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La feuille de chou est là

Ecolabel européen : les atouts de la vertu…

| Publié le 15 mai 2020 • Mis à jour le 15 mai 2020 à 15h02
Thèmatique :  Institutionnel   Labels 
         

Mis en place depuis plus de 15 ans, l’écolabel européen ne distingue encore qu’un petit nombre d’hébergements touristiques. Certes exigeant, il possède en conséquence des qualités majeures : fiable, vertueux et reconnu du consommateur qui commence à en faire un critère de choix, il induit des économies de fonctionnement conséquentes et permet par ailleurs de se démarquer de la concurrence. D’où le regain (record) de demandes enregistré par l’Afnor et l’ADEME depuis la crise sanitaire…

C’est en 2003 que fut créé l’écolabel européen destiné aux hébergements touristiques. Etendu en 2005 aux campings, il fut complété en 2009 puis de nouveau révisé en 2017. Désiré par la commission européenne et valable pour les 27 pays de l’union (ce qui lui confère une force et une notoriété uniques), il dépend, en France, du ministère de la transition écologique et est mis en place concrètement par l’ADEME (l’agence nationale de la transition écologique) après avoir été certifié par l’Afnor.

Un label hyper-performant

Conçu par l’ensemble de l’écosystème touristique (professionnels, ONG environnementales, organismes certifieurs, administration…) c’est un label multicritères extrêmement complet qui scanne l’ensemble des établissements de la cave au grenier en passant par le personnel, les fournisseurs et jusqu’à l’accueil des clients ! Ses principaux critères ? La gestion, les réductions d’énergie, l’eau, les denrées et autres approvisionnements (favorisation du local), les déchets et rejets et, enfin, la sensibilisation de la clientèle. Particulièrement rigoureux (une chasse d’eau ne doit pas consommer plus de 4,5l et une ampoule allumée plus de 5h/jour est forcément de classe A), le label fait l’objet d’un renouvellement tous les deux ans. Contrairement au label Bio par exemple (une tomate bio fait du bien au corps, mais son transport en camion depuis l’Espagne est une catastrophe pour la planète), il garantit l’excellence de l’ensemble de la chaîne.

Résultat : même si le label n’est aujourd’hui détenu que par un nombre restreint d’établissements, il est un signe de reconnaissance fiable et renommé garantissant un impact minimum sur l’environnement… et la santé ! « 358 établissements d’hébergement touristique sont aujourd’hui labellisés dans les 27 pays européens, explique Pauline Valéro, à la direction du pôle tourisme de l’Afnor. Dont 208 sont français. Notre pays étant clairement en avance de ce côté. Ce sont les hôtels qui arrivent chez nous en premier, suivis des campings, des villages vacances puis des gîtes. Ce qui différencie ce label de nombre d’autres, c’est d’abord sa renommée. Une étude de l’ADEME menée en 2018 montre que si 20% seulement des personnes interrogées s’étaient déjà rendus dans un établissement éco-labellisé, 70% connaissaient le label, 80% trouvait important qu’un établissement soit labellisés et que 90% de ceux qui avaient choisi un hébergement labellisé avaient tenu compte de l’écolabel au moment de leur choix ».

Un impact vertueux… pour tous !

Combien ils ont bien fait puisqu’une étude datant de 2020 montre qu’en plus de favoriser clairement la production et le travail local, la labellisation génère des résultats dès la première année de certification : 34% de consommation d’eau en moins, 17% de consommation énergétique en moins, 82 % (!) de production de déchets en moins et… 90% d’utilisation de détergents en moins ! « Le nettoyage entre autres est révolutionné, témoigne François D, propriétaire d’un hôtel de taille moyenne dans le sud de la France. Et, côté déchets, j’ai calculé qu’on en remettait en moins, dans la nature, chaque année, l’équivalent d’un Airbus A320… Sans les sièges ! ».

Ce qui fait qu’au nombre des avantages retirés par la labellisation du côté des titulaires (satisfaits du label et le recommandant à leurs confrères à plus de 70%), on notera, en premier chef, les économies et réductions de coûts substantielles obtenues. C’est ainsi que le bon vieux vinaigre d’alcool est revenu à la mode dans le cadre des opérations ménagères, remplaçant pour des résultats identiques nombre de détergents et produits chimiques ayant des conséquences néfastes sur la nature, mais aussi sur la santé de chacun.

Si l’image de l’établissement labellisé ne peut qu’être rehaussée par l’écolabel, ce dernier permet donc également aux établissements de se distinguer de la concurrence et d’être l’argument faisant (parfois) basculer la décision du consommateur au moment du choix comme l’a montré l’étude de l’ADEME. Enfin, ainsi qu’on en témoigne dans les Landes au camping du Vieux Port (lequel dispose d’un grand parc aquatique), la labellisation entraîne une implication accrue du personnel, lequel se sent valorisé de participer ainsi à une démarche citoyenne exemplaire. Sans négliger une fidélisation du personnel saisonniers entraînant elle-même une satisfaction accrue des clients, heureux de retrouver été après été « les mêmes têtes ».

Alors, bien sûr, on l’a dit, la démarche est exigeante. Mais, on l’a vu également : elle offre un nombre de contreparties tout à fait conséquentes. Enfin, ainsi que le rappelle Elizabeth Ferro-Vallé, en contact quotidien avec les professionnels dans le bureau Afnor de Nantes : « Tous les candidats à la labellisation sont accompagnés du début à la fin et l’ADEME, le bras armé du ministère, propose des aides de manière continue. Financières et de conseil. Ainsi, rien qu’en Bretagne, deux personnes sont entièrement dédiées au programme de soutien à la labellisation qui vient d’être mis en place. Cela tombe à pic puisque, depuis le début de la crise sanitaire liée au covid19, nous enregistrons une augmentation sensible du nombre des demandes. Alors même que les gens sont de plus en plus sensibles aux aspects environnementaux de ce qu’ils appellent « le monde de demain ». Qui commence donc… maintenant !».

Comme quoi, même dans le tourisme, premier secteur d’activité au monde et, de tous, le plus impacté (de manière catastrophique pour nombre de petites structures), ce fichu virus aura également eu un impact positif.


Ecolabel européen : les atouts de la vertu… | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Jerome Bourgine
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