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Une nouvelle étude innovante chez Accor : l’empreinte environnementale de l’ensemble de son parc hôtelier

| 13 décembre 2011 • Mis à jour le 02.01.2012 à 11h52
         

Après un an et demi de travail, ACCOR présente les conclusions de son étude visant à estimer les impacts du groupe sur l’environnement. Réalisé sur l’ensemble du parc, soit près de 4 200 hôtels répartis dans 90 pays, cette dernière a pour objectif d’affiner la stratégie du groupe qui compte inscrire durablement les préoccupations environnementales dans ses performances. Si les résultats de l’étude restent évidemment relatifs, ils offrent néanmoins un vaste éventail d’enseignements qui ont pour mérite de se démarquer des idées reçues. Ainsi, les surconsommations d’eau ne sont pas forcément là où on se l’imaginerait et les déchets générés par les chantiers sont finalement bien plus préoccupants que ceux directement émis par l’activité hôtelière.

Une étude innovante et totalement inédite.

Tout commence par un simple constat : 4 200 hôtels, 145 000 collaborateurs dans le monde entier, 56 millions de petits déjeuners servis à l’année et près de  545 millions de litres d’eau consommés par an. Puis se poursuit par une ambition : essayer d’évaluer l’impact environnemental du groupe afin d’affiner la stratégie durable d’ACCOR, et ce, en toute transparence. Le résultat est là, une étude sur l’empreinte environnementale du groupe dont la méthodologie et les enseignements seront disponibles sur la plateforme Earth Guestmis en place par le groupe dont l’un des principaux objectifs est justement le partage des connaissances. L’étude, totalement inédite dans le secteur hôtelier voire dans le monde de l’entreprise, s’est penchée sur l’ensemble des marques du groupe, des Formule 1 au Sofitel, en choisissant la méthodologie de « l’analyse du cycle de vie » (Iso 14040) rapportée au monde de l’entreprise. Elle a ensuite fait l’objet d’une revue critique par des experts indépendants pour « garantir la sécurité des résultats ».

Une méthodologie à inventer

Mettre en place une telle étude n’a toutefois pas été simple. Pour cela, ACCOR s’est associé avec le cabinet d’Audit et de conseil PwC. Il a fallu ensuite adapter la méthodologie d’analyse de cycle de vie aux complexités d’un groupe hôtelier présent dans le monde entier avec des marques allant de l’économique au luxe. Certaines données ont également été difficiles à collecter car il s’agit de travailler avec tous les fournisseurs dont certains avec lesquels on est forcément moins proches. Enfin, il a fallu trancher pour savoir les points à retenir et ceux à remonter. Par exemple, le groupe a débattu en interne pour savoir si on intégrait ou non le transport du client dans le bilan. (Voir évaluation carbone des Palaces parisiens) Finalement, cela a été jugé trop complexe et ce pour plusieurs raisons. Déjà, la question de la quote-part à affecter à l’hôtelier. Mais aussi, au niveau pratique, la complexité à collecter ce type de données impliquant un Xème questionnaire client quand ceux-ci aspirent avant tout à  leur tranquillité. En revanche, ACCOR a fait le calcul et le bilan carbone de ce que représentait le transport de l’ensemble de ses collaborateurs sur une année. Au final, onze postes d’activité ont été considérés dans l’étude : l’énergie, l’eau, les réfrigérants, la restauration, les produits d’entretien, la blanchisserie, les déchets, les déplacements professionnels, les équipements de bureaux, le mobilier des chambres et les matériaux de construction. Ces différentes activités ont ensuite été traduites en cinq grandes familles : la consommation d’énergie, la consommation d’eau, la production de déchets, le changement climatique lié à la production de gaz à effet de serre et la pollution de l’eau (eutrophisation).

Earth guest research

Des enseignements vastes et souvent surprenants

Une fois l’étude réalisée, il a fallu analyser les résultats et surtout les rendre lisibles. Pour cela, et faute de précédents et donc d’outils de comparaison, l’équipe d’ACCOR a eut l’idée de traduire les chiffres en équivalent habitants. Il en est ressorti de nombreux enseignements qui ont eu le mérite et l’intérêt de porter l’attention là où l’on ne s’y attendait pas forcément. Il a notamment été observé que certains postes étaient plus nuisibles de part leurs effets induits (eau, eutrophisation), d’autres, en revanche, comme l’énergie ou les pollutions carbone, sont directement imputables à une pollution sur site, soit directement générés par les hôtels eux-mêmes.

- Focus sur l’eau et l’eutrophisation :

L’eau a clairement fait partie des résultats qui ont surpris le groupe. On aurait tendance à penser que la consommation directe dans les hôtels (douches, cuisines, piscines, ménage, blanchisserie, etc.) soit le premier poste pour l’utilisation de l’eau. En fait, l’étude a montré qu’il s’agissait de la restauration (1 400 restaurants dans les 4 200 hôtels du groupe), et plus particulièrement des achats que cela induit dans la filière agricole, très gourmande en eau (irrigation, arrosage, etc.). Concrètement, la consommation directe d’eau dans les hôtels représente environ 60 millions de mètres cube d’eau par an. En revanche, si l’on prend en compte l’ensemble des activités induites par les hôtels, pas moins de 544 millions de mètres cube d’eau sont consommés par ACCOR, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 438 000 Européens.

L’étude montre aussi de façon très intéressante la consommation d’eau différenciée en fonction des hôtels du groupe. Un Sofitel et un Formule 1 n’engloutissent évidemment pas le même volume d’eau et il est intéressant de voir les échelles, surtout lorsque l’on sait qu’un Sofitel consomme près de 25 litres d’eau pour nettoyer une salle de bain.

Un autre impact important de l’activité hôtelière, que l’on oublie trop souvent, est l’eutrophisation, soit les pollutions par rejet dans les cours d’eau (engrais, produits phytosanitaires, etc.). A nouveau, l’approvisionnement en produits agricoles est un facteur majeur (azotes, phosphates, etc.).

- Focus sur l’énergie et le changement climatique

Contrairement à l’eau et l’eutrophisation qui sont donc plutôt des effets induits, si on regarde l’impact en énergie et en émissions carbone, on réalise cette fois ci qu’il s’agit principalement d’impacts sur site. Ainsi, avec quelque 18 milliards de kWh consommés annuellement, la consommation d’énergie totale du groupe ACCOR est comparable à celle de 386 000 Européens en un an. Or, 75 % de cette consommation totale est lié directement à l’activité au sein des hôtels. Pour ce qui est des émissions annuelles de dioxyde de carbone, là aussi surprise, près des deux tiers proviennent de la consommation d’énergie sur site, la restauration est le deuxième poste (14%) et les déplacements des collaborateurs ne contribuent finalement qu’à 8% des émissions totales.

- Focus sur les déchets

Une fois de plus, l’étude a permis de mettre en exergue l’importance de déchets auxquels on ne penserait pas forcément : ceux issus des chantiers de construction et de rénovation des hôtels (béton, bois, déchets industriels, etc.). Avec plus des deux tiers de la totalité des déchets émis par le groupe, ils relèguent loin derrière les déchets d’exploitation des hôtels (5%), également devancés par les déchets liés à l’énergie (près de 25%).

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Lire aussi :

http://www.voyageons-autrement.com/bilan-carbone-et-tourisme

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Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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