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Henri Dalbiès, président d’ICD-Afrique: “Take the Med, un rapprochement des peuples de la Méditerranée autour d’une démarche commune”

| 29 juillet 2013 • Mis à jour le 20.08.2013 à 15h37
Thèmatique :  Acteur associatif   Initiative régionale   Portrait 
         

Dans la série des acteurs impliqués dans le programme Take the Med (TM), Voyageons-autrement fait aujourd’hui un focus sur ICD Afrique. Son président Henri Dalbiès nous parle de lui et de son engagement dans TM.

 

A 62 ans, M. Henri Dalbiès est un retraité de l’office national des forêts (ONF) où il était spécialisé en sylvopastoralisme et accueil du public en forêt. Sa première mission au Sénégal a consisté à aider un groupement de femmes à installer des clôtures solaires autour des périmètres maraîchers en remplacement de palissades en bois qui étaient souvent détruites par les feux de brousse et les attaques de termites. Il était également responsable à l’ONF  de l’organisation de chantiers de jeunes en difficulté. Il s’agissait d’organiser des chantiers d’intérêts collectif avec ces jeunes dans les Alpes de Haute Provence (rénovation de cabanes pastorales, création de sentiers, plantations etc…). L’idée lui est venue de proposer à ces jeunes de participer à la construction de campements touristiques au Sénégal prés de Tambacounda à proximité du parc du Niokolo koba.

M. Henri Dalbiès - projet hydraulique à Sinthiou-Malème

M. Henri Dalbiès – projet hydraulique à Sinthiou-Malème

VA/ Pouvez vous nous présenter votre structure?

Un programme de coopération décentralisée entre 5 Communautés Rurales du Sénégal Oriental et 5 Collectivités Locales de la région PACA a été initié en 1996. L’opérateur de ce programme était ARDL-PACA (Association Régionale de Développement Local) dont H. Dalbiès est vice-président. Il consistait en la mise en œuvre d’un programme de développement des services à la population (Santé, Education et Hydraulique) grâce à des financements du Ministère des Affaires Etrangères, du Conseil Régional PACA et des collectivités concernées.

En 1999 un deuxième volet de ce programme  a permis de définir et de mettre en œuvre une réelle stratégie de développement durable, associant les élus et les populations villageoises, notamment en direction des personnes expulsées de la zone centrale du Parc National de Niokolo-Koba. L’ARDL et ses partenaires locaux ont pu ainsi réaliser les documents quinquennaux de planification territoriale (PLD) et amorcer une politique de développement du Tourisme Solidaire dans la périphérie du Parc du Niokolo-Koba.

En 2005 cette activité prenant beaucoup d’ampleur, l’ARDL décide de dissocier ses activités en France et en Afrique  et de créer une structure dédiée à la coopération : ICD Afrique . L’Institut de Coopération pour le Développement en Afrique a pour  mission de soutenir, dans une démarche solidaire et citoyenne, la mise en œuvre de projets de développement et de solidarité en Afrique.

Les domaines d’activités :

  • Coopération, aide au développement et aménagement du territoire.
  • Voyages Solidaires
  • Chantiers de jeunes et volontariat
  • Maîtrise d’œuvre de programmes de Coopération Décentralisée

Les objectifs principaux :

  • favoriser le développement économique local et la création d’emplois : agriculture, maraîchage, pastoralisme, écotourisme solidaire, artisanat, micro-finance,  …
  • améliorer des services à la population et l’accès aux nécessités de base : éducation et formation, santé, accès à l’eau, gestion des déchets, …

Les bienfaits de ces actions : la diminution des inégalités, la réduction des souffrances et des dépendances, la lutte contre l’exode, la promotion de la femme, la valorisation des savoir-faire locaux, la protection de l’environnement…

La méthodologie de projet:

Les programmes mis en œuvre répondent aux attentes et aux besoins des partenaires des territoires de projet. Ils sont construits à leur demande selon les principes démocratiques et participatifs souhaités par les populations. Tous les programmes sont validés par les autorités locales, régionales et l’administration. Ils s’intègrent aux différents plans stratégiques de développement mis en œuvre sur les territoires. Les projets sont conduits avec l’appui des Agences Régionales de Développement (ARD) et les organismes agréés et ils répondent aux Objectifs du Millénaire pour le Développement.

