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La feuille de chou est là

Le Géocaching, la chasse aux trésors high-tech et ludique qui fait (re)découvrir les territoires

| Publié le 13 juillet 2020 • Mis à jour le 15 juillet 2020 à 7h47
Thèmatique :  Bons plans   Initiative régionale   Innovation   Territoire   Tourisme de masse 
         

La tension monte alors que, smartphone en main, un groupe d’enfants marche en forêt en direction « du vieux solitaire », la seule indication de direction à la disposition des jeunes aventuriers. En sortant des bois, ils découvrent ébahis, devant leurs yeux un magnifique panorama sur la chaîne des Pyrénées encore saupoudrée de neige. Un premier trésor de découvert ! Mais le noyer centenaire (le fameux « vieux solitaire ») les attend quelques mètres plus loin, en bordure d’un champ. Chaque enfant se met à tourner autour à la recherche de la « cache ». Il ne leur faudra pas longtemps pour la découvrir, dissimulée aux yeux non-avertis, dans un trou sous une racine : une petite boite étanche qui renferme un stylo et un « logbook », un petit registre qui liste les géocacheurs qui ont réussi à découvrir la cachette. Les enfants sont tout heureux de pouvoir, à leur tour, inscrire leurs noms à cette liste avant de remettre la cache à sa place. Cette petite expédition de « géocaching » n’aura duré qu’une heure, mais elle aura à coup sûr apporté un parfum d’aventure à la randonnée.

A l’heure où le tourisme de proximité et les micros-aventures sont annoncés comme les tendances de cet été, le géocaching se présente comme un des outils novateurs pour faire découvrir une destination de manière ludique et high-tech.

Présentation de ce loisir au succès grandissant et des territoires qui se sont déjà emparés du phénomène.

Aux origines du Géocaching

La petite histoire du Géocaching commence le 1er mai 2000 lorsque le gouvernement américain autorise les GPS civils à avoir une précision de quelques mètres, contre plusieurs dizaines de mètres auparavant. Avant cette décision, leurs précisions étaient volontairement dégradées pour des raisons de sécurité militaire.

Histoire de tester les nouvelles possibilités de son GPS, l’américain Dave Ulmer décide, juste 2 jours plus tard, de cacher une boîte dans une forêt de l’Oregon et d’en publier les coordonnées GPS sur un groupe de discussion sur Internet. Face au succès rencontré par son initiative, il décide quelques mois plus tard de créer un site pour diffuser les nouvelles « caches » qu’il met progressivement en place. Le site geocaching.com est lancé et avec lui l’expansion mondiale de cette chasse aux trésors nouvelle génération.

© Groundspeak Inc. (dba Geocaching)

Le Géocaching, une chasse aux trésors high-tech

Le Géocaching consiste donc à utiliser les fonctions du GPS (Géopositionnement Par Satellite) pour rechercher ou dissimuler des « caches » dans divers endroits à travers le monde.

Une géocache typique est constituée d’un petit contenant étanche et résistant, comprenant un registre des visites et parfois un ou plusieurs « trésors », généralement des bibelots sans valeur (le principe étant alors qu’il faut laisser un objet pour avoir le droit d’en prendre un).

Les caches peuvent prendre plusieurs formes et tailles (de l’ancienne boite de pellicule photo à des coffres grands comme des valises) et surtout elles peuvent être disposées dans tous les environnements : il y a maintenant des caches en milieu urbain, à la montagne, dans les forêts, à la campagne… et même en Antarctique ou dans la Station Spatiale Internationale ! On dénombre en 2020 plus de 3 millions de caches dans 191 pays pour un total de 7 millions de joueurs à travers le monde.

Nombre de caches par continent en 2020

Un tel succès peut s’expliquer par plusieurs facteurs :

  • tout le monde peut participer au Géocaching, car il y a plusieurs niveaux de difficultés : le site geocaching.com a ainsi son propre système de cotation des caches avec une échelle allant de 1 à 5 étoiles pour la cache (une étoile étant une cache très simple et 5 étoiles une cache nécessitant beaucoup de réflexions et de recherches) + une échelle de cotation liée au terrain (T1 pour un endroit plat ou accessible en fauteuil roulant à T5 pour un emplacement nécessitant un équipement spécial, tel que du matériel d’alpinisme ou de plongée par exemple).
  • c’est une activité gratuite ; s’il y a une version Premium payante sur le site geocaching.com qui permet de débloquer des « caches » spéciales, les coordonnées GPS de la majorité des caches sont disponibles gratuitement après inscription
  • il est possible de partir en quête de caches 365 jours / an, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit
  • cela permet de donner un but à une marche de quelques kilomètres, en montagne, en forêt, en ville… en découvrant ainsi un lieu dans lequel on ne serait pas forcément allé
  • il y a maintenant des caches quasiment partout en France : on peut donc souvent s’initier en partant directement de chez soi.
© Groundspeak Inc. (dba Geocaching)

Si à l’origine, les caches étaient placées par des adeptes de la première heure, de nombreuses destinations touristiques ont bien compris tout l’intérêt de ce loisir qui permet de diriger les touristes vers des lieux d’intérêts autrefois délaissés et plusieurs sont à l’origine de la création de parcours sur leur territoire.

