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La pandémie en Espagne, vue par une expaT.

| Publié le 11 mars 2021 • Mis à jour le 11 mars 2021 à 13h36
         

Un an après le début de la pandémie, Stéphanie, expatriée française à Madrid, donne un éclairage sur la gestion de la crise sanitaire en Espagne. Rencontre et petit point sur la situation d’un pays ayant particulièrement souffert de la pandémie à ses débuts. 

Madrid © Domaine public
Madrid © Domaine public

Une gestion de la crise aux mains des communautés autonomes

« La situation dépend en fait vraiment du quartier dans lequel on habite », commence Stéphanie, journaliste installée dans le quartier de Silvano à Madrid avec sa famille depuis l’été 2020. Avant de poursuivre, elle explique que l’Espagne compte 17 communautés autonomes ou régions – dont Madrid -, et deux villes autonomes, Ceuta et Melilla. « C’est important de le savoir car ce sont elles qui décident de ce qui se fait ou pas dans les domaines de la santé et de l’éducation, à part l’année dernière quand il y a eu un confinement national », précise-t-elle. Ainsi, à Madrid, les mesures prises par le gouvernement en terme de gestion de la crise sanitaire varient d’une communauté à une autre et même d’un quartier à un autre. « Le mien, par exemple, a été mis en confinement en janvier jusqu’à mi-février parce car le taux d’incidence – nombre de cas positifs au coronavirus pour 100 000 habitants – était très élevé et il y a un seuil au-delà duquel les autorités décident de confiner un quartier », explique Stéphanie. Il ne fait apparemment pas figure d’exception car la journaliste explique que jusqu’à mi-février, environ un tiers de la population madrilène était confinée. « C’est quand même beaucoup ! », s’exclame-t-elle avant de poursuivre sur les règles du confinement : « En gros, on ne peut sortir que si on doit aller travailler et si son entreprise est dans un autre quartier, elle doit donner une autorisation. Il y a aussi des motifs impérieux comme des rendez-vous de santé ou bien si l’école des enfants est dans un autre quartier ». A propos, ces dernières restent ouvertes mais la fermeture de classes est fréquente : « C’est assez drastique car il suffit d’un cas de COVID pour qu’une classe soit fermée, et ce pendant 10 jours ». 

Madrid, Calle de Alcalá © Domaine public
Madrid, Calle de Alcalá © Domaine public

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Une impression de plus grande liberté qu’en France

« On vit la pandémie et la crise qui va avec un peu en fonction de sa situation personnelle. Si on n’est pas dans un quartier confiné, si on n’a pas d’enfants qui le sont et si on n’est pas malade, effectivement les conditions sont idéales, après, ce n’est pas la liberté totale comme on peut l’entendre en France« , poursuit Stéphanie en précisant que ce qui fait rêver les Français, c’est le fait que les bars et les restaurants soient toujours ouverts, avec un couvre-feu relativement tardif – 23h ou minuit -. Il est vrai que Barcelone et Madrid sont des villes internationales où l’on parle de nombreuses langues. Et, pour vous sentir en confiance, nous vous recommandons d’apprendre quelques  phrases utiles en espagnol  pour vous aider à vous débrouiller et profiter de la vie sociale et semi-nocturne pendant les vacances de février.

« En apparence, on a presque l’impression d’une vie tout à fait normale« , conclut-elle. Stéphanie en profite aussi pour parler de la population espagnole qu’elle estime très respectueuse des gestes barrière, en particulier à Madrid : « Les gens portent systématiquement le masque – et comme il faut ! – que ce soit dans la rue, dans les magasins ou dans n’importe quel espace public ». Quant aux contrôles, elle révèle n’avoir jamais été contrôlée et raconte qu’ils sont plutôt aléatoires mais les amendes peuvent être plus élevées qu’en France oscillant en effet entre les sommes de 100 et de 600 euros pour une première infraction

Parc Güell, Barcelone © Elisabeth Blanchet
Parc Güell, Barcelone © Elisabeth Blanchet

Les Français en Espagne et les liens entre les deux pays

Question prise en charge des soins, Stéphanie explique s’être inscrite – ainsi que les membres de sa famille – au centre de santé – Centro de Salud – de son quartier juste après son installation. « Ce sont eux qui nous appelleront sans doute pour les vaccinations. On a une couverture sociale espagnole et une mutuelle espagnole » : ajoute-t-elle, tout comme la majorité des Français installés en Espagne dont le nombre est estimé à 150 000 ressortissants, l’immense majorité vivant autour des deux grandes villes du pays : Madrid et Barcelone. La proximité de la France n’empêche pas des connections toujours difficiles entre les deux pays. « Il faut un PCR négatif de moins de 72 heures pour rentrer en France et pareil pour venir en Espagne. Il n’y a pas interdiction de voyager mais il faut se plier à des règles qui peuvent changer« . 

Palmiers sur la plage de Barcelone © Elisabeth Blanchet
Palmiers sur la plage de Barcelone © Elisabeth Blanchet

Une campagne de vaccination bien entamée

« Quant à la vaccination, nous n’avons pas encore été appelés mais j’ai entendu que ça avançait pas mal notamment par rapport à la France et à l’Italie », enchaîne Stéphanie. En effet, le 19 février, 3 millions de personnes avaient reçu au moins une dose de vaccin et le gouvernement espagnol a annoncé qu’entre 15 et 20 millions de personnes sur 46 millions d’habitants seraient immunisés en mai. L’Espagne espère qu’au mois de juillet, 70 % du pays sera vacciné, ce qui lui permettrait de sauver la campagne estivale. Un été immunisé et démasqué auquel nous rêvons tous… A ce propos, Stéphanie est optimiste. « On dirait que la tendance est à déconfiner, les chiffres de contamination ont l’air de baisser. J’espère que nous sommes sur la bonne voie« , conclut-elle. 

Grenade © Elisabeth Blanchet
Grenade © Elisabeth Blanchet

La pandémie en Espagne, vue par une expaT. | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Elisabeth Blanchet
Ancienne prof de maths, je me suis reconvertie dans le photo journalisme en 2003 à Londres où je vivais. J’ai travaillé pour différents magazines dont Time Out London et j’ai développé des projets à longs termes dont un sujet les préfabriqués d’après-guerre, une véritable obsession qui perdure, les Irish Travellers -nomades Irlandais- dans le monde, les orphelins de Ceausescu - je suis des jeunes qui ont grandi dans les orphelinats du dictateur depuis 25 ans -. Je voyage beaucoup et j’adore raconter des histoires en photo, avec des mots, en filmant, en enregistrant… Des histoires de lieux, de découvertes mais surtout de gens. Destinations de cœur : Royaume-Uni, Irlande, Laponie, Russie, Etats-Unis, Balkans, Irlande, Lewis & Harris Coup de cœur tourisme responsable : Caravan, le Tiny House Hotel de Portland, Oregon – Mon livre de voyage : L’Usage du Monde de Nicolas Bouvier – Le livre que je ne prends jamais en voyage : L’oeuvre complète de Proust à cause du poids – Une petite phrase qui parle à mon cœur de voyageur : « Home is where you park it »
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