A cette époque le tourisme équitable et solidaire, n’était pas très développé ; il était peu pratiqué en dehors des quelques expériences d’accueil paysan en France.

VA/ Les activités d’ICD Afrique se sont-elles diversifiées?

Aujourd’hui au bout de 8 ans de fonctionnement, les activités se sont beaucoup développées et diversifiées, les programmes  s’enchainent et se succèdent au Sénégal, au Bénin et en Algérie. Au Sénégal notre activité se concentre sur trois régions: Dakar, Tambacounda et la Casamance. L’organisation de séjours solidaires, l’éducation (formation du personnel local, création de centre de formation, création d’écoles maternelles etc…), la santé (construction d’un centre de santé) et le soutien à entrepreneuriat rural sont nos principaux champs d’action. Le partenariat avec l’ONG belge SLCD – Service Laïque de Coopération au Développement qui intervient dans toute l’Afrique de l’Ouest, nous a été très bénéfique pour terminer la construction de certains campements, pour la formation du personnel local et pour la création d’un site internet dédié au Tourisme au Sénégal Oriental, etc…

Notre antenne au Bénin accompagne ABDD , une ONG française des Alpes Maritimes  et Mewi-Yovo (ONG béninoise)sur des démarches de tourisme solidaire et de développement rural. En Algérie en Kabylie à Tizi-Ouzou nous avons conduit différents programmes de développement rural et de promotion des savoir-faire et de l’artisanat.  Nous préparons actuellement un projet de coopération décentralisée entre des collectivités des Alpes de Haute Provence et la Wilaya de Bouira.

L’implication dans Take the Med

 

VA/ Comment avez-vous connu le programme ?

J’ai connu Take the Med au printemps 2013 à Marseille lors de la dernière réunion du groupe tourisme responsable du réseau Cités Unies France. J’y ai rencontré Eric Raulet qui m’a parlé de ce projet.

VA/ Comment en êtes-vous arrivé à participer à ce projet?

Je participe à ce projet à double titre. Premièrement en tant président d’ICD Afrique et deuxièmement en tant que président du Conseil de Développement du Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var  (le pays a3v, territoire de projet en région Paca).

Eric Raulet a été intéressé par les interventions à l’international et notamment en Algérie d’ICD Afrique puisque le développement des partenariats à l’échelle du bassin méditerranéen existe dans TM. C’est avec cette double casquette que je mets mes compétences et mon réseau a disposition de TM.

VA/ Quel lien existe-t-il entre les objectifs de TM et les missions de votre structure ?

Le lien entre TM et ICD Afrique réside dans la promotion du tourisme durable qui est l’une de nos spécialités. Nous sommes maintenant des experts dans ce domaine et nous proposons nos services à des collectivités territoriales pour mettre en place des stratégies adaptées sur leur territoire de coopération.

L’autre point commun est le soutien et le financement de projets locaux. En effet, dans Take the Med il existe un axe sur le financement participatif de projets contribuant à promouvoir la richesse du patrimoine local. C’est pour toutes ces raisons que j’ai proposé à mon Conseil d’Administration de participer à ce projet.

VA/ Quel rôle jouez-vous précisément dans TM ? (vos responsabilités, est ce qu’il y a d’autres personnes dédiées au sein de votre structure, …)

Pour l’instant je n’ai pas encore de responsabilité précise. J’interviens dans un domaine qui va être d’interpeller le conseil régional de PACA en tant que représentant des territoires et représentant du réseau des conseils de Développement de la région Paca, pour qu’il accompagne le projet de financement solidaire et participatif sur les territoires de la région (pays ou parcs naturels régionaux).

