#TourismeDurable

Tourisme participatif : les nouveaux bénévoles

| 20 octobre 2011 • Mis à jour le 22.10.2011 à 10h20
         

A l’occasion des 7 èmes Rencontres du etourisme institutionnel, Jean-Luc Boulin, directeur de la Mission OTSI et Pays Touristiques d’Aquitaine (MOPA), animera un atelier consacré au bénévolat et au tourisme participatif. Une tendance forte à laquelle s’intéresse de près le  tourisme institutionnel.

On les appelle Greeters ou Couchsurfers, ils pratiquent un tourisme différent, centré sur des valeurs de partage et sur le plaisir de la rencontre. Initié par un sentiment identitaire, le tourisme participatif, né à New York, se développe aujourd’hui sur des territoires ruraux. Il correspond aussi à une tendance, où dans un monde totalement globalisé, ce qui est local prend d’autant plus d’importance.

Pour JL Boulin, de plus en plus de communautés affinitaires vont continuer de se développer, nous assistons donc à un mouvement de fond, propulsé par l’internet, auquel les organismes locaux de tourisme doivent s’intéresser.

Un constat : une offre significative

En France, on les retrouve à Nantes, Marseille ou encore Paris ainsi que sur des territoires ruraux comme dans le Tarn ou le Pas de Calais. Les greeters font visiter leur ville ou leur territoire aux touristes. Le Couchsurfing, que l’on pourrait traduire par le fait de « passer d’un canapé à l’autre », propose une autre forme de tourisme alternatif, avec un hébergement chez l’habitant.
JL Boulin : L’offre de ce type de tourisme est aujourd’hui significative. Sur la région Aquitaine, si l’on recense l’ensemble des membres du réseau CouchSurfing et Hospitality Club, cela correspond à plus de la moitié de la capacité d’accueil du département du Lot-et-Garonne. Ce n’est pas neutre car cela représente une offre réelle, et un responsable touristique ne peut pas totalement l’ignorer.

Comment les organismes locaux de tourisme doivent-ils envisager cette offre ?

JL Boulin : Le bénévolat dans l’accueil touristique n’a rien de nouveau. Les premiers syndicats d’initiatives furent portés bénévolement avant les années 1900 par des notables locaux dans l’objectif de mieux faire connaitre leur territoire et d’organiser l’accueil. Motivés par un fort attachement à l’identité locale, ces bénévoles attendaient aussi une reconnaissance de leur engagement.
Ce sentiment identitaire est aujourd’hui un moteur de cette nouvelle forme de tourisme participatif.

Il faut donc au minimum établir le contact avec les accueillants, dans l’objectif de mettre en place une collaboration. L’organisme local de tourisme peut les accompagner dans leur accueil en fournissant un certain nombre d’informations touristiques, mais doit aussi bien sûr valoriser ce type d’offre.

Aujourd’hui, nombreux sont les habitants qui pratiquent des activités de tourisme et de loisirs chez eux, tous ont envie d’en parler et beaucoup le font sur Internet. Pour JL Boulin, nous assistons donc à un grand mouvement d’échange où l’identité locale et les habitants sont remis au centre du processus.
Pour aller plus loin, c’est une véritable réflexion sur le bénévolat et la place de l’habitant dans son écosystème touristique qui doit être mise en place. Avec cette forme de tourisme participatif, c’est l’occasion de remettre l’habitant dans le contexte touristique local, avec pourquoi pas un rôle d’ambassadeur de la destination.
Ces bénévoles accueillants (in situ), sont doublés de bénévoles en ligne qui commentent et publient du contenu sur leur expérience et participent ainsi à la promotion du territoire.

Pour un Office de Tourisme, il s’agit dans un premier temps de recenser l’offre tout en laissant vivre la communauté, de valoriser les habitants qui s’investissent en leur offrant un véritable statut d’ambassadeur local mais aussi valoriser les bénévoles qui produisent  en ligne. Tout cela participe fondamentalement du même mouvement au sein duquel visiteurs et habitants participent à l’activité touristique : ce sont les nouveaux bénévoles.

Cette forme de tourisme n’a pas vocation à remplacer un offre existante, mais  représente plutôt un complément puisqu’elle correspond à une clientèle différente. De plus, ce qui n’est pas dépensé en hébergement avec le couchsurfing le sera différemment sur le territoire, l’impact sur l’économie locale de ce type de clientèle ne doit donc pas être négligé.

Plus d’informations sur les Rencontres du etourisme institutionnel (Pau, les 25 et 26 octobre 2011)

Suivre JL Boulin sur Twitter :


Tourisme participatif : les nouveaux bénévoles | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Sebastien Repeto
Fondateur de l'Agence Social Media My Destination, Sébastien est avant tout un passionné de voyage.
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Une réponse à Tourisme participatif : les nouveaux bénévoles

  1. pro_vence a commenté:

    Bonjour,
    il est assez rassurant de voir que l’humain reste important. Mais j’ai tout de même un peu de mal avec cette notion du bénévolat dans le tourisme et notamment avec les greeters. D’aucuns prétendent qu’ils ne concurrencent pas les guides professionels. Soit.
    Le discours autour de ce phénomène est malgré tout très gênant: les greeters, “véritables ambassadeurs de leur territoire, authentiques…” se présentent ainsi de façon très positive (c’est le but, bien sûr), mais sous-entendent quand-même que les visites guidées “classiques” sont ringardes, peu attractives.
    Et vous en parlez dans la catégorie “tourisme participatif” – je vous assure que les guides professionnels interagissent forcément avec leur public, c’est parfois très joyeusement participatif.

    Je suis moi-même bénévole dans une association. Donc, je sais que le bénévolat est important. Mais j’ai un problème avec la culture du gratuit (gratuit pour qui ?) qui se développe partout. Parce que c’est gratuit, c’est forcément mieux, plus authentique ? Attention: il faut soutenir l’emploi local. Cela ne vaut pas seulement pour les pays en développement, mais aussi pour nous ici. N’est-ce pas plus responsable ?

    J’aimerais juste que les guides, dont je suis, puissent avoir une aussi bonne visibilité que les greeters (le souci: nous n’avons pas leurs moyens mis à disposition par les CDT, OT et autres institutions pour financer leurs superbes sites web, donc le gratuit est bien financé, voyez). Après, nous pourrions peut-être parler de complémentarité, mais pour l’instant les guides ont vraiment plutôt l’impression d’être ringardisé(e)s, pas reconnu(e)s. Merci de nous faire une meilleur publicité, si possible.

    Bon, excusez-moi d’être aussi longue, cela me démange depuis un moment ;-)

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