dimension de leur voyage les ayant comblés vos clients mettent-ils en avant lorsqu’ils quittent le pays ?
CT : Des paysages à couper le souffle, une population humble et accueillante, un patrimoine culturel et religieux exceptionnel.

VA : Quels avantages y a-t-il à découvrir ce pays pendant qu’il se trouve encore en dehors des sentiers battus ?
CT : Consultez votre entourage : vous constaterez que très peu de gens s’y sont rendus. C’est loin et c’est cher certes… mais le Bhoutan est une destination unique qui se mérite.

VA : Peut-on approcher la population du Bhoutan et entrer en contact avec elle ? Parlent-ils anglais ?
CT : Absolument. La nouvelle génération maîtrise parfaitement la langue de Shakespeare grâce notamment à l’influence de l’Inde. Si vous prêtez l’oreille, vous décèlerez chez beaucoup de Bhoutanais un petit accent indien. De toutes les manières, votre guide sera toujours à vos côtés pour vous servir d’interprète si vous souhaitez échanger avec des personnes non-anglophones.

VA : Que n’a-t-on dit qui soit important pour vous ?
CT : Mes parcours personnel et professionnel m’ont fait traverser de nombreux pays mais je vous avoue que le Bhoutan a pris dans mon cœur et mes souvenirs une place particulière.

Le site web d’Exquisite Bhutan : voyagebhoutan.com


Jubiler face à la beauté préservée du Bhoutan | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Jerome Bourgine
Ecrire et voyager. Voyager et écrire... Depuis 50 ans.
Facebook

Découvrez nos abonnements

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

10 ANS DE TOURISME DURABLE
L'actu en continu
Les catalogues Voyagiste

Agenda