#TourismeDurable

TOURISMED : un projet européen pour la promotion du pescatourisme

| 6 juillet 2019 • Mis à jour le 10.07.2019 à 18h21
Thèmatique :  Acteur privé   Espaces protégés   Guides   Initiative régionale   Innovation 
         

Les résultats du projet européen TOURISMED, dont le but est de promouvoir le pescatourisme comme pratique durable en Méditerranée, viennent de tomber. La Chambre de Commerce Italienne pour la France de Marseille, l’un des partenaires du projet, a organisé le jeudi 27 juin auprès du siège de la Métropole Aix-Marseille-Provence une matinée de présentation et échanges. Grâce à un travail de fond mené avec des pêcheurs concernés par le pescatourisme dans six pays du bassin, un business modèle a été créé pour développer cette activité de tourisme durable. Gros plan sur le pescatourisme et son développement dans six territoires côtiers méditerranéens.

Pescatourisme (c) milla74 fotosearch Stock Photography

Le pescatourisme, quésaco ?

Dans “pescatourisme”, on entend “pesca qui signifie “pêche” en italien et en espagnol, et bien sûr le mot “tourisme”. Vous l’aurez donc deviné, le pescatourisme est une activité de diversification liée à la pêche artisanale. Elle donne la possibilité à des pêcheurs professionnels d’accueillir à bord de leur embarcation un certain nombre de personnes qui découvrent avec eux le monde de la mer et de la pêche. Cette activité s’est développée ces dernières années, notamment en Méditerranée, à cause de l’épuisement des resources naturelles en poissons. “En parlant avec des pêcheurs du Port de San Nicola dans la commune de Trabia en Sicile où je vis, ils m’ont dit qu’il y avait de moins en moins de poissons et que leur métier relevait de plus en plus de la survie, j’ai pensé à l’idée du pescatourisme pour palier au problème de pénurie de poissons“, explique le Sicilien Alessandro Melillo, responsable du projet TOURISMED.

 

© TOURISMED

De la Sicile à l’Union Européenne, TOURISMED mode d’emploi

Alessandro décide alors de monter un projet qui ne limitera pas au cas particulier de San Nicola et qui développera un business modèle en travaillant avec des pêcheurs d’Italie, de Chypre, de Grèce, d’Albanie, d’Espagne et de France. L’idée prend et le projet, appelé TOURISMED, est financé par l’UE via le programme INTERREG MED en partenariat, entre autres, avec la Chambre de Commerce Italienne pour la France de Marseille. Initié en février 2017, le projet compte aujourd’hui 142 pêcheurs impliqués et 22 itinéraires de pescatourisme – liés au patrimoine maritime traditionnel et à la valorisation des produits de la mer – créés par ces derniers. “Concrètement, il s’agit de partager le quotidien d’un pêcheur. Ce dernier est un vrai porteur de valeur du territoire. Il raconte des anecdotes, montre le territoire différemment”, explique Alessandro. Il ajoute qu’un des autres atouts de TOURISMED est de “faire se rencontrer des pêcheurs de différents horizons. C’est très drôle, même s’ils ne parlent pas la même langue, ils se comprennent tout de suite, comme s’ils parlaient le même langage”.

© TOURISMED

Un business modèle complexe se heurtant aux différences de législation

Très vite, Alessandro évoque aussi les difficultés : “Il y a des pays où c’est plus difficile d’obtenir un permis de pêche par exemple, surtout pour les petits pêcheurs. Dans d’autres pays comme en France, les passagers n’ont pas le droit de mettre la main à la patte pour aider physiquement le pêcheur. Impossible aussi de déguster la pêche ensuite ensemble, alors qu’en Sicile c’est possible”. Il précise donc que le business modèle prévoit une aide et un accompagnement dans tout ce qui est administratif et législatif, une aide à l’équipement des navires est aussi prévue ainsi que des modules de formation.

© TOURISMED

Sur les côtes françaises…

En France, c’est la coopérative d’activité et d’emploi Petra Patrimonia Corsica qui est partenaire du projet. “Nous travaillons avec des pêcheurs des ports de Propriano, Bonifacio, Solenzara et Ajaccio, l’idée est de s’appuyer sur les collectivités locales car les pêcheurs ont déjà beaucoup de boulot”, explique Rémi Bellia, chargé de mission pour Petra “Maritima”. “Nous avons 5 bateaux habilités, 5 itinéraires développés et 22 pêcheurs impliqués auxquels nous avons aussi appris à faire des dossiers et apporté des formations notamment sur la diversification et le lien avec l’agrotourisme“, poursuit-il. En septembre 2018, hors saison, Petra “Maritima” a organisé avec les pêcheurs le mois du pescatourisme pendant lequel des tours sont offerts gratuitement. “Les questionnaires d’évaluation ont révélé que les passagers avaient beaucoup aimé mais qu’il y avait une certaine frustration de ne pas pouvoir ni participer à la pêche ni déguster les prises”, conclut Rémi.

© TOURISMED

Le danger du secteur privé

Il profite aussi de son intervention pour alerter sur un éventuel danger du secteur privé. Si le pescatourisme se développe, certains risquent en effet de s’improviser pêcheurs et de donner l’occasion à leurs passagers de pratiquer ce que les vrais pêcheurs ne sont pas autorisés à faire. D’où la nécessité d’une réglementation sur le pescatourisme. “On aimerait que la loi s’assouplisse, le résultat de la pêche reste le même avec ou sans touristes. Plutôt que de rajouter des filets, avoir des touristes à bord, c’est mieux, ça compense”, plaide Serge Piro, un pêcheur au thon rouge qui pratique le pescatourisme à Carry-le-Rouet dans les Bouches-du-Rhône. L’idée serait en effet de s’inspirer de l’agritourisme et de ses réglementations.

En attendant, pour Patrick Boré, vice-président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, “le pescatourisme participe à l’attractivité du territoire, il s’agit de valoriser la pêche et cela fait partie de ce que nous avons intégré dans notre “Livre bleu”, de trouver le juste équilibre entre préserver et développer“.

© TOURISMED


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Par Elisabeth Blanchet
Ancienne prof de maths, je me suis reconvertie dans le photo journalisme en 2003 à Londres où je vivais. J’ai travaillé pour différents magazines dont Time Out London et j’ai développé des projets à longs termes dont un sujet les préfabriqués d’après-guerre, une véritable obsession qui perdure, les Irish Travellers -nomades Irlandais- dans le monde, les orphelins de Ceausescu - je suis des jeunes qui ont grandi dans les orphelinats du dictateur depuis 25 ans -. Je voyage beaucoup et j’adore raconter des histoires en photo, avec des mots, en filmant, en enregistrant… Des histoires de lieux, de découvertes mais surtout de gens. Destinations de cœur : Royaume-Uni, Irlande, Laponie, Russie, Etats-Unis, Balkans, Irlande, Lewis & Harris Coup de cœur tourisme responsable : Caravan, le Tiny House Hotel de Portland, Oregon – Mon livre de voyage : L’Usage du Monde de Nicolas Bouvier – Le livre que je ne prends jamais en voyage : L’oeuvre complète de Proust à cause du poids – Une petite phrase qui parle à mon cœur de voyageur : « Home is where you park it »
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