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La feuille de chou est là

Comment les écogites viennent au monde…

| Publié le 24 août 2015 • Mis à jour le 24 août 2015 à 8h35
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Responsable technique des Gites de France pour l’Ardèche, Pascal Raimbault accompagne les personnes désireuses d’ouvrir un écogite depuis leur projet jusqu’à la commercialisation. Un véritable partenariat dont il retire une satisfaction d’autant plus grande qu’au-delà de la certification, ce long chantier débouche sur la naissance de « véritables habitats naturels ». Rencontre avec un passionné…

Pascal Raimbault

Pascal Raimbault

Vous accompagnez les porteurs de projet d’écogites depuis la réalisation des plans jusqu’à la remise des clés. Pourquoi une collaboration aussi étroite ?
Au regard des exigences particulières d’un chantier d’éco-construction, il nous a paru important d’être aux côtés des porteurs de projets dès la départ. Avant même d’engager toute construction, l’intégration du nouvel habitat dans l’environnement et la préservation du terrain naturel font, par exemple, partie des critères de certification et il faut donc veiller à ce que les gens ne partent pas dans une mauvaise direction. Et puis ensuite, dès le terrassement, la question se pose de savoir ce que l’on va faire des terres déplacées : créer un potager ? Aménager un espace… ? Et si la terre en question est polluée, va-t-on choisir de la dépolluer ou bien d’apporter de la nouvelle terre, etc. L’important étant que le propriétaire aux côtés duquel nous nous élançons ne commette pas d’erreur et soit certain, au final, d’obtenir sa certification.

Se lancer dans la construction d’un écogite implique donc de se soucier du moindre détail ?
Jusqu’au sort réservé aux déchets du chantier ! Qui devront être triés et réutilisés plutôt que brûlés. Raison pour laquelle nous conseillons aux gens de passer si possible par des éco-artisans au fait des diverses pratiques et contraintes spécifiques via la charte à laquelle ils ont souscrit. En Ardèche, heureusement, département préservé et plutôt en avance dans ce domaine, on commence à trouver ce qu’il faut en termes de métiers ; du côté de l’électricité tout du moins, les maçons demeurant encore, pour l’heure, moins nombreux. C’est l’ensemble de ces détails et des réflexions préliminaires associées au chantier qui font qu’on y passe plus de temps et le rendent plus long (24 à 30 mois) qu’un chantier ordinaire, car une fois que l’on est engagés dans la mise en œuvre proprement dite, que l’on isole avec de la fibre de bois ou de la laine de verre, prend le même temps.

Sur quels points êtes-vous le plus amenés à intervenir ? A quels aspects les gens ne pensent-ils pas forcément ?…
Tout ce qui concerne les extérieurs : l’éventuelle végétalisation de la structure, l’intégration des panneaux solaires, envisage-t-on réaliser un mur de pierres sèches ? Un potager ?… Et puis il y a la végétalisation du lieu également : quelles essences va-t-on planter ? Elles doivent être locales, peu gourmandes en eau et – c’est capital dans notre région – non allergènes : exit donc platanes, bouleaux, cyprès et chênes. A chaque printemps, des légions de personnes fuient la vallée du Rhône à cause des allergies déclenchées par ces plantes.

Etes-vous aujourd’hui amené à accompagner de nombreux chantiers d’écogite ?
6 ou 7 par an en moyenne depuis quelques années ; ce qui représente environ 8% du nombre des nouveaux gites construits. Nous sommes aujourd’hui dans notre septième année de certification, sachant que le mouvement des écogites est initialement parti des Hautes Alpes et de la Savoie où la haute saison touristique est hivernale et où donc performance énergétique et économies de chauffage acquièrent une dimension capitale : sur-isolé et chauffé aux granules de bois, la facture d’une éco-construction est diminuée de moitié ! Après ces deux départements qui offrent une subvention aux bâtisseurs d’écogites (aidant ainsi souvent ceux qui hésitaient encore à franchir le pas), c’est sans doute dans le nôtre qu’on en voit le plus surgir. Même si l’Ardèche n’accorde pas de subvention, entre les économies de chauffage et d’eau et la production d’énergie solaire, le propriétaire est assuré de rentabiliser un investissement légèrement supérieur (en raison du coût des matériaux) au bout de 8 à 10 ans. Mais au-delà du seul calcul financier, les gens sont simplement ravis d’avoir effectué ce choix parce qu’il leur a permis de réaliser un véritable habitat naturel (sans climatisation, ni cumulus, ni PVC).

Proposer à la location un écogite apporte-t-il un plus aux propriétaires ?
Cela permet déjà de se différencier et de figurer sur le site des écogites. Et même si la majorité de la clientèle n’est pas (encore) forcément sensible à l’argument, vous trouvez néanmoins de plus en plus de personnes – des citadins notamment – qui souhaitent se mettre en phase avec leurs aspirations dans ce domaine et privilégient ce type d’offres. Sans négliger toute la clientèle des pays du Nord, Belges et Allemands en tête, qui sont, eux aussi, très sensibles à la question.

un écogite ardéchois

un écogite ardéchois

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans ce travail ?
Tout d’abord, la satisfaction est évidente, là où il n’y avait qu’une ruine, de voir surgir une construction neuve et respectueuse de l’environnement et de se dire qu’on a, modestement, participé à sa réalisation. La démarche étant relativement technique, un véritable partenariat s’installe avec le porteur de projet pour parvenir à concrétiser au mieux son souhait tout en respectant le cahier des charges. Humainement, c’est donc riche. Mais il y a davantage encore : plus globalement, lorsque l’on voit le résultat obtenu et que l’on constate, dans les faits, que pour un confort et des aménagements identiques, on obtient un habitat permettant de réaliser des économies conséquentes tout en préservant la nature, on est vraiment heureux de participer à la promotion de ce type de constructions. Et quand, de plus, on réfléchit deux minutes aux tonnes de déchets de construction que représente un chantier ordinaire, on ne peut s’empêcher de se dire : quel dommage que l’éco-construction ne soit pas davantage encouragée. Tous les artisans en cours de formation, par exemple, devraient être sensibilisés à cette dimension de leur métier, recevoir au moins quelques cours et être renseignés sur cette qualification qui va devenir de plus en plus utile…

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Par Jerome Bourgine
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