© Doubs Tourisme – Laurent Cheviet

Le Doubs et la Haute Bretagne, départements précurseurs

Dès 2004, le CDT du Doubs a la bonne idée de lancer la première déclinaison touristique du géocaching en France avec l’opération GPS Safari. Le principe est d’organiser des chasses aux trésors avec l’aide d’un GPS (possibilité de louer des récepteurs dans une vingtaine de lieux) pour « donner un parfum d’aventures aux randonnées » et d’inciter les locaux et les touristes à sortir des circuits de randonnées habituels, apprécier les plus beaux sites du département, dans les recoins secrets, au fil de l’eau, sur les traces de Courbet, ou encore à skis, à raquettes ou à VTT… ».

L’opération existe toujours et propose dorénavant 103 caches à trouver sur des parcours allant de 30 min à tout un week-end avec des niveaux de difficultés sur les énigmes et selon la nature de la randonnée.

© Doubs Tourisme – Laurent Cheviet

L’Agence de développement touristique d’Ille-et-Vilaine, en collaboration avec les OT du départements et quelques EPCI mettent quant à eux en place des parcours de géocaching dès 2009 : Les Trésors de Haute Bretagne.

Le dispositif s’est étoffé au fil du temps et propose maintenant un site web dédié, une application mobile gratuite et une page Facebook. Une nouvelle version de l’application est ainsi en ligne depuis le 12 juin dernier.

Marina Maret, chargée de mission Géocaching au sein de l’ADT 35 : «  Nous avons 130 parcours sur l’ensemble du département, répartis en 12 thématiques qui correspondent aux spécificités du département (découvertes urbaines, gastronomie, écologie, histoire, points de vue et nature, écluses et canaux, mer, légendes..). A chacune de ces thématiques est associé un petit personnage issu du légendaire breton, un korrigan, qui prend vie dans un univers dédié. ».

Le succès est au rendez-vous avec plus de 17 000 équipes inscrites en 2019 et 99 % de taux de recommandation. Environ 1/3 des joueurs vient des départements extérieurs.

Il est également important de noter que 70% des joueurs complètent l’aventure par une autre activité (restaurant, visite, hébergement…) : le géocaching semble donc être un vecteur de développement pour toute l’économie touristique départementale.

Terra Aventura, le géocaching à l’échelle d’une région

Initiée en 2011 par le CRT du Limousin avant de s’étendre progressivement à d’autres départements, l’opération Terra Aventura est présente depuis 2018 dans toute la région Nouvelle-Aquitaine. Cette chasse aux trésors reprend les principes du Géocaching avec des « trésors » à trouver grâce à des coordonnées GPS et en résolvant une ou plusieurs énigmes.

Comme en Ille-et-Vilaine, les parcours sont complétés par un monde imaginaire , celui de petits personnages appelés les Poï’z, que l’on retrouve notamment dans l’application dédiée et sous forme de badges à récupérer à l’intérieur des caches : il y a donc cette fois de vrais petits trésors à chercher. Il existe 33 badges différents à collectionner, une manière d’inciter les joueurs à découvrir continuellement de nouveaux lieux et de nouvelles caches.

Et là-aussi cela marche : l’application, entièrement gratuite, est un vrai succès avec, en 2019, plus d’un million et demi de joueurs répartis sur 400 parcours à travers la plus grande région de France. L’application a même été traduite en 5 langues pour permettre aux visiteurs étrangers de participer.

Localisation des caches en Nouvelle-Aquitaine

En novembre dernier, un guide du Routard spécial Terra Aventura a également fait son apparition avec pour objectif de mettre en lumière le patrimoine touristique et les sites de visite sur une centaine de parcours Terra Aventura, et de proposer des conseils d’hébergement et de restauration : de quoi faire de la chasse aux trésors le fil conducteur de ses vacances!

© Groundspeak Inc. (dba Geocaching)

En cette période où chaque destination souhaite développer le tourisme de proximité, le géocaching semble donc être un moyen tout trouvé pour favoriser celui-ci en transformant les territoires en un immense terrain de jeu et en pimentant la moindre randonnée d’un peu d’aventures. Il permet également de lutter contre les phénomènes de « sur-tourisme » en proposant des alternatives intéressantes dans des secteurs habituellement moins visités. Et si le géocaching était une des premières pierres du tourisme du monde d’après ?


Le Géocaching, la chasse aux trésors high-tech et ludique qui fait (re)découvrir les territoires | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Alexandre Tisné-Versailles
Créateur d'activités touristiques innovantes (cabanes dans les arbres, escape game, jeux de piste dans des châteaux…), citoyen engagé dans le Développement Durable et voyageur responsable avec 2 tours du monde au compteur. Rédaction d'articles sur le tourisme durable et la littérature de voyages.
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