#TourismeDurable
La feuille de chou du tourisme durable

Quand un passionné vous ouvre les portes de l’Indonésie…

| 16 février 2019 • Mis à jour le 16.02.2019 à 9h00
Thèmatique :  Acteur privé   Bons plans   Guides   Territoire 
         

Après avoir sillonné l’Indonésie des années durant, Dominique Clarisse a fini par s’y installer et par mettre sa grande connaissance du terrain au service des autres. Ainsi son agence Azimuth Adventure Travel Ltd propose-t-elle une découverte en profondeur de cette mosaïque de territoires et de cultures qu’est ce pays archipel. Petit survol…

Voyageons autrement : Qu’est-ce qui vous a fait tomber amoureux de l’Indonésie au point d’y vivre ?

Dominique Clarisse : En 1992, jeune reporter photographe, j’ai accompagné un paléontologue pour prendre des photos des fossiles qu’il trouvait. J’en ai profité pour réaliser un reportage sur les Papous, en montagne, où je me suis, d’un coup, retrouvé à l’âge de pierre. Je venais de mettre le pied dans une autre Indonésie, située hors des sentiers battus et hors du temps : une révélation. Peu après, une mésaventure qui aurait pu me dégoûter du pays m’y a au contraire attaché plus profondément encore : m’étant fait voler mon appareil-photo ainsi que toutes mes pellicules, j’étais désespéré. J’ai conté par   hasard mes malheurs à une jeune Javanaise qui m’a aussitôt invité à me joindre à la grande réunion de famille où elle se rendait. J’y fus non seulement très entouré, mais un de ses oncles décida de m’aider à mener l’enquête et ne me quitta en effet que lorsque j’eus récupéré mes pellicules. Mon travail pour le scientifique était sauvé; et mon reportage aussi. Lequel, à mon retour en France, plut beaucoup à l’agence de presse Gamma. Tout se terminait bien au final. Le problème, c’est que six mois après mon retour, si mon corps se trouvait bien là à arpenter les rues parisiennes, mon esprit, lui, était resté là-bas, parmi ces paysages, ces gens… et cette jeune fille qui eut l’audace de m’écouter et que je chéris, encore aujourd’hui, comme ma véritable « petite sœur indonésienne ». Alors, j’y suis retourné !

VA : Qu’est-ce qui caractérise vos propositions de voyage et vous différencie d’un tourisme plus traditionnel ?

DC : Avant d’ouvrir ma propre agence, en 1999 (cela fait 20 ans tout rond !), j’ai été tour-leader pour des voyagistes dont j’appréciais l’approche : Allibert Trekking et Terres d’Aventure, entre autres. Des années durant, j’ai sillonné le pays (une incroyable mosaïque de paysages, de peuples et de cultures différentes, en fait) à la recherche de coins et d’itinéraires différents, dont je faisais profiter leurs clients. Jusqu’à ce que je décide d’ouvrir ma propre agence pour donner accès à des voyages plus orientés encore vers la nature, les volcans, l’aventure, les peuplades reculées et les paradis perdus. D’où le nom retenu : Azimuth Adventure Travel Ltd.

VA : Comment faire  pour rencontrer aujourd’hui encore la magie d’une destination aussi touristique que l’est devenue Bali ?

 DC : Précisément, le noyau humain de notre agence, plus intéressé par le terrain que par la partie « bureaucratique » des voyages, cumule des centaines d’heures de reconnaissance et d’exploration en terre indonésienne. Ce qui nous permet, à côté d’une production plus classique, de proposer des itinéraires véritablement authentiques. Ainsi, même à Bali, nous offrons aux amateurs de traverser l’île à pied, d’Est en Ouest (la « Transbalinaise »), sans croiser plus qu’une poignée de touristes et en découvrant des parties de cette île magique possédant encore tout leur charme.

VA : A l’opposé, vous emmenez les gens vers des coins méconnus, dans les îles de la Sonde, par exemple. A la rencontre de quels trésors cachés ?

DC : La chance que nous avons, c’est qu’en Indonésie, il subsiste encore des centaines de trésors cachés et de coins « secrets ». Que nous nous faisons un plaisir de faire découvrir à ceux qui ne redoutent pas de sortir des sentiers battus. Le photographe que j’étais demeure subjugué par la beauté des îles Banda, dans le sud des Moluques, qui offrent, de plus, des fonds marins exceptionnels et des vestiges vraiment intéressants de la période historique des épices. Et même si la technologie s’introduit partout, il reste possible de trouver, en cherchant au bon endroit, des villages papous où les hommes fabriquent encore des haches de pierre comme il y a des dizaines de milliers d’années ! Idem dans la jungle de Sumatra lorsque vous approchez les Rimba qui sont convaincus que les arbres de la forêt ne sont autres que leurs ancêtres. Ou à Sulawesi où les fameux Bajo, éduqués à l’apnée dès l’enfance, sont en mesure de plonger plusieurs longues minutes sans remonter. A Bali même, tout comme à Jakarta, demeurent quelques villages qui n’ont pas bougé. En dehors des villes, l’approche authentique de l’Indonésie vous conduit toujours à une véritable moisson de richesses culturelles.