J’ai un rôle de promotion de cette démarche auprès d’autorités régionales. Et j’ai été aussi chargé de contacter le réseau Territoire et Citoyen pour essayer de recueillir leur impressions sur cette démarche de crowdfunding.

Enfin, nous avons évoqué la possibilité de mettre notre expertise au service des acteurs de la Méditerranée dans la mise en place d’une politique de tourisme durable, et éventuellement accompagner des porteurs de projets pour la définition et la mise en œuvre de leur projet touristique.

VA/ concrètement qu’avez-vous déjà réalisé pour TM ?

Je suis déjà entré en contact avec la région PACA (échanges téléphoniques). Un rendez vous doit être fixé d’ici une quinzaine de jours avec les autorités en charge du développement territorial et du tourisme.

Take the Med, une opération gagnant/gagnant

 

VA/ Comment présenteriez-vous l’opération TM ?

Take the Med est un réseau qui intervient au niveau de tout le bassin méditerranéen. C’est très intéressant et contextuel d’envisager un développement solidaire au niveau de la Méditerranée. Dans TM on retrouve les formations universitaires et des acteurs sociaux économiques importants, le tout dans le but de dynamiser les savoirs faire et les compétences autour de cette Méditerranée. Take the Med c’est aussi une manière de contribuer à redéfinir les politiques et les stratégies publiques tout en faisant la promotion de toutes les démarche durables qui concerne le tourisme. C’est ce qui m’a séduit: la promotion d’une dynamique méditerranéenne.

Mais il ne faut pas oublier le reste du monde et les autre pays en voie de développement pour lesquels on doit écouter leur appels et tenir compte de leur besoins, à commencer par l’Afrique de l’Ouest.

VA/ Quel bénéfice tirez-vous de votre implication (personnelle et celle de votre structure) dans ce projet ?

L’intérêt pour moi est de mettre à disposition nos réseaux, nos compétences et notre expérience. Et surtout de m’ouvrir à d’autres dimensions, la dimension méditerranéenne qui est encore peu développée chez ICD Afrique. Je suis originaire d’Algérie donc la Méditerranée est un territoire qui me tient à cœur. Outre ces bénéfices, le champ de l’économie solidaire est une thématique intéressante à étudier.

L’intérêt pour ICD c’est de renforcer son rôle d’expertise, de consultance et de mise en œuvre de projet. C’est aussi de s’ouvrir à d’autres territoires, d’autres problématiques. Nous sommes peu présents sur le Maghreb et la Méditerranée, ce sera pour nous une opportunité à nous y développer.

VA/ Si vous deviez inviter d’autres acteurs à y participer, quels seraient vos arguments ?

Take the Med va constituer un réseau sérieux composé de scientifiques, de personnes ayant pour la plupart une expérience solide du développement local et international. A ce titre là, il est intéressant pour une collectivité territoriale, pour une association, de rejoindre cette démarche. Il y a de nombreuses thématiques abordées dans ce projet, à chacun ensuite de trouver sa place.

Enfin, si je devais inviter d’autres acteurs, je leur dirai que Take the Med participe au rapprochement de tous les peuples de la Méditerranée autour d’une démarche commune.

VA/ Dernier message aux lecteurs de Voyageons-autrement.com

Ce qui est important dans la démarche de Voyageons-autrement.com, c’est la promotion de cette autre forme de voyage qui permet la rencontre, le croisement des cultures et la prise de conscience des réalités économiques et sociales des pays et populations visités. Dans la promotion que fait Voyageons-autrement.com, on découvre que le voyage, n’est pas une fin en soi, mais le début de quelque chose. Le tourisme responsable a des résonances a priori inconnues au départ pour un voyageur qui s’inscrit dans un circuit, mais cette manière de concevoir le voyage permet de lui ouvrir les yeux et le cœur sur le monde.

Pour en savoir plus sur Take the Med:

  • racontez nous votre histoire et votre projet directement en ligne ici

 


Henri Dalbiès, président d’ICD-Afrique: “Take the Med, un rapprochement des peuples de la Méditerranée autour d’une démarche commune” | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Alphée Edwige Adimi

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