VA : Quelle part est faite dans vos voyages à la rencontre avec les locaux ?

DC : Elle est importante et mise en avant autant que possible. D’où l’importance, pour dépasser la barrière de la langue, de choisir avec soin les guides francophones qui initient ce contact et dont la mission est cruciale. Sachant, bien entendu, que lorsque l’on se déplace à pied (plutôt qu’enfermés dans un véhicule), le contact s’établit beaucoup plus facilement. Nos randonnées par exemple, souvent excentrées, n’ont pas seulement pour objectif de vous faire traverser des paysages magnifiques, elles possèdent, pour la plupart, un but culturel et vous proposent d’entrer en relation avec des habitants vivant encore de manière traditionnelle qui restent animés par la magie de la rencontre.

VA : De quelle manière s’exprime votre engagement pour un tourisme durable ?

DC : D’abord, nous faisons en sorte d’embaucher, comme stagiaires déjà, des jeunes ayant un certain bagage côté éco-tourisme. Ensuite, il faut bien comprendre que la mentalité locale, indonésienne, n’en est pas encore rendue au point que nous avons, nous, atteints en matière d’environnement et d’équité. En organisant des opérations de nettoyage (sur les pentes du volcan Merapi par exemple), nous tâchons, sans brusquer personne, de sensibiliser nos partenaires et nos clients aux effets négatifs du tourisme. Tandis que de notre côté, nous tâchons bien entendu de faire au mieux dans la pratique. En utilisant des gourdes et des jerricans plutôt que des bouteilles en plastiques ; des tas de petites choses comme ça…

VA : Pouvez-vous nous détailler une proposition de voyage qui vous paraisse représentative de ce que vous faites et qui plaise beaucoup ?

DC : Chaque année apporte son lot de nouveautés. Je pense entre autres aux départs regroupés que nous avons lancés il y a peu et qui connaissent un beau succès. Mais pour ceux qui veulent se faire une petite idée de la diversité étonnante de ce pays mosaïque qu’est l’Indonésie, j’évoquerais le circuit de trois semaines qui vous entraîne à travers Java, Bali, Florès puis Komodo, l’île où résident les fameux varans, uniques au monde. Au terme de ce périple qui vous conduit d’une terre musulmane à une chrétienne en passant par l’hindouisme balinais, les voyageurs commencent à avoir un aperçu de la diversité et de la prodigalité aussi bien naturelle que culturelle de cette véritable planète sur la planète qu’est en réalité l’Indonésie.

VA : A la fin de leur voyage, quand vos clients vous confient ce qu’ils ont préféré, que mettent-ils en avant ?

DC : Les gens font bien sûr part de leur émerveillement face à leurs multiples découvertes. Mais je remarque également que nombreux sont ceux qui expriment spontanément une sorte de soulagement : quelques jours leur ont suffis pour être complètement rassurés sur notre professionnalisme et, étant rassurés donc décontractés, ils ont mieux profité de leur voyage. Car autant nous sommes amateurs de recettes locales, autant côté sécurité, nous sommes intraitables et formons tout notre personnel à l’exigence occidentale. Notre notoriété, acquise au fil de ces deux décennies, repose en grande partie sur le sérieux qui nous caractérise en toute chose. Et, même si le risque zéro n’existe pas, il se trouve qu’en 20 ans, nous avons eu la chance de ne connaître aucun accident grave.

VA : Que n’a-t-on dit qui soit important pour vous ?

Nous avons la chance que le gouvernement indonésien soit aujourd’hui désireux de promouvoir un tourisme plus large. Fort de notre expérience logistique considérable et de notre notoriété, nous avons donc aujourd’hui l’opportunité de nous rendre sur divers salons internationaux, comme récemment sur celui de Bruxelles. Cela assied un peu plus notre image d’agence référence et nous permet de travailler dans un véritable climat de confiance. Guidés par le bouche à oreille, nos clients nous suivent les yeux fermés. Et c’est alors pour nous une vraie joie de leur donner le meilleur. Nous ne savons pas faire autrement. Sans la passion de l’Indonésie qui nous anime, nous ne serions rien, car, sans passion, rien d’intéressant n’est possible. Or, chez Azimuth Adventure Travel Ltd, si nos équipiers partagent tous quelque chose, c’est bien la passion !


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Par Jerome Bourgine
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